Burton Jessie ♦ Miniaturiste

MiniaturisteŒuvre richement documentée et conte fantastique, « Miniaturiste » est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

L’histoire se déroule à Amsterdam, en 1686, et raconte l’histoire de deux femmes qui essaient de trouver une tranche de liberté dans une société de jugement répressif. Il a été publié par Picador au Royaume-Uni en Juillet 2014, et par Harper Collins aux Etats-Unis et le Canada – et a été disponible en 2015 dans 33 autres langues, du coréen au hongrois, portugais, polonais, catalan et japonais.

Petronella (Nella) Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt rencontré brièvement deux mois plus tôt, le jour même de son mariage. C’était pour elle le seul moyen d’échapper à une vie misérable à la campagne.

Homme d’âge mûr, beau et riche, Johannes Brandt, 39 ans, est l’un des marchands de soies les plus en vue de la ville. Il fait des affaires avec la VOC (la Compagnie néerlandaise des Indes orientales). Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs – Cornélia une servante effrontée et Otto un domestique exotique venu du Surinam avec Johannes – et de sa sœur, Marin, une femme rigide et inamicale, restée célibataire et qui accueille Nella avec une extrême froideur.

Pétronella, jeune fille sans expérience de la vie et de la condition conjugale va se sentir perdue dans cette maison où chacun semble avoir des secrets ou des vies propres très compartimentées, et où elle semble n’avoir pas sa place. Le cadeau de mariage qu’elle reçoit de son mari est des plus surprenants. Il lui offre une maison de poupées, représentant leur propre intérieur. Elle a pourtant passé l’âge : ce n’est plus une enfant, mais une femme maintenant qui droit apprendre à régenter une maison. Sa solitude est telle, l’animosité de sa belle-sœur si lancinante, l’absence de son mari si palpable, que cette maison va devenir en quelque sorte le centre de sa vie et va même susciter des jalousies et déclencher des drames.

Elle sollicite un artisan spécialisé, afin d’équiper ce jouet hors norme. Mais le mystérieux miniaturiste, invisible, lui fait aussi livrer des objets et des figurines non commandés, et leur précision semble montrer que celui qui les fabrique connait la vie exacte de la maisonnée et même les secrets de ses occupants, témoignant d’une étrange prescience, comme s’il (d’ailleurs, est-ce vraiment un homme ?) connaissait intimement les secrets des Brandt.

Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets. Les liens entre Marin, Nella et les deux serviteurs vont se resserrer. Les femmes vont devoir faire face avec courage aux événements qui vont s’abattre sur la maisonnée. Et chacun va se montrer sous un jour plus digne, plus riche que prévu.

Mais le miniaturiste finit par obséder Nella qui va peu à peu le percer à jour.

En découvrant au Rijksmuseum d’Amsterdam en 2009, la maison de Petronella Oortman qui a vécu au dix-septième siècle dans cette ville, Jessie Burton a tout de suite su qu’elle tenait là le sujet de son premier roman pour évoquer la Hollande à la fin du XVIIème siècle, au temps où les bateaux parcouraient les mers à la recherche des précieuses épices.

Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne.

A la fin du XVIIème siècle, ces maisons miniatures étaient très prisées des riches Hollandaises. Ce n’était pas un jouet de petite fille, mais un passe-temps pour dames fortunées et raffinées du XVIIème siècle…. Pétronille avait donc la chance d’en posséder une de plus de deux mètres sur deux. Cette maison est l’une des trois seules maisons du 17ème siècle parvenues intactes jusqu’à aujourd’hui.

Datant de 1686-1705, elle fut la plus fameuse, car la plus élaborée et la plus coûteuse, et donne une image exceptionnelle de l’intérieur et du mobilier d’une famille riche de la fin du 17ème siècle.

