Jonasson ragnar ♦ Vik

L’histoire se déroule à Kálfshamarsvik, ancien village de pêcheurs situé au pied d’une falaise surplombant une large baie donnant sur l’océan arctique, à l’extrême pointe nord-ouest de l’Islande, lieu sauvage et éloigné de la civilisation..

L’endroit est déserté depuis les années 1940. A l’exception d’un phare et de quelques fermes abandonnées, seules deux maisons y sont encore habitées. C’est ici que Ásta Karadottir a grandi avec sa famille. C’est aussi là que sa mère et sa jeune soeur sont décédées brutalement.

Vik, sorti le 3 octobre 2019 en français, est le cinquième volet de la série mettant en scène Ari Thor.

25 années ont passé avant qu’Ásta, orpheline élevée par une tante sans affection, ne se décide l’année de ses trente-trois ans, à remettre les pieds à Kálfshamarsvik. Là-bas, c’est comme si le temps avait tout figé : le phare, la maison qui surplombe la baie (vík en islandais), ses rares habitants. Aujourd’hui, elle demeure seule à Reykjavík et vit de petits boulots.

Alors que les fêtes de fin d’année approchent, elle décide de partir quelques jours dans la région du nord, revoir la maison dans laquelle elle a vécu et surtout profiter du calme et de la nature. A son arrivée, ses anciennes connaissances sont perplexes. Le retour de la jeune femme n’est pas perçu d’un bon œil. Pourquoi revient-elle après tant d’années ?

Kálfshamarsvik est aujourd’hui un site touristique qui attire beaucoup de curieux durant les vacances. Avec ses vents, son panorama et son calme, il offre un cadre magnifique aux vacanciers. Balades en bateau, pêche et randonnées y sont les principales activités. On y trouve de hautes falaises et des roches basaltiques. Mais, le reste de l’année, l’endroit est désertique. Seules quelques vieilles âmes y vivent encore.

C’est le cas de Thóra et de son frère Óskar. A plus de 60 ans, ils n’ont jamais quitté le village et entretiennent toujours la vieille demeure dans laquelle a vécu Ásta et sa famille. La propriété appartient aujourd’hui à Reynir, personnage public, qui revient s’y ressourcer durant les vacances. A proximité, se trouve la ferme d’Arnór qui s’occupe du phare et des chevaux de Reynir. Les deux hommes sont des amis d’enfance d’Ásta.

En cette veille de Noël, tout le monde est là pour accueillir la jeune femme, se remémorer les bons souvenirs, et se rappeler les drames qui s’y sont produits. En cette saison, il fait un froid polaire, la neige a tout envahi et l’air glacial est au rendez-vous.

Tout semble se passer comme dans ses souvenirs alors que la jeune femme retrouve son ancienne chambre pour y passer la nuit.

Sauf que le lendemain, son corps est retrouvé au pied de la falaise, à l’endroit même où sa mère s’est suicidée vingt ans plus tôt, et celui-là même où sa sœur de quatre ans est tombée « accidentellement ».

Tómas, de la police de Reykjavík, est chargé de se rendre sur place. Il fait appel à son ami, Ari Thor du commissariat de Siglufjördur pour le seconder.

L’enquête de police se met en place rapidement. Les coïncidences sont un peu trop importantes pour que les deux policiers classent cette mort dans la case suicide. S’agit-il d’un suicide ou d’un meurtre ? Tómas et Ari Thor vont faire le nécessaire pour découvrir les circonstances du décès.

Seules quatre personnes sont présentes sur la baie. Les interrogatoires sont menés, les vies sont reconstituées. Le passé se répète et on en revient à rapprocher les trois décès. Il y a quatre habitants, deux maisons. La situation est identique à celle qui existait vingt ans auparavant. Quels secrets cachent Kálfshamarsvik ?

Le roman est l’occasion de connaître quelques éléments de l’histoire locale de cette région abandonnée, qui fut jadis assez prospère, à l’époque de la pêche, et abritait un village maintenant disparu. L’histoire se déroulant à la période de Noël, on découvre, au passage, quelques mets traditionnels, typiques de cette grande fête, pour une Islande rurale encore très attachée à ses croyances et à ses traditions.

