Hashimi Nadia ♦ Si la lune éclaire nos pas

Nadia Hashimi raconte avec beaucoup de délicatesse l’odyssée tourmentée et les innombrables épreuves qui attendent tous ceux qui s’exilent dans l’espoir de trouver refuge.

À travers l’histoire de Fereiba, elle retrace l’histoire familiale d’une femme afghane et le quotidien des afghans, et les dangers qui attendent les migrants sur le chemin vers l’Europe.

Dans la première partie du roman, nous nous plongeons rapidement dans le monde de Fereiba, dans un milieu culturel à mille lieux du notre avec ses coutumes ancestrales, déjà strictes bien avant le règne des talibans. Nous découvrons les rituels des mariages arrangés entre autres, le mode de vie de la femme Afghane bien avant que ne lui soit imposée la burqa et toute autre mesure restrictive, comme l’interdiction de travailler ou de marcher dans les rues sans se couvrir la tête et sans être accompagnées d’un homme. Nadia Hashimi nous dépeint les ravages de la guerre et les répercussions de la dictature sur le quotidien du peuple afghan, l’imposition de la burqa, l’interdiction pour la femme de travailler et d’étudier, la précarité sociale et la peur des bombardements…

Fereiba, née dans les années 1970, est orpheline de mère. Tout le monde la dit maudite, car sa mère est morte en couche. Son père s’unit très vite à une autre femme qui prend la maison en main. Une fois les premiers enfants du couple nés, Fereiba sera reléguée au second plan. Traitée en domestique par la femme de son père, elle a dû lutter courageusement pour pouvoir fréquenter l’école et s’instruire .Tout le monde la dit maudite, car sa mère est morte en couche. Se sentant coupable, elle reste à sa place jusqu’à ce qu’elle ressente le besoin de s’instruire. Sa belle-mère fait le choix de la marier.

Après un amour étouffé dans l’œuf, Fereiba fait un mariage heureux. Malheureusement, Kaboul est entre les mains des talibans. Et depuis que son mari, ingénieur, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir et quitter l’Afghanistan. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, Salim, son fils ainé, sa fille et son dernier enfant, encore bébé, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. La route est longue, marquée par la faim, la peur, l’errance et surtout le danger, et bien plus difficile qu’ils le croyaient.

La seconde partie du roman est, quant à elle, dédiée à la fuite de cette dernière en compagnie de ses enfants. Nous y découvrons la façon dont ces hommes et femmes se font exploiter, payé quelques centimes pour des journées harassantes de dur labeur. On y parle de l’horreur des camps, de la peur de l’expulsion et d’être renvoyés d’où ils viennent s’ils se font prendre, des policiers qui, à bout de nerfs, passent à tabac de pauvres hommes qui n’ont plus de force. Des camions de passeurs aux camps de réfugiés, des bateaux clandestins à la jungle de Calais, ils n’ont d’autre choix que de redresser la tête …

Mais il y a du positif dans toute cette misère. L’aide et le réconfort apporté par des associations et des bénévoles qui conseillent et parfois dépannent les réfugiés, des amis compatissants, une aide ponctuelle, parfois même un simple sourire qui lui donne envie d’aller plus loin.

A une époque où l’Europe peine à faire face à un afflux de réfugiés qui sont supposés mettre en péril son équilibre économique et qui confrontent les états membres à des choix sociétaux cruciaux, le livre de Nadia Hashimi apporte un éclairage précieux qui nous fait prendre conscience des drames intimes trop souvent occultés de ceux qui doivent fuir leur pays.

L’auteur :

Nadia Hashimi est née en 1972 à New-York et a grandi dans le New Jersey. Ses parents sont tous les deux originaires d’Afghanistan qu’ils ont quitté au début des années 70 avant l’invasion soviétique. Sa mère, petite-fille d’un notable poète afghan, s’est rendue en Europe pour obtenir une maîtrise en génie civil et son père est venu aux États-Unis, où il a travaillé dur pour réaliser son rêve américain et construire une nouvelle vie plus brillante pour sa famille. Nadia a eu la chance d’être entourée d’une grande famille de tantes, d’oncles et de cousins, ce qui a permis à la culture afghane de faire partie intégrante de sa vie quotidienne.

Elle a fréquenté l’Université Brandeis où elle a obtenu des diplômes en études et biologie du Moyen-Orient. Elle a obtenu un DEA en analyse économique.

Elle s’est ensuite inscrite à l’école de médecine de Brooklyn aux hôpitaux NYU / Bellevue à New York où elle a complété sa formation en pédiatrie.

 A la fin de sa formation, Nadia a déménagé au Maryland avec son mari où elle travaille comme pédiatre. Elle fait partie du « Lady Docs », un groupe de médecins locaux qui exercent et se regroupent ensemble.

En 1998, elle croise quelqu’un d’extraordinaire, une Autrichienne qui montait un très grand projet sur l’art islamique en méditerranée dans le cadre du programme MEDA. Le projet consistait à mettre en place des itinéraires culturels et touristiques dans onze pays du pourtour méditerranéen. Elle s’occupait de ceux du Maroc et du Portugal. Elle est aussi devenue active dans une organisation communautaire afghane-américaine qui a promu des événements culturels et de sensibilisation, en particulier dans les jours sombres après le 11 septembre.

En 2002, elle décide de travailler dans la presse, un rêve d’enfant.

Cette même année, elle fait son premier voyage en Afghanistan avec ses parents qui ne sont pas retournés chez eux depuis leur départ dans les années 1970. C’était une expérience douce pour tous, trouver des reliques de foyers d’enfance et se retrouver avec des proches. Un voyage marquant qui lui permet de découvrir sous un nouveau jour l’histoire et la culture afghanes dont ses romans sont imprégnés.

Au bout de cinq ans, Nadia quitte cependant la presse écrite pour la télévision. Elle démarre en tant que chroniqueuse économique au JT avant de se voir confier l’émission “Eclairages”, qu’elle anime avec beaucoup de talent et de maîtrise.

Trois ans plus tard, elle décide de changer de registre, sans rompre pour autant avec ce domaine. Elle se charge ainsi des relations internationales et institutionnelles d’une agence publique.

Par la suite, Nadia décide de tout mettre en stand-by pour reprendre ses études et démarrer un doctorat en sciences politiques.

Avec sa formation médicale rigoureuse complétée, Nadia s’est tournée vers une passion qui n’avait pas été explorée. Son éducation, ses expériences et son amour pour la lecture se sont réunis sous la forme d’histoires basées dans le pays de ses parents et grands-parents (certains font même des apparitions dans leurs contes).

Son premier roman, “The Pearl That Broke Its Shell” = “La perle et la coquille” a été publié en 2014.

Son deuxième roman, « When The Moon Is Low » = « Si la lune éclaire nos pas » a suivi en 2015 et a raconté le voyage périlleux d’une famille afghane alors qu’ils ont fui le Kaboul contrôlé par les talibans et sont tombés dans le monde sombre Des sans-papiers d’Europe.

Nadia Hashimi vit dans le Maryland avec son mari Amin Amini depuis 2008, et leurs quatre enfants dans la banlieue de Washington, où elle exerce le métier de pédiatre.

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