Rufin Jean-Christophe ♦ Le Flambeur de la Caspienne

Après Le suspendu de Conakry, en Guinée, et Les trois femmes du Consul à Maputo, capitale du Mozambique, en Afrique Australe, c’est à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ex-soviétique, sur les rives de la mer Caspienne qu’a été nommé cet anti-héros extraordinaire, originaire de Roumanie où il a subi la dictature de Ceausescu.

Ce musicien de talent, capable de passer du classique au jazz, sur son piano, se retrouve à Maputo, adjoint d’un Consul général qui, pour une fois, tente de lui faire confiance.

Plutôt original, placardisé pour son plus grand plaisir, Aurel sait parfaitement endormir son monde, fin stratège dans l’art de fuir le travail et de décourager tout chef de service à lui en donner, ne rien faire, jusqu’au moment où une cause le motive subitement. Il n’a toujours pas d’ambition, sinon celle de ne surtout pas se faire remarquer. Tapi dans l’ombre de ses dossiers et des bougainvilliers, c’est une plaie pour les collaborateurs de l’ambassade, un boulet pour ses supérieurs.

Aurel Timescu, poursuit sa tournée des ambassades au gré de ses affectations plus disciplinaires que promotionnelles. Les tampons sur son passeport valent sanction, seul consul immunisé contre l’immunité diplomatique.

Célèbre pour son goût très modéré pour le travail et sa manie de se mêler uniquement de ce qui ne le regarde pas, sa réputation de canard boiteux lui vaut plus de mises au placard que d’accès aux fastes et tapis rouge des ambassades.

Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel Timescu, le petit Consul, est pour une fois affecté pour trois ans dans un lieu enchanteur. Bakou est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. À la terrasse de cafés d’allure parisienne, on y déguste un petit blanc local très savoureux. Peu importe que l’ancienne république soviétique soit une pétromonarchie allergique aux libertés individuelles, le climat est favorable à la santé et aux humeurs solitaires du bonhomme.

Lorsqu’il se rend à l’Ambassade pour prendre son poste, l’ambiance est bonne. Il est accueilli par Amélie Laugier, 25 ans (la moitié de son âge !) et des yeux d’un bleu de porcelaine qui la rendent encore plus jeune. Elle lui expose en quelques mots la mission du service consulaire dont elle est la cheffe et où il aura à l’assister comme adjoint et lui présente l’équipe. L’Ambassadeur, quant à lui étant en déplacement, elle lui dit d’en profiter pour s’installer. Il apprend cependant que Mme Marie-Virginie de Carteyron, la femme de l’Ambassadeur, est décédée il y a un mois, en chutant d’une haute muraille d’un château médiéval en ruine où elle exerçait ses talents de photographe. Cela s’est passé dans l’enclave du Nakhichevan, république autonome d’Azerbaïdjan où il est très difficile de se rendre. Et l’équipe diplomatique, tétanisée par le deuil, est livrée à la crainte et au soupçon. Elle avait quarante-cinq ans.

Quand Aurel retourne à la chancellerie pour rencontrer l’Ambassadeur, l’ambiance a changé du tout au tout et celui-ci le reçoit avec un regard dur, une expression de pitié méprisante et lui assène qu’il partira. Autoritaire et brutal, il est bien décidé à se débarrasser d’Aurel. Il a demandé à Paris un remplaçant et donné des instructions précises à ses collaborateurs de ne lui confier strictement aucun dossier.

Aurel, dans un premier temps, est terrassé par cette humiliation. Désemparé, il réagit se disant qu’il ne va pas se laisser faire. Il s’aperçoit, en fait qu’il ne connaît pas les circonstances de la mort de Mme de Carteyron et le comportement de cet homme lui inspire des soupçons, une intuition en quelque sorte et Aurel s’est toujours fié à ses intuitions.

Il n’en faut pas plus pour qu’Aurel se lance dans une enquête plus folle que jamais. Comme à son habitude, il va s’intéresser à ce triste événement, fouiner, se renseigner, jouer avec son style inimitable et s’attirer la sympathie des femmes travaillant à l’ambassade.

Dans cette « affaire » notre héros n’a même aucune piste sérieuse, juste quelques considérations de portée générale : que l’ambassadeur n’a pas l’air particulièrement triste, que Marie-Virginie est morte peu de temps après avoir hérité la grosse fortune de sa famille et que dans ces milieux traditionnels l’idée du divorce est mal acceptée et qu’il vaut mieux, en somme, avoir recours au crime passionnel. Bien maigre pour lancer une opération vendetta contre une excellence de France en service commandé. Aurel, dans son cagibi à l’ambassade où il n’a absolument rien à faire, épluche le Net sur le passé du couple de diplomates et interroge le personnel de la chancellerie.

