{"id":7693,"date":"2019-08-12T10:39:57","date_gmt":"2019-08-12T09:39:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=7693"},"modified":"2019-08-12T10:41:25","modified_gmt":"2019-08-12T09:41:25","slug":"reile-jean-%e2%99%a6-gare-a-lou","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/reile-jean-%e2%99%a6-gare-a-lou\/","title":{"rendered":"Teul\u00e9 Jean &#x2666; Gare \u00e0 Lou!"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=7690\" rel=\"attachment wp-att-7690\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-7690\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Gare-\u00e0-Lou.jpg\" alt=\"\" width=\"211\" height=\"257\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Gare-\u00e0-Lou.jpg 351w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Gare-\u00e0-Lou-246x300.jpg 246w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Gare-\u00e0-Lou-220x268.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 211px) 100vw, 211px\" \/><\/a>Avec <em>Gare \u00e0 Lou ! <\/em>Jean Teul\u00e9 revient \u00e0 la veine fantastique qui avait fait le succ\u00e8s du Magasin des suicides et laisse libre court \u00e0 un imaginaire plus d\u00e9brid\u00e9 que jamais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Comme le disaient Mozart et Shakespeare : \u00a0\u00bb Il est tr\u00e8s agr\u00e9able de jouir d&rsquo;un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c&rsquo;est une source in\u00e9puisable d&#8217;emb\u00eatements. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au pr\u00e9texte qu&rsquo;elle est en mesure de faire tomber imm\u00e9diatement les pires calamit\u00e9s sur la t\u00eate de tous ceux qui la contrarient, on l&rsquo;enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut grad\u00e9s pour qu&rsquo;elle devienne une arme absolue capable de mettre en \u00e9chec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d&rsquo;ourdir de m\u00e9chantes et sournoises man\u0153uvres afin de causer des torts effroyables \u00e0 d&rsquo;autres nations. De telles occupations n&rsquo;offrent pas \u00e0 une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D&rsquo;autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme pr\u00e9vu.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teul\u00e9 que d&rsquo;imaginer les horreurs qu&rsquo;un \u00eatre humain bien dispos\u00e9 peut infliger \u00e0 ses contemporains.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=2715\" rel=\"attachment wp-att-2715\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-2715 \" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Jean-Teul\u00e9.jpg\" alt=\"\" width=\"238\" height=\"182\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Jean-Teul\u00e9.jpg 300w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/09\/Jean-Teul\u00e9-220x167.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 238px) 100vw, 238px\" \/><\/a>Jean Teul\u00e9<\/strong><strong>,<\/strong> n\u00e9 \u00e0 Saint-L\u00f4, dans la Manche, le 26\u00a0f\u00e9vrier\u00a01953, est un romancier fran\u00e7ais, qui a \u00e9galement pratiqu\u00e9 la bande dessin\u00e9e, le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est n\u00e9 en Bretagne, l\u00e0 o\u00f9 son p\u00e8re, charpentier communiste originaire d&rsquo;Agen, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 par son entreprise apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale pour participer \u00e0 la reconstruction de la pr\u00e9fecture. Ce dernier rencontre celle qui va devenir sa femme, une Bretonne, serveuse dans le caf\u00e9 qu&rsquo;il fr\u00e9quente chaque jour. Le couple vit deux ans dans une baraque puis, priv\u00e9 d&#8217;emploi en raison de leurs opinions politiques communistes, gagne Paris. La famille Teul\u00e9, avec Jean et sa s\u0153ur, s&rsquo;installe \u00e0 Arcueil. Son p\u00e8re devient menuisier et sa m\u00e8re concierge \u00e0 la mairie puis femme de m\u00e9nage dans les \u00e9coles. En CM1, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole communale Jules-Ferry, il est le camarade de classe de Jean-Paul Gaultier, qui dessine d\u00e9j\u00e0 des costumes. Tous deux resteront en contact avec leur