Houellebecq Michel ♦ La carte et le territoire

la carte et le territoireAutour de ces deux personnages, Michel Houellebecq construit un roman à l’architecture extrêmement savante et parfaitement fluide, construction dans laquelle s’inscrivent, par touches souvent cocasses ou faussement dérisoires, les éléments constitutifs d’un tableau du monde contemporain tel que l’auteur le voit, tel qu’il s’en moque, tel qu’il s’en désespère peut-être : le règne de l’argent et de la vulgarité, les impostures médiatico-mercantiles en vogue… Rien de neuf, diront les uns. C’est vrai. Posture réac, diront les autres. Libre à eux de réduire à cela la portée du roman. Ce qu’on ne peut que constater pourtant, et souligner, c’est la façon dont s’agence, derrière l’intrigue drolatique, au long du fil narratif fermement tenu, cette vision ironique du monde – donnant lieu à de vraies ouvertures métaphysiques –, où trouvent place ces intuitions sur l’expérience humaine, sur la place de l’homme dans l’Histoire, dans le temps, qui font de Houellebecq, depuis toujours, un écrivain singulier, important.

« La Carte et le Territoire », pour touffu et méandreux qu’en soit le récit, n’en a pas moins une trame bien dessinée.

L’intrigue évolue dans le milieu de l’art moderne, comme le dernier Tintin d’Hergé, qui est resté, lui, inachevé.

Jed Martin, artiste plasticien dont les tendances misanthropiques ne sont pas le dernier trait de caractère, rencontre un triomphe – et l’amour avec une Russe splendide (forcément) et prénommée (évidemment) Olga – en photographiant des cartes Michelin qu’il retravaille sur ordinateur avec un logiciel d’images afin de leur donner un aspect de « territoire ».

Comme sa démarche créatrice évolue par cycles, il se lance ensuite dans l’art pictural et devient un peintre mondialement connu, auquel ses toiles rap- portent des fortunes. Il fait notamment le portrait de personnalités célèbres dans le monde de l’art ou dans celui des affaires, et produit ainsi des œuvres intitulées « Damien Hirst et Jeff Koons » se partageant le marché de l’art ou « Bill Gates et Steve Jobs s’entretenant du futur de l’informatique ». Bref, le voilà devenu le genre d’artiste pour lequel un Monsieur Pinault ouvre volontiers son portefeuille. Son galeriste, Franz (on ne saurait s’appeler René ou Georges lorsque l’on est galeriste, a dû juger Michel Houellebecq), lui suggère de demander une préface pour son catalogue à l’écrivain Michel Houellebecq, qu’il rencontre par l’intermédiaire de Frédéric Beigbeder (tous deux, ainsi que bien d’autres protagonistes, figurent sous leur vrai nom dans le livre).

Naissent entre Jed Martin et Michel Houellebecq quelques relations amicales, du moins comme deux quasi-autistes peuvent en nouer.

Une autre intrigue, à la fois plus forte et plus humaine que la précédente, parcourt le roman : c’est l’histoire des échanges, difficiles et espacés, entre Jed Martin et son père, qui est proche de la mort – une mort qu’il va aller chercher dans une institution suisse, Dignitas, spécialisée dans le suicide assisté.

De même que le romancier a fait entrer dans son récit des personnages réels et sous leur propre patronyme, de même cette institution existe véritablement, et sous cette appellation, l’euthanasie étant apparemment une profession comme une autre au pays des coucous.

Les derniers chapitres ne sombrent pas non plus dans l’allégresse et l’optimisme, mais le lecteur n’est pas trompé sur la marchandise, s’étant rendu compte très tôt qu’il ne tournait pas les pages d’un livre de Marc Levy ou de Guillaume Musso : Michel Houellebecq est assassiné et son corps, après avoir été soigneusement décapité (au rayon laser, s’il vous plaît, foin de la vulgaire scie), est découpé en lanières, en même temps que celui de son chien, que le tueur a également envoyé ad (canum) patres, et tous ces lambeaux ont été disposés sur le sol à la manière d’une toile à la Jackson Pollock.

