Van Cauwelaert Didier ♦ La femme de nos vies

la-femme-de-nos-vieUn homme David Rosfeld, devenu un scientifique de grande renommée, et qui a été l’assistant d’Albert Einstein, retourne en Allemagne pour revoir une dernière fois – avant qu’elle ne meure – une criminelle nazie Ilsa Shaffner,

  ancien officier de la Wehrmacht et fondatrice pendant la guerre d’une école pour les enfants surdoués, qui lui a sauvé la vie alors qu’il était interné dans une institution pour jeunes malades mentaux. Il va tenter de réhabiliter sa mémoire, mise à mal par les procès qui ont eu lieu après la guerre.

Sous forme de confession, le récit s’articule autour de deux périodes importantes: pendant la guerre en Allemagne et après la guerre aux Etats-Unis dans les milieux scientifiques.

Un récit étonnant, basé sur des faits historiques et qui nous plonge dans le monde scientifique des années trente à cinquante.

Il ne l’a jamais revue depuis ce jour de 1942, où elle lui a fait quitter clandestinement l’Allemagne Nazie. Il l’a cherchée toute sa vie est c’est une alerte sur son ordinateur qui lui apprend, via le journal télévisé, qu’une vieille dame de ce nom a brusquement perdu la tête et jeté son téléviseur par la fenêtre blessant une voisine et que depuis elle est dans le coma. Ilsa est donc toujours en vie.

Il prend l’avion et on le retrouve au chevet de la vieille dame, qu’une jeune femme vient de traiter de « salope » en lui recouvrant le visage du drap et réclame qu’on ne pratique pas d’acharnement thérapeutique. Quand, cette jeune femme se retourne, il se retrouve face au sosie d’Ilsa en 1942. La jeune femme du nom de Marianne le Brêt est en fait sa petite fille. Elle déteste sa grand-mère. La mère de Marianne est décédée d’un cancer, elle était rongée par la haine de cette mère nazie criminelle et par la colère aussi et qui a rejeté sa propre fille Marianne car elle ressemblait trop à Ilsa. Il est clair qu’ils ne partagent pas la même opinion à propos de cette femme.

David sait désormais qu’il doit lui apprendre qui était Ilsa Shaffner. Pour Marianne, c’est une criminelle de guerre nazie qui a exécuté froidement tous les enfants dont elle avait la charge en 1942 dans une école d’enfants surdoués juifs qu’elle dirigeait avec son compagnon, Gert, vétérinaire qui de son côté mettait au point un système inédit de dressage des chiens.

Absente du procès de Nuremberg, elle a été chargé à fond par Göering et le colonel Grübblich qui était son supérieur à l’époque, tous deux pensant qu’en la calomniant ils sauveraient leur tête.

C’est cette version que Marianne, avocate à Morlaix qui se bat contre les algues toxiques, a cru toute sa vie.
David, dont le vrai nom est Jürgen Bolt, n’est pas juif, il est seulement un peu attardé et s’occupe des veaux dans la ferme paternelle où tout le monde le maltraite et son père finit par le céder comme un animal aux Nazis qui l’enferment dans un hôpital psychiatrique avec d’autres enfants attardés ou bizarres qui coûtent trop cher à leur patrie et doivent être exécutés via la nouvelle salle de douche qui est en fait la première chambre à gaz. Les autorités nazies mettaient en œuvre en 1941 le programme T4 destiné à « supprimer » les enfants présentant des déficits mentaux ou des maladies mentales: épileptiques, autistes…

Dans l’hôpital d’Hadamar, Jürgen n’a qu’un ami David enfant surdoué qui a obtenu 180 aux tests de QI réalisés par Ilsa. Il est le fils d’une grande physicienne qui vient d’être exécutée et Ilsa Schaffner a décidé de le prendre dans son école de surdoués en raison des grandes capacités intellectuelles qu’elle a pu déceler chez lui.

Le vrai David demande à Jürgen de prendre sa place et de « coopérer » en apparence seulement, avec les nazis, aux fins de leur donner de fausses informations sur la fission de l’atome. Il lui fait apprendre par cœur tout ce qu’il doit savoir pour tromper Ilsa, via un livre, « le secret des atomes » et un enseignement religieux minimum car sa mère n’était pas pratiquante. C’est ainsi que Jürgen, par simple échange de numéros écrits sur le poignet, va échapper à la mort.

