{"id":7785,"date":"2019-11-11T09:10:24","date_gmt":"2019-11-11T08:10:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=7785"},"modified":"2019-11-11T09:10:54","modified_gmt":"2019-11-11T08:10:54","slug":"dubois-jean-paul-%e2%99%a6-tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde-de-la-meme-facon","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/dubois-jean-paul-%e2%99%a6-tous-les-hommes-nhabitent-pas-le-monde-de-la-meme-facon\/","title":{"rendered":"Dubois Jean-Paul &#x2666; Tous les hommes n&rsquo;habitent pas le monde de la m\u00eame fa\u00e7on"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=7784\" rel=\"attachment wp-att-7784\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-7784\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on.jpg\" alt=\"\" width=\"178\" height=\"263\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on.jpg 1633w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on-203x300.jpg 203w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on-768x1132.jpg 768w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on-694x1024.jpg 694w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on-220x324.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 178px) 100vw, 178px\" \/><\/a>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une vie, celle de Paul Hansen, emprisonn\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al, et qui d\u00e9roule ses souvenirs des ann\u00e9es 1950 aux ann\u00e9es 2000, du Toulouse de sa m\u00e8re au Jutland natal de son p\u00e8re danois, en passant par le Canada algonquin de la femme de sa vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Roman de Jean-Paul Dubois paru le 14 ao\u00fbt 2019 aux \u00e9ditions de l&rsquo;Olivier, <em>Tous les hommes n&rsquo;habitent pas le monde de la m\u00eame fa\u00e7on <\/em>est l&rsquo;un des plus beaux livres de Jean-Paul Dubois. On y d\u00e9couvre un \u00e9crivain qu&rsquo;animent le sens aigu de la fraternit\u00e9 et un sentiment de r\u00e9volte \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de toutes les formes d&rsquo;injustice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 4 novembre 2019, le roman re\u00e7oit le prix Goncourt 2019 \u00e0 l&rsquo;issue de deux tours de scrutin, par six voix contre quatre \u00e0 <em>Soif<\/em> d&rsquo;Am\u00e9lie Nothomb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela fait deux ans que Paul Hansen purge sa peine dans la prison provinciale de Montr\u00e9al. Il y partage une cellule avec Horton, un Hells Angel incarc\u00e9r\u00e9 pour meurtre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour en arri\u00e8re : Au commencement, la rencontre improbable de ses parents, un pasteur danois \u00e0 la foi chancelante et une exploitante de cin\u00e9ma \u00e0 Toulouse, soixante-huitarde, \u00e0 l\u2019ath\u00e9isme aussi irr\u00e9ductible que son amour du cin\u00e9ma, l&rsquo;\u00e9volution divergente de ces deux \u00eatres, jusqu&rsquo;au point de non-retour et \u00e0 la s\u00e9paration. Le pasteur \u00e9migre au Qu\u00e9bec, le fils le rejoint et l&rsquo;histoire se construit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Paul Hansen vivait d\u00e9j\u00e0 au Canada quand s&rsquo;est produit le drame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque des faits, Hansen est superintendant \u00e0 L&rsquo;Excelsior, une r\u00e9sidence o\u00f9 il d\u00e9ploie ses talents de concierge, de gardien, de factotum, et \u2013 plus encore \u2013 de r\u00e9parateur des \u00e2mes et consolateur des afflig\u00e9s. C\u2019est un personnage optimiste, un peu na\u00eff, dont la vie s&rsquo;\u00e9gr\u00e8ne au jour le jour, simple et nonchalante. Il est convivial, aime la nature, les amis, et s&rsquo;il se trouve confront\u00e9 \u00e0 une situation singuli\u00e8re et dramatique, c&rsquo;est contre nature qu&rsquo;il y fait face.