Van Cauwelaert Didier ♦ On dirait nous

Soline ravissante violoncelliste, dont le violoncelle va lui être repris faute de financement et Illan orphelin trop tôt, ne se sentant  indispensable à personne, qui essaie de vendre des plantes-alarmes, tout en se livrant à des petites « magouilles » immobilières,

un brillant glandeur donc, la trentaine tous les deux, vivent d’amour et d’eau fraîche, ou presque. Amoureux fous, ils compensent ce qui ne va pas dans leur vie, à savoir leurs finances, par une activité sexuelle débordante et quelques expédients pas complètement honnêtes.

Dans le parc de la Butte Montmartre où ils aiment se promener, Soline et Illan, aperçoivent sur le banc où ils ont l’habitude de s’assoir, un couple de petits vieux de trois fois leur âge qui se tiennent tendrement la main. Georges, fringant professeur émérite de linguistique à la retraite, mince et le bronzage à peine ridé, et Yoa, son épouse tlingit (une tribu indienne de l’Alaska du Sud-Est, méconnue et quasi disparue), clouée dans un fauteuil d’invalide par la maladie de Charcot, semblent tout droit sortis d’une publicité pour croisière. « On dirait nous, à leur âge » s’exclame Soline.

Cette phrase va changer leur destin. Ils s’aperçoivent qu’ils ont des points communs dont la passion pour la musique. Une belle et vraie amitié nait entre eux. Georges et Yoa s’immiscent dans la vie du couple et Yoa va leur parler des us et coutumes de sa tribu et notamment de leur croyance en matière de réincarnation.

Quelques jours à peine après leur rencontre, Georges et Yoa font une proposition pour le moins surprenante et déconcertante aux jeunes. La vieille femme est mourante et le couple leur demande alors un incroyable « service » : Ils rachètent son violoncelle à Soline, mais en échange, elle devra héberger l’âme de Yoa à travers son futur bébé. Georges veut qu’elle meure comme dans son peuple. Chez eux, non seulement on se prépare à se réincarner mais en plus on choisit sa famille. Soline et Ilan acceptent l’échange juste avant que Yoa ne décède.

Voilà les deux amants partis dans une aventure bien étrange. Georges devient alors très présent dans leur couple, parfois même envahissant.

Ce récit nous parle de plusieurs thèmes forts : la vieillesse, l’amitié, les croyances, la musique, la maladie, les relations intergénérationnelles…

Un merveilleux roman d’amour et de fantaisie, où il est aussi question du désir d’éternité. Un livre plein d’humour et de tendresse, où l’on rit à chaque page sans cesser d’être ému.

L’auteur :

Didier van Cauwelaert est un écrivain français, né le 29 juillet 1960 à Nice d’une famille d’origine belge.

Il commence à écrire à sept ans. A huit ans, pour devenir indépendant et nourrir sa famille, Face aux refus des éditeurs (une demi-douzaine par mois) et aux menaces de ses parents, il est sur le point d’abandonner la littérature à dix ans et demi, lorsqu’il croise Greta Garbo dans un restaurant.

Du hasard de cette rencontre naît l’idée d’un entretien imaginaire. De larges extraits paraîtront dans le courrier des lecteurs de « Télé-7-jours ». Cette première publication inespérée sauve ses ambitions d’écrivain. Il reprend donc son stylo, ses enveloppes et le fichier des éditeurs parisiens.il décide de publier des romans. Il envoie ses ouvrages à des maisons d’éditions et essuie de nombreux refus.

Il entame des études de lettres classiques, qu’il abandonne rapidement, et cumule les petits boulots.

Après quelques années consacrées au théâtre (il joue Sartre, met en scène Beckett, Anouilh, Ionesco) et une brève carrière de critique littéraire pour enfants à FR3 Côte-d’Azur, il finit par trouver un éditeur qui s’intéresse à lui, en 1981, après treize ans de traversée du désert. On comprend donc son agacement lorsqu’on lui attribue une réussite rapide.

