Christie Agatha ♦ Mort sur le Nil

 Un soir, Hercule Poirot dîne dans un restaurant londonien. Sa table jouxte celle d’un jeune couple apparemment très épris, Jacqueline de Bellefort et Simon Doyle.

Quelques semaines plus tard, à l’occasion d’une croisière sur le Nil, sur le vapeur S.S. Karnak, le grand détective a la surprise de retrouver Simon Doyle marié à Linnet Ridgeway, riche et belle héritière et meilleure amie de Jackie.

S’apercevant que Jackie s’ingénie à croiser le chemin du jeune couple, Hercule Poirot sent la tragédie venir à grands pas et il a peur… Quelle vengeance la brune et jolie Jackie de Bellefort va-t-elle donc exercer contre Linnet Ridgeway, riche héritière américaine qui lui a soufflé son beau fiancé, l’Anglais Simon Doyle ? Diabolique, cette idée de partir en croisière sur le Nil sur le même bateau pour jouer au remords vivant qui gâchera leur voyage de noces – diabolique et assez anodine.

Hercule Poirot est inquiet. Entre le couple en voyage de noces poursuivi par l’ex-fiancée évincée – le duo fusionnel d’une mère, Mrs Allerton et son fils Tim – l’auteur de romans policiers au succès passé – un terroriste – un agent secret – des notaires en pagaille – de Miss van Schuylen avec sa dame de compagnie Miss Bowers et une nièce Cornélia Robson – de Mrs Otterbourne avec sa fille Rosalie, des vieilles filles en quantité : alcoolique, kleptomane, riche idiote, névrosée… notre pauvre Hercule Poirot a de quoi se faire du mouron…

Et il a raison : Linnet est découverte dans sa cabine, tuée d’une balle en pleine tête.

A première vue, ce n’est pas par Jackie, gardée par une infirmière après une scène de jalousie où elle a blessé au genou Simon qui se trouve ainsi – et aussi – hors de cause. Apparemment, Poirot et son ami le colonel Race doivent chercher ailleurs.

Et suspects sont la romancière rendue alcoolique par l’insuccès, la riche kleptomane, le mondain amateur de vol de bijoux, le notaire spéculateur ou l’archéologue Richetti.

Comment se fait-il qu’Hercule Poirot n’ait pas entendu le coup de feu ? Tout simplement parce qu’on lui avait administré en douce, un somnifère dans une boisson.

Tout au long de ce dramatique chassé-croisé amoureux, Poirot, moins orgueilleux qu’à l’accoutumée, fait montre d’une grande psychologie pour cerner chacun des personnages et tenter de raisonner ce trio de jeunes gens qui court à sa perte. Dans cette intrigue poignante au suspense haletant, on retrouve ce style inimitable, si typiquement anglais, et ces irrésistibles pointes d’humour tout en finesse signées Agatha Christie.

 

 L’auteur :

Agatha Christie, née Agatha Mary Clarissa Miller le 15 septembre 1890 à Torquay au Royaume-Uni (Devon) d’un père américain et d’une mère anglaise et morte le 12 janvier 1976 à Wallingford (Oxfordshire), est une femme de lettres britannique, auteur de nombreux romans policiers. Son nom est associé à celui de ses deux héros : Hercule Poirot, détective professionnel belge, et Miss Marple, détective amateur. On la surnomme la « Reine du crime ».

En effet, Agatha Christie est l’un des écrivains les plus importants et novateurs du genre policier. Elle a aussi écrit plusieurs romans, dont quelques histoires sentimentales, sous le pseudonyme de Mary Westmacott.

Élevée dans un milieu bourgeois, la jeune Agatha se trouve vite orpheline de père, développant son aptitude à l’écriture sous le regard bienveillant de sa mère.

Quand Agatha atteint l’âge de 16 ans, elle part pour Paris afin de commencer l’apprentissage d’une carrière de chant à laquelle elle doit renoncer bien vite.

Agatha célèbre ses fiançailles avec le colonel Archibald en 1912, qu’elle épousera 2 ans plus tard et dont elle aura une fille dénommée Rosalind. Elle est contrainte de se séparer son mari, parti se battre à la guerre de 14-18 et commence ainsi à travailler à l’hôpital de Torquay.

Infirmière lors de la Première Guerre mondiale, elle apprend l’usage des drogues, ce qui lui sert plus tard lorsqu’à la suite d’un pari avec sa sœur, elle publie son premier roman en 1920 « La Mystérieuse affaire de Styles », où apparaît Hercule Poirot. Miss Jane Marple fait, quant à elle, son apparition dans « L’Affaire Prothéro » en 1930, dénouant les énigmes le temps d’un tricot, bien calée dans son fauteuil, très Old England, tasse de thé à la main.

Ce livre ne trouvant d’éditeur tout de suite, il ne fût publié qu’en 1920 au Bodley Head. Mais ce n’est qu’en 1926, qu’elle devient célèbre grâce au roman : Le meurtre de Roger Ackroyd.

C’est ainsi qu’Agatha Christie prend l’habitude d’écrire 2 livres par ans. Cependant en 1928, elle quitte son époux après 14 ans de mariage, suite à une amnésie passagère. Elle épousera 2 ans plus tard l’archéologue Max Mallowan qui lui donnera les cadres de plusieurs de ces romans lors de voyages sur des sites archéologiques.

Suivant son deuxième mari archéologue lors de ses missions, Agatha Christie y puise l’inspiration pour ses romans policiers, trouvant dans le mal du pays sur les dunes d’Égypte où dans sa chambre du Winter Hotel, pour écrire des intrigues passionnantes se déroulant au pays de la Perfide Albion.

Agatha Christie fait partie des écrivains les plus connus au monde et elle est considérée comme l’auteur le plus lu de l’histoire chez les Anglo-Saxons, après William Shakespeare ; c’est aussi de très loin l’auteur le plus traduit dans le monde. Elle a publié 66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre, ces œuvres ayant été traduites dans le monde entier. La plupart des intrigues se déroulent à huis clos, ce qui permet au lecteur d’essayer de deviner l’identité du coupable avant la fin du récit. Mais toute la saveur de ses histoires réside justement dans la résolution de l’enquête, souvent improbable, prenant le lecteur par surprise.

Un grand nombre de ses écrits ont été adaptes au cinéma, à la télévision ainsi qu’au théâtre. On pourra citer, parmi son œuvre prolifique, « Le Crime de l’Orient-Express », « Dix petits nègres », « Mort sur le Nil », « Le Train de 16 h 50 » ou « Le Meurtre de Roger Ackroyd ».

L’œuvre d’Agatha Christie (66 romans, 154 nouvelles et 20 pièces de théâtre) fait partie des plus lues dans le monde, avec celle de Shakespeare et la Bible. Elle a été publiée à plus de 2 milliards d’exemplaires et en 57 langues.

Le style d’Agatha Christie, simple, sage et flegmatique, l’inventivité sans fin de ses énigmes policières, lui assurent encore aujourd’hui le statut de référence.

Morte en 1976, elle suit de peu ses personnages fétiches, car :

-Hercule Poirot s’éteint en août 1975 avec « Hercule Poirot quitte la scène », le « New York Times » ayant même publié une nécrologie le 6 août 1975.

-Miss Marple résout sa Dernière Énigme en 1976, mais le titre est posthume, et le personnage ne meurt pas dans l’œuvre, à l’inverse d’Hercule Poirot.

Son dernier roman est « La Dernière Énigme ».

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