Mankell henning ♦ Sable mouvant – Fragments de ma vie

Henning Mankell nous convie à partager le voyage étonnant de son existence, de la solitude des forêts immenses du nord de la Suède à une vie cosmopolite sur plusieurs continents, mais aussi et surtout le voyage invisible, intérieur, qui l’occupe depuis l’enfance.

Un récit débordant d’énergie vitale.

Un texte d’émotions, le dernier livre d’un auteur aimé : le célèbre romancier suédois Henning Mankell décédé en octobre 2015.

Il ne s’agit pas du carnet de bord d’un malade, même si le maître du polar suédois raconte la chimio, les rêves hallucinatoires, les instants d’angoisse paralysante et les amis qui, tout d’un coup, n’appellent plus par peur de ne pas savoir que dire.

Le 16 décembre 2013, par une journée froide, Henning Mankell, au volant de sa voiture de location, se rend à Vallåkra, dans le sud du pays. Il a rendez-vous avec la directrice du théâtre de Maputo. Peut-être à cause d’une tache d’huile, la voiture file vers la glissière centrale, l’airbag se déclenche. Il s’en sort indemne. Il annule son rendez-vous et décide de rentrer chez lui.

Le 24 décembre, il se réveille avec des douleurs à la nuque et une raideur généralisée. La douleur a augmenté, irradiant son bras et sa main droits. Peut-être des restes de l’accident? Un torticolis dû à une éventuelle hernie discale?

Le 8 janvier 2014, il se rend avec sa femme, Eva Bergman, la fille du grand cinéaste, à la clinique Sophiahemmet à Stockholm, pour subir des examens radiographiques.

Mais c’est la stupeur: les médecins découvrent une tumeur cancéreuse de 3 centimètres dans le poumon droit métastasé à un stade avancé et une métastase dans la nuque. La maladie est grave et peut-être incurable. Il y a des traitements évidemment aujourd’hui. Mais Henning Mankell doute. La vie a brutalement rétréci. Le sol se dérobe sous ses pieds. Un gouffre s’ouvre devant lui. Il n’est plus qu’«un être humain happé par la boucle de sable au mouvement de succion mortel, et qui s’agrippe au bord pour ne pas sombrer». Après une période au cours de laquelle il lui semble qu’un gouffre infernal l’aspire, il reprend pied et commence à écrire des fragments de sa vie… Il commence à écrire, depuis les « sables mouvants » dans lesquels il se trouve plongé : son parcours de patient, les souvenirs qui lui reviennent à mesure qu’il se collette à l’idée de la mort, ses réflexions sur l’art, sur l’engagement, sur l’impermanence des choses.

Henning Mankell se livre avec une incroyable sincérité sur ce qu’est la vie, sa vie, ce qu’il en a fait, ce qu’il est devenu, sur la civilisation et ce qu’il en restera dans des millions d’années. Par fragments, il revient sur les événements qui l’ont marqué. Son séjour à Paris, la rencontre de deux enfants SDF dans les rues de Maputo, les retrouvailles inespérées de réfugiés, les statues maoïs des îles de Pâques, le nucléaire… Tout ce qui lui tient à cœur. Comme pour laisser une trace. Pour lui. Pour nous. Sans apitoiement ni nostalgie et avec tout le talent de conteur qu’on lui connaît.

Cependant, ce n’est pas un livre crépusculaire, mais une réflexion sur ce que c’est que vivre.

Il s’est promené dans sa propre histoire, de l’enfant qu’il était à l’homme qu’il était devenu aujourd’hui. Il parle d’événements qui l’ont marqué à jamais et d’hommes et de femmes qui lui ont ouvert des perspectives insoupçonnées. Il parle d’amour et de jalousie, de courage et de peur, de la cohabitation avec une maladie potentiellement mortelle. Il parle des artistes qui vivaient il y a 40 000 ans, des images fascinantes qu’ils nous ont laissées dans les recoins profonds et obscurs des grottes. Il parle du troll maléfique que nous avons engendré et que nous essayons à présent d’enfermer dans la montagne afin qu’il ne s’en échappe pas pendant les cent mille ans à venir. Il parle de la manière dont a vécu et dont vit l’humanité, et dont il a lui-même vécu. Il parle de la joie de vivre.

Ce journal débute à sa découverte de son cancer en Janvier 2014 et sur ce sentiment de sable mouvant… Dans ce journal, Mankell nous parle de sa maladie mais surtout il navigue d’un souvenir à un autre, d’une anecdote à une autre. Il s’arrête sur des moments forts de son enfance en Suède qui vont le marquer, le façonner. Il se remémore ses lectures, ses voyages (à Paris sans un sou, après avoir décidé d’arrêté ses études), ses pièces de théâtre qu’il a mis en scène (au Mozambique notamment) mais aussi ses rencontres, ses amours, sa femme.