L’ambiance change alors du tout au tout. Le lecteur, qui ne voit à aucun moment où on le conduit – là est le principal charme du récit –, a presque le sentiment d’avoir changé de livre : il a maintenant en mains un polar bien ficelé, un vrai thriller (ambiance Silence des agneaux). De fait, rapplique le classique commissaire de police chargé de l’enquête, qui s’appelle Jasselin et ne manque pas d’états d’âme, comme nombre de personnages du roman. Jed Martin propose à Jasselin de l’aider et l’énigme de ce crime hors du commun finit par être résolue. Dans les dernières pages, qui sont les plus maîtrisées de l’ensemble, le peintre, totalement à l’abri des soucis de fins de mois, se retire dans le Limousin, autrement dit, dans l’esprit de l’auteur, se retire du monde.

 Pas de sexe, de partouze, de putes à Pattaya. Si le nouveau Houellebecq est moins spectaculaire que ses précédents, s’il se teinte d’une tonalité plus douce, il n’en est pas moins visionnaire – juste plus profond, peut-être. Avec « La Carte et le Territoire », le monde désertique n’a ni l’exotisme de Lanzarote, ni l’aspect SF de la planète post-apocalyptique de « La Possibilité d’une île » : ce désert, c’est le nôtre, ici et maintenant, rempli à ras bord de produits manufacturés, traversé d’êtres irrémédiablement seuls, de moins en moins habité par Michel Houellebecq

Si l’une des nombreuses lectures de ce texte d’une densité et d’une richesse impressionnantes est celle d’une vision du monde rompue à la manufacturisation de tout, à la mise à mort de l’authenticité (le territoire, ou le terroir) pour mieux l’imiter en la caricaturant à la norme mondialisée, à l’avènement de l’argent-roi qui tue tout sur son passage, même les écrivains, le livre est aussi la preuve que Michel Houellebecq refuse de se manufacturer lui-même.

Car « La Carte et le Territoire » est avant tout un formidable autoportrait de Michel Houellebecq, en écrivain, en artiste, en enquêteur, en homme ou en chien, en solitaire qui n’a plus rien à attendre de l’humain passé de la société du spectacle à celle de la consommation. Rarement on aura vu un écrivain se faire apparaître avec une distance aussi comique que glaçante, avec tendresse aussi, comme s’il était observé par un autre, dans son propre roman. Un roman à la structure complexe, vertigineuse, galerie des glaces qui donne le tournis : au-delà de sa propre apparition, l’écrivain va s’incarner aussi dans ses autres personnages, devenus autant d’avatars de lui-même.

Il est Jed Martin, cet artiste sur lequel s’ouvre le roman, et qui fera fortune en exposant d’abord des reproductions de cartes Michelin représentant la France, puis des peintures de « métiers », ces maillons de la chaîne de production dont, au plus haut du Marché, sont Steve Jobs et Bill Gates, héros d’un de ses tableaux. Il est Jasselin, dans la dernière partie du livre, le flic chargé de mener l’enquête sur le meurtre sauvage de Michel Houellebecq, qui vit seul avec sa femme, sans enfant, et qui a dû « apprendre » à regarder la mort en face, à scruter ces cadavres en décomposition auxquels il est constamment confronté. Chacun représentant une facette de la démarche de l’écrivain.

Et puis, Houellebecq est aussi Houellebecq, écrivain retiré du « commerce » des humains, installé seul en Irlande puis dans la province française, qui s’empiffre de charcuterie industrielle et de vins argentins. Enfin, il est aussi Michel, dit Michou, le bichon bolonais du couple Jasselin, devenu stérile à cause d’une maladie : « Ce pauvre petit chien non seulement n’aurait pas de descendance, mais ne connaîtrait aucune pulsion, ni aucune satisfaction sexuelle. Il serait un chien diminué, incapable de transmettre la vie, coupé de l’appel élémentaire de la race, limité dans le temps – de manière définitive. » Mais après tout, est-ce si grave quand le sexe, comme le pense l’inspecteur, n’est au fond que « (…) la lutte, le combat brutal pour la domination, l’élimination du rival et la multiplication hasardeuse des coïts sans autre raison d’être que d’assurer une propagation maximale des gènes. » Comme le serait toute structure capitalistique ?

