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… vu par Arlette

Rufin Jean-Christophe ♦ Katiba

katibaL’agence Providence reprend du service. On l’avait déjà croisé dans « Le Parfum d’Adam », précédent thriller de Rufin. Cette fois-ci, elle est chargée de surveiller des médecins en Mauritanie qui pourraient être des terroristes islamistes et qui entrent en contact avec une jeune femme, veuve de consul, fonctionnaire au Quai d’Orsay. L’agence Providence va se doute qu’une action terroriste d’ampleur se prépare.

Katiba est un thriller géopolitique qui se passe entre Paris, le fin-fond du Sahara, le bar de l’aéroclub de Dakar, la banlieue chic de Bruxelles, les bidonvilles de Nouakchott et les rues de New York. On y rencontre des espions et des militaires, forcément, mais aussi des islamistes et beaucoup de médecins, des agents doubles, triples et même plus. Un des ressorts de l’histoire est l’élection d’Obama, un autre une lutte féroce entre Abdelmalek Droukdal et un groupe dissident pour obtenir la franchise Al-Qaeda au Maghreb islamique.

Une katiba est un camp de combattants islamistes installé dans le Sahara. C’est à la fois une cache et un relais, un lieu où l’on prie, où l’on négocie et tue. Repère invisible en avion ou par satellite, c’est là que les pièges se resserrent et que se décident les attaques.

Le chef de la zone qui s’étend entre le Mali, l’Algérie et la Mauritanie, Kader Bel Kader, a décidé de court-circuiter les autres bandes de trafiquants qui sévissent, afin d’asseoir son influence auprès des chefs d’Al-Qaïda.

Expédié en Mauritanie par l’agence de renseignements Providence pour espionner les artisans de ces menaces terroristes, Dim, cosmopolite médecin, trouve sur sa route une jeune femme, Jasmine, belle, mystérieuse et assez bêcheuse. A la fois française et algérienne, connaissant de l’intérieur la diplomatie occidentale et les nouvelles lois de la guerre terroriste, elle marche à la frontière entre deux mondes ennemis, elle fascine et inquiète. Elle incarne à elle seule le proverbe sénégalais qui ouvre le roman et en tisse la trame principale : « Un chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut suivre deux chemins à la fois. » Un grand roman où se croisent et s’affrontent deux civilisations.

Autour d’elle, le trafiquant algérien Kader, le cosmopolite médecin Dimitri, le très cynique mais pas totalement immoral Archie, et des personnages secondaires intéressants, comme le jeune et tendre Farid.

 

Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L’attaque est signée Al-Qaïda au Maghreb islamique, une organisation terroriste implantée dans les anciennes zones d’influence française d’Afrique de l’Ouest. Tout laisse à penser qu’elle veut aller beaucoup plus loin et rêve de frapper la France au cœur. L’événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements, de Washington aux Émirats, d’Alger à Paris. Au centre de leurs jeux complexes, Jasmine. Jeune fonctionnaire du Quai d’Orsay apparemment sans histoire. Européenne de famille et d’éducation, femme de consul de France de Mauritanie récemment décédé, rejetée par les coteries du Quai, trouvant des ressources inexpliquée pour survivre et enfin pénétrant au saint des saints : le service du Protocole de l’Elysée, elle émerge peu à peu comme la pièce maîtresse d’une opération d’envergure inédite. Quels liens cette Française à l’élégance stricte entretient-elle avec le monde musulman ? Quelle secrète influence pèse sur elle depuis la disparition de son mari, consul de France en Mauritanie ? Quid de ces allers-retours discrets en Mauritanie ? Comment expliquer son train de vie ? Catholique certes, ne serait-elle pas musulmane. Française oui, ne serait-elle pas fille du désert ? Femme de Consul par amour ou par intérêt ? C’est en démêlant les fils les plus intimes de sa vie que la vérité se fera jour et que le suspense, haletant, trouvera son dénouement. Complice, victime ou agent double, Jasmine incarné le mélange de répulsion et de fascination que le fondamentalisme religieux exerce inconsciemment sur chacun de nous. Dimitri, l’agent secret, chargé de la prise de contact avec Jasmine s’y brûle les doigts et le cœur.

