Boissard Janine ♦ La lanterne des morts

« La lanterne des morts » est une histoire de famille, d’amitié, du terroir.

Lila et Adèle sont sœurs. Aussi différentes que pleines d’amour l’une pour l’autre.

Adèle, la cadette, est douce, sage, tendre, responsable qui partage sa vie entre intérêt pour la truffière familiale et la vénération qu’elle porte à Lila. Lila, l’aînée, belle, brillante, passionnée, qui rend la vie plus intense, qui la brûle par les deux bouts, veut briller, quitte à éclipser les autres, ne rêve que de mener la grande vie. Hélas elle est victime de bipolarité, cette terrible maladie où le meilleur côtoie le pire.

Lorsque, le jour de ses sept ans, leur mère décède subitement d’une intoxication alimentaire, Adèle, surprenant une conversation entre son père et sa tante peut enfin poser un mot sur la différence de sa sœur. Très vite on découvre que ce sont des baies de cytise pourpres, très toxiques, qui sont les responsables. Comment sont-elles arrivées dans le cake qu’elle était la seule à manger ? Se pourrait-il que Lila les y aient mises car elle ne supportait plus les restrictions que lui imposait sa mère ? Alors que Lila va partir s’installer à Brive chez sa tante, Adèle va demeurer auprès de leur père, et chacune de leurs retrouvailles sera un tourbillon.

Les années passant, de lourds soupçons pèsent sur Lila. Autour d’elle, plusieurs événements tragiques, toujours liés à des affaires d’argent. Mais sans jamais la moindre preuve. Toujours aussi brillante et fantasque, elle ne supporte pas qu’on lui refuse quoi que ce soit, que les choses ne se passent pas comme elle le souhaite. Elle désire la richesse et tout ce qui va avec, et mène grand train de vie.

Plusieurs années ont passé. Apparemment stabilisée, Lila épouse un bel et riche Espagnol. Mais, las de ses excès, celui-ci envisage de divorcer lorsqu’une crise cardiaque l’emporte. Revenue vivre à Terrasson, Lila s’éprend de Vivien, riche viticulteur qui envisage d’épouser Adèle. N’est-ce pas sa fortune qui l’attire ? Lila fait tout pour les séparer. Voyant sa sœur s’attaquer à celui qu’elle aime, les yeux d’Adèle s’ouvrent enfin. Menant une discrète enquête, elle découvre la vérité. Mais cela suffira-t-il à sauver Vivien ?

C’est dans les beaux paysages du Périgord Noir, où flottent les arômes de truffe et de bon vin, que se passe cette histoire de famille comme Janine Boissard excelle à les raconter, mêlée d’un suspense qui ne faiblit jamais.

Une très belle histoire qui va nous emmener dans la complexité de cette maladie.

L’auteur :

Janine Boissard, née le 18 décembre 1932 à Paris, dans une famille bourgeoise : père, inspecteur des impôts, mère, femme au foyer, quatre sœurs et un frère. Elle est la petite-fille d’Adéodat Boissard.

Élève médiocre, la petite Janine dévore tous les livres qu’elle peut trouver et en cours, seul le français est une matière qui l’intéresse… pour les autres, ça se passe plutôt mal, si bien qu’elle est renvoyée de plusieurs établissements religieux du XVIe arrondissement. Elle est alors qualifiée d’enfant  « incontrôlable », ayant un  « mauvais esprit » et elle devient vite le « vilain petit canard » de la famille.

En attendant, ses parents lui font arrêter ses études à 15 ans, et, dans l’espoir de lui voir faire « un beau mariage » lui font fréquenter une école plus populaire où elle pourra faire « ses humanités féminines », en fait une école ménagère où les jeunes filles apprennent tout ce qu’une bonne maîtresse de maison et bonne épouse doit savoir: cuisine, ménage, économie domestique, élever ses enfants…

La jeune fille écrit en cachette, et elle propose son premier manuscrit aux Éditions Julliard… qui n’est pas accepté d’emblée, mais on l’encourage tout en lui conseillant de le réécrire… Pendant deux longues années, Janine travaille d’arrache-pied, réécrit, corrige avec une seule idée en tête: devenir écrivain !

À 22 ans, elle publie son premier roman «  Driss » qui connaît le succès, sous son nom d’épouse Janine Oriano. Car entre-temps, la jeune fille a suivi « l’ordre établi de la bonne société » et s’est mariée. C’est donc sous son nom d’épouse qu’elle signe les trois autres romans qui suivront chez Julliard (en 1960, 62 et 69) et encore quelques-uns, dont son premier roman policier,  « B comme Baptiste », qui paraît en 1971 chez Gallimard dans la très célèbre collection de la Série Noire. Elle est, à 33 ans, la première femme à être publiée dans cette collection.

C’est avec son troisième roman policier que Janine Oriano connaît son premier grand succès d’écrivain, O.K , Léon !, publié en 1972, adapté au cinéma sous le titre « O.K Patron ! »  En 1975, on lui demande d’écrire une série policière pour la télévision, « Miss » (jouée par notre talentueuse Danielle Darrieux), série tournée en 1977 et dont un roman du même titre est publié en 1978 chez Fayard, (un de ses éditeurs auquel elle restera fidèle).

Elle signe 9 ou 11 romans (selon les biographies ?) sous son nom d’épouse, période pendant laquelle elle fait tout de même quatre enfants, qui deviennent « le fondement de son existence.