ancienne institutrice, qui a aussi enseign\u00e9 la lecture \u00e0 Bernard Fixot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Loin d\u2019\u00eatre brillant \u00e0 l\u2019\u00e9cole, il est dirig\u00e9 vers une sp\u00e9cialit\u00e9 de m\u00e9canique automobile \u00e0 la fin de sa troisi\u00e8me. Se rendant compte de ses talents cach\u00e9s, son professeur de dessin d\u00e9cide de lui donner des cours particuliers afin qu\u2019il puisse suivre une voie plus artistique. Il suit des \u00e9tudes \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de l&rsquo;art de la rue Madame (aujourd&rsquo;hui lyc\u00e9e Maximilien Vox) \u00e0 Paris. Andr\u00e9 Barbe, auteur de bande dessin\u00e9e alors en vogue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, remarque une de ses illustrations chez un libraire d&rsquo;Arcueil et le fait entrer \u00e0 <em>L&rsquo;\u00c9cho des savanes<\/em>. Entr\u00e9 au num\u00e9ro 44 de septembre 1978, Jean Teul\u00e9 en devient imm\u00e9diatement un pilier, y apparaissant sans discontinuer jusqu&rsquo;au num\u00e9ro 81, et figurant au sommaire du num\u00e9ro 84, le dernier de la formule historique. Il s&rsquo;inscrit dans la mouvance des auteurs qui travaillent \u00e0 partir de photographies retravaill\u00e9es, tels Jean-Claude Claeys ou les membres du Groupe Bazooka. Ses premiers r\u00e9cits sont publi\u00e9s en collaboration avec Jean Rouzaud, puis il les r\u00e9alise seul, faisant cependant figurer dans les cr\u00e9dits la coloriste Zazou. Fin 1981, le journal conna\u00eet cependant des difficult\u00e9s financi\u00e8res croissantes et il dispara\u00eet en janvier 1982. Lorsqu&rsquo;il est repris puis relanc\u00e9 par les \u00e9ditions Albin Michel \u00e0 la fin de la m\u00eame ann\u00e9e, Teul\u00e9 ne travaille pas pour la nouvelle formule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean Teul\u00e9 avait alors d\u00e9but\u00e9 l&rsquo;adaptation du roman de Jean Vautrin, <em>Bloody Mary<\/em>, dont les premi\u00e8res pages \u00e9taient parues dans le dernier num\u00e9ro de l\u2019<em>\u00c9cho<\/em>. Publi\u00e9 par Gl\u00e9nat en ao\u00fbt 1983, l&rsquo;album rencontre le succ\u00e8s critique et obtient lors du festival d&rsquo;Angoul\u00eame 1984 un prix remis par la presse sp\u00e9cialis\u00e9e, lequel prend le nom de Prix Bloody Mary. \u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1983, Teul\u00e9 entre \u00e0 <em>Circus<\/em>, l&rsquo;un des mensuels de la maison d&rsquo;\u00e9dition, et en reste un collaborateur r\u00e9gulier jusqu&rsquo;en 1986. De 1984 \u00e0 1986, il publie \u00e9galement trois nouveaux albums aux \u00e9ditions Gl\u00e9nat. Arriv\u00e9 tr\u00e8s rapidement \u00e0 maturit\u00e9, Teul\u00e9 sent poindre le risque du syst\u00e8me, et d\u00e9cide de changer d&rsquo;approche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En janvier 1986, il publie dans <em>Z\u00e9ro<\/em> le premier de ses reportages en bande dessin\u00e9e o\u00f9 il pr\u00e9sente des personnages loufoques, des originaux, \u00e0 la mani\u00e8re de l&rsquo;\u00e9mission <em>Strip-Tease<\/em>, apparue l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision belge RTBF1. Quelques mois plus tard, ces histoires sont publi\u00e9es dans <em>(A SUIVRE)<\/em>, le mensuel de bande dessin\u00e9e des \u00e9ditions Casterman. Cette collaboration cesse en 1989 et d\u00e9bouche sur deux albums, <em>Gens de France<\/em> en 1988 et <em>Gens d&rsquo;ailleurs<\/em> en 1990. Le premier obtient l&rsquo;Alph-Art du meilleur album fran\u00e7ais. En 2005, les \u00e9ditions Ego comme x publient une int\u00e9grale augment\u00e9e de ces r\u00e9cits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean Teul\u00e9 re\u00e7oit en 1990 au festival d&rsquo;Angoul\u00eame un prix sp\u00e9cial du jury pour \u00ab\u00a0contribution exceptionnelle au renouvellement du genre de la bande dessin\u00e9e\u00a0\u00bb. Le prenant pour un prix posthume, il abandonne sur le coup la carri\u00e8re de dessinateur, se lance dans la t\u00e9l\u00e9vision dans <em>L&rsquo;Assiette anglaise<\/em> de Bernard Rapp qui l&rsquo;a remarqu\u00e9 dans <em>(A SUIVRE)<\/em> puis <em>Nulle part ailleurs<\/em> sur Canal+.