Roman d’un écrivain arrivé à maturité et qui semble avoir suffisamment « compris » la vie pour accepter de lâcher prise, roman stoïque sur l’état du monde, l’état des êtres, le bilan d’une vie, la fin de Houellebecq-personnage, sacrifié, comme tout, sur l’autel de l’argent. Car au XXIe siècle, les artistes n’ont plus de morts romantiques : on les flingue pour des raisons triviales, vulgaires, comme on vit souvent toute sa vie. « Ce qui marche le mieux, ce qui pousse avec la plus grande violence les gens à se dépasser, c’est encore le pur et simple besoin d’argent », confiera le père de Jed à son fils.

L’amour, la poésie, sont pourtant présents. Mais comme des choses précieuses, fugaces, éphémères : les seuls vrais luxes quand tout se réifie, se vend, s’achète. Et tant pis pour ceux qui, comme Jed qui ne saura pas retenir sa fiancée Olga, laisseront passer l’amour – il n’y a jamais de seconde chance, constate Michel Houellebecq. Reste que ce magnifique roman irréductible à une seule thèse, construit comme un labyrinthe, fourmillant de visions métaphysiques, écrit avec une maîtrise sidérante, nous faisant constamment la grâce de parer son désespoir d’une ironie irrésistible, n’est pas à lire comme un document sur la société. Tel Jed Martin qui choisit d’intituler sa première exposition La carte est plus intéressante que le territoire, ce que nous dit Michel Houellebecq à travers cette magistrale leçon de littérature qu’est aussi La Carte et le Territoire, c’est que le roman sera toujours plus intéressant (plus vrai, plus fort, plus beau) que toute réalité. A condition qu’il s’agisse d’un très grand roman, comme il en arrive rarement, comme il vient de nous en arriver.

 

L’auteur :

 Michel Houellebecq (miʃɛl wɛlˈbɛk), né Michel Thomas, à la Réunion, le 26 février 1956 (acte de naissance), ou en 1958 (selon lui), est un écrivain français. Poète, essayiste, romancier et réalisateur, il est, depuis la fin des années 1990, l’un des auteurs contemporains de langue française les plus connus et traduits dans le monde.

  Son père, guide de haute montagne, et sa mère, médecin anesthésiste, se désintéressent très vite de lui, tandis que naît une demi-sœur quatre ans après lui. D’ailleurs, cette période de sa vie et cette solitude seront exprimées avec force dans ses romans. Dans un premier temps, ce sont ses grands-parents maternels, en Algérie, qui le prennent en charge.           

  Puis, à six ans, il est confié à sa grand-mère paternelle Henriette, communiste, dont il a adopté le nom de jeune fille comme pseudonyme. Il vit à Dicy (Yonne), puis à Crécy-la-Chapelle.

  Après avoir été lycéen à Meaux, il suit les classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Chaptal de Paris et intègre, en 1975, l’Institut national agronomique Paris-Grignon (INA P-G). À l’Agro, il fonde l’éphémère revue littéraire Karamazov pour laquelle il écrit quelques poèmes et entame le tournage d’un film intitulé Cristal de souffrance.

  Sa grand’mère meurt en 1978.

  Il sort diplômé de l’école en 1978 avec une spécialisation (fortuite) en « Mise en valeur du milieu naturel et écologie ».

  Il entre ensuite à l’École nationale supérieure Louis-Lumière, en section « cinématographe » (option prise de vues), mais en sort en 1981, avant d’avoir obtenu son diplôme. Cette même année naît son fils Étienne.

 Il connaît ensuite une période de chômage, et un divorce qui engendre une profonde dépression nerveuse qui le conduit à faire plusieurs séjours en milieu psychiatrique.

 Il débute en 1983 une carrière en informatique chez Unilog, puis au ministère de l’Agriculture, où il restera trois ans (cette période est racontée dans Extension du domaine de la lutte) et, enfin, à l’Assemblée nationale.