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas occup\u00e9 \u00e0 venir en aide aux habitants de L&rsquo;Excelsior ou \u00e0 entretenir les b\u00e2timents, il rejoint Winona, sa compagne. Aux commandes de son a\u00e9roplane, elle l&#8217;emm\u00e8ne en plein ciel, au-dessus des nuages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais bient\u00f4t tout change. Un nouveau g\u00e9rant arrive \u00e0 L&rsquo;Excelsior, un gestionnaire manipulateur et autoritaire, un administrateur du monde moderne qui rationalise et qui n&rsquo;a rien \u00e0 foutre de l&rsquo;histoire. Des conflits \u00e9clatent. La douceur de vivre en communaut\u00e9 dispara\u00eet, remplac\u00e9e par un monde arbitraire, bureaucratique, quasi totalitaire. Et l&rsquo;in\u00e9vitable se produit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On y d\u00e9couvre un univers humain et touchant, des personnages pittoresques, des phrases cisel\u00e9es et profondes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le monde de Dubois est tragique, violent, la vie y est injuste (d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s, les 6 m\u00b2 d&rsquo;une cellule, la solitude), mais le burlesque n&rsquo;est jamais loin. Mais Paul n\u2019\u00e9prouve aucun remord \u00e0 l\u2019\u00e9gard des faits qui lui ont valu son emprisonnement. Cela n\u2019emp\u00eache pas <em>Tous les hommes n\u2019habitent pas le monde de la m\u00eame fa\u00e7on<\/em> d\u2019\u00eatre un roman du regret et de la perte.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>On sourit beaucoup en d\u00e9couvrant la formidable ronde des personnages qui entourent Paul\u00a0: son p\u00e8re pasteur qui perd la foi, sa m\u00e8re soixante-huitarde qui se bat pour que le film Gorge profonde soit diffus\u00e9 dans son petit cin\u00e9ma d&rsquo;art et d&rsquo;essai, son \u00e9pouse Wimona qui pilote un a\u00e9roplane. Et surtout, le truculent Patrick Horton, son compagnon de cellule, Hells Angel incarc\u00e9r\u00e9 pour meurtre, un sale type extr\u00eamement sympathique, avec sa philosophie de comptoir et ses affirmations \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce, qui s&rsquo;est fait tatouer l&rsquo;histoire de sa vie sur la peau du dos, pr\u00eat \u00e0 diviser en deux tout repr\u00e9sentant de l&rsquo;humanit\u00e9 qui ne lui convient pas, un homme et demi qui tombe dans les pommes lorsqu&rsquo;on tente de lui couper les cheveux.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=7782\" rel=\"attachment wp-att-7782\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-7782\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Jean-Paul-Dubois1.jpg\" alt=\"\" width=\"295\" height=\"314\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Jean-Paul-Dubois1.jpg 521w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Jean-Paul-Dubois1-282x300.jpg 282w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Jean-Paul-Dubois1-220x234.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 295px) 100vw, 295px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Jean-Paul Dubois<\/strong> est n\u00e9 le 20 f\u00e9vrier 1950 \u00e0 Toulouse, sur les all\u00e9es Fran\u00e7ois-Verdier &#8211; face au monument aux morts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a fait ses \u00e9tudes au Caousou, \u00e9tablissement j\u00e9suite d&rsquo;enseignement priv\u00e9 catholique, puis dans un cours priv\u00e9, et a suivi des \u00e9tudes de sociologie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 du Mirail. Il y a fond\u00e9 sa famille, a construit une maison &#8211; \u00ab\u00a0de A \u00e0 Z\u00a0\u00bb &#8211; dans le quartier de l&rsquo;Ardenne. Il vit aujourd&rsquo;hui non loin de l\u00e0 dans une autre, la maison de son enfance, qu&rsquo;il a retap\u00e9e &#8211; exp\u00e9rience hom\u00e9rique qui lui a inspir\u00e9 son drolatique \u00ab\u00a0Vous plaisantez, monsieur