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce \u00e0 cette exposition m\u00e9diatique, une \u00e9ditrice le rep\u00e8re. Elle sera l\u2019instigatrice de son nouveau changement de carri\u00e8re en lui r\u00e9v\u00e9lant qu\u2019il est en fait un \u00e9crivain qui s\u2019ignore. Il devient ainsi un homme de lettres et d\u00e9clarera d\u2019ailleurs que sa carri\u00e8re aura \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9e par des rencontres d\u00e9cisives. <em>\u00ab J\u2019ai fait de la BD sans le vouloir, de la t\u00e9l\u00e9 sans le d\u00e9sirer, et je suis \u00e9crivain sans l\u2019avoir choisi non plus [\u2026] Je me dis que j&rsquo;ai eu beaucoup de chance de rencontrer des gens qui ont su m&rsquo;aider ainsi. \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s ses exp\u00e9riences t\u00e9l\u00e9visuelles et ayant abandonn\u00e9 toute autre activit\u00e9, il se consacre d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019\u00e9criture. \u00c9lisabeth Gille lui propose son premier contrat pour la maison Julliard, o\u00f9 il publie <em>Rainbow pour Rimbaud<\/em> (1991) qu\u2019il adapte au cin\u00e9ma cinq ans plus tard, <em>L&rsquo;\u0152il de P\u00e2ques<\/em> (1992), <em>Balade pour un p\u00e8re oubli\u00e9<\/em> (1995).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est\u00a0<em>\u00ab\u00a0Darling\u00a0\u00bb, <\/em>biographie touchante et d\u00e9licate d\u2019une naufrag\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9, publi\u00e9e en 1998, qui aura le plus de succ\u00e8s. \u00ab\u00a0Darling\u00a0\u00bb sera \u00e9galement adapt\u00e9 au cin\u00e9ma par Christine Carri\u00e8re, en 2007, avec Marina Fo\u00efs et\u00a0Guillaume Canet dans les r\u00f4les principaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Suit <em>Bord cadre<\/em> (1999), et toujours fid\u00e8le au m\u00eame \u00e9diteur, Julliard, il publie <em>Longues Peines<\/em> sur une id\u00e9e de Jean-Marie Gourio, un roman qui nous pr\u00e9cipite dans les ab\u00eemes de l\u2019univers carc\u00e9ra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis suivront <em>Les Lois de la gravit\u00e9<\/em>, <em>\u00d4 Verlaine\u00a0!<\/em> (2004) dans lequel il nous plonge dans le Paris des ann\u00e9es 1890 en r\u00e9inventant les derniers mois du po\u00e8te g\u00e9nie, <em>Je, Fran\u00e7ois Villon<\/em> (2006).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2007, il sort <em>Le Magasin des suicides<\/em>, titre choquant pour un roman dr\u00f4le, \u00e9crit en l\u2019espace de quatre mois et qui a joui d\u2019un tr\u00e8s bon accueil de la part des lecteurs. En 2012, l&rsquo;histoire sera adapt\u00e9e au cin\u00e9ma par Patrice Lecomte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>En 2008, <\/em>il s\u2019essaie \u00e0 un nouveau registre en se penchant sur l\u2019histoire de France \u00e0 l\u2019\u00e9poque du Roi Soleil. <em>\u00ab\u00a0Le Montespan\u00a0\u00bb<\/em> est ainsi un roman dans lequel il rend hommage \u00e0 l\u2019un des oubli\u00e9s de l\u2019histoire, Le Marquis de Montespan, ayant refus\u00e9 d\u2019\u00eatre fait cocu \u00e0 cause du Roi Louis XIV. <em>\u00ab\u00a0Le Montespan\u00a0\u00bb<\/em> est encore une fois bien accueilli par les critiques, gr\u00e2ce \u00e0 son \u00e9criture \u00e0 la fois dr\u00f4le et s\u00e9rieuse. Il a d\u2019ailleurs re\u00e7u le Grand prix Palatine du Roman Historique et le Prix Maison de la Presse en 2008. Deux ans plus tard, il adapte ce succ\u00e8s \u00e0 la BD.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses parutions suivantes <em>Mangez-le si vous voulez<\/em> (2009), <em>Charly 9<\/em> (2011) et <em>Fleur de tonnerre<\/em> (2013), <em>H\u00e9lo\u00efse ouille !<\/em> (2015 &#8211; Prix Trop Virilo 2015), <em>Comme une respiration&#8230;<\/em> (2016) sont autant de romans gagnant \u00e0 chaque fois la faveur des critiques et des lecteurs. Tous ses livres sont publi\u00e9s en \u00e9dition de poche aux \u00e9ditions Pocket.