Puis c’est le divorce… Et, en 1977, elle reprend son nom de jeune fille pour publier aux éditions Fayard sa célèbre saga L’Esprit de famille. Six volumes entre 1977 et 1984, racontent le parcours de quatre sœurs dont trois sont des personnages féminins très forts, qui s’emportent contre la famille, le machisme et les idées reçues. Elles finissent toutes les trois par réaliser leur choix professionnel, mais de là à concilier carrière avec amour et famille… Janine Boissard se voit confier l’adaptation ainsi que les dialogues de la saga pour la télévision qui  rencontre un énorme succès et depuis, l’auteure s’en tient à cette recette: décrire des sentiments qu’elle connaît bien, ou qu’elle a pu observer dans son entourage et s’appuie pour chacun de ses romans sur une documentation poussée afin d’être au plus près de la réalité du contexte.

En 1996, elle publie Une Femme en blanc (Robert Laffont), un formidable succès en librairie, traduit en Allemagne et en Italie.

Sous le nom de Janine Boissard, elle signe au début de l’année 2008 son 35ème roman, dont quelques-uns sont dits, « suspenses romantiques ».

Elle signe aussi plusieurs scénarios, adaptations de ses romans dont l’autre série célèbre « Belle grand-mère », ou « Recherche grand-mère, désespérément », ou bien encore « Une femme en blanc » (avec Sandrine Bonnaire), « Marie-Tempête »…

De son œuvre, on retient son attachement à des thèmes récurrents: la famille et ses chambardements, les problèmes de couple,  ceux de l’adolescence, de l’enfance aussi,  la place de la femme moderne dans le monde du travail, la recherche du bonheur…

Janine Boissard est devenue un grand écrivain et a été décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse.

 

Publications

  • L’Esprit de famille, tome 1 : Les secrets du bonheur, Fayard, 1979
  • L’Esprit de famille, tome 2 : L’avenir de Bernadette, Fayard, 1980
  • L’Esprit de famille, tome 3 : Claire et le bonheur, Fayard, 1981
  • L’Esprit de famille, tome 4 : Moi Pauline, Fayard, 1981
  • L’Esprit de famille, tome 5 : Cécile la poison, Fayard, 1984
  • L’Esprit de famille, tome 6 : Cécile et son amour, Fayard, 1984
  • Une femme neuve, Fayard, 1980
  • Rendez-vous avec mon fils, Fayard, 1982
  • Une grande petite fille, Fayard, 1992
  • Une femme en blanc, Robert Laffont, 1983 – Prix Jackie Bouquin
  • Belle-grand-mère, Fayard, 1983
  • Belle-grand-mère 2 : Chez Babouchka, Fayard, 1984
  • Belle-grand-mère 3 : Toi, mon pacha, Fayard, 1999
  • Vous verrez… vous m’aimerez, Livre de poche, 1987
  • Une femme réconciliée, Fayard, 1986
  • Croisière, Fayard, 1988
  • Croisière, tome 2 : Les Pommes d’or, Fayard, 1989
  • Trois femmes et un empereur, Fixot, 1989
  • L’Amour, Béatrice, Fayard, 1991 (
  • La Reconquête, Fayard, 1990
  • Cris du cœur, Albin Michel, 1991
  • Chez Babouchka, Belle-grand-mère, Fayard, 1994
  • Boléro, Fayard, 1995
  • Bébé couple, Fayard, 1997
  • Marie-Tempête, Pocket, 1999
  • Toi mon pacha, Fayard ,1999
  • La Maison des enfants, Robert Laffont, 2000
  • Charlotte et Millie, Robert Laffont, 2001
  • Priez pour petit Paul, Fayard, 2001
  • Recherche grand-mère désespérément, Fayard, 2002
  • Histoire d’amour, Robert Laffont, 2003
  • Belle-grand-mère 4 : Allô, Babou… viens vite ! On a besoin de toi, Fayard, 2004
  • La Chaloupe, tome 1 : Le Talisman, Robert Laffont, 2005
  • La Chaloupe, tome 2 : L’Aventurine, Robert Laffont, 2005
  • Laisse-moi te dire, Fayard, 2006
  • Allez France !, Robert Laffont, 2006
  • Je serai la princesse du château, Pocket, 2007
  • Malek, une histoire vraie, Fayard, 2008
  • Un amour de déraison, Pocket, 2009
  • Loup, y es-tu ?, Robert Laffont, 2009
  • Sois un homme, papa, Fayard, 2010
  • N’ayez pas peur, nous sommes là, Flammarion, 2011
  • Une vie en plus, Fayard, 2012
  • Chuuut !, Laffont, 2013
  • Belle Arrière-grand-mère, Fayard, 2014
  • Au plaisir d’aimer, Flammarion, 2015

Filmographie complète

Cinéma

  • 1979 : L’Esprit de famille, réal. Jean-Pierre Blanc (adaptation de son roman)
  • 1979 : Les Givrés, réal. Alain Jaspard (scénariste)

Télévision

  • 1982 : L’Esprit de famille (série télévisée)
  • 1998 : Belle grand-mère, téléfilm de Marion Sarraut (auteur)
  • 2000 : Marie-Tempête, téléfilm de Denis Malleval (auteur)
  • 2002 : Belle grand-mère 2 – La trattoria, téléfilm (romans Belle Grand-mère et Chez Babouchka)
  • 2003 : La Maison des enfants minisérie d’Aline Issermann (auteur)
  • 2005 : Une famille pas comme les autres, téléfilm de Édouard Molinaro (roman Recherche grand-mère désespérément)

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