De Rosnay Tatiana ♦ A l’encre russe

A l'encre russeAlors qu’il était encore enfant, Nicolas Duhamel a perdu son père, surfeur hors pair, disparu au large de Guéthary.

À vingt-quatre ans en 2006, il doit renouveler son passeport, La démarche va se révéler aussi éprouvante que périlleuse. Ses parents étant nés à l’étranger, il doit prouver qu’il est bel et bien français. Il découvre que ce père, parti trop tôt, n’était pas le fils de Lionel Duhamel et s’appelait en réalité Fiodor Koltchine.

Depuis vingt-quatre ans, Nicolas vit dans le mensonge. Pourquoi sa famille avait-elle délibérément rayé un pan de son histoire ? Théodore connaissait-il la vérité ? Les circonstances troubles de sa naissance et sa mort accidentelle étaient-elles liées ?

« C’en était fini de l’existence placide et tranquille de Nicolas. Il n’était pas un Duhamel. À cette seule idée, un abîme s’ouvrait sous ses pieds. En ce jour gris, pendant ces deux heures d’attente au Pôle de la nationalité française, un changement subtil s’opérait. C’est ce jour-là que naquit Nicolas Kolt, mais il ne le savait pas encore. »

Affecté par l’onde de choc de ces révélations, le jeune homme se lance sur la piste de ses ancêtres, jusqu’à Saint-Pétersbourg. De cette enquête découlera un roman intitulé « L’Enveloppe », publié sous le pseudonyme de Kolt, qui rencontrera un succès phénoménal. Grâce à ce livre, Nicolas pense en avoir fini avec les fantômes du passé. Sa vie jusque-là ordinaire bascule. Il est grisé et devient vaniteux, égoïste, imbu de lui-même. Son meilleur ami François lui en fait le reproche et refuse de le voir. Sa femme Delphine le quitte. Il partage alors sa vie avec une femme beaucoup plus jeune que lui, Malvina, mais qu’il n’aime pas. De plus, son éditrice, Margot Dansor, attend son prochain roman avec impatience, mais il n’arrive plus à écrire une seule ligne… Il choisit alors d’aller fêter son anniversaire sur une île de Toscane et mène la grande vie au Gallo Negro, hôtel de rêve. Lors de ce séjour avec sa fiancée, il verra s’accumuler orages et périls, défiler sa vie et se jouer son avenir. Il va alors vivre un événement (tiré de l’actualité) qui pourrait bien lui donner l’idée de sa prochaine histoire : l’échouage d’un bateau de croisière qui est passé trop près de la côte pour saluer les vacanciers.

L’auteure, adepte des réseaux sociaux, avait invité ses lecteurs à proposer des titres pour son ouvrage.
Elle a finalement officialisé son choix, avec A l’encre russe (Russian Ink en anglais).

Clients inénarrables (du couple ostentatoire à la famille glamour), coulisses de l’édition (enchères et transferts), foire aux vanités (duel sur Facebook et Instagram du succès), jeux de séduction (professionnelle autant que sexuelle), Tatiana de Rosnay jongle avec les registres et les intrigues pour nous offrir le plus affriolants des romans à tiroirs. Réflexion sur l’identité mais aussi sur l’écriture.

Un très bon livre sur les dangers du succès et le monde de l’édition. A réserver à un public averti car certaines scènes sont assez crues et osées

 

L’auteur :

Tatiana de RosnayTatiana de Rosnay, née le 28 septembre 1961, à Neuilly-sur-Seine, en Île-de-France, est une journaliste, écrivaine et scénariste française, écrivant en français et en anglais.

Née de mère britannique et de père français, Stella et Joël de Rosnay, elle est mariée et a deux enfants. Elle a vécu à Paris, Boston et enfin en Angleterre.

Après une enfance aux Etats-Unis, elle a fait ses études universitaires en Angleterre.

De retour à Paris en 1984, elle est attachée de presse, puis journaliste pour Elle et critique littéraire pour Psychologies magazine. Elle vit depuis vingt ans à Paris.

Depuis 1992, Tatiana de Rosnay a publié huit romans en français et deux en anglais. Elle a aussi collaboré à la série Affaires familiales pour laquelle elle a écrit deux épisodes avec le scénariste Pierre­-Yves Lebert. Cette série fut diffusée sur TF1 pendant l’été 2000.

Son roman de 2006, Elle s’appelait Sarah, met en parallèle deux histoires : l’une se déroulant lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver en 1942 et l’autre en 2002. Cette dernière relate l’enquête d’une journaliste américaine sur cet évènement-clé de la Shoah en France, à l’occasion de son soixantième anniversaire. Les droits de ce roman ont été vendus pour vingt pays.

À la fin 2009, indique son éditeur, le livre a dépassé les deux millions d’exemplaires vendus dans le monde. L’adaptation du livre au cinéma, sous le même titre « Elle s’appelait Sarah », avec Kristin Scott Thomas, écrite par Serge Joncour, est en cours de réalisation par Gilles Paquet-Brenner pour une sortie prévue en 2010.

En 2009, Tatiana de Rosnay publie son neuvième roman, le deuxième écrit en anglais, Boomerang.

Il commence par le parallèle entre l’accident de voiture d’un frère et d’une sœur, au milieu des années 2000, et un secret de famille dans les années 1970, avant le décès de leur mère.

En septembre 2009, alors qu’elle a besoin de papiers pour se rendre aux Etats-Unis assister au tournage de Elle s’appelait Sarah, la mairie du 14e arrondissement de Paris lui indique qu’en raison de nouvelles lois elle devait maintenant faire la preuve qu’elle est bien française.

En janvier 2010, le classement de plusieurs magazines dédiés à l’édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller en Grande-Bretagne, place Tatiana de Rosnay à la huitième place des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009.

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