Benameur Jeanne ♦ Pas assez pour faire une femme

Roman d’apprentissage, histoire d’amour et de lutte, récit poétique, « Pas assez pour faire une femme » raconte la vie de Judith, 17 ans, à la croisée des chemins : le bac en poche, l’université l’attend, la liberté aussi dans sa chambre d’étudiante.

Judith a des problèmes avec sa famille, mais surtout avec son père, tyrannique. Sa mère n’a rien à dire, sa sœur ainée non plus. Elle seule fait des études, et c’est tant mieux pour elle, car elle peut échapper ainsi à l’atmosphère délétère qui règne chez elle.  Tout juste partie de chez ses parents et échappant au modèle de couple déprimant qu’ils lui présentent, elle va devenir une femme amoureuse, épanouie. Amoureuse pour la première fois, elle va grandir et découvrir la douceur et la passion dans les bras d’Alain, revendicateur engagé, attirée par les luttes sociales et par la littérature et cherchant à se trouver et à s’élever… Elle va aussi exorciser les démons de l’enfance qui jusqu’à présent l’empêchaient de devenir une femme.

Nous sommes au début des années 70, et ce qui s’est passé quelques années plus tôt dans les universités n’est pas encore enterré. Les étudiants se révoltent à nouveau, et Judith, portée par son premier amour, son tendre amour, son bel amour, Alain, participe au mouvement contestataire. Elle se révèle, s’adonne avec passion à cette nouvelle activité, tout en étudiant avec frénésie (elle est en Fac de Lettres). Et les livres, les livres, les livres ! La lecture, c’est sa soupape, son permis de vie, sa carte d’entrée vers la félicité. Tout cela permet à cette lourdeur au fond d’elle de l’abandonner souvent. Mais quelquefois, elle replonge. Que s’est-il passé durant son enfance ?

L’auteur :

Jeanne Benameur est une écrivaine française née en 1952 à Ain M’lila en Algérie, d’un père arabe et d’une mère italienne. Dernière d’une famille de quatre enfants (trois sœurs et un frère), elle passe de l’Algérie à la France avec sa famille en raison des violences liées à la guerre. Elle a cinq ans et demi quand elle arrive à La Rochelle.

Deux langues, l’arabe et le français ont bercées son enfance : l’arabe étant la langue maternelle de son père, mais également celle de son premier environnement. Elle réintroduit les sonorités et les rythmes de ces langues dans son écriture.

Sa mère lui apprend à écrire avant même d’aller à l’école.

Très tôt, elle écrit de petites histoires, des contes, des pièces de théâtre, des poèmes. Elle suit les cours du conservatoire d’art dramatique puis elle effectue des études de lettres à Poitiers, où elle suit aussi des cours de philosophie et d’histoire de l’art. Elle est pendant un temps élève du conservatoire de chant.

Après l’obtention du CAPES, elle devient professeur de lettres : d’abord à Mauzé-sur-le-Mignon puis en banlieue parisienne.

Ce n’est qu’à partir de 2000 qu’elle se consacre entièrement à l’écriture.

Elle a publié pour la première fois en 1989 aux Editions Guy Chambelland des textes poétiques, puis chez divers éditeurs : d’abord chez Denoël en littérature générale, et, depuis 2006, chez Actes Sud. Pour la littérature jeunesse elle publie aux éditions Thierry Magnier.

Elle a été également directrice de collection chez Actes Sud junior pour la collection « d’Une Seule Voix » et chez Thierry Magnier pour « Photoroman » jusqu’en septembre 2013.

Elle se distingue sur la scène littéraire avec « Les Demeurées » qui reçoit en 2001 le Prix Unicef.

Puis, c’est le Prix du centre du Livre Poitou-Charentes pour « Laver les ombres » en 2007, et le prix Paroles d’encre, le prix du Rotary et le prix du Roman d’entreprise pour « Les Insurrections singulières » en 2011.

Et en 2013, « Profanes » reçoit Le Grand Prix RTL LIRE.

Parallèlement à son travail d’écrivain, elle anime régulièrement des ateliers d’écriture. Ceux-ci tiennent une grande place dans son parcours. Le travail en milieu carcéral avec des jeunes l’intéresse tout autant. En effet, ce lieu a une assez grande importance pour elle vu que son père a longtemps travaillé comme directeur de prison. C’est un endroit mystérieux, qui interroge toujours. C’est sans doute cet environnement qui lui a donné un goût très prononcé pour la liberté. Elle a également une passion pour les enfants. Elle est d’ailleurs membre d’une association, « Parrains par mille », qui vient en aide aux jeunes en détresse.

Jeanne Benameur passe facilement de la littérature générale à la littérature pour la jeunesse. Elle écrit pour des âges très variés. Le choix du lectorat dépend. Par exemple, le livre « Les reliques » ne peut pas figurer en secteur jeunesse car il aborde des sujets qui n’interpellent pas encore les jeunes. Alors que dans « Si même les arbres meurent », il s’agissait d’une vraie question pour les enfants, les adolescents : Comment continuer à aimer après la mort mais du côté parents, grands-parents. Tout cela est très subjectif et peut être discuté, il n’y a pas vraiment de règle.

Lorsqu’elle écrit elle ne pense pas au lecteur. Elle a besoin que ce qu’elle écrit sonne juste car c’est elle la lectrice. C’est le désir de se transformer qui fait sa profonde nécessité d’écriture. L’écriture lui permet d’ouvrir d’autres espaces à l’intérieur d’elle-même et de voir le monde autrement et encore autrement, même si c’est sur le même thème. Ecrire lui permet de lui ouvrir de nouveaux horizons. Dans ses romans, la relation à l’autre est au fondement même de la narration.