Ce changement d’identité et ce choix qui a été fait sur sa personne vont révéler le jeune Jürgen à lui-même.
Il va réaliser la mission dont l’a chargé le vrai David.

Il voit alors tous les enfants partir à la salle de douche, une serviette sur un bras, une savonnette dans la main et il assiste au premier nettoyage ethnique.

Ilsa l’emmène vers l’école et voit très bien que ce n’est pas l’enfant qu’elle a testé quelques jours auparavant. Il lui dit la vérité et lui démontre qu’il est à la hauteur grâce à ce que David lui a appris. En une seconde, il échappe ainsi à la balle qu’elle allait tirer sur lui.

Ilsa va lui donner des cours particuliers et lui inculquer tout ce qui lui manque pour tromper le colonel. Il aura sa cabane qui sera un vrai laboratoire où sa mission est de trouver comment fabriquer la bombe atomique car Einstein est aux Etats-Unis. Ilsa a sauvé la vie de David une deuxième fois en l’envoyant aux USA auprès d’Einstein qui a été son maître afin qu’il découvre le Boson et leur rencontre est truculente comme la suite du livre d’ailleurs…

Il partage son histoire avec Marianne afin de lui faire comprendre qu’Ilsa était quelqu’un de bien et qu’il lui doit la vie car il est devenu David Rosfeld, une scientifique renommé.

Certes Ilsa a été Nazie au début, avant la folie Hitlérienne, du temps où le national-socialisme était une idée politique qui marchait avant de devenir une machine à tuer. Après, elle a compris et avec son compagnon Gert, ils ont décidé d’assassiner Hitler.

Marianne a consenti à l’écouter et il va lui raconter toute l’histoire d’Ilsa, qui pour David s’arrêtait à 1945 dans ses recherches car, Ilsa avait été déportée à Matthaüsen à la suite de la tentative d’assassinat d’Hitler ratée par Gert qui sera fusillé. A Matthaüsen où elle sera violée, elle confiera sa fille en vue d’adoption pour la protéger alors qu’elle fera partie des scientifiques que Staline et les USA vont se « partager ». Ensuite elle aura en quelque sorte un statut de témoin protégé.

Un Didier van Cauwelaert au meilleur de sa forme qui sait jouer de l’histoire, des grandes découvertes scientifiques sous le nazisme, de l’épopée des anti-nazis allemands, de la solution finale pour les handicapés décrétée par le IIIe Reich en 1941, et qui renoue avec ses grands thèmes romanesques, la substitution d’identité, le grand amour né dans l’adolescence, le dépassement de soi et le combat écologique.

David van Cauwelaert, dont c’est le trente et unième roman ici, montre encore ses grands talents de conteur. Il s’est inspiré en partie des travaux d’une grande physicienne allemande, qu’on a nommé parfois la « Marie Curie » allemande : Ida Tacke Noddack, (1896-1978), qui a découvert le rhénium en 1925, et qui avait dès 1934 émis l’hypothèse de la fission nucléaire.

L’auteur :

didier-van-cauwelaertDidier van Cauwelaert est un écrivain français, né le 29 juillet 1960 à Nice d’une famille d’origine belge.

Il commence à écrire à sept ans. A huit ans, pour devenir indépendant et nourrir sa famille, Face aux refus des éditeurs (une demi-douzaine par mois) et aux menaces de ses parents, il est sur le point d’abandonner la littérature à dix ans et demi, lorsqu’il croise Greta Garbo dans un restaurant.

Du hasard de cette rencontre naît l’idée d’un entretien imaginaire. De larges extraits paraîtront dans le courrier des lecteurs de « Télé-7-jours ». Cette première publication inespérée sauve ses ambitions d’écrivain. Il reprend donc son stylo, ses enveloppes et le fichier des éditeurs parisiens.il décide de publier des romans. Il envoie ses ouvrages à des maisons d’éditions et essuie de nombreux refus.

Il entame des études de lettres classiques, qu’il abandonne rapidement, et cumule les petits boulots.