On suit également l’évolution d’Ari Þór (pour peu qu’on lise les livres de série dans l’ordre !), dont la relation avec Kristín s’enracine par la naissance, sur une route verglacée, d’un petit garçon. On retrouve aussi Tómas, l’ancien supérieur d’Ari Þór, qui a déménagé à Reykjavík, mais qui ne semble pas bien s’adapter à se nouvelle vie.

Vík est un bon huis clos et Ragnar sait maintenir l’intérêt du lecteur jusqu’au bout.

 

L’auteur :

Ragnar Jónasson, né à Reykjavik en Islande, en 1976 est auteur de roman policier. Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur. Dans sa jeunesse, Ragnar Jónasson y a passé de merveilleux étés !

A 13 ans, il a découvert à 13 ans les livres d’Agatha Christie et entreprend à 17 ans, la traduction, de quatorze de ses romans en islandais. Il se passionne également pour les ouvrages de Peter May et de P. D. James.

Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers Iceland Noir.

Il se lance dans l’écriture avec la publication d’un roman policier intitulé Fölsk nóta (2009), premier volet de la série policière Dark Iceland dont l’intrigue se déroule dans et aux alentours de Siglufjördur, un idyllique et tranquille village de pêche le plus au nord de l’Islande, où personne ne ferme sa porte, et accessible seulement par un petit tunnel dans la montagne d’où sont originaires ses grands-parents et où a grandi son père et dont le personnage récurrent est le jeune policier Ari Thor, un policer débutant qui occupe son premier poste, loin de sa petite amie qui vit à Reykjavik, avec un passé qu’il n’arrive pas à laisser derrière lui.

Ari Thor ARASON – Né à Reykjavik – Age : 23 ans- Claustrophobe et orphelin depuis ses 13 ans

Profession : policier – Surnommé le Révérend

Etudes : Université de philosophie, puis de théologie

Situation de famille : Fiancé à Kristin (étudiante en médecine à Reykjavik)

Première affectation : Siglufjordur (petit port de pêche au Nord de l’Islande)

Particularités : première enquête

Dans Snjór (Snjóblinda, 2010), le jeune homme, qui vient tout juste de sortir de l’école de la police de Reykjavik, est envoyé à Siglufjördur, le village islandais le plus septentrional, pour enquêter sur un double meurtre.

Dans Mörk (Náttblinda, 2014), il est chargé de faire toute la lumière sur la mort de son collègue, l’inspecteur Herjólfur, assassiné alors qu’il se livrait à une enquête près d’une vieille maison abandonnée. Ce roman a été élu « Meilleur polar de l’année 2016 » selon le SundayExpress et le Daily Express, et a reçu le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Pour Le Magazine littéraire, Mörk (Náttblinda) est « à mille lieux de ces facéties spirituelles et poudrées, (…) Ragnar Jónasson présente le visage livide et nu des sobres polars nordiques ».

Pour Grazia, « à 40 ans, Ragnar Jonasson s’impose désormais comme la nouvelle star du polar islandais ».

Nouvelliste, il écrit également en anglais. Il vit à Reykjavik.

  • Œuvre :

        Romans

Série Dark Iceland :

  • Fölsk nóta (2009) – – Préquel sur Ari Thór – Uniquement  disponible en islandais
  • Snjóblinda (2010) – Publié en français sous le titre Snjór, (2016)
  • Myrknætti (2011) – Publié en français sous le titre Nátt, (2018)
  • Rof (2012) – Publié en français sous le titre Sótt, (2018)
  • Andköf (2013) – Publié en français sous le titre Vík, (2019)
  • Náttblinda (2014) – Publié en français sous le titre Mörk, (2017)

 

Trilogie Hidden Iceland :

  • Dimma (2015) – Publié en français sous le titre La Dame de Reykjavik, (2018)
  • Drungi (2016) – Publié en français sous le titre L’Île au secret, Paris, (2020)

 

         Nouvelles

  • Death of a Sunflower, dans le Ellery Queen’s Mystery Magazine (janvier 2014)
  • Party of Two (2014)
  • A Moment by the Sea (2014)
  • A Letter to Santa, dans le Ellery Queen’s Mystery Magazine (janvier 2015)

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