Delacourt Grégoire ♦ Danser au bord de l’abîme

Dans cette vaste maison blanche sur le golf de Bondues, non loin de Lille, vit Emma. Presque la quarantaine, jolie. Un mariage sérieux avec Olivier, concessionnaire automobile, depuis 18 ans et 3 beaux enfants.

Elle travaille dans le Vieux-Lille, dans un magasin de vêtements pour enfants tandis que lui dirige une importante concession de voitures. Elle aime son mari, ses enfants, le confort de sa maison, l’opéra et les films de Claude Sautet.

Mais Emma étouffe dans sa petite vie confortable. Elle aspire au vertige, au doux bouleversement des sens.

Un jour, dans une brasserie, dans un décor semblable à un film de Sautet, elle remarque un homme. Elle regarde d’abord sa bouche puis ses lèvres et sa fossette qui creuse ses joues. Tout en elle tremble. Vacille. Une bouffée de désir la submerge. Ce premier jour, il ne la voit pas et repart avec ses amis. Tous les jours elle retourne pendant sa pause déjeuner dans cette brasserie. Echanges de regards entre cet homme et Emmanuelle. Tentation, désir qui monte doucement. Elle ne veut pas d’amant. Juste un vertige. Elle sait que sa vie va basculer…

En suivant les aventures de la chèvre de monsieur Seguin – qui servira de fil rouge tout au long du livre –, de Claudine mise en scène par Colette, de la Lily Bart d’Edith Wharton ou des personnages imaginés par Louise de Vilmorin, elle va se construire un imaginaire propice à accepter le regard que lui jette un jour un homme dans la brasserie André.

Sans échanger un mot, elle va tomber amoureuse, fondre de désir. Simplement parce qu’«Il y a des hommes qui vous trouvent jolie et d’autres qui vous rendent jolie». Peu importe le séisme que cette rencontre peut provoquer, peu importe les conséquences du dialogue qui finit par s’installer.

Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences. Ce roman sur le désir, sur la passion, revisite le thème de la femme infidèle. Il ne traite pas uniquement de l’amour et de la beauté d’une rencontre mais aussi des doutes, de la solitude, des moments d’une tristesse extrême, de la maladie, des enfants qui en veulent à juste titre à leur mère de les avoir quittés.

Grégoire Delacourt a su cerner la personnalité d’une femme tourmentée et décrit parfaitement ses pensées les plus intimes, les plus profondes.

Très justement l’auteur fait un parallèle entre Emma et Blanquette, la petite chèvre de Monsieur Seguin de Daudet qui n’aspirait qu’à s’échapper de son enclos, rompre sa corde  et partir dans la montagne, se moquant bien du loup et du danger.

L’auteur :

 Grégoire Delacourt est un publicitaire et écrivain français né le 26 juillet 1960 à Valenciennes.

Dans sa jeunesse, il est interne au sein du collège jésuite La Providence à Amiens. Il obtient son baccalauréat à Lille, puis commence des études de droit à Grenoble, vite arrêtées.

En 1973, il écrit « J’aimerai sortir avec toi sur une xerviette en papier à l’adresse d’une certaine Jeanne. Il prend alors son premier « rateau ».

En 1978, le jour de ses 18 ans, il publie un article dans Le Monde.

En 1979, il obtient son baccalauréat de justesse.

En 1989, il obtient les plus grandes récompenses mondiales dans la réclame. Mais en 2004, il se fait renvoyer de l’agence qui l’emploie et, indécrottable, il crée dès le lendemain, avec sa femme Dana Philp une agence de publicité « Quelle Belle Journée » avec laquelle il signe des contrats avec des grandes marques telles que Sephora, GO Sport, Caudalie, Folio (Gallimard), Taittinger, Crozatier, Directours, Unilever…

Le 12 janvier 2011 au matin, c’est la sortie de son premier roman L’Écrivain de la famille, publié à l’âge de cinquante ans, (20 000 exemplaires vendus en édition première, prix Marcel Pagnol, prix Rive Gauche). Ce roman gagne cinq prix littéraires : Prix Marcel Pagnol, Prix Carrefour du premier roman, Prix Rive Gauche à Paris, Prix Cœur de France, Prix Méo Camuzet du premier roman.

Mais Grégoire Delacourt reste dans la publicité.

Le 1er février 2012, c’est la sortie de son second roman La Liste de mes envies. Ce livre lui vaut une renommée internationale. Il est vendu à 12 pays avant sa parution. (35 à ce jour dont, rarissime, l’Angleterre et les États-Unis. Un livre qui fait dire à l’indéfectible homme de réclame qu’il est : « Delacourt, c’est une sacrée bonne femme ». A l’été 2012, ce roman dépasse les 300000 exemplaires, les 400000 à Noël, les 500000 à Noël. Mais sa femme dit « qu’il rentre toujours dans ses converses ».