Tanner\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Paul Dubois n&rsquo;a jamais voulu quitter Toulouse, m\u00eame s&rsquo;il r\u00eave toujours de vivre pr\u00e8s de la mer, l&rsquo;Atlantique, et qu&rsquo;il a souvent travers\u00e9 cet oc\u00e9an &#8211; pour explorer l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, quelques semaines ou bien plus longtemps. Il est souvent parti, mais il est toujours revenu sur les bords de la Garonne, o\u00f9 habitent ses deux enfants et ses trois petits-enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a \u00e9t\u00e9 journaliste au service des sports de Sud-Ouest, au Matin de Paris, puis devient grand reporter au Nouvel Observateur en 1984. Jaloux de son temps et de sa libert\u00e9, il l\u2019a quitt\u00e9 le jour m\u00eame de 2004 o\u00f9 <em>Une vie fran\u00e7aise<\/em> a re\u00e7u le prix Femina.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis, il continue d\u2019\u00e9crire, tous les trois ou quatre ans, sur les 31 jours du mois de mars, un roman dont les personnages s\u2019appellent Paul et Anna, d\u2019une noirceur et d\u2019un humour m\u00e9lancolique qui les rendent imm\u00e9diatement reconnaissables. Apr\u00e8s avoir longuement r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la composition du roman, il passe \u00e0 l\u2019\u00e9tape de la r\u00e9daction. Le rythme est soutenu, pour respecter les d\u00e9lais qu\u2019il s\u2019impose\u00a0: il \u00e9crit huit pages par jour, de 10 heures du matin \u00e0 environ 2 heures du matin. Il s\u2019accorde juste une heure de pause pour faire du v\u00e9lo. Ecrire deux cent trente pages lui prend \u00e0 peu pr\u00e8s un mois. Il ne relit jamais ses textes avant de les envoyer \u00e0 son \u00e9diteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a publi\u00e9 une vingtaine de romans, un essai, deux recueils de nouvelles et deux recueils d&rsquo;articles. Il a pr\u00e9fac\u00e9 un livre de photographies consacr\u00e9es aux pins Bristlecone, quadri mill\u00e9naires, les plus vieux arbres du monde, et un recueil de nouvelles proches de ce qu&rsquo;il \u00e9crit lui-m\u00eame. Il collabore parfois \u00e0 des p\u00e9riodiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un entretien r\u00e9alis\u00e9 en 2005, il se d\u00e9finit comme libertaire\u00a0: \u00e9crire, c&rsquo;est sa fa\u00e7on \u00e0 lui de \u00ab\u00a0faire toujours de la politique\u00a0\u00bb. Comme pour rappeler qu&rsquo;il y a \u00ab\u00a0des gens qui ont et des gens qui n&rsquo;ont pas\u00a0\u00bb, des gens qui dominent et d&rsquo;autres qui sont soumis et que \u00ab\u00a0la soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9cr\u00e8te en permanence ce genre de relations d&rsquo;injustice.\u00a0\u00bb Selon lui, \u00ab\u00a0m\u00eame dans le mauvais sens, l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 est fondateur d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. Il reste un auteur particuli\u00e8rement discret.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 4 novembre 2019, Jean-Paul Dubois obtient le prix Goncourt avec son livre, <em>Tous les hommes n&rsquo;habitent pas le monde de la m\u00eame fa\u00e7on<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires de Jean-Paul Dubois sont John Fante, Emmanuel Bove, Cormac McCarthy, Philip Roth, Charles Bukowski, Jim Harrison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reconna\u00eet cependant plus volontiers John Updike comme un de ses ma\u00eetres\u00a0: \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9crivain qui m&rsquo;a le plus appris et le plus fait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9crire une histoire c&rsquo;est indiscutablement John Updike\u00a0\u00bb. Il a d&rsquo;ailleurs consacr\u00e9 deux articles \u00e0 cet \u00e9crivain, dont \u00ab\u00a0il a lu les trente-six livres, y compris les chroniques de golf\u00a0\u00bb (sport dont il parle souvent mais qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais pratiqu\u00e9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Paul Dubois reprend souvent dans ses interviews ou textes les deux citations suivantes, qu&rsquo;il affectionne particuli\u00e8rement\u00a0: \u00ab\u00a0Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n&rsquo;importe qui.