Zafòn Carlos Ruiz ♦ Le prisonnier du ciel

Barcelone, Noël 1957. On retrouve Daniel Sempere, 25 ans environ, en homme marié et père de famille à la tête de la librairie familiale aux côtés de son père, vieux monsieur dépressif et vieilli avant l’heure,

et de son ami Fermin Romero de Torres la cinquantaine, à l’humour corrosif.

Entre dans la librairie, un inquiétant personnage qui s’approche de Daniel en boitant. Il vient acheter un magnifique exemplaire du Comte de Monté Cristo, qu’il l’offre à Fermín, accompagné d’une lettre plutôt menaçante. La vie de Fermín vole alors en éclats. Qui est cet inconnu ? De quels abîmes du passé surgit-il ?

Interrogé par Daniel, Fermín, ce personnage formidable, cet ancien vagabond au grand cœur, découvert dans L’Ombre du Vent, révèle ce qu’il a toujours caché : Les terribles moments qu’il a vécu dans la terrible prison de Montjuïc à Barcelone en 1939, avec comme numéro d’écrou le n°13, en compagnie du mystérieux David Martin, auteur de La Ville des Maudits. Une poignée d’hommes condamnés à mourir lentement dans cette antichambre de l’enfer, sous la coupe de l’ignoble Mauricio Valls, un modèle de carriériste plus franquiste que Franco. C’étaient les heures noires du franquisme.  Une évasion prodigieuse et un objet volé.

Dix-huit ans plus tard, quelqu’un crie vengeance. Des mensonges enfouis refont surface, des ombres oubliées se mettent en mouvement, la peur et la haine rôdent.

Et nous voilà transportés au cœur de la Guerre civile, aux pires heures de l’Espagne en général, et de Barcelone en particulier, au milieu d’une dizaine de comparses liés par l’amour, la jalousie, la trahison, les crimes politiques ou crapuleux, les histoires de familles, l’appât de l’argent, la misère et évoluant dans une Barcelone devenue schizophrène

Foisonnant de suspense et d’émotion, Le Prisonnier du ciel nous rapproche pas à pas de l’énigme cachée au cœur du Cimetière des Livres oubliés.

 

L’auteur :

Carlos Ruiz Zafón, né le 25 septembre 1964 à Barcelone, est un auteur espagnol. Il écrit principalement en castillan.

Fils d’un agent d’assurances et d’une mère au foyer, Carlos Ruiz Zafon a passé onze ans chez les jésuites. Dès l’âge de 9 ans, il commence à coucher sur le papier les histoires qu’il se raconte. Après, il crée une petite maison d’édition avec un copain dont le père tenait une papeterie et possédait cet objet extraordinaire : une photocopieuse Xerox. Un camarade dessine les jaquettes, un autre s’occupe du  » marketing « , C’est une affaire qui marche. Même les profs achetaient leur fanzine. Jusqu’à ce que le directeur de l’école y jette un œil et découvre, horrifié, des histoires à glacer le sang, peuplées d’assassins et de fantômes en tout genre. Censure immédiate.

Le jeune Carlos ne s’en laisse pas conter et rédige, à 14 ans, un roman victorien de 600 pages.

Pour vivre de sa plume, il se lance, à 20 ans, dans la publicité, monte vite en grade, devient un créatif convoité.  » J’ai gagné tellement d’argent que mon père me soupçonnait de frayer avec les narcotrafiquants ! « .

Mais au fond, la pub, ce n’est pas son truc. Le 1er janvier 1992, il se met à écrire pour la jeunesse. Il écrit son roman Le Prince de la brume, publié en 1993 (prix de la jeunesse d’Edebé en 1993).

Mais là encore, encore, il réalise que ce n’était pas sa voie. C’est avec son quatrième livre, Marina, que l’écrivain s’oriente vers ce qui deviendra sa marque de fabrique : cette veine gothique et mystérieuse qui lui a si bien réussi. Et qu’il entretient en collectionnant les dragons sous toutes les formes, des sculptures aux peluches, en passant par la petite broche qu’il arbore sur son beau polo. Zafon aurait-il vraiment le feu sacré ?…

Son quatrième roman, L’Ombre du vent – premier tome de la série « Le Cimetière des livres oubliés » (El Cementerio de los libros olvidados, 2001-2016), a reçu un bon accueil de la critique et a été traduit dans plus de trente langues et vendu à 14 millions d’exemplaires dans une cinquantaine de pays. Il a été sélectionné dans les romans étrangers pour le prix Femina 2004. Il a reçu aussi des prix littéraires français, comme le Prix des Amis du Scribe et le Prix Michelet en 2005, ainsi qu’au Québec, comme le Prix des libraires du Québec 2005 (Roman hors Québec).

Ses romans, « Le jeu de L’Ange » (El juego del ángel, 2008) et « Le Prisonnier du ciel » (El prisionero del cielo, 2011), les deux autres romans de la série, connaissent également un large succès.

Avec le Jeu de l’ange, Zafon renoue avec un genre qui a toujours fait fureur en Espagne: le thriller fantastique. Le lecteur ibérique raffole des intrigues où la réalité côtoie le fantastique, et le religieux, l’occulte. Les romans sur les mystères des pyramides, les secrets des constructeurs des cathédrales, les pouvoirs cachés des francs-maçons ou ceux de Stephen King et Umberto Eco cartonnent en librairies.

Depuis la parution de « L’Ombre du vent », Carlos Ruiz Zafon est l’auteur espagnol vivant le plus lu au monde. En janvier 2010, le classement de plusieurs magazines dédiés à l’édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller en Grande-Bretagne, l’introduit à la cinquième place des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009.

De 1993 à 2006, Carlos Ruis Zafon, marié, sans enfant, a vécu à Los Angeles où il a travaillé comme scénariste de films.

Bouille ronde, lunettes à la monture colorée et bouc bien taillé, Zafon est le vilain petit canard du cercle littéraire espagnol. Il déserte les colloques d’écrivains, fuit les mondanités. D’ailleurs, il ne vit même pas en Espagne. Il habite entre Los Angeles et Berlin. Son roman, bon ouvrage, un pavé de 672 pages, diffère également des romans actuels. Ici, pas de drames psychologiques à la Javier Marias, ni de grandes fresques historiques à l’Arturo Perez-Reverte.

Œuvre :

Le Cimetière des livres oubliés

  1. L’Ombre du vent, 2004 – La sombra del viento, 2001, Prix des libraires du Québec, Prix Barry 2005
  1. Le Jeu de l’ange, 2009 – El juego del ángel, 2008
  2. Le Prisonnier du ciel, 2012 – El prisionero del cielo, 2011
  3. Le Labyrinthe des esprits, 2018 – El laberinto de los espíritus, 2016

 

Cycle de la brume

  1. Le Prince de la brume, 2011 – El principe de la niebla, Edebé, 1993
  2. Le Palais de minuit, 2012 – El Palacio de la medianoche, Edebé, 1994
  3. Les Lumières de septembre, 2012 – Las luces de septiembre, Edebé, 1995

 

Roman indépendant :

  • Marina, 2011 – Marina, 1999

 

Participation :

  • Promenades dans la Barcelone de l’Ombre du vent de Burger S. et al. avec la collaboration de C.R.Zafon

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