Inspiré par l’assassinat de quatre touristes français en 2007, le nouveau roman de Jean-Christophe Rufin.

La clé du livre se nomme Jasmine : une héroïne d’aujourd’hui, qu’on imagine à l’écran sous les traits d’Adjani, belle, énigmatique, veuve d’un diplomate jadis en poste à Nouakchott, occupant une place de choix au protocole du Quai d’Orsay, gardant des racines mystérieuses en Afrique, des liens dans les contrées où elle voyagea, aima, où plonge aussi son histoire. Mais on ne peut tout dire de peur de déflorer l’intrigue. Rufin, in fine, explique le pourquoi de ce livre, raconte ceux qui l’ont inspiré, lui qui, avec la DGSE, en 2008, traqua les fuyards d’Al-Qaeda après l’assassinat de touristes français en Mauritanie. Avec des bribes d’histoire savamment mêlées, il tisse la toile d’un thriller au goût de soufre. Ce faisant, il explique ce que peuvent être les motivations de ceux qui trahissent, d’un camp l’autre, hésitant entre l’Occident et les fondamentalistes. Livrant aussi le pourquoi des choses en évoquant les longues prémices d’un attentat dont les motivations peuvent être non pas spirituelles, religieuses, intellectuelles, mais simplement celles de la revanche sociale.

L’alerte des services algériens qu’un attentat fomenté par une cellule mauritanienne vise la France nous plonge dans l’actualité brûlante du terrorisme islamique et des cellules d’al Quaïda, des services secrets veillant aux intérêts des pays occidentaux, et, moins décrits par notre presse, des réseaux au service des pays musulmans en lutte contre l’expansion de ce terrorisme.

Plus qu’un roman d’espionnage et d’amour, Katiba est un document intéressant sur les cellules terroristes intégristes, le fonctionnement de la nébuleuse Al-Qaïda, et surtout sur cette immense zone désertique comprise entre la Mauritanie, l’Algérie, le Niger et le Soudan, propre à tous les trafics.

Ce roman rappelle également que le terrorisme islamiste est le propre de mouvements indépendants des états et que l’état Algérien, en l’occurrence, et ses services secrets luttent fermement contre l’islamisme…

Chez Rufin, les « dangereux intégristes » sont en réalité des jeunes gens en rupture de ban, les organisations terroristes sont gangrenées par les rivalités internes et les agents secrets infiltrant les extrémistes musulmans sont à usage double ou triple… Ce roman épatant pose clairement la question : le terrorisme ne se nourrit-il pas, aujourd’hui, des ratés de l’intégration ? Le parcours de Jasmine, Algérienne reniée par l’Algérie et Française refusée par la France, est à cet égard terriblement édifiant. Katiba montre également ce que l’Amérique et ses alliés ont du mal à voir : le plus grand terrain d’expansion de la menace terroriste n’est plus l’Afghanistan, c’est le Sahara. Notre voisin. 

 

L’auteur :

 Jean-Christophe Rufin, né à Bourges dans le Cher le 18 juillet 1952, est un médecin, historien, écrivain et diplomate français. Il a été élu en 2008 à l’Académie française dont il est le plus jeune membre.

Ancien président d’Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

 

 

 

Enfance et formation :

Après le départ de son père, vétérinaire, sa mère, qui travaille à Paris comme publicitaire, ne peut l’éduquer seule ; il est alors élevé par ses grands-parents. Son grand-père, médecin, qui avait soigné des combattants lors de la Première Guerre mondiale, fut, pendant la Seconde, déporté deux ans à Buchenwald pour faits de résistance — il avait caché des résistants en 1940 dans sa maison de Bourges.