Elle accorde une grande place à la psychanalyse. La psychanalyse lui a permis de mettre en forme par la parole ses émotions et donc de les travailler dans l’écriture. Elle lui a permis encore de faire le lien avec le partageable. Elle a cessé de se considérer comme un être original car nous sommes tous régis par une naissance, par une mort, nous possédons les mêmes sens pour appréhender le monde, une sexuation,… Tous ces éléments font de nous des semblables, même si nous avons nos singularités, notre histoire, notre éducation, notre culture,…

Lorsqu’elle était jeune professeur en milieu rural, avec des classes difficiles, elle passait des heures à corriger des rédactions qu’elle donnait aux élèves. Cela n’était pas utile pour eux car ça leur enlevait le goût d’écrire. Elle a donc commencé à pratiquer des ateliers d’écriture avec Elisabeth Bing. En 1979, ses élèves de milieu rural venaient le mercredi après-midi spécialement pour l’atelier d’écriture. Lorsque les élèves sont très loin de la pratique de l’écriture, elle commence avec des ateliers d’imaginaire et de paroles. Elle part d’un groupe de mots, puis chacun accueillit les images dans la parole. On se rend compte qu’avec les mêmes mots, chacun n’a pas les mêmes images, l’imaginaire de chacun est libre. C’est ensuite qu’on peut aborder l’atelier d’écriture. Son but est que les gens, au bout d’un moment, ne viennent plus à ses ateliers, qu’ils se confrontent eux-mêmes avec l’écriture, chez eux dans cette affaire solitaire. L’atelier d’écriture ne fait peut-être pas des écrivains, mais des lecteurs. Lorsque quelqu’un travaille ses propres mots, il a moins peur des mots des autres.

Elle vit à La Rochelle et consacre l’essentiel de son temps à l’écriture.

Œuvres :

Romans et nouvelles

  • La Peine perdue, 1991
  • Samira des quatre-routes, 1992
  • Adil cœur rebelle, 1994, réédité en 1999
  • Pourquoi pas moi ?, 1997 – réédité en 2001 puis en 2008 et 2012
  • Une histoire de peau, et autres récits, 1997 – Nouvelle édition : Gudule et Jeanne Benameur, Un bout de chemin ensemble. Une histoire de peau, 1997. Puis sous le titre Une histoire de peau et autres nouvelles, 2012
  • Ça t’apprendra à vivre, juin 1998 – Réédité en 2003, en 2006, en janvier 2007, et en 2012
  • Quitte ta mère, avril 1998 – Réédité en 2003
  • Edouard et Julie c’est pour la vie, 1999
  • Les Demeurées, 1999 – rédité en 2014
  • Le Petit Être, 2000
  • Si même les arbres meurent, septembre 2000
  • Et si la joie était là ?, octobre 2001,
  • Travaille, travaillons travaillez, 2001
  • Un jour, mes princes sont venus, septembre 2001
  • La Boutique jaune, avril 2002
  • Valentine remède, 2002 – puis 2015 et en braille en 2010
  • Les Mots des autres, 2002
  • Comme on respire, novembre 2003 – réédité en 2011
  • Le Ramadan de la parole, in Des filles et des garçons, 2003 et en 2007
  • Les Mains libres, Denoël, 2003 et en 2006
  • Prince de naissance, attentif de nature, 2004
  • Une heure, une vie, 2004 en 2005 et 2006
  • Les Reliques, 2005 et 2011
  • Passagers: La tour bleue d’Etouvie, 2006
  • Présent ?, 2006 et en2008
  • Le Ramadan de la parole, mars 2007
  • Lave les ombres, 2008, en 2010 et 2015
  • Les Insurrections singulières, janvier 2011 et 2012
  • Vivre c’est risquer, 2012,- Réunit : Quitte ta mère ; Même si les arbres meurent ; La boutique jaune ; Une heure, une vie
  • Une histoire de peau, avril 2012
  • Je vis sous l’œil du chien (suivi de) L’Homme de longue peine, 2012
  • Profanes, Actes Sud, 2012, 2013 et 2014
  • Je vis sous l’œil du chien suivi de L’Homme de longue peine, janvier 2013
  • Pas assez pour faire une femme, 2013 et 2015
  • Otages intimes, Actes Sud, 2015 – Prix du roman Version Fémina
  • L’Enfant qui, 2017

 

Poésie et théâtre

  • Naissance de l’oubli, 1987
  • Fille d’Ulysse, 1989 (théâtre)
  • Sous la paupière d’Eurydice, 1989
  • Une bouffée de Lilas, 1991
  • Petites rives. La Géographie absent. Notre nom est une île : Triptyque poétique, chorégraphique de Carol Vanni, Atelier de la danse J. Robinson, 1991
  • L’Histoire, 1992
  • Marthe et Marie, 1999
  • Notre nom est une île, 2011
  • Il y a un fleuve, juillet 2012
  • De bronze et de souffle, nos cœurs, 2014

 

Prix littéraires

  • 1993 : Grand prix des jeunes lecteurs de la PEEP pour Samira des quatre-routes
  • 2001 : prix UNICEF pour Les Demeurées
  • 2001 : prix 12/17 (Brive-la-Gaillarde) pour Et même si les arbres meurent
  • 2003 : prix Édouard-Leclerc du roman jeunesse pour La Boutique jaune
  • 2006 : Prix du Livre en Poitou-Charentes
  • 2012 : Prix du roman d’entreprise pour Les Insurrections singulières
  • 2013 : Grand prix RTL-Lire pour Profanes

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