Basée sur de fragiles intuitions, cette enquête prendra, entre mafias locales et grands contrats internationaux, l’ampleur d’une affaire d’État.

Dans ses recherches, il sera aidé par la Consule. Il fera appel à son « petit oncle » dont le réseau international d’entomologistes lui fournira de précieuses informations. Il bénéficiera également du concours d’un journaliste dissident Yskandar.

Dans ce roman plein de suspense, Aurel fera connaître une affaire de corruption concernant de juteux marchés internationaux et mettra fin aux agissements d’un puissant clan criminel.

Cette fois, Aurel ne lutte pas seulement pour faire triompher la justice. Il se bat pour une cause nouvelle et inattendue : rester là où il est et connaître enfin le bonheur.

 

L’auteur :

Jean-Christophe Rufin, né à Bourges dans le Cher le 18 juillet 1952, est un médecin, historien, écrivain et diplomate français. Il a été élu en 2008 à l’Académie française dont il est le plus jeune membre.

Ancien président d’Action contre la faim, il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

Enfance et formation :

Après le départ de son père, vétérinaire, sa mère, qui travaille à Paris comme publicitaire, ne peut l’éduquer seule. Jusqu’à ses 9 ans, il est alors élevé par ses grands-parents, qui habitaient au pied de la cathédrale de Bourges, le temps que sa mère se fasse une véritable situation. Elle habitait seule à Paris et revenait tous les quinze jours ou un peu moins. Mais ce n’était pas la fête parce qu’elle avait des rapports compliqués avec ses grands-parents. Elle vivait une grande tension entre sa tentative d’acquérir sa liberté à Paris et ce vers quoi elle était ramenée et avait voulu quitter à travers eux.

Quand il a rejoint sa mère à 10 ans, il a découvert le dimanche à Paris, ses magasins aux rideaux de fer tirés et ses rues désertes, loin de la trépidation presque permanente des autres jours. Sa mère n’allait pas à la messe, elle ne recevait personne. En vacances, ils avaient rencontré par hasard une famille dont il est resté très proche. Ils l’ont pris sous leur aile, ils l’emmenaient à des spectacles, à la Comédie-Française, au ski… Tout ce qu’il faisait, c’était avec eux. Sa mère et lui vivaient à l’écart de tout, un peu comme sur une île déserte. C’est à cette période qu’il a le plus lu, qu’il s’est le plus évadé dans l’imaginaire car ces dimanches n’étaient rien.

Jean-Christophe Rufin ne connaît son père qu’à ses 18 ans. Son grand-père, médecin, qui avait soigné des combattants lors de la Première Guerre mondiale, fut, pendant la Seconde, déporté deux ans à Buchenwald pour faits de résistance — il avait caché des résistants en 1940 dans sa maison de Bourges. Ancien médecin de guerre, le grand-père de Jean-Christophe Rufin transmet à son petit-fils son goût pour la médecine.

Jean-Christophe a à peine 15 ans lorsqu’il assiste à sa première transplantation cardiaque, réalisée par le professeur Christiaan Barnard en 1967. Fasciné par cette pratique, le jeune homme décide de faire de la médecine sa vocation.

À 18 ans, Jean-Christophe Rufin revoit son père par hasard. « J’avais choisi, à Bourges, le premier dispensaire venu pour faire un vaccin. Une jeune femme qui y travaillait m’a demandé mon nom et a blêmi. C’était ma demi-sœur, elle m’a conduit auprès de notre père. Nos rapports ne furent jamais très bons. »

Après avoir fréquenté les lycées parisiens Janson-de-Sailly et Claude-Bernard, il entre à la faculté de médecine de La Pitié-Salpêtrière et à l’Institut d’études politiques de Paris. Convaincu par le grand potentiel de la médecine, Jean-Christophe Rufin entreprend des études à La Pitié-Salpêtrière. Son talent ne tarde pas à être remarqué et il est rapidement promu chef de clinique à La Salpêtrière en neurologie.

En 1975, il est reçu au concours d’internat à Paris. Il travaille à l’hôpital Rothschild, en salle commune. Bien qu’ayant choisi la neurologie comme spécialité, en 1976, il part effectuer son service militaire comme coopérant en Tunisie où il exerce en maternité.