À 18 ans, Jean-Christophe Rufin revoit son père par hasard. « J’avais choisi, à Bourges, le premier dispensaire venu pour faire un vaccin. Une jeune femme qui y travaillait m’a demandé mon nom et a blêmi. C’était ma demi-sœur, elle m’a conduit auprès de notre père. Nos rapports ne furent jamais très bons. »

Après avoir fréquenté les lycées parisiens Janson-de-Sailly et Claude-Bernard, il entre à la faculté de médecine de La Pitié-Salpêtrière et à l’Institut d’études politiques de Paris. En 1975, il est reçu au concours d’internat à Paris. Il travaille à l’hôpital Rothschild, en salle commune. Bien qu’ayant choisi la neurologie comme spécialité, en 1976, il part effectuer son service militaire comme coopérant en Tunisie où il exerce en maternité.

 

Carrière :

Carrière médicale :

Interne (1975-1981), chef de clinique et assistant des hôpitaux de Paris (1981-1983), puis attaché (1983-1985) des hôpitaux de Paris. En 1981, il devient chef de clinique et assistant des hôpitaux de Paris, puis attaché des hôpitaux de Paris en 1983 pour deux ans. Il reprend la médecine à l’hôpital de Nanterre (1994-1995) puis à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (1995-1996). En 1997, il rentre en France pour diriger un pavillon de psychiatrie à l’hôpital Saint-Antoine.

Président d’Action contre la faim (ACF) à partir de 2002, il quitte ses fonctions en juin 2006 pour se consacrer davantage à l’écriture. Il reste cependant président d’honneur de cette organisation non gouvernementale (ONG).

Carrière dans l’humanitaire :

Comme médecin, il est l’un des pionniers du mouvement humanitaire Médecins sans frontières où il a été attiré par la personnalité de Bernard Kouchner et où il fréquentera Claude Malhuret. Pour MSF, il a dirigé de nombreuses missions en Afrique de l’Est et en Amérique latine. Sa première mission humanitaire est menée en 1976 en Érythrée, alors ravagé par la guerre. Il y pénètre incognito avec les forces rebelles érythréennes au sein des bataillons humanitaires. Il y rencontre Azeb, qui deviendra sa deuxième femme.

En 1985, Jean-Christophe Rufin devient le directeur médical d’ACF en Éthiopie.

Entre 1991 et 1993, il est vice-président de Médecins sans frontières, mais quitte l’association au moment de la marche pour le Cambodge.

Entre 1994 et 1996, il est administrateur de la Croix-Rouge française.

En 1999, il est en poste au Kosovo comme administrateur de l’association Première Urgence, et dirige à l’École de guerre un séminaire intitulé « ONU et maintien de la paix ».

Carrière dans les ministères et la diplomatie :

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1980, il devient, de 1986 à 1988, conseiller du secrétaire d’État aux Droits de l’homme, Claude Malhuret.

En 1989-1990, il s’expatrie au Brésil comme attaché culturel et de coopération auprès de l’ambassade de France.

En 1993, il entre au cabinet de François Léotard, ministre de la Défense, comme conseiller spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations Nord-Sud, et le restera deux ans.

Directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques entre 1996 et 1999, il conduit la mission humanitaire française en Bosnie-Herzégovine. Il fait libérer onze otages français de l’association Première Urgence détenus par les Serbes de Bosnie, « en sympathisant avec les geôliers et en s’obligeant à boire avec eux »5. Cette mission lui vaudra l’inimitié de Dominique de Villepin, alors au cabinet d’Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères.

En 1995, après la naissance de Valentine, son troisième enfant, née le 3 février, il quitte le ministère de la Défense et devient attaché culturel au Nordeste brésilien.

Dans le « rapport Rufin » (Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme), sorti le 19 octobre 2004, il attire l’attention sur l’antisémitisme, qui n’a pas, selon lui, à être fondu dans le racisme ou la xénophobie en général.

Le 3 août 2007, il est nommé ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

Au premier semestre 2008, il participe avec les agents de la DGSE à la traque des fuyards d’Al-Qaïda après l’assassinat de touristes français en Mauritanie.