 

L’auteur :

Henning Mankell est un auteur suédois né le 3 février 1948 à Härjedalen et décédé le 5 octobre 2015 à Göteborg, province située au centre de la Suède. Il est le petit-fils du compositeur Henning Mankell (1868–1930). Ses parents ont divorcé alors qu’il avait un an. Très vite abandonné par sa mère, il est élevé par son père, juge d’instance à Sveg, dans le nord de la Suède. Ils s’installent ensuite à Borås, à 50km de Götheborg, sur la côte ouest de la Suède.

Ses premiers rêves : devenir artiste et voyageur.

Peu intéressé par les études, Henning Mankell part pour Paris à l’âge de seize ans où il reste quelque temps, travaillant notamment dans un atelier de réparation de clarinettes et de saxophones. Il écrit.

 Il débute sa carrière professionnelle comme assistant-metteur en scène à l’âge de dix-sept ans.

Quelques années plus tard, il intègre la marine marchande et embarque sur des bateaux marchands. Il voyage entre l’Europe et l’Amérique et cette expérience lui tient lieu d’université. En 1972, il découvre l’Afrique, d’abord la Guinée-Basseau, puis la Zambie.

En 1973 parait son tout premier roman, « Bergspränagaren» (L’éclat de pierre, inédit en français) qui traite du mouvement syndicaliste ouvrier suédois, et de la solidarité qui est un thème récurrent de l’œuvre de Henning Mankell. Il peut alors réaliser un de ses deux plus vieux rêves : Voyager en Afrique. Il se rend en Guinée-Bissau où il tombe amoureux du continent tout entier, puis en Zambie en 1970. Ensuite, à partir de 1985, il va à Maputo au Mozambique où il dirige la seule troupe de théâtre professionnelle du pays.

En 1979 paraît un second roman « Fängvärdskolonin » (La colonie pénitentiaire disparue), puis le troisième en 1982 « Daisy Sisters », l’histoire de deux générations d’ouvrières après la 2ème guerre mondiale qui lui fut inspirée par une manifestation de femmes-pilotes de ponts roulants dans une usine de Borlänge à laquelle il assista.

Il revient à Stockholm où il trouve un emploi de machiniste dans un théâtre et écrit sa première pièce, « Le parc d’attractions, » sur les intérêts coloniaux suédois dans le 19ème siècle en Amérique du Sud.

En 1984 Henning Mankell prend la direction du Kronobergsteatern de Växjö, en Suède, où il produit uniquement des pièces suédoises, avec succès, ce qui explique qu’il ne publie aucun roman entre 1984 et 1990.

En 1986, il retourne au Mozambique où il se voit confier la direction du Teatro Avenido de Maputo pour lequel il écrit.

Il revient au roman en 1990 avec deux ouvrages : «L’œil du léopard » (Leopardens) qui relate la vie d’un homme vieillissant en Suède après une vie en Zambie, et «La société secrète » (Hunden som sprang – mot en stjärna) qui reçoit le prix Rabén & Sjögren du meilleur ouvrage de l’année pour la jeunesse, et où apparait pour la première fois son jeune héros Joël Gustafsson.

Cette même année 1991, il a reçu le Prix Nils Holgersson.

Mankell ne connaît toutefois une renommée internationale que grâce à la série policière des enquêtes de Kurt Wallander, homme en « perpétuelle interrogation sur le pourquoi des souffrances humaines. Le personnage est inventé en mai 1989, et apparaît la première fois dans Meurtriers sans visage publié en 1991.

Ce commissaire, qui mène ses enquêtes de façon désabusée, est entouré par une équipe de policiers où chacun possède une personnalité soigneusement décrite. Les meurtres sanglants auxquels il est confronté le plongent au fil des romans dans un état de plus en plus dépressif, car le développement de l’aspect psychologique est tout aussi important pour Mankell que l’intrigue policière elle-même. Toutes les aventures de Wallander se déroulent dans la petite ville d’Ystad, en Scanie, dans le sud de la Suède, même si le détective se déplace une fois en Lettonie (Les Chiens de Riga) et enquête sur un meurtre dont les origines remontent en Afrique du Sud (La Lionne blanche). En outre, le sol du proche Danemark est souvent foulé.

La popularité du héros de Mankell est telle que le commissariat d’Ystad est devenu une attraction touristique, et reçoit la visite de touristes demandant à voir Kurt Wallander.

Il devient le premier lauréat du Prix Clé de Verre en 1992 avec le roman Meurtriers sans visage.

En 1995 il entreprend la trilogie « SOFIA », dont la première partie est « Le secret du feu » (Eldens hemlighet).