En 1982, alors qu’il a vingt-deux ans, son premier roman « Vingt ans et des poussières » qui lui vaut le Prix Del Duca, est publié aux Éditions du Seuil. Ses trois romans suivants « Poisson d’amour » (prix Roger Nimier 1984), « Les Vacances du fantôme » (prix Gutenberg 1987), sont publiés chez cet éditeur et « Un objet en souffrance » (1991) qui marque son arrivée chez Albin Michel.

Parallèlement à son œuvre romanesque, Didier Van Cauwelaert s’essaie au théâtre et obtient, en 1983, le prix du Théâtre de l’Académie Française pour « L’Astronome », pièce mise en scène par Jacques Rosny. Il publie ensuite « Le Nègre » chez Actes Sud en 1986, avant de se tourner vers le septième art pour écrire les scénarios de « Père Noël et fils » (1983), « L’Invité Surprise » (1989) et « Feu sur le candidat » (1990).

Après cela, Didier Van Cauwelaert revient en 1988 avec L’Orange amère, suivi d’ »Un objet en souffrance » en 1991, Cheyenne en 1993 et Un Aller simple en 1994. Ce dernier est un roman qui allie humour, dérision et réalisme pour parler de l’expulsion des immigrants clandestins et décrire le quotidien des cités marseillaises. « Un Aller simple » lui vaut le prix Goncourt et finit par confirmer l’immense talent de son auteur qui, deux ans plus tard, décroche le Grand Prix des lecteurs du Livre de Poche pour « La Vie interdite ».

Depuis lors, avec des romans tels que « La Vie interdite », « La Demi-pensionnaire » et « L’Éducation d’une fée », « L’Apparition », « Rencontre sous X » son succès ne se dément plus. Auteur prolifique, il a écrit plus d’une vingtaine de romans ainsi que plusieurs pièces de théâtre et spectacles musicaux.

L’auteur se qualifie de « romancier de la reconstruction ». Ses ouvrages pour la plupart abordent la construction de gens en difficulté, en souffrance. Il prétend aussi être le produit de ses livres et non l’inverse. Il cite pour maîtres d’écriture des figures de l’écriture, notamment Marcel Aymé et Romain Gary.

Didier van Cauwelaert a également travaillé pour le cinéma en tant que scénariste pour deux films.

En 1997, il récidive avec le succès en adaptant au théâtre « Le Passe-muraille » de Marcel Aymé, grâce auquel il reçoit le Molière du Meilleur Spectacle Musical. Il signe par la suite « Corps étranger » (1998), « La Demi-pensionnaire » (1999) et « L’Éducation d’une fée » en 2000. Il y décrit, avec simplicité et authenticité, les liens qui se tissent entre les personnages, tout en abordant comme à son habitude des sujets graves, mais qui n’assombrissent en rien l’atmosphère vivante et chaleureuse de son ouvrage. Passionné par le paranormal, Didier Van Cauwelaert sort, en 2001, « L’Apparition », salué par le Prix Science Frontières de la vulgarisation Scientifique. Dans ce livre, il revient, après des recherches bien documentées, sur l’histoire de la canonisation de Juan Diego, en y incorporant son indispensable touche d’humour et de légèreté. Une année plus tard, il change de registre pour offrir « Rencontre sous X », suivi de « Hors de moi, Attirances », ou encore « Le Père Adopté » en 2007, qui obtient le prix Marcel Pagnol et le prix Nice Baie des Anges. Didier Van Cauwelaert signe ainsi son premier roman autobiographique et livre à ses lecteurs de grands moments d’émotion en décrivant la complicité et l’amour qu’il partageait avec son père, aujourd’hui disparu.

En mars 2009, il est candidat à l’Académie française au fauteuil de Maurice Rheims. Les « Immortels » lui préfèrent François Weyergans. Il est de nouveau candidat à l’élection du 14 novembre 2013, déclarée blanche (aucun candidat élu faute de majorité). Il dit être candidat, à la fois par provocation et pour transmettre sa passion de la langue de manière ludique.

