Boissard Janine ♦ Ne pleure plus, Marie

Marie va recevoir une lettre qui va bouleverser sa vie… et pas que la sienne au final.

Derrière cette correspondance, elle met à l’honneur la protection des enfants en parlant du « 119 » numéro vert d’enfance en danger et en évoquant l’aide sociale à l’enfance.

 «Madame, vous venez de trouver dans votre boîte cette lettre signée d’un inconnu. S’il vous plaît, ne la jetez pas, acceptez de la lire même si, sous le règne du roi Internet, une vraie lettre, sur du vrai papier, écrite à la main : une “lettre hirondelle” comme dans la chanson, peut vous paraître inopportune.»

Lorsque Marie lit ces quelques mots, comment imaginerait-elle qu’ils sont le début d’une aventure qui va bouleverser sa vie? Elle débute alors une correspondance dans laquelle elle se livre entièrement, avec un total inconnu qui semble tenir à son anonymat.

 

L’auteur :

Janine Boissard est née le 18 décembre 1932 à Paris dans une famille bourgeoise : père, inspecteur des impôts, mère, femme au foyer, quatre sœurs et un frère. Elle est la troisième de la fratrie. La conception du partage pour son père l’amenait à donner 10 % de ses revenus aux œuvres. Elle est la petite-fille de l’homme politique Adéodat Boissard (1870-1938).

Elève médiocre, la petite Janine dévore tous les livres qu’elle peut trouver et en cours. Seul le français est une matière qui l’intéresse… Pour les autres, ça se passe plutôt mal, si bien qu’elle est renvoyée de plusieurs établissements religieux du XVIème arrondissement. Elle est alors qualifiée d’enfant  « incontrôlable », ayant un  « mauvais esprit » et elle devient vite le  « vilain petit canard » de la famille. Ce fut une enfant incomprise, renfermée sur elle-même. Elle avait beaucoup de difficulté avec les autres élèves qui, déroutées par son recul, jouaient de sarcasmes à son encontre. Pour s’évader, elle inventait des histoires avec la certitude de devenir célèbre un jour…De ces années elle écrira un récit autobiographique en 1988, « Vous verrez …Vous m’aimerez », et, en 2006, y revient avec « Je serai la princesse de château », car depuis longtemps, la petite Janine n’a qu’une idée en tête : devenir écrivain !

Elle s’est passionnée pour la poésie, via Victor Hugo qu’elle avait pris comme grand-père et elle s’auto-dédiait ses livres. Elle a un peu essayé pour faire plaisir à son père d’étudier les autres matières, mais à part l’histoire qu’elle aimait beaucoup, elle n’y est pas parvenue. Ses parents lui font arrêter donc ses études à 15 ans, à la fin de la 3ème pour la mettre dans un établissement où l’on étudiait l’art d’être une bonne maîtresse de maison et, dans l’espoir de lui voir faire « un beau mariage ». Plus populairement, c’était une école ménagère où les jeunes filles apprenaient tout ce qu’une bonne maîtresse de maison et bonne épouse devait savoir : cuisine, ménage, économie domestique, élever ses enfants… Elle a appris à amidonner les cols de chemise ce qui lui a beaucoup servi dans la vie.

Ce parcours l’a ensuite conduite au sein d’une école de secrétariat où elle a appris à taper à la machine. Ne pas avoir le bac l’a complexée pendant un moment, mais deux choses l’ont rassurée. D’une part, André Malraux ex ministre de la culture ne l’avait pas non plus et d’autre part elle a reçu les Palmes académiques pour son action auprès de la jeunesse, ce qui en général est attribué aux enseignants. La seule chose qu’elle regrette c’est de ne pas avoir fait de philosophie, mais elle s’est vengée avec Nietzsche. Elle sait tout sur lui,

La jeune fille écrit en cachette, et elle propose son premier manuscrit aux Éditions Julliard … qui n’est pas accepté d’emblée. Mais on l’encourage, tout en lui conseillant de le réécrire…

Pendant deux longues années, Janine travaille d’arrache-pied, réécrit, corrige avec une seule idée en tête : devenir écrivain !

