Le Clézio Jean-Marie et Jémia

Le Clézio Jémia Jean-Marie Gustave Le Clézio, plus connu sous la signature J. M. G. Le Clézio, né le 13 avril 1940 à Nice, est un écrivain de langue française. Il est le fils de Raoul Le Clézio, chirurgien, et de Simone Le Clézio. Ses parents sont cousins germains (tous les deux ont le même grand-père Sir Eugène Le Clézio) et sont issus d’une famille bretonne émigrée à l’île Maurice au XVIIIe siècle où ils acquièrent la nationalité britannique à la suite de l’annexion de l’île par l’Empire. Le Clézio se considère lui-même comme de culture mauricienne et de langue française. Il a d’ailleurs la double nationalité française et mauricienne.

  Le Clézio passe les premières années de son enfance à Roquebillière, petit village situé à la rive droite de la Vésubie dans l’enfer de la deuxième guerre mondiale. Il n’est pas étonnant que ces moments troubles lui inspirent Étoile errante. Il est élevé par sa mère et sa grand-mère qui lui insufflent un goût pour la lecture et pour l’écriture.

  Il écrit ses premiers récits à l’âge de sept ans, dans la cabine du bateau qui le conduit avec sa mère au Nigeria où il va retrouver son père Raoul Le Clézio, médecin britannique en service pendant vingt-deux ans au Cameroun anglophone et au Nigeria. Cette expérience africaine lui inspire plus tard la publication d’Onitsha et de L’Africain. Entre 1952, date de la mort d’Alexis Le Clézio, son grand-père maternel, et 1958, date à laquelle il est admis à 17 ans en Lettres Supérieures et renvoyé d’Hypokhâgne un an plus tard par le professeur Jean Onimus. L’écriture et le voyage resteront dès lors indissociables sous la plume de J.-M. G. Le Clézio.

Il effectue ses études au collège littéraire universitaire de Nice, à Aix-en-Provence, puis à Londres et à Bristol.

Il connaît très vite le succès avec son premier roman publié, Le Procès-verbal (1963) récit esthétiquement proche de L’Étranger d’Albert Camus et des recherches narratives du Nouveau Roman, baigné par le climat de la Guerre d’Algérie finissante, couronné par le prix Renaudot en 1963.

Pendant ces années de tâtonnement au cours desquelles il bénéficie d’une double allégeance française et anglaise, il se rend en Angleterre en 1959 où il se fait recruter comme professeur de Lettres à Bath. Son inscription à l’Université de Bristol, pour présenter une licence d’anglais, se solde par un échec. Deux ans plus tard, il obtient un certificat de grammaire et de philologie avec mention très bien. En 1964, il soutient un mémoire en vue d’un Diplôme d’Études Supérieures sur le thème : « La Solitude dans l’œuvre d’Henri Michaux ».

En 1964, il rédige un mémoire pour l’obtention du diplôme d’études supérieures sur le thème de La Solitude dans l’œuvre d’Henri Michaux.

En 1967, il fait son service militaire en Thaïlande en tant que coopérant, et est rapidement expulsé pour avoir dénoncé la prostitution infantile. Il est envoyé au Mexique afin d’y finir son service. Il participe à l’organisation de la bibliothèque de l’Institut français d’Amérique latine (IFAL), et commence à étudier le maya et le nahuatl à l’université de Mexico qui le conduiront au Yucatán.

Pendant quatre ans, de 1970 à 1974, il partage la vie des Indiens Emberás et Waunanas, au Panama. La découverte de leur mode de vie, si différent de celui qu’il connaissait jusqu’alors constitue pour lui une expérience qu’il qualifiera plus tard de « bouleversante ».

Le rapprochement de Le Clézio avec l’Île Maurice ressemble à une quête des origines. Alexis François Le Clézio, fils de Arnaud Le Clézio et de Anne Dutoit, parti de Bretagne juste après son mariage avec Marie Julienne Monple le 18 août 1793 pour cette île, prête serment au nom de la couronne britannique en 1810, date du début de la colonisation anglaise. Sa progéniture jouera un rôle de premier plan aussi bien dans la vie politico-économique de Maurice que dans ses différentes enflures sociales. Tous les Le Clézio qui y sont demeurés jusqu’à ce jour sont mauriciens. Le Clézio consacre une littérature abondante à cet espace mémoriel : Le Chercheur d’or, Voyage à Rodrigues, La Quarantaine, Sirandanes et une partie de « Trois aventurières ».

Après un premier mariage en 1961 avec Rosalie Piquemal (avec qui il a une fille, Patricia), il se marie en 1975 avec Jémia Jean, originaire du Sahara occidental et mère de sa deuxième fille Alice. Ensemble, ils écrivent Sirandanes (recueil de devinettes proverbiales courantes à Maurice) et Gens des nuages.