Le 13 janvier 2013, seul en scène au Ciné 13 Théâtre, Mikaël Chirinian interprète avec succès Jocelyne Guerbette (et six autres personnages du roman) dans une mise en scène d’Anne Bouvier. Cette adaptation vaut à Mikaël Chirinian une nomination aux Molières 2014 dans la catégorie « Seul en scène ».

Pendant ce temps-là, Didier Le Pêcheur prépare activement le tournage du film (premier clap le 15 avril) produit par Clémentine Dabadie et Thomas Viguier, avec Mathilde Seigner et Marc Lavoine dans les rôles de Jocelyne et Jocelyn.

Le 20  mars 2013, sortie de La Première chose qu’on regarde, son troisième roman, toujours chez Lattès. Le livre est très attendu. Forcément, après un succès, on se demande. Et aussi parce que dans le livre, il y a Scarlett Johansson et que là, on veut voir.

En 2014, La liste de mes envies a dépassé le million d’exemplaires. La pièce passe la 300ème. Le film fait une jolie carrière. En mai 2014, il totalise plus de 440 000 entrées.

La Première chose qu’on regarde atteint les 140.000 exemplaires (avant sa parution au Livre de Poche) et lui vaut quelques bisbilles avec Scarlett Johansson. Mais quel bonheur d’être poursuivi par une aussi jolie personne dit-il.

Elle sera déboutée de toutes ses demandes mais obtiendra néanmoins 2500 euros de dommages et intérêts pour atteinte à la vie privée. Mais, et c’est le plus important, le roman sortira indemne. Il s’écoule à plus de 150000 exemplaires.

Et le revoilà, fin août, avec On ne voyait que le bonheur, son roman le moins éloigné de lui, jeté comme une quille dans la violence de la rentrée littéraire. C’est un malade. Mais bon, il continue la réclame. Et ses tours de tête et de chevilles n’ont toujours pas changé.

En 2015, On ne voyait que le bonheur figure sur la liste du Goncourt, et rate d’un cheveu (qu’il a plus courts que ceux de David Foënkinos) le Goncourt des Lycéens où il arrive en seconde position derrière « Charlotte » le roman de David Foenkinos. Il obtient néanmoins le titre de « Meilleur roman de l’année 2014 » décerné par les journalistes du Parisien.

 

La Liste de mes envies continue en librairie et au théâtre où il passe la 500ème (et commence à rapporter un peu d’argent au Trésor Public). Mais il est toujours dans la réclame.

Ceci dit, ses doigts ont toujours la bougeotte, et le voilà qui nous pond Les Quatre saisons de l’été qui sortent à l’aube de l’été, le 29 avril 2015. Il met en scène, un même été, au Touquet Paris-Plage, les amours d’été de quatre couples, de quinze ans, trente-cinq ans, cinquante-cinq ans et soixante-quinze ans.

En Allemagne, le livre se classe dans le Top 10 de la liste des bestsellers du Spiegel.

Ah, et il achète enfin ces Converse couleur moutarde qu’il lorgnait depuis longtemps.

En 2016, il souffle un petit peu. Pas de nouveau livre cette année, mais un long temps d’écriture pour un roman prévu en janvier prochain.

En octobre, La Liste de mes envies monte sur scène à Montréal, dans une nouvelle adaptation de Maryse Warda.

La Première chose que l’on regarde est acheté par un célèbre producteur anglais – et on peut subodorer que Scarlett J. ne sera pas au casting.

Cependant, il persiste toujours dans la réclame même si les méchants (Google, Facebook et compères) sont en train de gagner (et dire qu’on disait de « 1984 » que c’était de la science-fiction).

Enfin, après de longues recherches, il déniche des Converse fluo.

Une excellente année, en somme.

Le 2 janvier 2017, sortie de son nouveau roman Danser au bord de l’abîme, toujours chez Lattès.

En janvier 2017, une troisième version théâtrale de son roman La liste de mes envies est créée à Bruxelles au Théâtre de la Samaritaine, adaptée et interprétée par Lorette Goosse et mise en scène par Christian Dalimier.

Au début d’avril, alors que la neige commence à fondre à Québec, il y est Président d’honneur du Salon International du Livre, et c’est un authentique honneur pour lui, cet honneur.

Bibliographie

  • L’Écrivain de la famille, 2011

– Prix Marcel Pagnol 2011- Prix Rive Gauche à Paris 2011- Prix Carrefour du Premier Roman 2011- Prix Cœur de France 2011- Prix du premier roman Méo Camuzet 2011

  • La Liste de mes envies, 2012 – Prix Méditerranée des Lycéens 2013 – Prix des Lycéens 2013 de la Ville de Gujan-Mestras – Prix Livresse de Lire 2013
  • La Première Chose qu’on regarde, 2013
  • On ne voyait que le bonheur, 2014 – Prix des Lectrices Edelweiss (Suisse) – Prix Goncourt des Fougères 2014 – Meilleur roman de l’année 2014
  • Les Quatre Saisons de l’été, 2015
  • Danser au bord de l’abîme, 2017

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