Châtelet Noëlle ♦ La dernière leçon

la dernière leçonUne femme âgée, qui n’est cependant ni malade ni réellement diminuée, décide de mettre un terme à ses jours et demande à ses enfants de la soutenir dans ce geste, de lui en donner le courage. Mireille Jospin, la mère de l’ancien Premier ministre et de la philosophe et écrivain Noëlle Châtelet, s’est suicidée, le 6 décembre 2002, à l’âge de 92 ans. Militante de l’ADMD (Association pour le droit à mourir dans la dignité), cette ancienne sage-femme a choisi de mettre fin à ses jours, en toute conscience, pour rester fidèle à une certaine vision de la vie et de la mort. Trois mois avant son geste, elle l’avait annoncé à ses proches.

Dans un récit autobiographique, Noëlle Châtelet nous fait vivre ces trois derniers mois avec une honnêteté et une pudeur rares. Avec elle, on s’insurge devant la décision de sa mère, on rejette ce compte à rebours enclenché vers la mort. Puis, comme elle, on est saisi au cœur par la tendre ingéniosité et le grand talent d’amour d’une vieille dame dont l’ultime souci est d’accompagner sa fille sur le pire chemin qui soit : celui du deuil d’un être chéri.

Une bouleversante réflexion sur la liberté de mourir (choix qui était courant dans l’Antiquité) doublée du portrait, en creux, d’une femme d’une très grande force de caractère. Au final, un livre de sagesse où l’auteur nous montre que la mort peut être quelque chose qui se prépare, comme le travail de deuil.

 

L’auteur :

 Noëlle Châtelet, née Noëlle Jospin le 16 octobre 1944 à Meudon, est une femme de lettres et universitaire française qui vit à Paris.

 Fille de Robert Jospin et Mireille Dandieu, sage-femme, militante au sein de l’association pour le droit de mourir dans la dignité, Noëlle Châtelet est également la sœur de l’ancien premier ministre Lionel Jospin.

 Mariée au philosophe François Châtelet, décédé en 1985 qui avait le double de son âge et dont elle fut prise de passion lorsqu’il était son professeur à hypokhâgne, elle fréquente Gilles Deleuze et dirige ses recherches sur l’interprétation du corps. Elle élabore depuis plus de trente ans une réflexion originale sur la question du corps, à travers ses essais, ses nouvelles et ses romans, dont Histoires de bouches (prix Goncourt de la nouvelle), La Dame en bleu (prix Anna de Noailles de l’Académie française) et Le Baiser d’Isabelle. Ses ouvrages sont traduits dans une douzaine de langues.

 En 1976 Noëlle Châtelet soutient à l’Université Paris 8 une thèse de 3e cycle de sociologie, intitulée Le Corps à corps culinaire : images et institutions.

 Elle écrit de nombreux romans et nouvelles et intègre l’université de Paris V René Descartes comme professeur de communication. Maître de conférences à l’université Paris V en sciences humaines, Noëlle Châtelet enseigne la communication dans un DESS.

 A l’université, Noëlle Châtelet n’est pas seulement professeur de communication. Redevenant écrivain à la sortie des salles de cours, elle propose à ses élèves des ateliers d’écriture au sein d’un des plus prestigieux café de Paris, « Le Procope ». Dans le salon Voltaire, la romancière transmet alors son amour de l’écriture et du dialogue.

 Elle est également vice-présidente de la société des gens de Lettres. Son Roman « La Femme coquelicot » est adaptée en 2001 au théâtre. Le corps, devenant l’objet d’un questionnement ontologique et introspectif, retrouve sa dignité dans « Une société d’apparence » où, insatiablement, il se débat entre bien-être et souffrance. Noëlle Châtelet publie « La Dernière Leçon » en 2004 et y raconte l’apprentissage difficile de la mort auprès de sa mère décédée en 2002.

Elle a été également comédienne jouant ainsi dans différentes dramatiques à la télévision et quelques rôles au cinéma dans Baxter, Vera Baxter de Marguerite Duras (1971), Les Autres d’Hugo Santiago (1972), Le Diable dans la boîte de Pierre Lary (1977) et La Banquière de Francis Girod (1980).

Elle devient directrice de l’Institut français de Florence de 1989 à 1991 et co-présidente de la Maison des écrivains de Paris de 1995 à 1999.

Depuis 2003, elle est la vice-présidente de la Société des gens de lettres.

Elle est propriétaire d’un ancien moulin à Malaucène (Vaucluse).

Le 12 avril 2009, elle est nommée chevalier de la Légion d’honneur.

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