Claudel Philippe ♦ La petite fille de Monsieur Linh

La petite fille de Monsieur Linh

  Monsieur Linh est un vieil homme. Un jour, il va chercher son fils et sa belle-fille dans la rizière où ils travaillent. Ils sont morts… Une bombe a explosé, et a tout dévasté. Il ne reste que la petite fille, intacte, près de sa poupée dont l’explosion a emporté la tête.

Monsieur Linh sait que Sang Diû et lui ne seront jamais en sécurité dans leur pays. Il fuit alors sa patrie. Est-ce le Vietnam ? En effet, il n’a plus rien. Sang Diû est tout ce qui lui reste. Il veut la préserver, la protéger. Il veut qu’elle ait une belle vie. Il emmène avec lui Sang Diû, sa petite fille, la prunelle de ses yeux, bébé de quelques semaines, calme et obéissant qui aime que son grand-père lui chante une chanson : « Toujours il y a le matin / Toujours revient la lumière / Toujours il y a un lendemain / Un jour c’est toi qui seras mère. »

Il a aussi une petite valise, une vieille photographie et une poignée de terre dans un petit sac. Dans le bateau qui l’emmène loin de son pays, il serre le bébé contre lui.

Quand il débarque dans son nouveau pays d’accueil, il est conduit dans un dortoir où il retrouve des compatriotes peu aimables mais respectueux à cause de son âge. Peu lui importe ; il s’occupe de sa petite fille, toujours très sage.

Et puis un jour, monsieur Linh va se promener, avec Sang Diû qu’il ne laisse jamais seule et fait la connaissance de Monsieur Bark. Alors soudain la vie du vieillard change : il a un ami. Chacun enfermé dans ses souffrances et ses souvenirs, ils partagent le même désarroi, qu’ils expriment dans un langage différent et donc incompréhensible. Mais cela a si peu d’importance.

Lorsque les dames du bureau de l’immigration l’emmènent loin du dortoir qui doit être fermé, Monsieur Linh n’est pas mécontent de quitter ses congénères tour à tour indifférents et irascibles, mais il s’inquiète pour son ami. Il arrive dans un très beau château peuplé de vieillards au regard vide. Un jour, il s’en va, tranquillement, serrant très fort contre lui la petite fille toujours aussi sage, avec pour seul objectif de retrouver son ami dans cette grande ville…

Philippe Claudel raconte l’épopée d’un expatrié en France, les conditions pénibles, voire hostiles, auxquelles il est soumis, ses rencontres et les amitiés qui se lient.

L’auteur :

Philippe Claudel  Né le 2 février 1962 à Dombasle-sur-Meurthe, dans une famille prolétaire, élevé près de la Meurthe, Philippe Claudel est agrégé de français.

Ce fils de prolétaire né en 1962, qui aime la poésie et la peinture, écrit au bistrot du coin, auprès des hommes qui portent la mémoire de la région. C’est pour cette mémoire qu’il est devenu écrivain.

Philippe Claudel, agrégé de français qui a consacré une thèse à André Hardellet, aurait pu être alpiniste professionnel.

  Aux débuts de sa carrière, il ne choisit pas la facilité et se tourne naturellement vers les personnes en difficulté : il enseigne dans un centre de détention, puis dans un centre pour handicapés moteurs. Il sera aussi professeur à l’Université de Nancy. Il est maître de conférences à l’Université de Nancy où il enseigne à l’Institut Européen du Cinéma et de l’Audiovisuel.

  Son premier roman, « Meuse l’oubli », en 2000, rencontre un certain succès. Dès lors, Philippe Claudel n’arrête plus l’écriture.

  En 2003, « Les âmes gris0es », très grand succès critique et commercial, récit d’un drame villageois pendant la Première guerre mondiale, n’obtient pas le prix Goncourt auquel il était candidat, mais il reçoit le prix Renaudot.

  Avec La petite fille de Monsieur Linh, publié en 2005, le succès est renouvelé. Cette fois, l’auteur s’intéresse au déracinement, aux malentendus qui se glissent dans la communication entre deux langues différentes. Il livre une histoire d’amitié très touchante.

  Dans ses textes, à l’apparente simplicité, il tisse les destins de gens humbles, aux prises avec des drames obscurs, des conflits inachevés, des souffrances enfouies. Lorrain d’origine, il évoque souvent dans son œuvre le Nord de la France et une nature omniprésente.

Il a reçu divers prix comme le prix Marcel Pagnol et le prix France Télévision en 2000 pour son premier roman, Meuse l’oubli, qui traite du deuil amoureux. En 2003 il obtient le prix Goncourt de la nouvelle pour Les Petites mécaniques.

Philippe Claudel devient en 2004, directeur d’une nouvelle collection de romans chez Stock, Ecrivins, qui publie des textes d’écrivains sur le thème du vin.

Pour situer l’auteur de La petite fille de Monsieur Linh, il faut l’imaginer dans sa terre lorraine, peu loin de la Meurthe. Une terre grise, une terre marquée par l’histoire et par les années industrielles, par le chômage.

Ce fils de prolétaire né en 1962, qui aime la poésie et la peinture, écrit au bistrot du coin, auprès des hommes qui portent la mémoire de la région. C’est pour cette mémoire qu’il est devenu écrivain.

is, ses rencontres et les amitiés qui se lient.

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