En décembre 2008, il déclare lors d’une conférence de presse : « Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n’importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente. » Cette remarque ne passe pas inaperçue, tant et si bien que la vice-présidente du Sénat du Sénégal, Sokhna Dieng Mbacké, lui demande des excuses publiques pour ces propos « choquants, voire méprisants et insultants ». L’ambassadeur publie aussitôt un communiqué dans lequel il insiste sur « le caractère ironique et affectueux » de ces paroles « tenues sur le ton de la plaisanterie ».

Il quitte ses fonctions d’ambassadeur au Sénégal le 30 juin 2010.

En juillet 2011, il intègre l’équipe de campagne de Martine Aubry pour l’élection présidentielle de 2012, chargé avec Jean-Michel Severino de la thématique « Nord-Sud, Coopération, Rayonnement ».

  En parallèle, il est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris entre 1991 et 2002, puis à l’université Paris 13 (1993-1995) et à l’École de guerre (ancien Collège Interarmées de Défense).

Depuis 2005, il est aussi membre du conseil de surveillance du groupe Express-Expansion, et membre des conseils d’administration de l’Institut Pasteur, de France Télévisions et de l’OFPRA.

En 2007, il a été membre du jury du Festival du film documentaire de Monaco.

Carrière littéraire :

Jean-Christophe Rufin a consacré plus de vingt ans de sa vie à travailler dans des ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans. Cette expérience du terrain l’a conduit à examiner le rôle des ONG dans les situations de conflit, notamment dans son premier essai, Le Piège humanitaire (1986), un essai sur les enjeux politiques de l’action humanitaire et les paradoxes des mouvements « sans frontières » qui, en aidant les populations, font le jeu des dictateurs, et dans son troisième roman, Les Causes perdues (1999).

Ses romans d’aventures, historiques, politiques, sont de la veine des récits de voyage et d’anticipation : « J’ai été déformé dans le sens du visuel. […] Comme le disait Kundera, il y a deux sortes d’écrivains : l’écrivain musicien et l’écrivain peintre. Moi je suis peintre. […] Quand on écrit, soit on écoute, soit on voit. On ne peut pas faire les deux en même temps. »

Jean-Christophe Rufin est élu à l’Académie française le 19 juin 2008 par 14 voix, contre 12 à l’écrivain et producteur Olivier Germain-Thomas, deux bulletins blancs, une croix, au fauteuil de l’écrivain Henri Troyat. En septembre 2010, il reçoit la Plume d’Or de la Société des Auteurs Savoyards, présidée par Michel Germain, pour l’ensemble de son oeuvre. il est vrai que cet académicien, membre d’honneur de la SAS, cherche souvent refuge du côté de Saint-Nicolas-de-Véroce en Haute-Savoie.

Essais

  • Le Piège humanitaire – Quand l’humanitaire remplace la guerre,  éd. Jean-Claude Lattès, 1986.
  • L’Empire et les nouveaux barbares,  éd. Jean-Claude Lattès, 1991 ; nouvelle édition revue et augmentée Jean-Claude Lattès, 2001 (un essai de politique internationale qui compare l’Occident à l’Empire romain menacé par les barbares : « Aujourd’hui, c’est l’Est qui demande des aides pour son développement. Quant au Sud, il s’arme maintenant contre le Nord. »)
  • La Dictature libérale,  éd. Jean-Claude Lattès, 1994, prix Jean-Jacques-Rousseau 1994.
  • L’Aventure humanitaire,  éd. Gallimard, 1994.
  • Géopolitique de la faim – Faim et responsabilité,  éd. PUF, 2004.
  • Un léopard sur le garrot,  éd. Gallimard, 2008 (autobiographie) ; en « Folio » no 4905 (ISBN 2-07-035991-3).

