Lafon Marie-Hélène ♦ Joseph

JosephJoseph est ouvrier agricole dans une ferme du Cantal. Il a grandi dans une ferme du Cantal, entre son père, sa mère et un frère. Il connaît les fermes de son pays, et leurs histoires.

Il est doux, silencieux. Joseph a un frère, marié, plus beau et entreprenant, qui est allé faire sa vie ailleurs et qui, à la mort du père, a emmené la mère vivre dans sa maison. Il a aimé Sylvie, un été, il avait trente ans. Elle n’était pas d’ici et avait beaucoup souffert, avec et par les hommes. Elle pensait se consoler avec lui, mais Joseph a payé pour tous. Sylvie est partie au milieu de l’hiver avec un autre. Joseph s’est mis à boire, comme on tombe dans un trou.

Il a bientôt soixante ans. Plus de boisson, plus de médicaments. Il travaille dans une ferme avec un patron et une patronne – c’est comme ça qu’un ouvrier agricole nomme ceux qui l’emploient. Ils l’ont embauché malgré sa réputation, parce qu’il est « très fort avec les bêtes, on n’en trouverait plus des gens comme lui qui avaient la patience, le don et le goût ».

Joseph reste seul et finira seul. Il est un témoin, un voyeur de la vie des autres.

Joseph est le nouvel opus de Marie-Hélène Lafon. Roman émouvant, traversé en profondeur par une rivière souterraine qui a prénom de femme et de servante : Félicité. Avec talent et humour, Marie-Hélène Lafon rend ici un magnifique hommage à son cher Flaubert…

L’auteur :

Marie-Hélène LafonMarie-Hélène Lafon, née en 1962 à Aurillac (Cantal), est un professeur agrégé et écrivain français.

Marie-Hélène Lafon, professeur agrégé, enseigne le français, le latin et le grec, en banlieue parisienne, puis à Paris. Elle vit dans la capitale, célibataire et sans enfants, elle déclare n’en avoir « jamais voulu ».

« Née dans une famille de paysans », selon ses propres mots, elle est originaire du Cantal, où elle a vécu jusqu’à ses 18 ans, élève dans un pensionnat religieux de Saint-Flour. Elle part ensuite étudier à Paris, à la Sorbonne, et est agrégée de grammaire en 1987.

Son département d’origine, le Cantal, est le décor de la majorité de ses romans, et sa rivière Santoire. « Quand j’écris, je rejoins mon vrai pays, c’est très intestin, très organique, comme malaxer la viande. »

Elle a commencé à écrire très tard, en 1996. Son premier roman Le Soir du chien est récompensé par le Prix Renaudot des lycéens en 2001. Cet ouvrage est sa première publication, mais elle avait précédemment écrit des nouvelles — pour lesquelles elle ne trouvait pas d’éditeur — dont « Liturgie », « Alphonse » et « Jeanne », qui seront publiées l’année suivante dans le recueil Liturgie, récompensé par le Prix Renaissance de la Nouvelle en 2003.

Dans ses ouvrages, elle fait parfois référence « aux lectures qui m’ont nourrie, aux auteurs, aux langues surtout, Louis Calaferte, Gustave Flaubert, Jean Genet… ».

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