Constantine Barbara ♦ Et puis, Paulette…

et puis, Paulette Ferdinand vit seul dans une grande ferme depuis que son fils, sa belle-fille et ses petits enfants ont déménagé. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Il ne sait pas trop pourquoi ils sont partis. Il y avait pourtant de la place pour tout le monde chez lui. Il se dit que sa belle-fille ne supportait sans doute plus sa personnalité bourrue et son vocabulaire fleuri. Quant à son fils, il n’a jamais vraiment dialogué avec lui alors ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer ! Le plus ennuyeux dans cette histoire, c’est qu’il voit beaucoup moins ses petits-fils, les deux Lulus.

Un jour, ces deux garnements profitent du fait d’être seuls chez eux pour aller rendre visite à leur grand-père. Quand un orage éclate et qu’ils découvrent que la maison de la voisine prend l’eau tellement le toit est en mauvais état, ils demandent à Ferdinand pourquoi celui-ci n’accueille pas la vieille dame chez lui. A l’évidence, elle n’a nulle part où aller. Tout est simple dans l’esprit des enfants, c’est bien connu. L’idée le fait sourire. Mais ce n’est pas si simple, certaines choses se font, d’autres pas…

Et cette Marceline, Ferdinand la connaît à peine ! Tout ce qu’il sait d’elle, c’est qu’elle vend les légumes de son jardin sur le marché et qu’elle se balade avec un âne et une carriole car elle n’a pas de voiture. C’est peut pour héberger quelqu’un !

Après une nuit sans sommeil pendant laquelle toute cette histoire trotte dans sa tête, Ferdinand décide finalement que ses petits-enfants ont raison. Il ne sait pas trop comment il va amener les choses à Marceline – les mots, ce n’est pas trop son truc…- mais elle ne peut plus continuer à vivre dans ces conditions.

Contre toute attente, la voisine accepte la proposition du vieil homme.

De fil en aiguille, d’autres personnes vont les rejoindre à la ferme. La ferme va se remplir, s’agiter, recommencer à fonctionner.

Débarque ensuite Guy, son meilleur ami, devenu veuf. Les soeurs Lumière, terrorisées par un neveu qui tente de s’approprier leur maison, rejoignent rapidement le clan. Les voilà cinq à la ferme. De 67 à 95 ans.

La cohabitation s’organise. Débordés par les soucis de santé de la plus âgée, ils recrutent une élève infirmière, Muriel, à qui ils offrent le gîte et le couvert contre quelques heures de soins par semaine. Et à la sortie du lycée agricole, Kim est engagé en échange de menus travaux au jardin potager. La vie en commun est semée d’inventions saugrenues et de mille et une surprises

C’est le début d’une colocation où retraités, personnes âgées mais aussi jeunes étudiants vont vivre ensemble pour leur plus grand bonheur, avec chien, chats, âne. Et puis, Paulette….

 

L’auteur :

Née américaine à Nice, à deux pas des studios de la Victorine, où tournait son père, Eddie Constantine, à quelques kilomètres de la Principauté où sa mère, Hélène était danseuse étoile dans les Ballets de Monte-Carlo, Barbara a été danseuse comme maman, a appris la musique comme papa dont le premier métier était chanteur d’opéra (plus tard il connaîtra le succès avec « Cigarettes whisky et p’tites pépées » ou « Et bailler et dormir »).

 Cette star des années 50 avait créé le personnage de Lemmy Caution, un privé à l’accent délicieusement américain. Ses principaux films en France : « La môme vert de gris », « Les femmes préfèrent le mambo », mais aussi « Alphaville de Godard ».

 Ses débuts au cinéma, Barbara les fera dans « Une baleine qui avait mal aux dents » de Jacques Bral où la vedette s’appelait Eddie Constantine. La jeune femme affirme que ce n’est pas parce qu’on parlait anglais à la maison qu’elle a ce soupçon d’accent américain. Mais ne nie pas que si elle est devenue scripte, tournant notamment avec Robert Altman (Vincent & Théo), Cédric Klapisch (Les poupées russes), Tim Roth, Andrzej Zulawski (La fidélité) Juliet Berto (Neige), Thomas Gilou, Jean-Pierre Mocky, Olivier Assayas, Raoul Ruiz,… c’est un peu une histoire de famille.

 Ses meilleurs souvenirs : un tournage en Ethiopie avec Tim Roth, La Peste de Luis Puenzo où « chaque fois que j’allais chercher William Hurt dans sa loge je le trouvais en larmes et j’essayais de le consoler de sa dépression », le tournage du premier film comme réalisateur de Michel Piccoli, « un homme vraiment formidable » et le dernier de Mastroiani quelques mois avant sa mort.

 Le statut d’intermittent du spectacle n’a pas que des inconvénients. C’est dans une période de chômage que Barbara Constantine a écrit « Allumer le chat ». Un jour elle a acheté un ordinateur et est partie à la campagne. « Allumer le chat » est aussi un roman bourré d’émotions qui raconte des vies esquintées par le sort.

 Barbara Constantine est scripte, céramiste et romancière.

Elle vit en région parisienne, mais descend le plus souvent possible dans le Berry (près Le Blanc, dans l’Indre) par amour de la campagne, pour y planter des arbres (des cerisiers, des pruniers…), retaper des granges en ruine, écouter les rossignols délirer les nuits d’été, et surtout, passer un maximum de temps à regarder vivre ses chats, Alcide Pétochard (gentil chamallow) et Pétunia Trouduc (comme son nom l’indique). Elle se partage entre le Berry, Biarritz (pour raisons familiales) et Paris (côté Ivry-sur-Seine) parce que la ville.

Passionnée par la nature et par les chats, Barbara Constantine a plusieurs cordes à son arc. Céramiste et scripte, elle collabore notamment au film « Les Poupées russes » de Cédric Klapisch. Barbara Constantine publie un premier roman loufoque en 2007, « Allumer le chat », avant de réitérer en 2008 avec « A Mélie, sans mélo ».

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