\u00a0\u00bb Jean-Paul Sartre, <em>Les Mots<\/em> (phrase finale du roman). Et \u00ab\u00a0L&rsquo;homme est plus petit que lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb G\u00fcnther Anders<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Paul Dubois a \u00e9crit pour <em>le Nouvel Observateur<\/em> une s\u00e9rie d&rsquo;articles sur les \u00c9tats-Unis dont une s\u00e9lection a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans deux recueils, <em>L&rsquo;Am\u00e9rique m&rsquo;inqui\u00e8te<\/em> et <em>Jusque-l\u00e0 tout allait bien en Am\u00e9rique<\/em>. Le mode d&rsquo;\u00e9criture de ces articles se rapproche de la nouvelle. Plut\u00f4t que d&rsquo;informer sur l&rsquo;actualit\u00e9 imm\u00e9diate ils racontent le plus souvent une histoire \u00e9difiante, une vision d&rsquo;une certaine facette de l&rsquo;Am\u00e9rique, individualiste, dure aux faibles, violente \u00e9conomiquement et dans son syst\u00e8me judiciaire. Le regard que Dubois y porte sur les \u00c9tats-Unis est plut\u00f4t n\u00e9gatif et incr\u00e9dule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il lui est arriv\u00e9 d&rsquo;ins\u00e9rer dans ses romans des \u00e9pisodes d\u00e9crits dans ses articles pour <em>le Nouvel Observateur<\/em>, comme celui du Kombucha, champignon \u00e9lev\u00e9 dans <em>Les Accommodements raisonnables<\/em> et qu&rsquo;on retrouve dans <em>L&rsquo;Am\u00e9rique m&rsquo;inqui\u00e8te<\/em>. Si le personnage principal des romans de Dubois est toujours originaire de Toulouse, il est aussi souvent attir\u00e9 par l&rsquo;Am\u00e9rique, que ce soit par les \u00c9tats-Unis ou par le Canada.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Kennedy et moi<\/em> est le premier roman de Jean-Paul Dubois \u00e0 avoir fait l&rsquo;objet d&rsquo;une adaptation au cin\u00e9ma, pour laquelle l&rsquo;auteur ne montre pas un grand enthousiasme. Un article de Jean-Paul Dubois est \u00e9galement au d\u00e9part du film <em>\u00c0 l&rsquo;origine<\/em> de Xavier Giannoli en 2009. Celui-ci avait d\u00e9j\u00e0 adapt\u00e9 une nouvelle de Dubois pour un court m\u00e9trage, <em>Dialogue au sommet<\/em><sup>28<\/sup>, en 1995.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Paul Dubois peut par ailleurs se laisser volontairement inspirer par un film.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Hommes entre eux<\/em> est le titre d&rsquo;un film finlandais attribu\u00e9 au r\u00e9alisateur Niemi que le personnage principal du roman, Paul, voit au cin\u00e9ma. L&rsquo;auteur fait \u00e9galement de Paul un inconditionnel de films n&rsquo;offrant pas d&rsquo;issue comme <em>Aguirre, la col\u00e8re de Dieu<\/em>, <em>Hana-bi<\/em> (<em>\u306f\u306a\u3073<\/em>), <em>Yi Yi<\/em>, <em>La ligne rouge<\/em>, <em>De beaux lendemains<\/em>, <em>Les Affranchis<\/em>, <em>Sarabande<\/em>, <em>Alexandra&rsquo;s Project<\/em>, <em>Element of Crime<\/em>. Dubois a d\u00e9clar\u00e9 avoir \u00e9crit le livre comme un film et imaginer Nick Nolte et Daniel Duval comme interpr\u00e8tes des personnages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;atmosph\u00e8re du roman qui se d\u00e9roule dans le Canada enneig\u00e9 de North Bay fait penser \u00e0 celle du film <em>Affliction<\/em>, tir\u00e9 du roman de Russell Banks, dans lequel joue justement Nick Nolte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retrouve Nolte dans <em>Les Accommodements raisonnables<\/em> \u00e0 un d\u00eener organis\u00e9 par un producteur. Pour le narrateur, l&rsquo;acteur symbolise