Leon Donna ♦ Brunetti en trois actes

Écrit par Donna Leon, ce vingt-quatrième volume de la série qui narre les aventures du commissaire Guido Brunetti, nous entraine à La Fenice de Venise pour un suspense qui en fait un des épisodes des plus réussis de la collection.

Accompagné de son épouse Paola à la Fenice, Brunetti assiste à la Tosca, avec la diva Flavia Petrelli sur scène qui interprète le rôle principal.

Le spectacle, grandiose, s’achève par une pluie de roses jaunes tandis que Flavia est ovationnée. Mais des centaines d’autres roses jaunes attendent la soprano dans sa loge. Et en rentrant chez elle, elle trouve un nouveau bouquet sur le pas de sa porte. Un admirateur secret la gratifie ainsi de ces fleurs depuis plusieurs mois, de Saint-Pétersbourg à Londres, d’Amsterdam à Venise, et Flavia commence à s’inquiéter de ces signes d’adoration excessifs.

Amie de la famille Brunetti, la chanteuse confie son appréhension à Brunetti pour démasquer ce fan qui la harcèle en lui envoyant des roses partout où elle passe. Brunetti, qui lui promet de mener sa petite enquête.

Quand une jeune chanteuse vénitienne, dont le talent avait attiré l’attention de Flavia en personne, est sauvagement attaquée, Brunetti commence à penser que les craintes de la cantatrice sont bel et bien fondées. Il va alors plonger dans la psyché du mystérieux admirateur obsessionnel de Flavia et tenter d’éviter que d’autres chanteuses soient blessées…

Fantasmagorique et passionnant, Brunetti en trois actes plonge le lecteur dans la magie de la Fenice et le superbe monde de l’opéra que Donna Leon connaît si bien, et aime tant.

Comme dans « Tosca », la tragédie se joue en trois actes.

Premier acte : l’angoisse. Flavia est ovationnée lors de la première de Tosca à l’opéra de Venise La Fenice. Comme déjà à Londres puis à Saint-Pétersbourg des centaines de roses jaunes lui sont jetées sur scène. Sa loge est envahie de roses et elle trouve un énorme bouquet sur le pas de la porte de son appartement. Apeurée, la cantatrice demande de l’aide à son ami Guido Brunetti.

Deuxième acte : l’enquête. Brunetti et son équipe commencent leur investigation sur les fans et les harceleurs. L’action va crescendo, une jeune chanteuse est attaquée. Le marquis Federico d’Istria, ami de Flavia et de Brunetti, est sauvagement poignardé.

Troisième acte : le drame et le final. À la fin de la représentation Flavia est prise en otage malgré la surveillance de Brunetti.

L’auteur :

Donna Léon, née le 28 septembre 1942 dans le New Jersey, est une écrivaine américaine. Elle a exercé plusieurs métiers comme guide de voyage à Rome, rédactrice publicitaire à Londres et enseignante de littérature, notamment en Suisse, en Iran, en Arabie saoudite et, de 1981 à 1999, dans une base de l’armée américaine située près de la Cité des Doges. C’est là qu’elle a commencé à écrire des romans policiers. C’est une soirée à l’Opéra de Venise qui lui a inspiré son premier roman : Mort à La Fenice.

Son premier roman, Mort à la Fenice, a été couronné par le prestigieux prix japonais Suntory, qui récompense les meilleurs suspenses.

Alors que ses romans sont traduits dans une vingtaine de langues, elle refuse, selon un article reproduit sur le site géré par son éditeur français, qu’ils soient traduits en italien par souci de protection de son anonymat à Venise où elle vit toujours, plus de trente ans après son installation en 1981.

Lors de son premier voyage en 1965, Donna Léon eut le coup de foudre pour l’Italie. Pendant les dix années suivantes, cette native du New Jersey passionnée d’opéras résida tour à tour en Suisse, en Arabie Saoudite, en Grande-Bretagne, en Iran et en Chine, où elle enseigna la littérature. En 1981, En 1981, alors qu’elle était en Arabie Saoudite, elle a décidé qu’elle en avait marre d’enseigner dans des endroits étranges, et elle est revenue s’installer à Venise et elle décide de s’y fixer définitivement.

Sa vocation d’écrivain jaillit d’une conversation entre amis pendant une soirée à l’Opéra de Venise au cours de laquelle quelqu’un suggéra, sur le ton de la plaisanterie, d’éliminer un chef d’orchestre que leur petit groupe de mélomanes détestait cordialement. L’idée d’une intrigue fit alors son chemin dans l’esprit de Donna Léon. Publié en 1992, Mort à La Fenice mettait en scène le commissaire Guido Brunetti, policier vénitien mélancolique qui devint le héros de romans intelligents, bien construits et salués par les critiques du monde entier.

Une plume élégante, des portraits habilement brossés, un décor incomparable, tels sont les ingrédients du succès de celle qu’on surnomme le Simenon de Venise, qui croît de livre en livre. À travers les yeux de son commissaire, elle éclaire les paradoxes de La Sérénissime : la beauté et le raffinement forment la coquille d’un fruit gâté par une insidieuse corruption…

Si elle triomphe dans de nombreux pays (elle est traduite dans 20 langues), Donna Léon refuse que ses livres paraissent en Italie : « Je ne prends aucun plaisir à être une personne célèbre, a-t-elle déclaré sur une chaîne de radio américaine. La teneur de ma vie changerait du tout au tout si mes romans étaient traduits en italien, car je suis complètement anonyme ici ! » Anonyme à Venise, peut-être. Ailleurs, Donna Léon est une star.