 Il côtoie dans les années 90Marc-Édouard Nabe, dont il est voisin d’immeuble. Mais les deux écrivains en devenir ne peuvent que constater leurs divergences esthétiques.

Michel Houellebecq publie en 1991 la biographie de Howard P. Lovecraft, « Contre le monde, contre la vie », et collabore à de nombreuses revues dont Les Inrockuptibles. Il devient secrétaire administratif à l’Assemblée nationale et signe « Rester vivant ».

En 2000, il s’exile en Irlande puis, en 2002, il s’installe en Andalousie, dans le parc naturel de Cabo de Gata-Nijar.

Il publie en 1991 la biographie de Howard P. Lovecraft, « Contre le monde, contre la vie », et collabore à de nombreuses revues dont Les Inrockuptibles. Il devient secrétaire administratif à l’Assemblée nationale et signe « Rester vivant ».

Ses deux premiers recueils de poèmes parus en 1991 passent inaperçus. L’ensemble des thèmes des livres à venir y sont déjà traités : solitude existentielle, dénonciation du libéralisme à l’œuvre jusque dans l’intimité des individus. Les deux recueils suivants seront primés (prix Tristan Tzara, en 1992, pour « La Poursuite du bonheur » et prix de Flore, en 1996. Mais c’est par la prose que l’auteur accédera au succès public.

En 1994, son premier roman, « Extension du domaine de la lutte », est publié par Maurice Nadeau après avoir été refusé par de nombreux éditeurs. Il fait de Houellebecq le précurseur d’une génération d’écrivains décrivant la misère affective de l’homme contemporain. Loué sur France Inter par Michel Polac et au Cercle de minuit par Laure Adler, le roman rencontre un succès public relatif (comparativement aux 30 000 exemplaires vendus lors de la sortie des « Particules élémentaires » quatre ans après), mais deviendra rapidement « culte ».

Il est adapté au cinéma en France par Philippe Harel en 1999 et, à la télévision danoise, par Jens Albinus en 2002.

En 1998, « Les Particules élémentaires », son roman suivant, provoque un tapage médiatique, dû en partie à l’exclusion de son auteur de la revue « Perpendiculaire » à laquelle il appartenait, pour incompatibilité d’idées. Le comité de rédaction de la revue publie dans « Le Monde » une tribune attaquant Houellebecq sur ses idées sociales et politiques présumées. Cette polémique est largement exploitée par l’éditeur Flammarion qui cesse de financer la revue en question. « Perpendiculaire » cesse de paraître et Houellebecq bénéficie d’un surcroît de visibilité.

  À la surprise générale, « Les Particules élémentaires » n’obtient pas le prix Goncourt, décerné à Paule Constant pour « Confidence pour confidence », roman que la presse démolira et que Houellebecq jugera « complétement nul ». Il obtient cependant le prix Novembre, décerné par un jury dans lequel figure Philippe Sollers, cité dans le roman, et est élu par la rédaction de la revue Lire « meilleur livre de l’année 1998 ».

   Houellebecq a partagé avec son traducteur, Frank Wynne, le prix IMPAC 2002 pour Atomised, traduction des Particules élémentaires.

  Houellebecq a aussi signé les paroles de l’album « Présence humaine », proche du style de sa poésie. Il n’hésite pas à chanter ou plutôt à parler sur son album, qu’il a également interprété lors de quelques concerts, accompagné du groupe « AS Dragon ».

  En 2004, Michel Houellebecq fait l’objet d’un « transfert » de son ancien éditeur, Flammarion, vers les éditions Fayard, au sein du groupe « Hachette Livre » qui, lui-même appartient au puissant groupe Lagardère ; cela avec des conditions financières inhabituelles dans l’édition française et l’assurance de voir son futur roman porté sur le grand écran.

Lors de la rentrée littéraire 2005, il occupe, avec « La Possibilité d’une île », pour lequel il reçoit le prix Interallié, une grande partie des pages « culture » des médias, éclipsant les 600 autres nouveautés de la « rentrée littéraire ». Toutefois, les ventes du livre sont finalement, moindres que prévu (300 000 exemplaires vendus contre 400 000 espérés).