Sofia est une jeune fille africaine qui a perdu ses jambes en marchant sur une mine. Il dit d’elle : « Sofia est l’une de mes amies les plus chères et les plus proches. Personne ne m’a appris autant qu’elle sur la condition humaine. Et personne ne m’en a appris davantage sur l’incroyable capacité de résistance des pauvres. Ceux qui sont contraints de survivre tout en bas de la société dans un monde que nous partageons tous et où nous cohabitons ; c’est si injuste, brutal et inutile. »

La trilogie sera complétée par « Le mystère du feu » (Eldens gåta 2001) et « La colère du feu » (Eldens vrede 2007).

Le premier volume parle des mines, le second du sida, et le troisième de Sofia devenue adulte, puis mère et qui lutte pour survivre. Cette trilogie destinée à la jeunesse rencontre un vif succès et elle est lue dans les écoles du monde entier. Elle est publiée en français en un volume unique intitulé « Le roman de Sofia » (Flammarion Tribal 2011).

Henning Mankell et son épouse Eva Bergman étaient très impliqués dans la lutte pour le développement de l’Afrique et particulièrement dans la lutte contre le sida. Il tente en particulier de créer un ouvrage qui permettrait de constituer la mémoire du monde quant à cette catastrophe.

Bien sûr, l’Afrique a une grande influence sur l’œuvre de Henning Mankell. Son roman « Comédia infantil » (Comédia infantil 1995) y est né, fortement influencé par les récits traditionnels africains. Au sommet du toit du théâtre d’un port africain, un petit garçon de dix ans meurt lentement de ses blessures par balles et raconte son histoire.

En 2000, il reçoit le Prix Mystère de la critique pour le roman Le Guerrier solitaire.

Mankell est également double lauréat du prix du meilleur roman policier suédois.

Mankell a également écrit un autre polar, cependant très « wallanderien », dont le personnage central, un inspecteur de police, se nomme Stefan Lindman : Le Retour du professeur de danse (2006) (Danslärarens återkomst).

En effet, Le Retour du professeur de danse est plus que wallanderien puisque leurs histoires se croisent : Stefan Lindman obtiendra une mutation pour le commissariat d’Ystad (dans Avant le gel). Une histoire d’amour s’amorcera alors entre Linda Wallander et Stefan Lindman.

En 2007, il préside le jury du Prix du Livre européen qui sera remis cette année-là à Guy Verhofstadt pour son livre Les États-Unis d’Europe.

En 2008 sort « Profondeurs », ouvrage dans lequel l’auteur médite sur le mensonge en entremêlant divers genres et passant ainsi du théâtre au roman policier.

Suit deux ans plus tard, « L’homme inquiet », dans lequel les lecteurs retrouvent Wallander, retraité mais toujours prêt à s’investir dans une nouvelle affaire.

La même année, l’écrivain scandinave participe à l’expédition organisée par des groupes activistes islamistes turcs en faveur de Gaza, qui donna lieu à un abordage israélien qui causa une dizaine de victimes. Il tire de cette expérience un récit, publié le 5 juin 2010 dans la presse internationale dont Libération (France), The Guardian (Angleterre), El País (Espagne), Dagbladet (Suède), La Repubblica (Italie) ou The Toronto Star (Canada).

Entre 2008 et 2010, une série télévisée met en scène Wallander, interprété par Kenneth Branagh. Trois romans ont été adaptés pour la télévision par la BBC : Les morts de la Saint-Jean, La muraille invisible et Le guerrier solitaire.

En mai 2008, Henning Mankell réalise un rêve vieux de 50 ans : se rendre au Mali. Il saisit une opportunité de s’exprimer librement au cours de deux programmes d’une heure sur sa vie africaine depuis 1972. Il met une condition à cette participation : qu’on le laisse parler de Tombouctou. «À Tombouctou résident les grands mensonges à propos de l’Afrique sub-saharienne, les grands mensonges de l’Ouest sur les pays pauvres ».

Au cours des 14ème et 15ème siècles se rencontraient à Tombouctou des poètes, des architectes et des intellectuels. Une crise survint qui anéantit les institutions culturelles qui s’y trouvaient. De nombreux manuscrits furent enfouis dans le sable et on en retrouve et on en retranscrit tous les jours aujourd’hui. « Le mensonge qui fait de l’Afrique un monde sans traditions écrites a été anéanti à Tombouctou. Cette histoire cachée dans le sable et niée par l’Europe on la retrouve, une fois pour toute, et pour le bénéfice de tous ». Ces manuscrits sont en cours de restauration à l’institut Ahmed Baba de Tombouctou, mais le Mali manque cruellement de moyens. Henning MANKELL s’est donc employé à prendre contact avec de nombreuses universités dont celle d’Oslo afin qu’elles viennent en aide à cet institut.

En 2009, Henning Mankell met fin à la carrière du commissaire WALLANDER par le dernier roman de la série : « L’homme inquiet » (Den orolige mannen 2009). Un nouveau roman est paru en Suède en 2011, dont le titre en anglais est « Memories Of a Dirty Angel » et dont la parution est prévue en France en 2012.