d&rsquo;abord le personnage qu&rsquo;il a interpr\u00e9t\u00e9 dans <em>Affliction<\/em>, faisant echo \u00e0 <em>Hommes entre eux<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Les Accommodements raisonnables<\/em>, Paul est script doctor, il aide \u00e0 la r\u00e9daction d&rsquo;un sc\u00e9nario au sein d&rsquo;un studio hollywoodien. Le film de Robert Aldrich <em>Le d\u00e9mon des femmes<\/em> (1968) est cit\u00e9 dans ce roman et para\u00eet avoir \u00e9t\u00e9 une inspiration pour un des \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;histoire, la forte ressemblance physique entre une coll\u00e8gue de Paul, qui deviendra sa ma\u00eetresse, et son \u00e9pouse Anna.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Th\u00e8mes r\u00e9currents<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les romans de Dubois frappent par un certain nombre de constantes, parmi lesquelles les pr\u00e9noms de Paul pour le h\u00e9ros (\u00e0 10 reprises) et d&rsquo;Anna pour son \u00e9pouse (8 fois). Toutes les th\u00e9matiques r\u00e9p\u00e9titives ne sont pas n\u00e9cessairement coh\u00e9rentes au niveau de la totalit\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre\u00a0: le h\u00e9ros peut adorer ses enfants dans un roman et les d\u00e9tester dans un autre\u00a0; il peut \u00eatre d\u00e9pressif, mais cela peut \u00eatre aussi, ailleurs, le cas de son \u00e9pouse. Le trouble que suscitent ces r\u00e9p\u00e9titions fait finalement partie du charme de l&rsquo;\u0153uvre de Dubois\u00a0; le lecteur r\u00e9gulier \u00e9prouve une sorte de soulagement et de jubilation lorsqu&rsquo;il est enfin question de tondeuses \u00e0 gazon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La tondeuse \u00e0 gazon<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0J&rsquo;ai toujours aim\u00e9 tondre les pelouses. C&rsquo;est une de mes douces perversions\u00a0\u00bb. La tondeuse se retrouve comme titre de deux instantan\u00e9s dans <em>Parfois je ris tout seul<\/em>. Le p\u00e8re est fondateur ou propri\u00e9taire d&rsquo;une entreprise fabricant des tondeuses dans <em>La vie me fait peur<\/em> et <em>Les Accommodements raisonnables<\/em>. Le personnage principal, Paul, peut aussi se r\u00e9ins\u00e9rer dans le monde actif en devenant jardinier et propri\u00e9taire de tondeuse permettant la tonte du gazon selon des r\u00e8gles immuablement respect\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le rugby<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le sport pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Jean-Paul Dubois est le rugby et on le retrouve souvent dans ses \u00e9crits. Ce peut \u00eatre dans son roman <em>Tous les matins je me l\u00e8ve<\/em> o\u00f9 le personnage principal se r\u00eave en grand joueur \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un Fitzgerald dans <em>Veiller, Dormir<\/em>, ou dans <em>Les Accommodements raisonnables<\/em> dans lequel le personnage de Tricia Farnsworth emprunte son nom \u00e0 Viv Farnsworth, joueur de rugby australien du d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rugby est encore le th\u00e8me d&rsquo;une nouvelle \u00e9crite pour <em>l&rsquo;\u00c9quipe magazine<\/em>, <em>La moiti\u00e9 du neuf est avec le dix<\/em><sup>, <\/sup>ou l&rsquo;objet de chroniques r\u00e9dig\u00e9es pendant le mondial 2007.