Donna Léon ne supporte pas le tourisme de masse et vit pourtant depuis plus de 25 ans à Venise, une ville de 60 000 habitants envahie par des millions de touristes chaque année. «Quand je suis venue ici la première fois, à la fin des années 1960, Venise n’était qu’une petite ville provinciale qui avait la particularité d’être bâtie sur l’eau», rappelle-t-elle. Née dans le New Jersey, Donna Leon a quitté les États-Unis il y a quelques dizaines d’années, d’abord pour enseigner l’anglais au Moyen-Orient, avant d’être professeure près de Venise. Elle parle l’italien et comprend le vénitien. Elle vit à l’italienne et prend tous les jours le café avec Roberta, l’amie rencontrée à son premier séjour à Venise, dont la famille est devenue la sienne et à qui elle doit en partie son extraordinaire connaissance de la ville.

Il fallait s’y attendre, Donna Leon partage les idées de Brunetti sur la dégradation de la vie des Vénitiens. «Les commerces alimentaires ferment et nous obligent à aller sans cesse plus loin acheter notre lait. Ils sont remplacés par des boutiques de souvenirs», déplore-t-elle.

Seulement 20 % des maisons de Venise sont habitées par des Vénitiens. «Le problème ne tient pas nécessairement au fait que beaucoup d’étrangers y vivent, mais comme ils n’y vivent pas toute l’année et n’y font pas réparer leurs chaussures, n’achètent jamais de boutons et ne vont pas chercher leur pain tous les jours, les commerces de proximité cèdent lentement mais sûrement la place aux boutiques de souvenirs.» Pour éviter les hordes de touristes, elle a choisi d’habiter un quartier où ils s’aventurent rarement et elle fait ses courses tôt le matin. Pendant le carnaval, elle fuit à l’étranger. Malgré cela, elle ne vivrait pas ailleurs qu’à Venise, ne serait-ce que pour l’absence de voitures….

Elle aime
Les traits d’esprit
La générosité
Jane Austen
Les cantates de Bach
Quiconque m’apporte un café au lit
Les chiens
Les feux d’artifices
Les blaireaux
Les promenades en montagne
Les tâches automatiques, répétitives telles que tondre sa pelouse
Lire au lit
Les opéras et oratorios de Haendel
La crème glacée – après tout, je suis américaine
Les mezzo-sopranos et les contre-ténors
Les tapis Kachkaïs
La céramique d’Iznik
Ruth Rendell
New York
Le lilas
Elle n’aime pas
Les questions rhétoriques
Le rose
La ferveur religieuse
La psychanalyse
Les livres de développement personnel
Ernest Hemingway
Ce que Pavarotti est devenu
Les phrases qui commencent par « Je suis le genre de personne qui… »
Les boissons glacées ou gazeuses
Les universitaires d’âge moyen
Les livres de chroniques judiciaires
Les brutes
Telefonini
Le gaspillage
Les films et la télévision
Qu’on me dise quoi faire
Le vacarme
Le tourisme de masse
Les conversations salaces ou les blagues graveleuses

Œuvre :

Les Enquêtes du Commissaire Brunetti :

Toutes les traductions françaises sont de William Olivier Desmond puis de Gabriella Zimmermann à partir de L’Inconnu du Grand Canal suite au décès de William Olivier Desmond.

  1. Mort à La Fenice – 1997 (Death at La Fenice, 1992)
  2. Mort en terre étrangère, 1997 (Death in a Strange Country, 1993)
  3. Un Vénitien anonyme – 1998 (Dressed for Death, 1994)
  4. Le Prix de la chair – 1998 (Death and Judgment, 1995)
  5. Entre deux eaux – 1999 (Acqua Alta, 1996)
  6. Péchés mortels – 2000 (The Death of Faith, 1997)
  7. Noblesse oblige – 2001 (A Noble Radiance, 1997)
  8. L’Affaire Paola – 2002 (Fatal Remedies, 1999)
  9. Des amis haut placés – 2003 (Friends in High Places, 2000)
  10. Mortes-eaux – 2004 (A Sea of Troubles, 2001)
  11. Une question d’honneur – 2005 (Wilful Behaviour, 2002)
  12. Le Meilleur de nos fils – 2006 (Uniform Justice, 2003)
  13. Dissimulation de preuves – 2007 (Doctored Evidence, 2004)
  14. De sang et d’ébène – 2008 (Blood from a Stone, 2005)
  15. Requiem pour une cité de verre – 2009 (Through a Glass Darkly, 2006)
  16. Le Cantique des innocents – 2010 (Suffer the Little Children, 2007)
  17. La Petite Fille de ses rêves – 2011 (The Girl of His Dreams, 2008)
  18. La Femme au masque de chair – 2012 (About Face, 2009) –
  19. Brunetti et le Mauvais Augure – 2013 (A Question of Belief, 2010)
  20. Deux veuves pour un testament, 2014 (Drawing Conclusions, 2011)
  21. L’Inconnu du Grand Canal – 2014 (Beastly Things, 2012)
  22. Le Garçon qui ne parlait pas – 2015 (The Golden Egg, 2013)
  23. Brunetti entre les lignes – 2016 (By its Cover – 2014)
  24. Brunetti en trois actes – 2016 (Falling in Love 2015)
  25. The Waters of Eternal Youth, 2016

Autres ouvrages :

  • Sans Brunetti (essai 1972-2006)
  • Brunetti passe à table (2011) – Livre de recettes de cuisine en collaboration avec Roberta Pianaro.
  • Les joyaux du paradis (2012)

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