Adler-Olson Jussi ♦ L’Unité Alphabet

Le premier roman de Jussi Adler Olsen, l’auteur de la célèbre série du Département V, où éclatait déjà le talent de ce maître du thriller scandinave.

L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.

Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé.

En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

 

L’auteur :

Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen, né le 2 août 1950 à Copenhague, est un écrivain danois. Il a été élevé dans un hôpital psychiatrique où son père travaillait, et au gré de ses affectations, ils bougeaient beaucoup sur le territoire danois. Ils ont même habité dans des coins reculés jusqu’à l’âge de pierre. Il était un vrai garçon, qui courait dans la campagne et faisait des trucs.

Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.

Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.

Sa série « Département V » qui gère les affaires non résolues, dont le premier tome, « Miséricorde », publié en France chez Albin Michel en 2011, s’est vendu à trois millions d’exemplaires au Danemark et en Allemagne. Il a été couronné par les prix scandinaves les plus prestigieux, de La Clé de Verre aux Golden Laurels des libraires. Il connaît en Europe un succès sans précédent

Le second tome « Profanation » est paru en France en mai 2012.

Le dernier « Délivrance » est sorti en Janvier 2013. Il a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.

Cette grande saga s’inscrit dans le temps.

Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans un recueil de romans policiers dont son dernier roman Journal 64 fut la meilleure vente de livre en 2010 au Danemark, Pour ce roman, il a eu la distinction du meilleur prix littéraire danois au début de cette année. Il sortira le 03 janvier 2014 aux éditions Albin Michel.

Il est l’auteur de sept romans. Il a dans un premier temps écrit des grands thrillers internationaux. Puis il a tourné son regard et ses écrits vers le Danemark.

Quand il a rencontré sa femme, ils ont vécu à Copenhague, puis déménagé un peu plus au nord, et il habite maintenant à Allerød, une ville de 25 000 habitants au nord de Copenhague, avec toutes les commodités : un cinéma, un théâtre fantastique, des terrains de sport. Et c’est un bon endroit pour que son fils soit un garçon, pour qu’il s’éclate complètement. C’est dans cette ville qu’habite Carl Mørck, son héros. Mais il ne pense pas que ce soit un bon endroit pour lui, ça ne lui plaît pas. »

 

Œuvres :

Série Les Enquêtes du département V :

            Vol. 1 – Miséricorde – Kvinden i buret, 2007

            – 2012 : Grand prix des lectrices de Elle, catégorie Policier

            – 2012 : Prix du Livre Robinsonnais, catégorie Policiers

            – 2013 : Prix des lecteurs du Livre de poche

            – 2013 : Prix Plume d’or du thriller international

            – 2014 : Coup de cœur de La Griffe Noire

            Vol. 2 – Profanation – Fasandræberne, 2008

            Vol. 3 – Délivrance – Flaskepost fra P, 2009

            Vol. 4 – Dossier – Journal 64, 2010

            Vol. 5 – L’Effet papillon – Marco Effekten, 2012

            Vol. 6 – Promesse – Den grænseløse, 2014

            Vol. 7 – Selfies – Selfies, 2016

Romans indépendants

  • Grouchko, 1985
  • Alfabethuset, 1997
  • Og hun takkede guderne, 2003
  • Washington dekretet, 2006

 

Sur la Scandinavie avec Jussi ADLER-OLSEN :

Vous considérez-vous comme un auteur scandinave ou simplement comme un auteur vivant dans un pays scandinave ?

La Scandinavie est une région assez exotique. De nombreux endroits, conventions sociales ou traditions y sont uniques au monde, donc en cela, oui, je suis scandinave. Pour tout le reste, je suis un citoyen du monde.

Quelle importance a pour vous l’image du Danemark où se déroule l’action de vos livres ?

Comme je suis très précis dans mes recherches, ceux qui liront la série des enquêtes du département V pourront visiter le Danemark et retrouver aisément l’atmosphère des endroits dont je parle. Pourtant, je ne laisse jamais le décor détourner l’attention de ce qui est au cœur d’un bon thriller : l’empathie pour les personnages, le respect de l’intrigue et la compréhension de ce qu’attendent les lecteurs, leur faculté à imaginer eux-mêmes leurs propres paysages.

Êtes-vous un auteur politiquement engagé ? Considérez-vous la politique comme faisant partie de vos livres, ne serait-ce qu’en toile de fond ?

Si vous voulez savoir si je suis critique envers le système politique danois, alors la réponse est oui. Si vous me demandez si j’ai tendance à défendre un parti politique plutôt qu’un autre, la réponse est non. Mon attitude concernant la politique est d’abord d’être critique, peu importe ce qu’il y a à critiquer. Et ensuite de rappeler aux hommes politiques au pouvoir qu’ils doivent comprendre que ce sont eux qui sont à notre service et non l’inverse. Comprendre qu’avant toute chose, dans leur domaine, ils doivent être capables de reconnaître leurs erreurs et de s’autoévaluer.

Les pays scandinaves sont-ils encore sous l’emprise de cette notion d’un idéal socio-démocrate ? Ou est-ce que nous vivons tous désormais dans le même monde ?

Il n’y a aucun doute sur le fait qu’aujourd’hui dans les pays scandinaves nous vivons dans une forme de démocratie unique au monde. Que ces dernières années nous ayons suivi des tendances plus globales (tout particulièrement ici au Danemark) conférant plus de valeur à l’individu qu’au bien commun de la société, ça, c’est une autre affaire. Nous avons connu une période très négative, morose, mais nous avons toujours le droit de critiquer et de rejeter sans faute les mauvaises idées. Et il n’y a aucun endroit au monde, à mon avis, où l’on utilise plus fréquemment et de manière plus réfléchie ce droit dont je suis fier.

