Mougin Véronique ♦ Pour vous servir

Pour vous servirC’est « Le journal d’une femme de chambre » transposé au XXIème siècle.

Françoise et Michel Joyeux étaient d’heureux restaurateurs, lui à la cuisine, elle à la salle. Ils appréciaient leur métier, s’aimaient d’amour tendre, avait un fils qu’ils chérissaient…

Françoise suit son mari, cuisinier de profession, dans ses différentes entreprises de restauration, d’abord un bistrot qui connaît un certain succès puis un projet plus ambitieux dans le Lubéron. Lourd échec qui les laisse totalement lessivés et endettés jusqu’au cou.

Après la faillite, ils doivent d’urgence trouver un emploi pour redresser leur compte bancaire. Une petite annonce les conduit dans le château d’un riche couple aristocratique britannique, Monsieur et Madame Douglas Mc Linley qui recherchait une gouvernante et un cuisinier-chauffeur-gardien dans leur château français se trouvant dans le Lubéron. Il était précisé qu’un logement de fonction était à disposition des domestiques… Françoise et Michel obtinrent leur place aisément. Michel sera en charge de la cuisine et Françoise s’occupera de l’entretien de la maison.

C’est donc auprès de ce couple d’Écossais amateurs d’art, snobs en diable, dans une immense demeure du Luberon, que Françoise et son mari débutent « dans le milieu ». Le milieu : les très-riches. Attention, pas de simples bourgeois, mais des aristocrates renommés, des magnats de la finance, des multimillionnaires, un prince du pétrole… Le métier : gouvernante, moins par choix que par nécessité.

Mais Michel n’eut pas son mot à dire dans sa cuisine, et était davantage chauffeur-gardien que cuisinier. Se sentant abaissé, il sombre dans l’alcool. Quant à Françoise, elle accomplit sa besogne, bon an mal an. Vite agacé par les lubies de ses patrons, Michel quittera le navire, préférant divorcer.

Au gré des années, Françoise continuera pendant vingt ans à servir les très riches de Neuilly à Saint-Cloud, d’un château dans le Lubéron à un palais de prince arabe, de Genève à Paris… Pratiquement chaque emploi se termine par une démission et de nouveaux CDD. Mais la crise a rendu l’offre plus rare et les employeurs de plus en plus exigeants, névrosés et décalés. C’est autant de maisons et de personnalités qu’elle rencontre. Et c’est avec autant de malice que de discernement que Françoise va nous raconter comment elle a servi tout ce que l’Hexagone compte de riches et de puissants : Châtelains anglais, directeur de chaînes d’hôtel, aristocrates raffinés, rentière hystérique, prince arabe polygame, héritière intégriste, industriel survolté, sénateur épicurien…

Les journées, les semaines, les années passent à toute allure. Son existence est un gâchis ; pas le temps de rencontrer quelqu’un pour « refaire sa vie », pas le temps de s’occuper de sa mère malade ni de voir son fils grandir… Une lueur d’espoir brille fort heureusement au bout d’une vingtaine d’années grâce à sa rencontre avec celui qui sera son dernier patron, le bien nommé Monsieur Aimé Paquette…

Bienvenue dans ce monde où les ultra riches ne sont pas toujours ceux que l’on croit, où la culture, la connaissance, la bonne éducation, mais également la confiance, la générosité, le partage, la bienveillance, l’altruisme, la reconnaissance, sont souvent des qualités répandues avec parcimonie. Bienvenue aussi dans le monde des tensions et cruautés entre le personnel qui veut garer sa place et ses petits privilèges et le nouvel arrivant, dans le monde des délations, des méchancetés, mais aussi parfois dans celui de l’amitié et du partage.

Ce faisant, elle nous livre les mésaventures réjouissantes et les  psychodrames variés qui rythment le quotidien des grandes maisons, au salon et à l’office. Un roman sur les maîtres du monde et ceux qui les servent, aussi savoureux qu’instructif.

Une lueur d’espoir brille fort heureusement au bout d’une vingtaine d’années grâce à sa rencontre avec celui qui sera son dernier patron, le bien nommé Monsieur Aimé Paquette…

Véronique Mougin nous entraîne à la suite de Françoise dans le nid d’amour d’un patron adultère qu’elle remet en ordre après les frasques de Monsieur ou chez une vieille comtesse à la mauvaise humeur chronique… Autant de situations qui nous font pénétrer par la petite porte dans un monde où l’argent ne fait pas toujours le bonheur.

Témoin privilégiée du décor intérieur, des fâcheuses manies, détentrice de certains secrets de famille, Françoise gouverne les cœurs autant qu’elle est asservie. Elle ne ménage pas sa peine, les journées sont harassantes, mais il y a la satisfaction du travail bien fait qui compense les abus des « patrons »…

Ce qui pourrait être sordide devient une comédie, grâce à l’humour, arme défensive indispensable pour survivre dans ce milieu.

L’auteur :

Véronique MouginVéronique Mougin, née le 30 novembre 1977 à Paris, est une journaliste spécialisée dans le domaine social et une écrivaine française.

Journaliste, Véronique Mougin travaille de 2005 à 2010 à l’Express puis collabore en free-lance à divers titres de presse (Marianne, Politis, La VO…) et magazines féminins dont Marie-Claire, Elle et Femme actuelle.

Parallèlement, elle se spécialise dans le domaine social et elle publie en 2005 deux ouvrages qui auront un certain écho dans la presse, basés sur ses enquêtes : « Femmes en galère, enquête sur celles qui vivent avec moins de 600 euros par mois » aux Éditions de la Martinière et « Les SDF / Idées reçues » aux Éditions du Cavalier bleu. Toujours dans le même domaine, elle publie en 2009 avec le photographe Pascal Bachelet, l’ouvrage « Papa, maman, la rue et moi. Quelle vie de famille pour les «sans-domiciles » ?, qui lui aussi, trouve un certain écho dans la presse.

En 2014, Véronique Mougin dirige la publication du « Dico des parents« , du Dr Alain Benoit et Natacha Guilbert et en 2015, elle publie son premier roman, « Pour vous servir« . Avec ce roman, elle est finaliste du prix Marie Claire du roman féminin 2015.

Enregistrer

Laisser un commentaire