Paasilinna Arto ♦ Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen

le bestial serviteur du pasteur HuuskonenA l’approche de la cinquantaine mélancolique, le pasteur Askari Huuskonen traverse une mauvaise passe. Son mariage bat de l’aile, sa foi vacille, ses prêches peu conformes aux canons de l’Eglise lui attirent les foudres de ses supérieurs, et ses paroissiens, tous plus déjantés les uns que les autres, lui causent bien du souci. Comme si cela ne suffisait pas, le conseil paroissial décide de lui offrir pour son anniversaire un cadeau empoisonné : un ourson qui vient de perdre sa mère, spectaculairement morte par électrocution au sommet d’un pylône à haute tension. Mais Huuskonen s’attache à l’ourson. Il pousse la sollicitude jusqu’à lui construire une tanière dans laquelle il finit par le rejoindre, en compagnie d’une charmante biologiste, Sonia, venue étudier les moeurs de l’animal.

Ayant retrouvé la foi au contact du pasteur, la biologiste, Sonia, s’éloigne de lui, ce qui n’empêche pas l’épouse de Huuskonen de demander le divorce. L’évêque, de son côté, lassé des bizarreries du pasteur, le met d’office en congé.

Huuskonen, ruiné par son divorce, privé de domicile et d’emploi, part à l’aventure avec son ours. Un long périple qui les mènera d’Odessa à Syracuse, de Malte à Southampton, en quête d’un sens à leur existence.

 

L’auteur :

Écrivain finlandais, né le 20 avril 1942, à Kittilä en Laponie finlandaise, Arto Paasilinna a d’abord été bûcheron et d’ouvrier agricole, avant de reprendre des études et de devenir journaliste au quotidien régional Lapin Kansa (Le Peuple Lapon).

 « Au fin fond de la forêt, façon de parler, Paasilinna est né dans un camion, à Kittilä, en plein exode de sa région d’origine, Petsamo, au bord de l’océan Arctique, un accès maritime que la Finlande céda l’année suivante à l’URSS après avoir perdu la guerre d’Hiver et la guerre de Continuation. La famille est chassée vers la Norvège, puis par la Norvège en Suède et par la Suède en Laponie finlandaise quand c’étaient les Allemands qu’il fallait fuir. La famille Paasilinna se fixe à la fin de son exode à Tervola, en Ostrobotnie (Pohjanmma, en finnois où même les noms de lieu ne se ressemblent pas).

 On dit « la famille Paasilinna », pour simplifier, mais c’est un nom inventé, inventé par le père d’Arto qui s’était fâché avec ses parents au point de changer de nom, de Gullsten (« pierre dorée » en suédois) en Paasilinna (« forteresse de pierre » en finnois). Le nom n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, et, depuis le début de ce septembre 2003, se dresse sur une place de Tervola un monument de lourdes pierres de trois mètres de haut, simple granit poli, avec, à l’intérieur, comme un cœur qui bat un caillou rapporté du nord, en l’honneur des Paasilinna. Des sept frères et soeurs, quatre sont écrivains (dont un député européen), les autres sont médecin, acteur et professeur. » (extrait d’un article de Jean-Baptiste Harang, Libération 18 septembre 2003)

 C’est à partir de 1975 qu’il commence à écrire, de la poésie, des romans et des scenarii. Son œuvre connaît un grand succès tant en Finlande qu’à l’étranger. Il a publié une trentaine de livres, traduits dans une trentaine de langues

 L’art de cet écrivain autodidacte, qui a développe un serre spécifique pour les circonstances arctiques, est caractérisé par les circonstances arctiques : par des toundras, par des rennes, par des Lapons et des lacs ainsi que par des forêts immenses. Cet écrivain qui n’aime pas les photographes et qui ne parle aucune langue étrangère est capable de faire rire toute l’Europe par son art qui a une dimension secrètement chamanique. Cet ancien bûcheron n’est pas cependant un rousseauiste qui voudrait marcher à quatre pattes et manger de l’herbe. Comme Voltaire il se lutte contre le fanatisme et la superstition de ses contemporains – fanatisme et superstition qui se sont cette fois-ci déguisées en valeurs matérialistes et technologiques de l’époque moderne. »

 « Malgré une paternité revendiquée, un air de famille indiscutable et l’exercice incontesté du droit d’auteur, Arto Paasilinna ne ressemble pas à ses livres et réciproquement. Les romans sont drôles, légers, iconoclastes, picaresques, rabelaisiens, déconcertants et jubilatoires, aussi torchés que leurs personnages, en un mot, ils sont finnois. Ils sont traduits en trente-six langues.

Dès l’âge de treize ans, il exerce divers métiers, dont ceux de bûcheron et d’ouvrier agricole.

A vingt ans, il décide de reprendre ses études afin de devenir journaliste et va à l’école Supérieure d’éducation populaire de Laponie (1962-1963). Il entre ensuite, comme journaliste-stagiaire, au quotidien régional Lapin Kansa (Le peuple lapon).

Il collabore de 1963 à 1988 à divers journaux et revues littéraires.

Il est marié à Terttu Annikki Paasilinna, née Kasper. Il a deux fils : Jyrki Petteri (1964) et Janne (1967) et  habite à Espoo près d’Helsinki.

L’œuvre littéraire d’Arto Paasilinna est composée de nombreux romans (trente-cinq fin 2009), dont certains ont été traduits dans plus de 20 langues (notamment en français).

Ses œuvres se caractérisent par un sens de l’humour et de la narration rares ; elles sont remplies d’une bonne humeur et d’une jovialité inhabituelles dans la littérature contemporaine, d’un humour doux-amer et burlesque. Les personnages singuliers, qui habitent dans différentes régions de Finlande, sont le trait marquant de ses écrits. La nature est, elle-même, un personnage à part entière dans ses romans. De ce fait, les œuvres de Paasilinna sont souvent qualifiés de « romans d’humour écologique ».

Les premiers romans sont du genre « grinçant » : Prisonniers du paradis, Le Lièvre de Vatanen, Un homme heureux, Le Meunier hurlant, La Forêt des renards pendus… Le plus connu de ceux-ci est Le Lièvre de Vatanen (1975), qui a été porté à l’écran en 1977 par Risto Jarva et en 2006 par Marc Rivière. La deuxième période[réf. nécessaire] est plutôt « picaresque », avec Petits suicides entre amis, Le Fils du dieu de l’Orage et Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonnen.

Interrogé sur la suite de sa carrière d’écrivain, Paasilinna a répondu : « Les Finlandais ne sont pas pires que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j’aie de quoi écrire jusqu’à la fin de mes jours ».

Arto Paasilinna a aussi écrit pour le cinéma, la radio et la télévision ; il s’intéresse aux arts graphiques et écrit des poèmes.

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