Après quelques années consacrées au théâtre (il joue Sartre, met en scène Beckett, Anouilh, Ionesco) et une brève carrière de critique littéraire pour enfants à FR3 Côte-d’Azur, il finit par trouver un éditeur qui s’intéresse à lui, en 1981, après treize ans de traversée du désert. On comprend donc son agacement lorsqu’on lui attribue une réussite rapide.

En 1982, alors qu’il a vingt-deux ans, son premier roman « Vingt ans et des poussières » qui lui vaut le Prix Del Duca, est publié aux Éditions du Seuil. Ses trois romans suivants « Poisson d’amour » (prix Roger Nimier 1984), « Les Vacances du fantôme » (prix Gutenberg 1987), sont publiés chez cet éditeur et « Un objet en souffrance » (1991) qui marque son arrivée chez Albin Michel.

Parallèlement à son œuvre romanesque, Didier Van Cauwelaert s’essaie au théâtre et obtient, en 1983, le prix du Théâtre de l’Académie Française pour « L’Astronome », pièce mise en scène par Jacques Rosny. Il publie ensuite Le Nègre chez Actes Sud en 1986, avant de se tourner vers le septième art pour écrire les scénarios de « Père Noël et fils » (1983), « L’Invité Surprise » (1989) et « Feu sur le candidat » (1990).

Après cela, Didier Van Cauwelaert revient en 1988 avec L’Orange amère, suivi d’Un objet en souffrance en 1991, Cheyenne en 1993 et Un Aller simple en 1994. Ce dernier est un roman qui allie humour, dérision et réalisme pour parler de l’expulsion des immigrants clandestins et décrire le quotidien des cités marseillaises. Un Aller simple lui vaut le prix Goncourt et finit par confirmer l’immense talent de son auteur qui, deux ans plus tard, décroche le Grand Prix des lecteurs du Livre de Poche pour La Vie interdite.

Depuis lors, avec des romans tels que « La Vie interdite », « La Demi-pensionnaire » et « L’Éducation d’une fée », « L’Apparition », « Rencontre sous X » son succès ne se dément plus. Auteur prolifique, il a écrit plus d’une vingtaine de romans ainsi que plusieurs pièces de théâtre et spectacles musicaux.

L’auteur se qualifie de « romancier de la reconstruction ». Ses ouvrages pour la plupart abordent la construction de gens en difficulté, en souffrance. Il prétend aussi être le produit de ses livres et non l’inverse. Il cite pour maîtres d’écriture des figures de l’écriture, notamment Marcel Aymé et Romain Gary.

Didier van Cauwelaert a également travaillé pour le cinéma en tant que scénariste pour deux films.

En 1997, il récidive avec le succès en adaptant au théâtre « Le Passe-muraille » de Marcel Aymé, grâce auquel il reçoit le Molière du Meilleur Spectacle Musical. Il signe par la suite « Corps étranger » (1998), « La Demi-pensionnaire » (1999) et « L’Éducation d’une fée » en 2000. Il y décrit, avec simplicité et authenticité, les liens qui se tissent entre les personnages, tout en abordant comme à son habitude des sujets graves, mais qui n’assombrissent en rien l’atmosphère vivante et chaleureuse de son ouvrage. Passionné par le paranormal, Didier Van Cauwelaert sort, en 2001, « L’Apparition », salué par le Prix Science Frontières de la vulgarisation Scientifique. Dans ce livre, il revient, après des recherches bien documentées, sur l’histoire de la canonisation de Juan Diego, en y incorporant son indispensable touche d’humour et de légèreté. Une année plus tard, il change de registre pour offrir « Rencontre sous X », suivi de « Hors de moi, Attirances », ou encore « Le Père Adopté » en 2007, qui obtient le prix Marcel Pagnol et le prix Nice Baie des Anges. Didier Van Cauwelaert signe ainsi son premier roman autobiographique et livre à ses lecteurs de grands moments d’émotion en décrivant la complicité et l’amour qu’il partageait avec son père, aujourd’hui disparu.