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2018, para\u00eet <em>\u00ab\u00a0Entrez dans la danse\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En mars 2019, avec la parution, toujours chez Julliard, de <em>\u00ab\u00a0Gare \u00e0 Lou\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>, il revient au style roman d\u2019anticipation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a \u00e9galement publi\u00e9 plusieurs bandes dessin\u00e9es, fond\u00e9es essentiellement sur des photos retouch\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Dominique Warfa, Teul\u00e9 d\u00e9fend un \u00ab\u00a0art de la distance\u00a0\u00bb, une bande dessin\u00e9e difficile, au graphisme travaill\u00e9 sans \u00eatre esth\u00e9tisant et au propos complexe. En effet, Jean Teul\u00e9 construit ses bandes dessin\u00e9es \u00e0 partir de photographies retravaill\u00e9es par divers moyens (hachures, lavage, gommage, tramage, froissage, etc.) sur lesquelles il dessine et peint. Chez lui, la photographie ne sert donc pas \u00e0 assurer un plus grand r\u00e9alisme au dessin, comme chez de nombreux auteurs r\u00e9alistes classiques\u00a0; elle est \u00e0 la base de sa pratique artistique. Cette pratique, commune \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, peut conduire \u00e0 des \u0153uvres rigides, fig\u00e9es, comme chez Jean-Claude Claeys. Chez Teul\u00e9, l&rsquo;image est en permanence mise en mouvement, dynamis\u00e9e par les multiples alt\u00e9rations et modifications que son auteur lui fait subir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que les limites techniques de <em>L&rsquo;\u00c9cho des savanes<\/em> l&rsquo;avaient conduit \u00e0 ne travailler initialement qu&rsquo;en noir et blanc, Teul\u00e9 a ensuite pu commencer \u00e0 int\u00e9grer progressivement la couleur dans son \u0153uvre. Avec <em>Bloody Mary<\/em>, il peut l&rsquo;utiliser sur un album entier. L\u00e0 encore, la couleur ne sert pas \u00e0 am\u00e9liorer la lisibilit\u00e9, \u00e0 accro\u00eetre l&rsquo;effet de r\u00e9el, mais sert le propos en augmentant la distance, le malaise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au r\u00e9alisme tourment\u00e9 des images r\u00e9pond une interrogation du r\u00e9el permanente et tourment\u00e9e. Celle-ci est d&rsquo;abord interrogation sur la repr\u00e9sentation-m\u00eame, sur la fiction et l&rsquo;image. L&rsquo;\u0153uvre de Teul\u00e9 ne se limite pour autant pas \u00e0 l&rsquo;interrogation m\u00e9ta-textuelle\u00a0: il se fait le portraitiste amer de la banlieue oppressante des ann\u00e9es 1980. Il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 se renouveler, adaptant Jean Vautrin pour sa premi\u00e8re \u0153uvre ambitieuse, ou tirant vers l&rsquo;onirisme avec <em>Filles de nuit<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette \u0153uvre exigeante, au-del\u00e0 des adh\u00e9sions, g\u00e9n\u00e8re aussi des incompr\u00e9hensions. Ainsi, Wolinski, r\u00e9dacteur en chef de <em>Charlie Mensuel<\/em> juge les bandes dessin\u00e9es de Teul\u00e9 \u00ab\u00a0trop compliqu\u00e9es\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec <em>Fleur de Tonnerre<\/em> et auparavant <em>Mangez-le si vous voulez<\/em>, Teul\u00e9 s&rsquo;inscrit dans l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise du True crime, un genre litt\u00e9raire essentiellement anglo-saxon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la ville, Jean Teul\u00e9 est le compagnon de l&rsquo;actrice de cin\u00e9ma Miou-Miou.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec Gare \u00e0 Lou ! Jean Teul\u00e9 revient \u00e0 la veine.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":7690,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[506],"tags":[143],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/Gare-\u00e0-Lou.jpg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7693"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7693"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7693\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7690"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7693"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7693"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7693"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}