Delacourt Grégoire ♦ La femme qui ne vieillissait pas

Il y a celle qui ne vieillira pas, car elle a été emportée trop tôt. Celle qui prend de l’âge sans s’en soucier, parce qu’elle a d’autres problèmes. Celle qui cherche à paraître plus jeune pour garder son mari, et qui finit par tout perdre.

Imaginez que votre visage ne subisse plus aucun signe du temps qui passe et reste figé à l’âge de trente ans. Vous accumulez les années, quarante, cinquante, soixante ans, et seul votre organisme vieillit. Votre visage reste celui d’une éternelle jeune fille. Cela vous tenterait bien, n’est-ce pas?! C’est ce qui arrive ici à Betty, (enfin Martine), l’héroïne de ce roman formidablement écrit par la plume envolée de Grégoire Delacourt.

Nous la suivons depuis sa naissance, dans les années 50. Son père revient d’Algérie amputé et sa mère est une beauté libérée. Mais cette dernière décède alors que Betty n’a que treize ans. La vie avance malgré ce manque, de manière conventionnelle, jusqu’à ce que Betty se rende compte de sa beauté figée pour l’éternité…

Le temps se fige à partir de ses 30 ans. Pendant plus de 20 ans, le temps n’aura plus de prise sur elle. De la fierté qu’elle a d’abord pu en tirer, Betty va vite se rendre compte qu’il s’agit là d’une véritable malédiction. Comment « vieillir » auprès d’un mari qui ressemblera bientôt à son père? Comment continuer à être mère quand on aura l’impression qu’ils sont frères et sœurs ? Comment vivre avec le regard des autres?

Ici, c’est de la jeunesse éternelle dont il est question, thème préoccupant pour les femmes d’aujourd’hui.

Ce livre est une réflexion sur la jeunesse physique éternelle qui vient détruire tout ce que la vieillesse peut amener. Car non seulement le physique peut avoir un impact sur nos relations sociales, mais la vieillesse nous intègre également dans un scénario où certaines règles du jeu prévalent, entraînant un rejet des individus si elles ne sont pas socialement respectées.

 

 

L’auteur :

Grégoire Delacourt est un publicitaire et écrivain français né le 26 juillet 1960 à Valenciennes.

Dans sa jeunesse, il est interne au sein du collège jésuite La Providence à Amiens. Il obtient son baccalauréat à Lille, puis commence des études de droit à Grenoble, vite arrêtées.

En 1973, il écrit « J’aimerai sortir avec toi sur une xerviette en papier à l’adresse d’une certaine Jeanne. Il prend alors son premier « rateau ».

En 1978, le jour de ses 18 ans, il publie un article dans Le Monde.

En 1979, il obtient son baccalauréat de justesse.

En 1989, il obtient les plus grandes récompenses mondiales dans la réclame.

Mais en 2004, il se fait renvoyer de l’agence qui l’emploie et, indécrottable, il crée dès le lendemain, avec sa femme Dana Philp une agence de publicité « Quelle Belle Journée » avec laquelle il signe des contrats avec des grandes marques telles que Sephora, GO Sport, Caudalie, Folio (Gallimard), Taittinger, Crozatier, Directours, Unilever…

En 2009, il se décide à écrire une phrase un peu plus longue que « Sans eau la beauté fane » pour Caudalie par exemple et ça donne son premier roman « L’écrivain de la famille » en 2010.

Le 12 janvier 2011 au matin, c’est la sortie de ce premier roman L’Écrivain de la famille, publié à l’âge de cinquante ans, (20 000 exemplaires vendus en édition première, prix Marcel Pagnol, prix Rive Gauche). Ce roman gagne cinq prix littéraires : Prix Marcel Pagnol, Prix Carrefour du premier roman, Prix Rive Gauche à Paris, Prix Cœur de France, Prix Méo Camuzet du premier roman.

Mais Grégoire Delacourt reste dans la publicité.

Le 1er février 2012, c’est la sortie de son second roman La Liste de mes envies. Ce livre lui vaut une renommée internationale. Il est vendu à 12 pays avant sa parution. (35 à ce jour dont, rarissime, l’Angleterre et les États-Unis. Un livre qui fait dire à l’indéfectible homme de réclame qu’il est : « Delacourt, c’est une sacrée bonne femme ». A l’été 2012, ce roman dépasse les 300000 exemplaires, les 400000 à Noël, les 500000 à Noël. Mais sa femme dit « qu’il rentre toujours dans ses converses ».

Le 13 janvier 2013, seul en scène au Ciné 13 Théâtre, Mikaël Chirinian interprète avec succès Jocelyne Guerbette (et six autres personnages du roman) dans une mise en scène d’Anne Bouvier. Cette adaptation vaut à Mikaël Chirinian une nomination aux Molières 2014 dans la catégorie « Seul en scène ».

Pendant ce temps-là, Didier Le Pêcheur prépare activement le tournage du film (premier clap le 15 avril) produit par Clémentine Dabadie et Thomas Viguier, avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine dans les rôles de Jocelyne et Jocelyn.

