Shafak Elif ♦ Bonbon palace

Bonbon Palace Dans ce roman Elif Shafak donne vie au Bonbon Palace et à ses habitants. Cet immeuble à l’élégance désuète fut bâti en 1966 à Istanbul, sur le site d’un ancien cimetière musulman et arménien, par un riche Russe pour sa femme qui ne s’émouvait plus qu’à la vue de friandises…

Aujourd’hui décati, infesté par la vermine et les ordures, Bonbon Palace abrite dix appartements. Il abrite désormais des destins meurtris qui s’entrecroisent, se cherchent, s’unissent, se perdent. S’y côtoient des voisins farfelus et très différents, composant une mosaïque de la société turque actuelle, reflétant ses aspirations, ses tensions et ses contradictions.

Appartement après appartement, nous sommes invités à rencontrer les membres aussi excentriques qu’attachants de cette petite communauté d’un quartier populaire.

Il y a d’abord le narrateur, un homme à femmes avec un penchant pour Kierkegaard. Puis le gérant de l’immeuble, le très religieux gérant Hadji Hadji, conteur cruel à ses heures. Il y a aussi Djemal et Djelal, les jumeaux coiffeurs, au centre de tous les commérages; Hygiène Tijen qui n’a pas volé son surnom; Nadia, desperate housewife accro à un soap opéra; la cafardeuse Maîtresse bleue ; Meryem, mère de famille portant la culotte.

Un roman choral qui, à travers le prisme d’un immeuble des bas quartiers d’Istanbul, offre un saisissant portrait de la société turque contemporaine.

Un récit haut en couleur aux personnages aussi inattendus qu’attachants, mené tambour battant par la géniale conteuse qu’est Elif Shafak

Magnifique roman polyphonique où les voix, à la fois universelles et uniques, sont celles d’une ville mythique, nostalgique, sulfureuse, pétrie de son passé et de ses traditions. Livre plein d’humour, Bonbon Palace devrait enchanter les lecteurs français.

Géniale conteuse, Elif Shafak nous fait découvrir dans ce roman choral pimenté les petits secrets, les menus drames et les grandes espérances de chacun. Ses personnages hauts en couleur composent une véritable mosaïque de la société turque actuelle, reflétant ses aspirations, ses tensions et ses contradictions.

L’auteur :

Elif Şafak, ou Elif Shafak, est née en 1971 à Strasbourg, de parents Turcs.

Élevée par sa mère après le divorce de ses parents, Şafak a passé son adolescence à Madrid puis à Amman, en Jordanie, avant de retourner en Turquie.

 Elle est mariée au journaliste turc Eyüp Can, rédacteur en chef du quotidien Referans. Ils ont deux enfants. Après la naissance de sa fille en 2006, Şafak souffre de dépression post-partum pendant plus de 10 mois.

 Elle aborde cette période dans son premier roman autobiographique et y combine fiction et diverses formes de non-fiction. J’ai appelé ce livre « Lait noir » pour deux raisons. Avant tout, il s’agit de dépression post-natale et montre que le lait maternel n’est pas toujours aussi blanc et immaculé que la société voudrait bien le croire. Ensuite, de cette dépression est née l’inspiration. De ce lait noir, j’ai pu extraire une forme d’encre.

 Diplômée en relations internationales de la Middle East Technical University d’Ankara, elle est aussi titulaire d’un Master en Sciences sur Gender and Women’s Studies dont le mémoire portait sur la circulaire Compréhension des derviches hétérodoxes de l’Islam et d’un PhD en Sciences politiques. Elle a soutenu sa thèse en Sciences Politiques sur l’Analyse de la modernité turque à travers les discours des masculinités [titre exact: Male Gender Roles in Turkish Culture and Turkey ‘s Modernization.]

 En 1998, elle obtient pour son premier roman, « Pinhan », le Prix Mevlana récompensant les oeuvres littéraires mystiques en Turquie.

 Son second roman, Şehrin Aynaları, entremêle les mysticismes du Judaïsme et de l’Islam dans une Méditerranée historique du 17ème siècle. Mahrem confirme par la suite le succès de Şafak, lui valant ainsi le Prix des écrivains turcs en 2000.

 Elle a enseigné aux États-Unis (Arizona) la politique du Proche-Orient.

Internationalement reconnue, Elif Shafak est l’auteur de 9 livres. Elle vit aujourd’hui à Istanbul.

Femme écrivain primée et best-seller en Turquie, Şafak écrit ses romans aussi bien en turc qu’en anglais.

La critique note qu’elle mêle en permanence avec talent les traditions romanesques occidentale et orientale, donnant naissance à une œuvre à la fois « locale » et universelle. Féministe engagée, cosmopolite, humaniste et profondément imprégnée par le soufisme et la culture ottomane, Şafak défie ainsi par son écriture toute forme de bigoterie et de xénophobie.

Son roman Bonbon Palace est un bestseller en Turquie. Elle publie ensuite Med-Cezir, un ouvrage rassemblant des essais sur le genre, la sexualité, les enfermements mentaux et la littérature.

The Saint Of Incipient Insanities est le premier roman que Şafak écrit en anglais. Elle y raconte les vies d’immigrants musulmans à Boston et visite le sentiment d’exclusion que ceux-ci peuvent ressentir aux Etats-Unis. Lorsqu’elle y met la touche finale en 2002, Şafak est chargée de cours au Mount Holyoke College (dans le Massachusetts) auprès de la chaire Women’s Studies.

Son second roman en anglais, La bâtarde d’Istanbul, bestseller en Turquie en 2006, raconte l’histoire de deux familles, l’une turque, l’autre arménienne, à travers le regard des femmes. Le roman lui vaut d’être poursuivie en justice par le gouvernement turc en vertu de l’article 301 du Code pénal turc (intitulé « Humiliation de l’identité turque, de la République, des institutions ou organes d’État »). Le procès se conclut par un non-lieu.

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