En 1959, « Driss » son premier roman est enfin publié aux Éditions Julliard  sous le nom de Janine Oriano, car entre-temps, la jeune fille a suivi « l’ordre établi de la bonne société » et s’est mariée. C’est donc sous son nom d’épouse qu’elle signe les trois autres romans qui suivront chez Julliard (en 1960, 62 et 69) et encore quelques-uns, dont son premier roman policier,  « B comme Baptiste », qui paraît en 1971 chez Gallimard dans la très célèbre collection de la Série Noire. Elle est à 33 ans la première femme à être publiée dans cette collection. L’idée de passer au roman noir lui vient  « simplement par jeu, parce qu’elle s’intéresse à toutes les formes d’écriture et aussi, parce qu’on lui a soufflé que c’était le genre idéal pour vivre de sa plume… »

C’est avec son troisième roman policier que Janine Oriano connaît son premier grand succès d’écrivain, « O.K, Léon ! », publié en 1972, et adapté au cinéma sous le titre « O.K Patron ! ».

En 1975, on lui demande d’écrire une série policière pour la télévision, « Miss » (jouée par notre talentueuse Danielle Darrieux), série tournée en 1977 et dont un roman du même titre est publié en 1978 chez FAYARD, (un de ses éditeurs auquel elle restera fidèle).

Elle signe 9 ou 11 romans sous son nom d’épouse, période pendant laquelle elle fait tout de même quatre enfants, qui deviennent « le fondement de son existence », puis c’est le divorce… Et elle reprend son nom de jeune fille pour signer son œuvre littéraire à venir.

C’est donc Janine Boissard qui signe le premier tome d’une saga qui va être son premier grand, énorme succès de romancière, vaste succès populaire qui touche toutes les tranches d’âge. « L’esprit de famille », (6 volumes entre 1977 et 1984), raconte le parcours de quatre sœurs dont trois sont des personnages féminins très forts, qui s’emportent contre la famille, le machisme et les idées reçues. Elles finissent toutes les trois par réaliser leur choix professionnel, mais de là à concilier carrière avec amour et famille…

Janine Boissard s’est vue confier l’adaptation ainsi que les dialogues  de la saga pour la télévision qui a rencontré un énorme succès et depuis, l’auteure s’en tient à cette recette : décrire des sentiments qu’elle connaît bien, ou qu’elle a pu observer dans son entourage et s’appuie pour chacun de ses romans sur une documentation poussée afin d’être au plus près de la réalité du contexte.

Sous le nom de Janine Boissard, elle signe en ce début d’année 2008 son 35ème  roman, dont quelques-uns sont dits, « suspenses romantiques », et elle signe plusieurs scénarios, adaptations de ses romans dont l’autre série célèbre « Belle grand-mère », ou « Recherche grand-mère, désespérément », ou bien encore « Une femme en blanc » (avec Sandrine Bonnaire), « Marie-Tempête »…

De l’œuvre de Janine Boissard, on retient son attachement à des thèmes récurrents : la famille et ses chambardements, les problèmes de couple,  ceux de l’adolescence, de l’enfance aussi,  la place de la femme moderne dans le monde du travail, la recherche du bonheur…

Janine Boissard a été  décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse. La petite fille rêveuse,  le « vilain petit canard » qui voulait devenir écrivain vit depuis plus de quarante ans de sa passion, l’écriture, en a fait son métier « contre vents et marées »… Tous formats confondus, elle a vendu plusieurs millions d’exemplaires de ses romans.

Janine Boissard a eu quatre enfants avec un homme qu’elle a quitté le jour où elle a rencontré le succès avec le livre ou elle parle justement de sa vie : « L’esprit de famille ».

Elle est grand’mère de dix petits-enfants et un arrière petit-enfant.

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