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Paul Dubois consid\u00e8re le rugby comme un \u00ab\u00a0sport obscur, aust\u00e8re, rigoureux, r\u00e9gi par des lois tourment\u00e9es et subtiles \u00e9tablies de toute \u00e9vidence par un pasteur anglican rigide, compulsif, ombrageux et vraisemblablement malheureux en m\u00e9nage\u00a0\u00bb. Il voit l&rsquo;\u00e9closion du rugby \u00e0 la professionnalisation des ann\u00e9es 1990 et son \u00e9volution actuelle comme trop brutale et excessive dans les concessions faites \u00e0 l&rsquo;\u00e8re du spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Accidents maritimes, accidents d&rsquo;avion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mort chez Jean-Paul Dubois est souvent brutale. La mer est le premier \u00e9l\u00e9ment venant perturber le quotidien par des accidents tragiques. Ainsi, dans <em>Tous les matins je me l\u00e8ve<\/em>, Paul sauve-t-il de la noyade un chien (tout comme dans <em>La succession<\/em>), mais ne peut qu&rsquo;assister impuissant \u00e0 sa disparition dans <em>Vous aurez de mes nouvelles<\/em>. L&rsquo;\u00e9pouse, Anna, manque se noyer dans <em>Kennedy et moi<\/em> et se noie dans <em>Hommes entre eux<\/em>. Entre ces deux romans elle perd une main, sectionn\u00e9e par un hors-bord en faisant du ski nautique. C&rsquo;est enfin le p\u00e8re qui se noie dans un lac au cours d&rsquo;une partie de p\u00eache.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si donc la mer n&rsquo;est pas tendre avec les personnages de Dubois, il faut constater que l&rsquo;avion ne leur r\u00e9ussit pas davantage. On apprend au d\u00e9but de <em>Si ce livre pouvait me rapprocher de toi<\/em> que la m\u00e8re de Paul est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e dans l&rsquo;accident de son Cessna\u00a0; son \u00e9pouse trouve la mort dans des conditions absolument identiques dans <em>Une vie fran\u00e7aise<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les voitures<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voiture peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un personnage r\u00e9current de l\u2019\u0153uvre de Dubois. Elle est le refuge dans lequel le narrateur se coupe de la r\u00e9alit\u00e9 qui lui \u00e9chappe. Elle est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme une compagne r\u00e9confortante, un jouet prolongeant l&rsquo;enfance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <em>Tous les matins je me l\u00e8ve<\/em>, la Karmann cabriolet de Paul \u00ab\u00a0se tue\u00a0\u00bb dans un accident. Elle sera remplac\u00e9e par une Triumph. On retrouve d&rsquo;ailleurs ces deux voitures dans <em>La succession<\/em>. Dans <em>Parfois je ris tout seul<\/em>, la voiture rend <em>Heureux<\/em>. Elle sert au narrateur \u00e0 quitter volontairement la vie dans <em>Prends soin de moi<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est aussi le symbole de la libert\u00e9 et h\u00e9ro\u00efne d&rsquo;une sc\u00e8ne de roman de Jim Harrison, <em>Entre chien et loup<\/em>, r\u00e9guli\u00e8rement cit\u00e9e par Dubois en interview et recopi\u00e9e par lui dans <em>Si ce livre pouvait me rapprocher de toi<\/em>\u00a0: le personnage se met debout sur son si\u00e8ge, passe la t\u00eate par le toit ouvrant, et roule cheveux au vent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut encore noter que le p\u00e8re de Paul est garagiste et concessionnaire Simca dans <em>Une vie fran\u00e7aise<\/em> ou que l&rsquo;oncle du narrateur meurt au volant d&rsquo;un coup\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat dans une concession Mercedes au d\u00e9but des <em>Accommodements raisonnables<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean-Paul Dubois a d\u00e9clar\u00e9 avoir envisag\u00e9 un livre racontant l&rsquo;histoire des voitures qu&rsquo;il a eues, en les reliant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque sociale du moment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;amour et le sexe<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les couples dans les romans de Dubois sont souvent d\u00e9liquescents. L&rsquo;amour laisse toujours place \u00e0 une vie commune laborieuse et d\u00e9cevante, dans laquelle chacun s&rsquo;\u00e9loigne progressivement de l&rsquo;autre. Dans ce contexte, l&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme normale et acceptable. La d\u00e9couverte de la double-vie