  En 2007, Houellebecq travaille sur la pré-production du film « La Possibilité d’une île » tiré de son roman, film qu’il réalise lui-même avec Benoît Magimel dans le rôle principal. Lors de la sortie sur les écrans, en 2008, le film est un échec commercial et critique.

En 2008, Houellebecq publie « Ennemis publics », une série d’échanges épistolaires par e-mails avec Bernard-Henri Lévy.

  Il est révélé par les romans « Extension du domaine de la lutte » et, surtout par « Les Particules élémentaires » qui le fait connaître d’un large public.

Ce dernier roman, et son livre suivant « Plateforme », sont considérés comme précurseurs dans la littérature française, notamment pour leur description au scalpel, mais non sans humour, de la misère affective et sexuelle de l’homme occidental dans les années 1990 et 2000.

  En 2010, il publie La Carte et le Territoire chez Flammarion, pour lequel il obtient le prix Goncourt 2010. Ayant plusieurs fois échoué à remporter ce prix pour lequel il avait déjà été pressenti, Michel Houellebecq déclare « [Maintenant que j’ai le Goncourt], on ne se demandera pas si je vais avoir le Goncourt ou non la prochaine fois, ce sera moins de pression, plus de liberté, même si j’ai toujours été assez libre ».

  De façon générale, Houellebecq accorde une place importante à son œuvre d’essayiste. Il est intervenu dans Les Inrockuptibles, dans Perpendiculaire, L’Atelier du Roman, Immédiatement, ainsi que dans la presse internationale. D’où les controverses…

Dans un entretien accordé au magazine « Lire » suite à la sortie de « Plateforme » en 2001, Michel Houellebecq reconnait entre autres : « La religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré. » Il déclare également, dans la même interview que « les juifs sont plus intelligents et plus intéressants que la moyenne ». Il est alors accusé d’islamophobie ou de racisme antimusulmans par diverses associations musulmanes. Le MRAP et la Ligue française des droits de l’homme qui l’intentent en justice sont déboutées, le tribunal constatant que les propos de Michel Houellebecq relevaient du droit à la critique des doctrines religieuses et considérant que la critique d’une religion ne pouvait s’apparenter à des propos racistes, quant à eux interdits par la loi française.

  Michel Houellebecq a déclaré la sympathie qu’il avait pour le mouvement raëlien (son roman « La Possibilité d’une île » en est d’ailleurs inspiré en partie). À la lecture du roman, il apparaît toutefois que cette « sympathie » ne se rapporte en aucun cas à une adhésion aux croyances raëliennes, étant donné la manière dont sont présentés la secte et son gourou (la description des dirigeants de la secte oscille entre leur ridicule et leur talent pour la manipulation, et le gourou lui-même semble ne pas croire à son propre dogme).

  Le style de Michel Houellebecq utilise des emprunts à d’autres artistes ou plus généralement à la société de consommation (name dropping). Il a par exemple repris des passages de Wikipédia dans son roman de 2010, « La Carte et le Territoire ». Plusieurs passages semblent en effet des emprunts peu retravaillés par l’auteur, qui cherche ainsi à reproduire un style objectif. Il pratique volontiers le name dropping, ce qui lui a été reproché par Tahar Ben Jelloun lors de la polémique sur son roman « La Carte et le Territoire ».

Figure controversée mais néanmoins très renommée de la littérature contemporaine française, Michel Houellebecq se fait connaître avec des œuvres provocantes telles que « Extension du domaine de la lutte » ou « Plateforme ». Ses œuvres multiples, traitent avec un accent toujours polémique de thèmes comme la solitude, le détachement du monde, l’absurdité de la vie professionnelle ou la misère sexuelle.

Une rencontre décisive bouleverse son parcours : Michel Bulteau, directeur de la Nouvelle Revue de Paris, lui propose de participer à la collection des « Infréquentables » qu’il a créée aux éditions du Rocher.

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