Le 20  mars 2013, sortie de La Première chose qu’on regarde, son troisième roman, toujours chez Lattès. Le livre est très attendu. Forcément, après un succès, on se demande… Et aussi parce que dans le livre, il y a Scarlett Johansson et que là, on veut voir.

En 2014, La liste de mes envies a dépassé le million d’exemplaires. La pièce passe la 300ème. Le film fait une jolie carrière. En mai 2014, il totalise plus de 440 000 entrées.

La Première chose qu’on regarde atteint les 140.000 exemplaires (avant sa parution au Livre de Poche) et lui vaut quelques bisbilles avec Scarlett Johansson. « Mais quel bonheur d’être poursuivi par une aussi jolie personne » dit-il.

Elle sera déboutée de toutes ses demandes mais obtiendra néanmoins 2500 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée. Mais, et c’est le plus important, le roman sortira indemne. Il s’écoule à plus de 150000 exemplaires.

Et le revoilà, fin août 2015, avec On ne voyait que le bonheur, son roman le moins éloigné de lui, jeté comme une quille dans la violence de la rentrée littéraire. C’est un malade. Mais bon, il continue la réclame. Et ses tours de tête et de chevilles n’ont toujours pas changé.

Ce livre figure sur la liste du Goncourt, et rate d’un cheveu (qu’il a plus courts que ceux de David Foënkinos) le Goncourt des Lycéens où il arrive en seconde position derrière « Charlotte » le roman de David Foenkinos. Il obtient néanmoins le titre de « Meilleur roman de l’année 2014 » décerné par les journalistes du Parisien.

 

La Liste de mes envies continue en librairie et au théâtre où il passe la 500ème (et commence à rapporter un peu d’argent au Trésor Public). Mais il est toujours dans la réclame.

Ceci dit, ses doigts ont toujours la bougeotte, et le voilà qui nous pond Les Quatre saisons de l’été qui sortent à l’aube de l’été, le 29 avril 2015. Il met en scène, un même été, au Touquet Paris-Plage, les amours d’été de quatre couples, de quinze ans, trente-cinq ans, cinquante-cinq ans et soixante-quinze ans.

En Allemagne, le livre se classe dans le Top 10 de la liste des bestsellers du Spiegel.

Ah, et il achète enfin ces Converse couleur moutarde qu’il lorgnait depuis longtemps.

En 2016, il souffle un petit peu. Pas de nouveau livre cette année, mais un long temps d’écriture pour un roman prévu en janvier prochain.

En octobre, La Liste de mes envies monte sur scène à Montréal, dans une nouvelle adaptation de Maryse Warda.

La Première chose que l’on regarde est acheté par un célèbre producteur anglais – et on peut subodorer que Scarlett J. ne sera pas au casting.

Cependant, il persiste toujours dans la réclame même si les méchants (Google, Facebook et compères) sont en train de gagner (et dire qu’on disait de « 1984 » que c’était de la science-fiction).

Enfin, après de longues recherches, il déniche des Converse fluo.

Une excellente année, en somme.

Le 2 janvier 2017, sortie de son nouveau roman Danser au bord de l’abîme, toujours chez Lattès.

En janvier 2017, une troisième version théâtrale de son roman La liste de mes envies est créée à Bruxelles au Théâtre de la Samaritaine, adaptée et interprétée par Lorette Goosse et mise en scène par Christian Dalimier.

Au début d’avril, alors que la neige commence à fondre à Québec, il y est Président d’honneur du Salon International du Livre, et c’est un authentique honneur pour lui, cet honneur.

En juillet, il passe le pont d’Avignon et découvre avec bonheur l’adaptation théâtrale d’On ne voyait que le bonheur justement, avec l’immense Grégori Baquet et l’infinie Murielle Huet des Aunay – créée au Théâtre Actuel.

L’Écrivain de la Famille sort en Allemagne où il figure dans le top 10 des meilleures ventes.

La rentrée est calme, alors il en profite pour écrire un court roman pour l’an prochain et, comme la réclame est, elle, plus que calme, il n’a pas son petit bonus de fin d’année qui lui permettait jusqu’ici de s’offrir une nouvelle paire de Converse.

Le 28 février 2018 « La femme qui ne vieillissait pas », son septième roman, arrive en librairie. C’est un conte réaliste sur le rêve de beaucoup de femmes et d’hommes.

 

Bibliographie

  • L’Écrivain de la famille, 2011 – Prix Marcel Pagnol 2011- Prix Rive Gauche à Paris 2011- Prix Carrefour du Premier Roman 2011- Prix Cœur de France 2011- Prix du premier roman Méo Camuzet 2011
  • La Liste de mes envies, 2012 – Prix Méditerranée des Lycéens 2013 – Prix des Lycéens 2013 de la Ville de Gujan-Mestras – Prix Livresse de Lire 2013
  • La Première Chose qu’on regarde, 2013
  • On ne voyait que le bonheur, 2014 – Prix des Lectrices Edelweiss (Suisse) – Prix Goncourt des Fougères 2014 – Meilleur roman de l’année 2014
  • Les Quatre Saisons de l’été, 2015
  • Danser au bord de l’abîme, 2017
  • La femme qui ne vieillissait pas, 2018

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