Truong Jean-Michel

Jean-Michel TruongNé le 16 avril 1950 à Wasselonne, près de Strasbourg en Alsace, d’un père vietnamien et d’une mère alsacienne, Jean-Michel Truong fait des études de psychologie et de philosophie à l’Université Louis Pasteur et l’Université Marc Bloch de Strasbourg.

Ancien enseignant et chercheur à l’Université de Strasbourg, il est cogniticien, expert en intelligence artificielle.

Fondateur, avec Alain Bonnet et Jean-Paul Haton, de Cognitech, première société européenne spécialisée en intelligence artificielle, il a été consultant en innovation et transfert de technologie, et a enseigné jusqu’en juin 2007 à l’École centrale à Paris.

En 1983, il dépose le mot « cognitique »à l’INPI. Il définit le terme « cognitique » comme « discipline scientifique et pratique technique, branche de l’informatique, qui a pour objet l’acquisition et la représentation formelle des connaissances et des modes de raisonnement, en vue de leur simulation à l’aide d’ordinateurs ». Il décrit le métier de spécialiste de la cognitique pour la première fois en 1988 dans un article du Monde Informatique.

Travaillant en Chine depuis 1991, il conseille des entreprises européennes de haute technologie (télécommunications, aérospatiale) désireuses d’investir dans ce pays. En marge de son activité d’expertise et de conseil, il est romancier et essayiste.

Analyste sans complaisance des technologies du dépassement de l’Homme – biotechnologie, intelligence artificielle, vie artificielle, nanotechnologies… -, il publie en 1988 le premier roman consacré au clonage humain (Reproduction interdite, Orban, Paris, 1988), qui fut qualifié de « premier roman post humain français ».

Théoricien du transhumanisme et du post-humanisme, il a créé la figure du Successeur, qu’il définit comme « cette forme de vie nouvelle susceptible de prendre la suite de l’Homme comme habitacle de la conscience » (Totalement inhumaine, Les Empêcheurs de penser en rond, Paris 2001, page 49). Il en a fait le principal personnage d’un roman ayant pour thème le transfert de la conscience de l’Homme à son successeur minéral (Le Successeur de pierre, Denoël, Paris 1999).

Il est à noter que Truong parle de dépassement et non de destruction de l’Homme par son Successeur, lui conférant une place originale dans le courant trans- et post-humaniste.

Critique de l’utilitarisme contemporain, dont il démonte froidement les mécanismes, il en expose l’horreur ultime dans son roman sur le vieillissement des populations (Eternity Express, Albin Michel, Paris, 2003).

Il travaille depuis sur la disparition du type humain et ce qui restera de l’Homme après la généralisation inéluctable de créatures hybrides sous l’effet des technologies du dépassement de l’Homme. Il a exposé le programme de cette recherche dans un court essai ( L’Homme, entre chien et loup, in « De qui demain sera-t-il fait ? », Institut Aspen France, éd. Autrement, Paris, 2008).

Bien que souvent classé comme auteur de science-fiction, il préfère se définir comme « balisticien » : non pas préfigurer l’avenir, mais « évaluer le point d’impact d’un projectile déjà parti. Je parle de choses dont il existe un commencement d’exécution.En marge des querelles sur les genres, Jean-Michel Truong développe une conception personnelle de la littérature, en accord avec sa vision du monde contemporain, où les systèmes prennent le pas sur les personnes, allant jusqu’à revendiquer pour son œuvre le qualificatif d’a-littéraire : «  Selon moi, dans un roman réellement contemporain, l’auteur – donc le style – doit s’effacer totalement.

Le roman – et particulièrement le roman français contemporain – est en effet le seul espace où, malgré Copernic, Darwin et Freud, malgré ce que nous ont enseigné – entre autres – l’éthologie, l’intelligence artificielle et la dynamique des systèmes, l’homme se trouve encore au centre du dispositif, comme un pivot autour duquel tout le reste orbite. »

 

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