Il a été élu à l’Académie Française au fauteuil d’Henri Troyat en 2008.

 

Carrière :

Carrière médicale :

Interne (1975-1981), chef de clinique et assistant des hôpitaux de Paris (1981-1983), puis attaché (1983-1985) des hôpitaux de Paris. En 1981, il devient chef de clinique et assistant des hôpitaux de Paris, puis attaché des hôpitaux de Paris en 1983 pour deux ans. Il reprend la médecine à l’hôpital de Nanterre (1994-1995) puis à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (1995-1996). En 1997, il rentre en France pour diriger un pavillon de psychiatrie à l’hôpital Saint-Antoine.

Président d’Action contre la faim (ACF) à partir de 2002, il quitte ses fonctions en juin 2006 pour se consacrer davantage à l’écriture. Il reste cependant président d’honneur de cette organisation non gouvernementale (ONG).

Carrière dans l’humanitaire :

  Fort d’une riche expérience médicale, Jean-Christophe Rufin décide de s’engager dans l’humanitaire. Comme médecin, il est l’un des pionniers du mouvement humanitaire Médecins sans frontières où il a été attiré par la personnalité de Bernard Kouchner et où il fréquentera Claude Malhuret. Pour MSF, il a dirigé de nombreuses missions en Afrique de l’Est et en Amérique latine.

Sa première mission humanitaire est menée en 1976 en Érythrée, alors ravagé par la guerre, où il rencontre Azeb, qui deviendra sa deuxième femme. Il y pénètre incognito avec les forces rebelles érythréennes au sein des bataillons humanitaires. Il y rencontre Azeb, qui deviendra sa deuxième femme.

Fortement militant, Jean-Christophe Rufin devient le directeur médical de l’ONG « ACF » (Action contre la Faim) en Éthiopie, en 1985. Il en vient à diriger l’organisation entre 2002 et 2006.

Entre 1991 et 1993, il est vice-président de Médecins sans frontière (MSF), mais quitte l’association au moment de la marche pour le Cambodge.

Entre 1994 et 1996, il est administrateur de la Croix-Rouge française.

En 1999, il est en poste au Kosovo comme administrateur de l’association Première Urgence, et dirige à l’École de guerre un séminaire intitulé « ONU et maintien de la paix ». Président d’Action contre la faim (ACF) à partir de 2002, il quitte ses fonctions en juin 2006 pour se consacrer davantage à l’écriture. Il reste cependant président d’honneur de cette organisation non gouvernementale (ONG)

Ce solide bagage humanitaire lui ouvre les portes de la diplomatie. Entre 2007 et 2010, il exerce la fonction d’ambassadeur de France au Sénégal puis en Gambie.

Carrière dans les ministères et la diplomatie :

  Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris en 1980, il devient, de 1986 à 1988, conseiller du secrétaire d’État aux Droits de l’homme, Claude Malhuret et publie son premier livre, Le Piège humanitaire, un essai sur les enjeux politiques de l’action humanitaire.

En 1989-1990, il s’expatrie au Brésil comme attaché culturel et de coopération auprès de l’ambassade de France.

En 1993, il entre au cabinet de François Léotard, ministre de la Défense, comme conseiller spécialisé dans la réflexion stratégique sur les relations Nord-Sud, et le restera deux ans.

Directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques entre 1996 et 1999, il conduit la mission humanitaire française en Bosnie-Herzégovine. Il fait libérer onze otages français de l’association Première Urgence détenus par les Serbes de Bosnie, « en sympathisant avec les geôliers et en s’obligeant à boire avec eux ». Cette mission lui vaudra l’inimitié de Dominique de Villepin, alors au cabinet d’Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères.

En 1995, après la naissance de Valentine, son troisième enfant, née le 3 février, il quitte le ministère de la Défense et devient attaché culturel au Nordeste brésilien.

Dans le « rapport Rufin » (Chantier sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme), sorti le 19 octobre 2004, il attire l’attention sur l’antisémitisme, qui n’a pas, selon lui, à être fondu dans le racisme ou la xénophobie en général.

Le 3 août 2007, il est nommé ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie.

Au premier semestre 2008, il participe avec les agents de la DGSE à la traque des fuyards d’Al-Qaïda après l’assassinat de touristes français en Mauritanie.