sentimentale d&rsquo;un personnage est consid\u00e9r\u00e9e avec parfois de l&rsquo;\u00e9tonnement, mais toujours de la bienveillance. La vie \u00e0 deux est per\u00e7ue comme une fa\u00e7on de combler la solitude de chacun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les rapports sexuels sont abord\u00e9s avec le m\u00eame pragmatisme. Il est normal de faire semblant d&rsquo;\u00e9prouver du plaisir par \u00ab\u00a0respect conjugal, par politesse\u00a0\u00bb. Paul consid\u00e8re la simulation comme un accommodement raisonnable, un d\u00e9dommagement des efforts de l&rsquo;autre. Ce peut \u00eatre un moment de solitude de plus dans un couple.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le dentiste<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le dentiste revient r\u00e9guli\u00e8rement dans l&rsquo;\u0153uvre de Dubois. Ce peut \u00eatre la profession du p\u00e8re du narrateur. Ce peut encore \u00eatre une figure p\u00e9dante et d\u00e9test\u00e9e, que Paul va jusqu&rsquo;\u00e0 mordre. Il peut enfin s&rsquo;appeler Edgar Hoover comme l&rsquo;ancien directeur du FBI, \u00eatre d\u00e9pressif et avoir des \u00ab\u00a0pratiques d\u00e9sax\u00e9es\u00a0\u00bb. Jean-Paul Dubois explique cette vision n\u00e9gative de la profession par le surnom du dentiste qui le traitait enfant, le \u00ab\u00a0D<sup>r<\/sup> Mengele\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans deux de ses romans, <em>Maria est morte<\/em> et <em>Hommes entre eux<\/em>, l&rsquo;auteur raconte la m\u00eame sc\u00e8ne, situ\u00e9e dans le premier cas en Inde, dans le second au Canada\u00a0: un combat organis\u00e9, d&rsquo;une extr\u00eame violence, auquel le h\u00e9ros est convi\u00e9 \u00e0 assister par un homme qui a v\u00e9cu avec sa femme et qui doit lui r\u00e9v\u00e9ler o\u00f9 elle se trouve actuellement. M\u00eame si le r\u00e9cit est r\u00e9\u00e9crit (il est plus long dans le second roman), on peut dire que l&rsquo;on a affaire \u00e0 deux r\u00e9cits quasi identiques qui ne peuvent que troubler le lecteur attentif. De nombreuses r\u00e9pliques sont litt\u00e9ralement r\u00e9p\u00e9t\u00e9es d&rsquo;un livre \u00e0 l&rsquo;autre, plac\u00e9es comme autant d&rsquo;indices adress\u00e9s aux lecteurs qui connaissent l&rsquo;ensemble de l&rsquo;\u0153uvre\u00a0: oui, il s&rsquo;agit bien du m\u00eame r\u00e9cit plac\u00e9 au sein de deux ouvrages qui multiplient par ailleurs les points communs (un homme qui recherche sa femme, qui d\u00e9couvre qu&rsquo;il ne la connaissait pas vraiment, qui s\u00e9journe longuement dans un h\u00f4tel tenu par un homme qui ne cesse de se plaindre des clients, etc.), \u00e0 commencer par la mise en sourdine de tout ce qui fait habituellement la dr\u00f4lerie des romans de Jean-Paul Dubois. C&rsquo;est peut-\u00eatre pr\u00e9cis\u00e9ment en lisant ces deux romans qu&rsquo;on exp\u00e9rimente le mieux, mais au n\u00e9gatif, ce qu&rsquo;est la vraie veine romanesque, voire la vraie po\u00e9tique de Dubois\u00a0: le romancier est vraiment lui-m\u00eame lorsqu&rsquo;il est dr\u00f4le dans la trag\u00e9die, lorsqu&rsquo;il rend cocasses des situations qui sont objectivement tristes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Publications<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Compte rendu analytique d&rsquo;un sentiment d\u00e9sordonn\u00e9<\/em>, 1984<\/li>\n<li><em>\u00c9loge du gaucher dans un monde manchot<\/em>, 1986<\/li>\n<li><em>Tous les matins je me l\u00e8ve<\/em>, 1988<\/li>\n<li><em>Maria est morte<\/em>, 1989<\/li>\n<li><em>Les poissons me regardent<\/em>, 1990<\/li>\n<li><em>Vous aurez de mes nouvelles<\/em>, 1991<\/li>\n<li><em>Parfois je ris tout seul<\/em>, 1992<\/li>\n<li><em>Une ann\u00e9e sous silence<\/em>, 1992<\/li>\n<li><em>Prends soin de moi<\/em>, 1993<\/li>\n<li><em>La vie me fait peur<\/em>, 1994<\/li>\n<li><em>Kennedy et moi<\/em>, 