Jusqu’au milieu des années 1970, son œuvre littéraire porte la marque des recherches formelles du Nouveau Roman. Par la suite, influencé par ses origines familiales, par ses incessants voyages et par son goût marqué pour les cultures amérindiennes, Le Clézio publie des romans qui font une large part à l’onirisme et au mythe (Désert et Le Chercheur d’or), ainsi que des livres à dominante plus personnelle, autobiographique ou familiale (L’Africain). Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages de fiction (romans, contes, nouvelles) et d’essais.

En 1977, Le Clézio publie une traduction des Prophéties du Chilam Balam, ouvrage mythologique maya, travail qu’il avait effectué au Yucatán. Spécialiste du Michoacán (centre du Mexique), il soutient en 1983 une thèse d’histoire sur ce sujet à l’Institut d’études mexicaines de Perpignan. Il enseigne entre autres aux universités de Bangkok, de Mexico, de Boston, d’Austin et d’Albuquerque, mais en 1978, il ne peut accéder au poste de chercheur au CNRS.

À la fin des années 1970, Le Clézio opère un changement dans son style d’écriture et publie des livres plus apaisés, à l’écriture plus sereine, où les thèmes de l’enfance, de la minorité, du voyage, passent au premier plan. Cette manière nouvelle séduit le grand public. En 1980, Le Clézio est le premier à recevoir le Grand prix de littérature Paul-Morand, décerné par l’Académie française, pour son ouvrage Désert. En 1990, Le Clézio fonde en compagnie de Jean Grosjean la collection « L’Aube des peuples », chez Gallimard, dédiée à l’édition de textes mythiques et épiques, traditionnels ou anciens. Son intérêt pour les cultures éloignées se déplace dans les années 2000 vers la Corée, dont il étudie l’histoire, la mythologie et les rites chamaniques, tout en occupant une chaire de professeur invité à l’Université d’Ewha.

Au milieu des années 1980, Le Clézio commence à aborder au sein de ses œuvres des thèmes plus personnels, en particulier à travers l’évocation de la famille. Ses intrigues et personnages s’inspirent de ses proches. Alexis, le narrateur du Chercheur d’or (1985), est ainsi inspiré à l’auteur par son grand-père Léon, auquel le roman est dédié, et qui habite également le récit Voyage à Rodrigues. Cette tendance se renforce avec Onitsha, en 1991, hommage à l’Afrique de l’enfance de Le Clézio. Puis, son grand-père est de nouveau au centre d’un ouvrage avec La Quarantaine en 1995. Le penchant autobiographique est ensuite clairement assumé dans Révolutions, en 2003. Puis c’est au tour de la figure du père d’être célébrée dans L’Africain en 2004, avant que Le Clézio ne s’inspire de sa mère pour le personnage d’Ethel Brun, dans Ritournelle de la faim.

En mars 2007, il est l’un des quarante-quatre signataires du manifeste « Pour une littérature-monde », qui invite à la reconnaissance d’une littérature de langue française qui ne reléguerait plus les auteurs dits « francophones » dans les marges ; et à retrouver le romanesque du roman en réhabilitant la fiction grâce notamment à l’apport d’une jeune génération d’écrivains sortis de « l’ère du soupçon. » Dans un entretien paru en 2001, Le Clézio déplorait déjà que « l’institution littéraire française, héritière de la pensée dite universelle des Encyclopédistes, [ait] toujours eu la fâcheuse tendance de marginaliser toute pensée de l’ailleurs en la qualifiant d' »exotique » ». Lui-même se définit d’ailleurs comme un écrivain « français, donc francophone », et envisage la littérature romanesque comme étant « un bon moyen de comprendre le monde actuel. »

En octobre 2008, alors que paraît Ritournelle de la faim, inspiré par la figure de sa mère, il se voit décerner le prix Nobel de littérature en tant qu’« écrivain de nouveaux départs, de l’aventure poétique et de l’extase sensuelle, explorateur d’une humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante ». Sa première réaction est d’affirmer que la récompense « ne changera rien » à sa manière d’écrire.

Depuis de nombreuses années, il parcourt de nombreux pays dans le monde, sur les cinq continents, mais vit principalement à Albuquerque, et en France, à Nice et à Paris. Il a publié une quarantaine de volumes : contes, romans, essais, nouvelles, deux traductions de mythologie indienne, ainsi que d’innombrables préfaces et articles et quelques contributions à des ouvrages collectifs.

Il a été promu officier de la Légion d’honneur le 1er janvier 2009.

Le prix Nobel de littérature lui est décerné en 2008,

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