Auteur de pièces de théâtre, à l’âge de 17 ans il a mis en scène à Nice Huis clos de Jean-Paul Sartre, obtenant en dernière minute de l’auteur lui-même le droit de monter la pièce. Après coup, Sartre ayant eu l’écho d’amis spectateurs qu’on avait ri durant la représentation lui écrivit pour le féliciter d’avoir ainsi rejoint son inspiration originale. « Je croyais avoir écrit une pièce drôle, on m’a persuadé du contraire».

Au théâtre, il a reçu le Molière 97 du meilleur spectacle musical pour son adaptation du « Passe muraille », avec Michel Legrand. Ses pièces lui ont valu le Grand Prix du théâtre de l’Académie Française.

Didier van Cauwelaert a régulièrement pris position pour la communication avec les personnes décédées et d’une vie après la mort. Il a ainsi préfacé des témoignages de contact avec l’au-delà tels que : La vie de l’autre côté de Michèle Decker (2004), et coécrit Karine après la vie avec Maryvonne et Yvon Dray (2002) et repris ce thème en particulier dans son roman La Maison des lumières.

En 2009, dans « La Maison des lumières », où il propulse Jérémie Rex, boulanger de métier, dans un tableau de Magritte, lui offrant ainsi l’occasion de découvrir l’amour, il pose ce principe : « Le but de toute vie est de faire circuler l’information : par l’amour l’intelligence le conflit ».

La même année, il publie des livres de littérature jeunesse avec les Tome I et II de « Thomas Drimm ». En 2010, c’est en tant que dramaturge qu’il revient avec la pièce historique, « Le Rattachement », jouée à Nice la même année avec Alexandra Lamy et Mélanie Doutey dans les rôles principaux.

En 2011, il soutient officiellement le chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte. La même année, il voit son roman « Hors de moi » adapté au cinéma avec la sortie du long-métrage « Sans identité», film dont il participe à l’élaboration en devenant scénariste.

Il n’en poursuit pas moins l’enrichissement de sa prolifique bibliographie avec plusieurs romans publiés chaque année, notamment « Le Journal intime d’un arbre » ou encore « La Femme de nos vies » qui reçoit en 2013 le prix Messardière. Didier Van Cauwelaert participe aussi avec Daniel Picouly,  Tatiana de Rosnay et bien d’autres à l’écriture de l’atypique ouvrage de « 52 cadavres exquis ».

Prix Roger-Nimier 1984, Prix Gutenberg 1987, Prix Goncourt 1994, Didier van Cauwelaert protège sa vie privée dans sa retraite des Yvelines. Sa maison à toit de chaume, couvert d’iris au printemps, a l’âge du vénérable poirier qui orne le jardin impeccablement tondu, entouré d’une clôture de protection contre les sangliers: 400 ans.

Il aime tailler les haies, casser du bois («mais pas tronçonner»). Il a lui-même retapé l’écurie («à l’exception de la plomberie») pour installer son atelier d’écriture sous les combles, recréant le grenier de son enfance. Pièce maîtresse des lieux: un bureau fin XVIIIe recouvert de cuir vert amande, ayant appartenu à Marcel Aymé, acquis lors d’une vente aux enchères. Il a longtemps habité un studio montmartrois, non loin de chez son maître en écriture, puis a choisi sa maison des Yvelines sans s’être douté que… Marcel Aymé avait habité à cinq minutes d’ici!

Un placard recèle ses premiers romans, écrits dès l’âge de huit ans: des classeurs couverts d’une encre turquoise, dont les premières lignes étonneraient ses détracteurs par leur humour, leur aplomb et leur maîtrise du style. L’ancien enfant précoce écrit désormais avec des feutres de couleur – une par couche de corrections et d’ajouts – avant de recopier au propre sur son ordinateur.

Il a aussi un appartement parisien et un chalet en Savoie.

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