Romans

  • L’Abyssin,  éd. Gallimard, 1997 (ISBN 2-07-074652-6), prix Goncourt du premier roman et prix Méditerranée, 300 000 exemplaires vendus et 19 traductions.
  • Sauver Ispahan,  éd. Gallimard, 1998.
  • Les Causes perdues,  éd. Gallimard 1999, prix Interallié 1999, Prix littéraire de l’armée de terre – Erwan-Bergot 1999 ; réédité avec le titre Asmara et les causes perdues en « Folio ».
  • Rouge Brésil,  éd. Gallimard, 2001 (ISBN 2-07-030167-2), prix Goncourt 2001 ; en « Folio » no 3906.
  • Globalia,  éd. Gallimard, 2004 ; en « Folio » (ISBN 2-07-030918-5).
  • La Salamandre,  éd. Gallimard, 2005 ; en « Folio » (ISBN 2-07-032876-7).
  • Le Parfum d’Adam,  éd. Flammarion, 2007.
  • Katiba,  éd. Flammarion, 2010 (ISBN 2-08-120817-2 et 978-2081208179).
  • Le Grand Cœur,  éd. Gallimard, 2012 (ISBN 978-2-07-011942-4).

Nouvelles

  • Sept histoires qui reviennent de loin,  éd. Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013412-0).

En collaboration

  • Économie des guerres civiles, avec François Jean,  éd. Hachette, 1996.
  • Mondes rebelles, avec Arnaud de La Grange et Jean-Marc Balancie,  éd. Michalon, 1996.

Récompenses

  • Prix Goncourt du premier roman 1997, pour son roman L’Abyssin.
  • Prix Méditerranée 1997, pour son roman L’Abyssin.
  • Prix Interallié 1999, pour son roman Les Causes perdues.
  • Prix Erwan-Bergot 1999, pour son roman Les Causes perdues.
  • Prix Goncourt 2001 et Grand prix de l’Académie de marine, pour son roman Rouge Brésil2.

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Jean-Christophe Rufin, sur Wikiquote
  • Chevalier de l’Ordre de la Légion d’honneur
  • Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres
  • Membre du jury du Prix Joseph Kessel
  • Docteur honoris causa de l’Université Laval (Québec)
  • Docteur honoris causa de l’université catholique de Louvain (Belgique) (2006)

 

Vie privée :

Jean-Christophe Rufin est père de trois enfants : Maurice, le fils ainé puis, avec sa deuxième épouse l’éthiopienne Azeb, deux filles : Gabrielle (en 1993) et Valentine (en 1995). Il a rencontré Azeb en Érythrée. Jusqu’à sa nomination comme ambassadeur de France au Sénégal, il résidait une grande partie de l’année à Saint-Nicolas-de-Véroce, dans le massif du Mont-Blanc. Le 25 août 2007 a eu lieu son mariage à Saint-Gervais-les-Bains.

Ce Rufin est une énigme. Brillant médecin du monde, agitateur d’idées engagé dans l’action humanitaire, compagnon de Kouchner et de Malhuret, de Médecins sans frontières au couloir d’un ministère, président d’Action contre la faim, administrateur de la Croix-Rouge, présentement ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) et à Banjul (Gambie), il a mené la carrière littéraire la plus brillante de ces dernières années. Avec, en dix ans à peine, le Goncourt 1997 du premier roman (L’Abyssin, lire notre critique), l’Interallié 1999 (Les Causes perdues, lire notre critique), le Goncourt 2001 (Rouge Brésil, lire notre critique). On n’oublie pas l’élection à l’Académie française en 2008 au siège d’Henri Troyat, ni les succès de librairie de Globalia (2004) (lire notre critique) et du Parfum d’Adam (2007) (lire notre critique). Avec cela, un statut d’écrivain voyageur, entre Joseph Kessel et Henri de Monfreid. Une vraie statu(r)e de Commandeur, à moins de 60 ans, avec des essais qui font date (Le Piège humanitaire, La Dictature libérale), une autobiographie cinglante (Un léopard sur le garrot, lire notre critique), une boulimie d’écrire.

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