Auteur d’une quinzaine de livres pour enfants et pour adultes, il est considéré comme l’un des maîtres incontestés du polar suédois. Il est connu internationalement grâce à la série des Wallander qui met en scène un inspecteur du même nom.

Henning Mankell a quitté la Suède il y a longtemps, partageant sa vie entre son pays natal et le Mozambique.

Gendre d’Ingmar Bergman dont il a épousé en secondes noces la fille Eva, chorégraphe et directrice de théâtre, il partage sa vie entre l’Afrique (le Mozambique) et la Suède en écrivant romans, pièces de théâtre et ouvrages pour la jeunesse et où il dirige une troupe de théâtre depuis 1996 : le Teatro Avenida, seule troupe de théâtre professionnelle du pays, qu’il présente lui-même comme la « passion de sa vie » et où il travaille gratuitement.

En janvier 2010, le classement de plusieurs magazines dédiés à l’édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller (en) en Grande-Bretagne, le place à la neuvième place des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009.

Le 29 janvier 2014, il apprend qu’il est touché par un cancer qui a été détecté dans le cou et dans un poumon à un stade avancé. Et il est probable que les métastases aient gagné d’autres parties de son corps Il dit alors :  » J’ai tout de suite décidé d’écrire à propos de cette maladie, parce que c’est finalement une douleur et une souffrance qui affectent beaucoup de gens. Mais je vais écrire avec la perspective de la vie, pas de la mort. ».

L’écrivain est suivi à Göteborg, à Sahlgrenska, le plus grand hôpital d’Europe du Nord. Malheureusement cette thérapie a touché gravement les reins. Elle fut donc interrompue pour un moment. Les résultats médicaux ont prouvé qu’elle pouvait être reprise à la rentrée.

En parallèle, il a très vite décidé de consacrer désormais ses chroniques à sa bataille contre le cancer.

Il meurt des suites de ce cancer dans la nuit du 4 au 5 octobre 2015 à Göteborg. Henning Mankell avait 67 ans.

 

Bibliographie :

Série policière Kurt WALLANDER

¨      Meurtriers sans visage (1991) (Bourgois 1994 et Points Policiers)

¨      Les Chiens de Riga (1992) (Éditions du Seuil 2003 et Points Policiers)

¨      La Lionne blanche (1993) (Éditions du Seuil 2004 et Points Policiers)

¨      L’Homme qui souriait (1994) (Éditions du Seuil 2005 et Points Policiers)

¨      Le Guerrier solitaire (1995) (Éditions du Seuil 1999 et Points Policiers)

¨      La Cinquième Femme (1996) (Éditions du Seuil 2000 et Points Policiers)

¨      Les Morts de la Saint-Jean (1997) (Éditions du Seuil 2001 et Points Policiers)

¨      La Muraille invisible (1998) (Éditions du Seuil 2002 et Points Policiers)

¨      L’Homme inquiet (2009) (Seuil Policiers 2010)

¨      Une main encombrante (2013) (Édition française 2014

Autres romans policiers

¨      Avant le gel (2002) (Éditions du Seuil 2005 et Points Policiers)

¨      Le Retour du professeur de danse (2000) (Éditions du Seuil 2006 et Points Policiers)

¨      Le Chinois  (2008) (Seuil Policiers 2011)

Autres romans

¨      L’Œil du léopard (1990) (Éditions du Seuil, 2012)

¨      Comédia infantil (1995) (Éditions du Seuil, 2003)

¨      Le Fils du vent (2000) (Éditions du Seuil, 2004)

¨      Tea-Bag (2001) (Éditions du Seuil, 2007)

¨      Profondeurs (2004) (Éditions du Seuil, 2008)

¨      Le Cerveau de Kennedy (2005) (Éditions du Seuil, 2005)

¨      Les Chaussures italiennes (2006) (Éditions du Seuil, 2009)

Romans destinés à la jeunesse

¨      La Société secrète (1990) (édition française Flammarion Castor Poche 1998).

¨      Le Chat qui aimait la pluie (1992) (édition française 2000).

¨      Le Secret du feu (1995) (édition française 1999).

¨      Le Mystère du feu (2001) (édition française 2003).

¨      Le Roman de Sofia (2011) (qui regroupe les 3 romans originaux édités séparément en suédois)

Théâtre (liste limitée faute de documentation fiable et/ou correctement traduite)

¨      Labyrinten, 2000

¨      L’Assassin sans scrupules, Hasse Karlsson, dévoile la terrible vérité : comment la femme est morte de froid sur le pont de chemin de fer, (édition française 2003)

¨      Jeune chien fou

¨      Ténèbres (édition française 2006)

¨      Antilopes (édition française 2006)

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