De Luca Erri ♦ Le poids du papillon

le poids du papillon Ce face-à-face, dans les Alpes italiennes, entre un chamois sentant sa suprématie sur la harde menacée par les plus jeunes et un braconnier rêvant d’abattre le seul animal qui lui ait jamais échappé offre une vision poétique de l’homme et de la nature, de la solitude et du désir.

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes.

En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, qui sait lui aussi que le temps joue contre lui, la fatigue le gagnant, et qui compte terminer en beauté en ramenant comme trophée la barbe et les cornes de ce roi majestueux qui le nargue depuis des années À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse.

Au cours des journées qui précèdent leur ultime rencontre nous apprenons à les connaître, partageons avec eux leur approche de la nature, comment ils s’y intègrent l’un et l’autre, comment ils rusent, se préparent, prennent la mesure de leur force et de celle de l’adversaire.

Et puis, face à ces deux forces, il y a la délicatesse tragique d’une paire d’ailes, cette «plume ajoutée au poids des ans». Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires.

Un petit texte, «Visite à un arbre», complète ce volume en nous contant la rencontre de l’auteur et d’un pin des Alpes, penché sur le vide : «Une fois par an, je monte saluer l’arbre, j’emporte de quoi écrire et je m’assieds à son pied……Un arbre solitaire a une clôture invisible, aussi large que son ombre à poser tout autour. Avant d’y entrer, je retire mes sandales. Je m’allonge sous sa lumière.»

 

L’auteur :

  Erri de Luca, tout à tour maçon sur des chantiers en France, en Afrique et en Italie, manutentionnaire à Catane,  et chauffeur de convois humanitaires dans la Bosnie en guerre des années 1990, se consacre à l’écriture à partir de 1996. Son œuvre, d’influence autobiographique, invite à la méditation. Elle est très largement traduite, notamment en français, où il obtient le prix Femina du roman étranger pour Montedidio en 2002.

 Erri De Luca est né à Naples en 1950 dans une famille de la myenne bourgeoisie.

 Il a 18 ans en 1968 etse trouve alors à Rome. C’est à partir de cette époque qu’il embrasse l’action politique, repoussant la carrière de diplomate qui lu iétait destinée.

 Dans les années 1970, il est dirigeant actif au sein du mouvement d’extrême gauche « Lotta Continua » que dirige Adriano Sofri. Il devient ensuite ouvrier spécialisé chez FIAT, manutentionnaire à l’aéroport de catane, chauffeur de camions, puis maçon, travaillant sur divers chantier français, africais ou italiens. Bienqu’il n’ait cessé d’écrire depuis l’âge de vingt ans, son premier livre « Non ora, non qui » (une fois, un jour) ne paraît en Italie qu’en 1989, en 1992 en France chez Verdier et en 1994 aux éditions Rivages.

 Il a pratiquement 40 ans lors de cette première publication et continue de travailler dans le bâtiment. Pendant la guerre en ex Yougoslavie, il est chauffeur de convois humanitaires à destination de la population bosniaque.

 Il a appris de nombreuses langues en autodidacte, dont le yiddish et l’hébreu afin de traduire « Ka bible », à laquelle il consacre chaque jour une heure de lecture, même s’il se dit non-croyant.

 Il collabore à de nombreux journaux (La repubblica – Il Manifesto…) et outre ses billets d’opinion, il écrit des articles sur la montagne. Il est un alpiniste émérite.

 Eri de Luca a reçu « le prix de France culture » en 1994 pour « Acide, arc en ciel », le prix « Bataillon » en 2002 pour « Trois chevaux » et le prix femina Etranger également en 2002 pour son roman « Montedidio ».

Il vit aujourd’hui à la campagne près de Rome.

 

Aux Editions Gallimard ont paru notamment Trois chevaux), Montedidio, Prix Femina Étranger, Noyau d’olive ou plus récemment Le jour avant le bonheur.

Il est aujourd’hui un des écrivains italiens les plus lus dans le monde. En Italie, Le poids du papillon s’est vendu à un niveau jamais atteint dans la longue carrière de Erri De Luca.

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