En mars 2009, il est candidat à l’Académie française au fauteuil de Maurice Rheims. Les « Immortels » lui préfèrent François Weyergans. Il est de nouveau candidat à l’élection du 14 novembre 2013, déclarée blanche (aucun candidat élu faute de majorité). Il dit être candidat, à la fois par provocation et pour transmettre sa passion de la langue de manière ludique.

Auteur de pièces de théâtre, à l’âge de 17 ans il a mis en scène à Nice Huis clos de Jean-Paul Sartre, obtenant en dernière minute de l’auteur lui-même le droit de monter la pièce. Après coup, Sartre ayant eu l’écho d’amis spectateurs qu’on avait ri durant la représentation lui écrivit pour le féliciter d’avoir ainsi rejoint son inspiration originale. « Je croyais avoir écrit une pièce drôle, on m’a persuadé du contraire».

Au théâtre, il a reçu le Molière 97 du meilleur spectacle musical pour son adaptation du « Passe muraille », avec Michel Legrand. Ses pièces lui ont valu le Grand Prix du théâtre de l’Académie Française.

Didier van Cauwelaert a régulièrement pris position pour la communication avec les personnes décédées et d’une vie après la mort. Il a ainsi préfacé des témoignages de contact avec l’au-delà tels que : La vie de l’autre côté de Michèle Decker (2004), et coécrit Karine après la vie avec Maryvonne et Yvon Dray (2002) et repris ce thème en particulier dans son roman La Maison des lumières.

En 2009, dans La Maison des lumières, où il propulse Jérémie Rex, boulanger de métier, dans un tableau de Magritte, lui offrant ainsi l’occasion de découvrir l’amour, il pose ce principe : « Le but de toute vie est de faire circuler l’information : par l’amour l’intelligence le conflit ».

La même année, il publie des livres de littérature jeunesse avec les Tome I et II de « Thomas Drimm ». En 2010, c’est en tant que dramaturge qu’il revient avec la pièce historique, « Le Rattachement », jouée à Nice la même année avec Alexandra Lamy et Mélanie Doutey dans les rôles principaux.

En 2011, il soutient officiellement le chef Raoni dans son combat contre le barrage de Belo Monte. La même année, il voit son roman « Hors de moi » adapté au cinéma avec la sortie du long-métrage « Sans identité », film dont il participe à l’élaboration en devenant scénariste.

Il n’en poursuit pas moins l’enrichissement de sa prolifique bibliographie avec plusieurs romans publiés chaque année, notamment « Le Journal intime d’un arbre » ou encore « La Femme de nos vies » qui reçoit en 2013 le prix Messardière. Didier Van Cauwelaert participe aussi avec Daniel Picouly,  Tatiana de Rosnay et bien d’autres à l’écriture de l’atypique ouvrage de « 52 cadavres exquis ».

Prix Roger-Nimier 1984, Prix Gutenberg 1987, Prix Goncourt 1994, Didier van Cauwelaert protège sa vie privée dans sa retraite des Yvelines. Sa maison à toit de chaume, couvert d’iris au printemps, a l’âge du vénérable poirier qui orne le jardin impeccablement tondu, entouré d’une clôture de protection contre les sangliers: 400 ans.

Il aime tailler les haies, casser du bois («mais pas tronçonner»). Il a lui-même retapé l’écurie («à l’exception de la plomberie») pour installer son atelier d’écriture sous les combles, recréant le grenier de son enfance. Pièce maîtresse des lieux: un bureau fin XVIIIe recouvert de cuir vert amande, ayant appartenu à Marcel Aymé, acquis lors d’une vente aux enchères. Il a longtemps habité un studio montmartrois, non loin de chez son maître en écriture, puis a choisi sa maison des Yvelines sans s’être douté que… Marcel Aymé avait habité à cinq minutes d’ici!

Un placard recèle ses premiers romans, écrits dès l’âge de huit ans: des classeurs couverts d’une encre turquoise, dont les premières lignes étonneraient ses détracteurs par leur humour, leur aplomb et leur maîtrise du style. L’ancien enfant précoce écrit désormais avec des feutres de couleur – une par couche de corrections et d’ajouts – avant de recopier au propre sur son ordinateur.

Il a aussi un appartement parisien et un chalet en Savoie.

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