En décembre 2008, il déclare lors d’une conférence de presse : « Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n’importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente. » Cette remarque ne passe pas inaperçue, tant et si bien que la vice-présidente du Sénat du Sénégal, Sokhna Dieng Mbacké, lui demande des excuses publiques pour ces propos « choquants, voire méprisants et insultants ». L’ambassadeur publie aussitôt un communiqué dans lequel il insiste sur « le caractère ironique et affectueux » de ces paroles « tenues sur le ton de la plaisanterie ».

Il quitte ses fonctions d’ambassadeur au Sénégal le 30 juin 2010.

En juillet 2011, il intègre l’équipe de campagne de Martine Aubry pour l’élection présidentielle de 2012, chargé avec Jean-Michel Severino de la thématique « Nord-Sud, Coopération, Rayonnement ».

  En parallèle, il est maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris entre 1991 et 2002, puis à l’université Paris 13 (1993-1995) et à l’École de guerre (ancien Collège Interarmées de Défense).

Depuis 2005, il est aussi membre du conseil de surveillance du groupe Express-Expansion, et membre des conseils d’administration de l’Institut Pasteur, de France Télévisions et de l’OFPRA.

En 2007, il a été membre du jury du Festival du film documentaire de Monaco.

Autres fonctions

  Par ailleurs, Jean-Christophe Rufin a été maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris entre 1991 et 2002, puis à l’université Paris 13 (1993-1995) et à l’École de guerre (ancien Collège Interarmées de Défense).

Depuis 2005, il est aussi membre du conseil de surveillance du groupe Express-Expansion, et membre des conseils d’administration de l’Institut Pasteur, de France Télévisions et de l’OFPRA.

Il est par ailleurs membre du jury du prix Joseph-Kessel et a été en 2007 membre du jury du Festival du film documentaire de Monaco.

Le nom de Jean-Christophe Rufin a été attribué à la médiathèque municipale de Sens (Yonne) en mai 2013 car la ville souhaitait associer ce lieu à un écrivain reconnu. Un lien littéraire unit Sens à son roman Rouge Brésil grâce au personnage du chevalier de Malte Nicolas Durand de Villegagnon qui fut gouverneur de la Ville de Sens de 1567 à 1571.

Son nom a également été attribué à l’école élémentaire de Vignoux sur Barangeon (Cher) le 4 novembre 2016. Ce choix a été fait par les élèves de CM2, dans le cadre de réflexions voulue par l’Éducation Nationale menées autour de la laïcité. Ils avaient recherché des personnes pouvant incarner les valeurs de l’école : le goût des mots, la solidarité, la paix… Et pour eux, le nom de Jean-Christophe Rufin est associé à tout cela. Jean-Christophe Rufin était présent à la cérémonie.

Depuis 2019, il préside le jury du Prix Orange du Livre. Le Dr Jean-Christophe Rufin a été nommé Président de la Fondation d’entreprise Sanofi Espoir le 18 septembre 2020.

 

Vie privée

Marié quatre fois, dont trois avec la même femme, l’écrivain reconnaît une vie sentimentale « pittoresque » qui lui a inspiré son roman « Les sept mariages d’Edgar et Ludmila ».

Jean-Christophe Rufin a trois enfants avec qui il pense avoir construit une relation assez belle, assez forte.  Il les voit ou il les a au téléphone pratiquement tous les jours.

Sa première épouse était d’origine russe, avec laquelle il a eu un fils, Maurice, le fils aîné qui a été vers 2018 à la tête de l’Institut français à Bakou, en Azerbaïdjan.

Puis, il rencontre en Érythrée Azeb, une Éthiopienne d’une grande famille amharas qu’il épouse à trois reprises les 15 février 1986, le 24 août 1999 dans le 6ème arrondissement de Paris et le 25 août 2007 à Saint-Gervais-les-Bains après deux divorces. De cette deuxième union naissent deux filles : Gabrielle (en 1992) et Valentine (en 1995).

Azeb Rufin est agent littéraire de Sylvain Tesson ou Christophe Ono dit Biot, chez Agence littéraire Ras Dashen.

Il reste attaché à ses racines catholiques, mais le dimanche et sa messe ne sont pas adaptés à une forme de vie comme la sienne. Sa femme est orthodoxe d’origine éthiopienne. Ils ont habité deux ans dans son pays. Le dimanche y est extrêmement important et les cérémonies interminables. Dans les campagnes, on fait 4 ou 5 kilomètres à pied sur les routes en file indienne dès 6 heures du matin pour aller à la messe et revenir vers 16 heures. La ferveur est forte, mais on peut sortir de l’église pendant la messe, discuter avec des copains, revenir.

