Constantine Barbara ♦ Allumez le chat

Allumez le chat« Allumer le chat » parle de gens plutôt normaux qui vivent très naturellement des histoires complètement dingues. Un embaumeur des pompes funèbres fait de ses clients des photographies d’art ; un enfant devient guérisseur comme son grand-père fumeur de pétards ; un chat se prend pour un intello… et plein d’autres choses…

C’est l’histoire de Bastos, un chat qui parle, qui a reçu ce prénom de blonde pour avoir passé son enfance à triturer les paquets de sèches de son maître, Raymond. C’est l’histoire de Raymond, aussi, un type qui rêve de cribler de balles cet animal, mais qui rate son coup et cartonne trois lapins.

C’est l’histoire de Paul, 10 ans, alcoolique. C’est aussi celle de Pierrot, employé des pompes funèbres, mais passionné de photo, et qui trouve sa voie en photographiant « ses clients », à la morgue. Il en fera un livre et passera à la télé.

C’est aussi l’histoire de Rémi, un enfant adorable et de Marie Rose, qui prépare des pâtés de rats que tout le monde redemande.

Ce roman c’est d’abord celui d’un couple : Mine et Raymond. Raymond n’a qu’une envie : allumer ce maudit Bastos, le chat. Lui mettre un bon coup de carabine à ce chat insolent. Oui, il est tendu Raymond. Peut-être parce que Mine n’a qu’une idée en tête : qu’il aide son petit-fils Rémi atteint d’un fort eczéma que le docteur ne parvient pas à guérir. Mais ce n’est pas simple car Raymond ne parle plus à sa fille Josette qui a commis une énorme erreur en épousant cet abruti de Martial.

Premier roman de Barbara Constantine, Allumer le chat, vous transporte dans l’univers de personnes quelques peu ordinaires, dotés d’une humanité à géométrie variable, comme vous et moi, plongées dans des aventures surprenantes, un brin rocambolesques. Les destins se croisent, se défont et se refaçonnent au fil des pages. L’ensemble de ces joyeux drilles ont tous leurs petites ou grandes misères,  et chacun a voix au chapitre tour à tour ce qui rend ce roman polyphonique vivant et authentique, portraiturant ainsi de véritables tranches de vie et de « véritables » personnalités, attachantes, déjantées, taillées dans le roc, douces ou encore rudes et peu commodes.

 

L’auteur:

Barbara ConstantineNée américaine à Nice, à deux pas des studios de la Victorine, où tournait son père, Eddie Constantine, à quelques kilomètres de la Principauté où sa mère, Hélène était danseuse étoile dans les Ballets de Monte-Carlo, Barbara a été danseuse comme maman, a appris la musique comme papa dont le premier métier était chanteur d’opéra (plus tard il connaîtra le succès avec « Cigarettes whisky et p’tites pépées » ou « Et bailler et dormir »).

Cette star des années 50 avait créé le personnage de Lemmy Caution, un privé à l’accent délicieusement américain. Ses principaux films en France : « La môme vert de gris », « Les femmes préfèrent le mambo », mais aussi « Alphaville de Godard ».

Ses débuts au cinéma, Barbara les fera dans « Une baleine qui avait mal aux dents » de Jacques Bral où la vedette s’appelait Eddie Constantine. La jeune femme affirme que ce n’est pas parce qu’on parlait anglais à la maison qu’elle a ce soupçon d’accent américain. Mais ne nie pas que si elle est devenue scripte, tournant notamment avec Robert Altman (Vincent & Théo), Cédric Klapisch (Les poupées russes), Tim Roth, Andrzej Zulawski (La fidélité) Juliet Berto (Neige), Thomas Gilou, Jean-Pierre Mocky, Olivier Assayas, Raoul Ruiz,… c’est un peu une histoire de famille.

Ses meilleurs souvenirs : un tournage en Ethiopie avec Tim Roth, La Peste de Luis Puenzo où « chaque fois que j’allais chercher William Hurt dans sa loge je le trouvais en larmes et j’essayais de le consoler de sa dépression », le tournage du premier film comme réalisateur de Michel Piccoli, « un homme vraiment formidable » et le dernier de Mastroiani quelques mois avant sa mort.

Le statut d’intermittent du spectacle n’a pas que des inconvénients. C’est dans une période de chômage que Barbara Constantine a écrit « Allumer le chat ». Un jour elle a acheté un ordinateur et est partie à la campagne. « Allumer le chat » est aussi un roman bourré d’émotions qui raconte des vies esquintées par le sort.

Barbara Constantine est scripte, céramiste et romancière.

Elle vit en région parisienne, mais descend le plus souvent possible dans le Berry (près Le Blanc, dans l’Indre) par amour de la campagne, pour y planter des arbres (des cerisiers, des pruniers…), retaper des granges en ruine, écouter les rossignols délirer les nuits d’été, et surtout, passer un maximum de temps à regarder vivre ses chats, Alcide Pétochard (gentil chamallow) et Pétunia Trouduc (comme son nom l’indique). Elle se partage entre le Berry, Biarritz (pour raisons familiales) et Paris (côté Ivry-sur-Seine) parce que la ville.

Passionnée par la nature et par les chats, Barbara Constantine a plusieurs cordes à son arc. Céramiste et scripte, elle collabore notamment au film « Les Poupées russes » de Cédric Klapisch. Barbara Constantine publie un premier roman loufoque en 2007, « Allumer le chat », avant de réitérer en 2008 avec « A Mélie, sans mélo ».

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