Sur le genre du thriller et ses sources d’inspiration :

Pourquoi écrivez-vous des thrillers ?

Le genre permet d’écrire une histoire qui se déroule à n’importe quelle époque, qui peut jouer avec différents points de vue et aborder tous les sujets. Comme je suis fasciné par la politique, les secrets et le côté obscur des hommes, et comme ces trois éléments, quand ils sont mélangés, produisent des résultats aussi dévastateurs que passionnants, le choix du thriller s’est imposé à moi. De plus, c’est un genre qui offre la possibilité d’être publié dans d’autres pays, et donc de pouvoir vivre de son écriture. De nombreux films se fondent sur des thrillers ou des suspenses : Chacal, Le Comte de Monte-Cristo, Quand les aigles attaquent, La ligne verte – autant de livres formidables devenus de merveilleux films. Comme j’ai fait des études de cinéma et que j’ai constamment en tête des milliers d’images, j’aimerais bien que mes romans soient portés un jour à l’écran.

D’où vient votre inspiration et quels sont les sujets qui vous intéressent ?

Je suis toujours intéressé par ce qu’on ne dit pas, par les questions laissées sans réponses. Par exemple, pourquoi soudainement au milieu des années cinquante avons-nous eu accès à des psychotropes violents et qui ont été les cobayes ? Que se passe-t-il lorsqu’un président des Etats-Unis nouvellement élu perd la tête juste avant son investiture ? Quel effet peut avoir sur quelqu’un l’enfermement dans une chambre pressurisée durant 5 ans ? Et que se passe-t-il si cette personne, une femme, ne sait même pas pourquoi elle y est enfermée ? Des questions comme celles-ci me taraudent et me forcent à entreprendre des recherches approfondies, probablement jamais faites auparavant. Chaque livre devient une sorte de petite enquête.

Les sujets d’actualité, ou qui vont le devenir, m’intéressent au plus haut point. Et aussi les cas de gens ordinaires, tout particulièrement les femmes, qui vivent de petits drames, aux conséquences incalculables pour eux et les autres – à mon avis, on tient là l’intrigue parfaite !

La plupart du temps, l’inspiration est tout simplement le résultat du fait de garder les yeux grands ouverts et de travailler dur. Les muses ne sont pas aussi généreuses en soudaines idées de génie qu’on ne le croit…

Sur son parcours d’écrivain :

 Comment et pourquoi avez-vous commencé à écrire ?

Comme la plupart des auteurs, j’ai commencé à écrire assez jeune. J’ai eu la chance d’avoir des professeurs qui m’ont encouragé, complimenté. Les compliments peuvent engendrer de grandes choses. J’ai écrit une histoire pour ma sœur, participé à plusieurs concours d’écriture et j’en ai remporté quelques-uns. Mais dans l’ensemble, j’étais un enfant comme les autres.

C’est seulement à l’âge de 30 ans que j’ai réalisé que j’avais envie d’écrire un roman. Ma femme et moi avons pris un congé sabbatique de 6 mois, passé en Hollande, où j’ai écrit mon premier roman, Russian solitaire. Ce n’était pas trop mal ficelé, mais j’ai décidé que je manquais encore d’expérience et je l’ai rangé dans un tiroir, où d’ailleurs il restera. Plus tard, j’ai travaillé en tant qu’éditeur en chef puis directeur d’une maison d’édition, ce qui m’a appris beaucoup de choses. J’ai surtout lu beaucoup de manuscrits.

Mon conseil aux auteurs débutants: lisez tant que vous pouvez, surtout des choses bonnes à jeter à la poubelle – c’est très motivant : vous, vous pouvez faire mieux que ça !

J’ai commencé à écrire mon premier vrai roman à 39 ans, et à cause de ma situation professionnelle, il n’a été publié que quand j’en ai eu 47. Mais à partir de ce moment-là, impossible de revenir en arrière, et je suis devenu un auteur à plein temps.

Comment gérez-vous l’angoisse de la page blanche ?

C’est un syndrome que je ne connais pas, et qui ne devrait d’ailleurs exister pour personne. Je pense que la peur de la page blanche provient soit d’un manque de concentration soit de la simple paresse. Quand on se concentre sur son travail, l’inspiration vient naturellement. Personnellement, j’aime quand ces trous noirs apparaissent en cours de route, quand des problèmes surgissent dans l’écriture, quand je dois me battre avec une question que je n’ai pas encore résolue. Par paresse, j’entends le fait de se lever de sa chaise au lieu de tenter de résoudre le problème. Ne vous levez pas – c’est tout ce que j’ai à dire ! Si vous ne lâchez pas, la page blanche n’aura aucun pouvoir sur vous. On ne devrait jamais se lever avant d’être satisfait de son travail. Cela dit, on ne doit pas trop donner non plus. Il faut en garder pour le lendemain, tout en ayant en tête dans quel sens cela doit aller. La demi-page, que vous auriez aisément pu terminer aujourd’hui, sera votre meilleure alliée pour recommencer à écrire demain. Vous pouvez même vous arrêter au milieu d’une phrase – c’est un vieux truc, mais ça marche. Qui ne finirait pas une phrase le lendemain matin ?

 

Quels sont les écrivains qui vous ont inspiré ou vous inspirent ?

John Steinbeck, Charles Dickens, Victor Hugo, mais aussi Peter Bichsel, Jerzy Kosinsky et même l’étrange Erlend Loe. Des écrivains originaux avec une langue originale et des intrigues à vous faire pleurer toutes les larmes de votre corps, à vous déboiter les zygomatiques. Je pourrais ajouter beaucoup d’autres noms, dans plusieurs genres littéraires différents.

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