Jusqu’à sa nomination comme ambassadeur de France au Sénégal, il résidait les deux tiers de l’année à Saint-Nicolas-de-Véroce dans le massif du Mont-Blanc, dans une ancienne grange abandonnée du village entièrement démontée et remontée dans les années 1980 et qu’il a achetée au début des années 2000, où il s’enferme pour écrire durant l’hiver avant d’y revenir de juin à septembre. Lové dans une semi-obscurité, bien à l’abri sous les velux de leur Chalet alpin près de Saint-Gervais, Jean-Christophe Rufin écrit généralement au petit matin, pendant plusieurs heures, avant de s’échapper pour de longues marches en altitude en compagnie de son épouse ou de camarades de grimpe.

Ce passionné de montagne est ami avec l’écrivain Sylvain Tesson et Christophe Raylat, patron des Éditions Guérin, avec lesquels il pratique cyclisme et alpinisme.

Jean-Christophe Rufin est élu à l’Académie française le 19 juin 2008 par 14 voix, contre 12 à l’écrivain et producteur Olivier Germain-Thomas, deux bulletins blancs, une croix, au fauteuil de l’écrivain Henri Troyat. En septembre 2010, il reçoit la Plume d’Or de la Société des Auteurs Savoyards, présidée par Michel Germain, pour l’ensemble de son œuvre. Il est vrai que cet académicien, membre d’honneur de la SAS, cherche souvent refuge du côté de Saint-Nicolas-de-Véroce en Haute-Savoie.

Ce Rufin est une énigme. Brillant médecin du monde, agitateur d’idées engagé dans l’action humanitaire, compagnon de Kouchner et de Malhuret, de Médecins sans frontières au couloir d’un ministère, président d’Action contre la faim, administrateur de la Croix-Rouge, présentement ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) et à Banjul (Gambie), il a mené la carrière littéraire la plus brillante de ces dernières années. Avec, en dix ans à peine, le Goncourt 1997 du premier roman (L’Abyssin, lire notre critique), l’Interallié 1999 (Les Causes perdues, lire notre critique), le Goncourt 2001 (Rouge Brésil, lire notre critique). On n’oublie pas l’élection à l’Académie française en 2008 au siège d’Henri Troyat, ni les succès de librairie de Globalia (2004) (lire notre critique) et du Parfum d’Adam (2007) (lire notre critique). Avec cela, un statut d’écrivain voyageur, entre Joseph Kessel et Henri de Monfreid. Une vraie statu(r)e de Commandeur, à moins de 60 ans, avec des essais qui font date (Le Piège humanitaire, La Dictature libérale), une autobiographie cinglante (Un léopard sur le garrot, lire notre critique), une boulimie d’écrire.

 

Carrière littéraire :

  Jean-Christophe Rufin a consacré plus de vingt ans de sa vie à travailler dans des ONG au Nicaragua, en Afghanistan, aux Philippines, au Rwanda et dans les Balkans. Cette expérience du terrain l’a conduit à examiner le rôle des ONG dans les situations de conflit, notamment dans son premier essai, Le Piège humanitaire (1986), un essai sur les enjeux politiques de l’action humanitaire et les paradoxes des mouvements « sans frontières » qui, en aidant les populations, font le jeu des dictateurs, et dans son troisième roman, Les Causes perdues (1999).

Ses romans d’aventures, historiques, politiques, sont de la veine des récits de voyage et d’anticipation : « J’ai été déformé dans le sens du visuel. […] Comme le disait Kundera, il y a deux sortes d’écrivains : l’écrivain musicien et l’écrivain peintre. Moi je suis peintre. […] Quand on écrit, soit on écoute, soit on voit. On ne peut pas faire les deux en même temps. »

Pour son œuvre littéraire Jean-Christophe Rufin reçoit de nombreux prix dont le prix Goncourt en 2001 pour Rouge Brésil. Il est élu à l’Académie française le 19 juin 2008 par 14 voix, contre 12 à l’écrivain et producteur Olivier Germain-Thomas, deux bulletins blancs, une croix, au fauteuil de l’écrivain Henri Troyat.

En mars 2018, le roman Le Collier rouge est adapté au cinéma par Jean Becker avec François Cluzet, Nicolas Duvauchelle et Sophie Verbeeck. Jean-Christophe Rufin participe au scénario.