Objet luxueux, raffiné, hors de prix, qui illustre bien le paradoxe d’une société calviniste intransigeante et étalant néanmoins fièrement richesse et opulence, la maison de Petronella Oortman reproduit avec une minutie névrotique et vertigineuse, les proportions et les matériaux originaux d’un intérieur hollandais aisé au XVIIe siècle (le sien) : les paniers sont en osier, les assiettes en porcelaine – réalisées sur commande en Asie!, les bouteilles en verre, les cheminées en marbre, et les tableaux sont d’authentiques mini-peintures de maître. Le tout dans une sorte d’armoire couverte de fines arabesques d’étain et d’écaille de tortue qui a été réalisée par un ébéniste français, qui travaillait à Amsterdam depuis plusieurs années … Les autres maisons miniatures comportent des incohérences de taille des objets entre eux ou des personnages avec leur environnement. Leurs accessoires sont souvent des miniatures en argent.

Très célèbre à l’époque, on venait la visiter comme une représentation théâtrale. Tout le monde accourait pour l’admirer, même le tsar Pierre 1er est venu de Russie.

L’intérieur de la maison n’a pas bougé depuis 1710. La seule différence, c’est que la maison contenait à l’époque une vingtaine de poupées, à l’échelle. Seul un bébé a été conservé. Deux des pièces ont été légèrement modifiées au cours du 18ème siècle : il y avait un jardin derrière le hall d’entrée, et la chambre tapissée a été modifiée suite à un deuil.

Avec l’argent dépensé pour cette maison, Petronella Oortman aurait pu s’acheter une vraie maison à Amsterdam le long du canal… Selon sa fille Hendrina, Petronella Oortman aurait dépensé plus de 30 mille florins (1fl = 0,5€), somme énorme et suffisante pour acheter une maison sur le bord du canal à Amsterdam. Un inventaire réalisé par son fils Jan donne une estimation de sa valeur : environ 700 Florins. Après sa mort, la maison de poupées fut transmise à sa fille Hendrina, puis après 1743, à son frère Jan.

On peut se laisser triplement aspirer : dans la dimension, dans le temps, et dans la folie de l’existence même de cet objet, de l’énergie et de l’argent que cette femme y a investi. Certaines pièces ne sont même pas accessibles au regard : la bibliothèque et ses 84 mini-livres reliés sont à peine entrevus à travers une porte, et le cellier est carrément caché dans un tiroir. Apparemment une autre boîte supplémentaire, aujourd’hui perdue, s’accrochait derrière la porte d’entrée (au 2ème niveau) et comportait un jardin!

Elle est inhabitée – ou presque. De toutes les poupées, seul un bébé nous est encore existant. Mais elle bruit et frémit, et peut-être d’autant plus, de toute l’activité que suggèrent ses accessoires abandonnés: provisions au cellier, balais dans la soupente, presse à linge, nécessaire à couture et table de backgammon, fauteuils d’apparat, seaux, literies, et jusqu’aux pots de chambres des servantes! (Du reste, la maison a des toilettes).

miniature

Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam

Hauteur : 255 cm – Profondeur : 78cm – Largeur : 190cm

L’auteur :

Jessie BurtonJessie Burton, née en 1982 à Londres est auteur et actrice.

Elle a étudié à la Central School of Speech and Drama et l’Université d’Oxford.

A 20 ans, elle devient actrice, tout en étant assistante de direction à Londres.

En même temps, elle se met à l’écriture de son premier roman, « le miniaturiste » qui sera édité en 2014. Le roman est inspiré de la maison de poupées de Petronella Oortman qui est exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam. Ce roman lui a demandé 4 ans d’écriture.

Jessie Burton est en train d’écrire son prochain livre dont le tire pourrait être « Appartenance », qui décrira la vie de quatre héroïnes : Odelle Bastien, Olive Schloss, Teresa Robles et Marjorie. L’histoire se déroulera durant la guerre civile en Espagne et dans les années 60 à Londres. Il se concentre sur une peinture perdue depuis longtemps, la créativité, l’identité et le premier amour.

 

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