1996<\/li>\n<li><em>L&rsquo;Am\u00e9rique m&rsquo;inqui\u00e8te<\/em>, 1996<\/li>\n<li><em>Je pense \u00e0 autre chose<\/em>, 1997<\/li>\n<li><em>Si ce livre pouvait me rapprocher de toi<\/em>, 1999<\/li>\n<li><em>Jusque-l\u00e0 tout allait bien en Am\u00e9rique<\/em>, recueil, 2002<\/li>\n<li><em>Une vie fran\u00e7aise<\/em>, 2004<\/li>\n<li><em>Vous plaisantez, Monsieur Tanner<\/em>, 2006<\/li>\n<li><em>Hommes entre eux<\/em>, 2007<\/li>\n<li><em>Les Accommodements raisonnables<\/em>, 2008<\/li>\n<li><em>Le Cas Sneijder<\/em>, 2011<\/li>\n<li><em>La Succession<\/em>, 2016, \u00e9ditions de l&rsquo;Olivier \u2014 S\u00e9lectionn\u00e9 pour le prix Goncourt<\/li>\n<li><em>Tous les hommes n&rsquo;habitent pas le monde de la m\u00eame fa\u00e7on<\/em>, 2019, \u00e9ditions de l&rsquo;Olivier \u2013 Prix Goncourt<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Prix litt\u00e9raires<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Prix de l&rsquo;Humour noir Xavier Forneret 1991 pour <em>Vous aurez de mes nouvelles<\/em>.<\/li>\n<li>Prix France T\u00e9l\u00e9visions 1996 pour <em>Kennedy et moi<\/em><\/li>\n<li>Prix Femina 2004 pour <em>Une vie fran\u00e7aise<\/em><\/li>\n<li>Prix du roman Fnac 2004 pour <em>Une vie fran\u00e7aise<\/em><\/li>\n<li>Prix Alexandre-Vialatte 2012 pour <em>Le Cas Sneijder<\/em><\/li>\n<li>Prix Goncourt 2019 pour <em>Tous les hommes n&rsquo;habitent pas le monde de la m\u00eame fa\u00e7on<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Adaptations de son \u0153uvre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00c0 l&rsquo;\u00e9cran<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Le Condamn\u00e9<\/em>, 1993, r\u00e9alis\u00e9 par Xavier Giannoli (court-m\u00e9trage)<\/li>\n<li><em>Kennedy et moi<\/em>, 1999, r\u00e9alis\u00e9 par Sam Karmann<\/li>\n<li><em>En chantier, monsieur Tanner<\/em> (t\u00e9l\u00e9film), 2009, inspir\u00e9 de <em>Vous plaisantez, monsieur Tanner<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 par Stefan Liberski<\/li>\n<li><em>La Nouvelle Vie de Paul Sneijder<\/em>, 2016, adaptation du roman <em>Le cas Sneijder<\/em> par Thomas Vincent, avec Thierry Lhermitte et G\u00e9raldine Pailhas<\/li>\n<li><em>Le Fils de Jean<\/em>, 2016, inspir\u00e9 du roman <em>Si ce livre pouvait me rapprocher de toi<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 par Philippe Lioret, avec Pierre Deladonchamps et Gabriel Arcand.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Au th\u00e9\u00e2tre<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Vous plaisantez, monsieur Tanner<\/em>, 2008, adaptation, mise en sc\u00e8ne &amp; sc\u00e9nographie de David Teysseyre. Interpr\u00e9tation par Roch-Antoine Albalad\u00e9jo\u00a0; lumi\u00e8res de Vincent Lemoine\u00a0; son de S\u00e9bastien Cannas (Studio Capitaine Plouf).<\/li>\n<li><em>Le cas Sneijder,<\/em> 2017, au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Atelier, avec Pierre Arditi, mise en sc\u00e8ne de Didier Bezace<em>.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est l&rsquo;histoire d&rsquo;une vie, celle de Paul Hansen, emprisonn\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al,.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":7784,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[528],"tags":[529],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/Tous-les-hommes-nhabitent-pas-ce-monde-de-la-m\u00eame-fa\u00e7on.jpg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7785"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7785"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7785\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7784"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7785"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7785"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7785"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}