Essais :

  • Le Piège humanitaire – Quand l’humanitaire remplace la guerre, 1986.
  • L’Empire et les nouveaux barbares, 1991; nouvelle édition revue et augmentée Jean-Claude Lattès, 2001 (un essai de politique internationale qui compare l’Occident à l’Empire romain menacé par les barbares : « Aujourd’hui, c’est l’Est qui demande des aides pour son développement. Quant au Sud, il s’arme maintenant contre le Nord. »)
  • La Dictature libérale, 1994 – Prix Jean-Jacques-Rousseau 1994.
  • L’Aventure humanitaire, 1994.
  • Géopolitique de la faim – Faim et responsabilité, 2004.
  • Un léopard sur le garrot,   2008 (autobiographie)

Romans :

  • L’Abyssin, l’histoire d’une ambassade dépêchée par la cour du Négus d’Ethiopie auprès de Louis XIV, 1997 – Prix Goncourt du premier roman et prix Méditerranée, 300 000 exemplaires vendus et 19 traductions.
  • Sauver Ispahan, 1998.
  • Les Causes perdues, inspiré de sa mission humanitaire en Ethiopie, 1999 -Prix Interallié 1999, Prix littéraire de l’armée de terre – Erwan-Bergot 1999 ; réédité avec le titre Asmara et les causes perdues
  • Rouge Brésil, un voyage de l’autre côté de l’Atlantique au temps des premières colonies françaises, 2001 – Prix Goncourt 2001
  • Globalia, roman d’anticipation qui raconte les aventure de Baïkal, jeune rebelle qui quitte les « territoires sécurisés » pour pénétrer dans la « non-zone », un « 1984 » revisité dénonçant le monde de conformiste, obsédé par sa sécurité, dans lequel nous vivons. 2004
  • La Salamandre, 2005
  • Le Parfum d’Adam, 2007.
  • Katiba, 2010
  • Le Grand Cœur, 2012
  • Immortelle Randonnée : Compostelle malgré moi, 2013
  • Le Collier rouge, 2014 – Prix Maurice-Genevoix
  • Check-point, 2015
  • Le Tour du monde du roi Zibeline, 2017
  • Le Suspendu de Conakry (Les énigmes d’Aurel le Consul, vol 1), 2018
  • Les Sept Mariages d’Edgar et Ludmilla, 2019
  • Les Trois femmes du consul (Les énigmes d’Aurel le Consul, vol 2), 2019
  • Le Flambeur de la Caspienne (Les énigmes d’Aurel le Consul, vol 3), 2020
  • La Princesse au petit moi (Les énigmes d’Aurel le Consul, vol 4), 2021

Nouvelles :

  • Sept histoires qui reviennent de loin, 2011

En collaboration :

  • Économie des guerres civiles, avec François Jean, 1996
  • Mondes rebelles, avec Arnaud de La Grange et Jean-Marc Balancie, 1996
  • Qui est Daech? avec Edgar Morin, Régis Debray, Michel Onfray, Tahar Ben Jelloun, Olivier Weber et Gilles Kepel, 2015.

Récompenses :

  • Prix Goncourt du premier roman 1997, pour son roman L’Abyssin.
  • Prix Méditerranée 1997, pour son roman L’Abyssin.
  • Prix Interallié 1999, pour son roman Les Causes perdues.
  • Prix Erwan-Bergot 1999, pour son roman Les Causes perdues.
  • Prix Goncourt 2001 et Grand prix de l’Académie de marine, pour son roman Rouge Brésil.
  • Plume d’Or 2001 de la Société des auteurs savoyards.
  • Prix Nomad 2013, pour le récit Immortelle Randonnée : Compostelle malgré moi.
  • Prix Grand Témoin 2015, pour son roman Check-point.
  • Prix Arsène Lupin 2018, pour son roman Le suspendu de Conakry.

Décorations et Distinctions :

  • Docteur honoris causa de l’université Laval (Québec) et de l’université catholique de Louvain (Belgique) (2006)
  • Officier de la Légion d’honneur (2013 ; chevalier en 2003)
  • Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres
  • Commandeur de l’ordre national du Lion du Sénégal (2012)
  • Commandeur de l’ordre du Rio Branco
  • Chevalier de l’ordre pro Merito Melitensi
  • Chevalier de l’ordre du Mérite culturel de Monaco

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