{"id":7336,"date":"2019-01-21T07:31:11","date_gmt":"2019-01-21T06:31:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=7336"},"modified":"2019-01-21T07:33:19","modified_gmt":"2019-01-21T06:33:19","slug":"badinter-robert-%e2%99%a6-idiss","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/badinter-robert-%e2%99%a6-idiss\/","title":{"rendered":"Badinter Robert &#x2666; Idiss"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=7338\" rel=\"attachment wp-att-7338\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-7338\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Idiss.jpeg\" alt=\"\" width=\"156\" height=\"247\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Idiss.jpeg 600w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Idiss-189x300.jpeg 189w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Idiss-220x349.jpeg 220w\" sizes=\"(max-width: 156px) 100vw, 156px\" \/><\/a>L&rsquo;ex-garde des Sceaux signe un livre sur sa grand-m\u00e8re maternelle, Idiss, C&rsquo;est ce monde perdu de la <em>yiddishkeit<\/em>, d\u00e9cim\u00e9 par la Shoah, que fait revivre Robert Badinter dans le r\u00e9cit vibrant de sensibilit\u00e9 qu&rsquo;il consacre \u00e0 sa grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Ce livre ne pr\u00e9tend \u00eatre ni une biographie exhaustive sur la vie \u00e0 la fois romanesque et tragique d&rsquo;Idiss, ni une \u00e9tude de la condition des immigr\u00e9s juifs de l&rsquo;Empire russe venus \u00e0 Paris avant 1914. C\u2019est simplement le r\u00e9cit d&rsquo;une destin\u00e9e singuli\u00e8re \u00e0 laquelle il a souvent r\u00eav\u00e9. Puisse-t-il \u00eatre aussi, au-del\u00e0 du temps \u00e9coul\u00e9, un t\u00e9moignage d&rsquo;amour de son petit-fils, le fils de Simon, arr\u00eat\u00e9 en 1942 par Klaus Barbie, d\u00e9port\u00e9 et jamais revenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On suit le parcours d&rsquo;Idiss, originaire du Yiddishland en 1833, en Bessarabie, une r\u00e9gion dont les contours et les rattachements ont beaucoup vari\u00e9 avec l&rsquo;histoire, situ\u00e9e historiquement au sud de l&rsquo;Empire tsariste, en lisi\u00e8re de la Roumanie (fait actuellement partie de la Roumanie), entre Russie et Moldavie, et qui va \u00e9migrer \u00e0 la suite de ses deux fils, fuyant les terribles pogroms du d\u00e9but du 20\u00e8me si\u00e8cle dans cette r\u00e9gion \u00e0 l&rsquo;antis\u00e9mitisme virulent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est en Bessarabie qu&rsquo;elle tombe amoureuse de Schulim et qu&rsquo;ils auront trois enfants, Avroum, Naftoul et la petite derni\u00e8re, Chiffra qui deviendra Charlotte, lorsque la famille d\u00e9cidera de s&rsquo;installer \u00e0 Paris en 1912.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est \u00e0 Paris que Charlotte qui n&rsquo;aura de cesse de franciser la famille, l&rsquo;\u00e9cole de la r\u00e9publique, rencontre Simon. Ils auront deux fils, Robert et Claude. Simon se r\u00e9v\u00e8le un excellent entrepreneur, faisant fructifier une entreprise de n\u00e9goce international dans le domaine de la fourrure. Et la famille grimpe les \u00e9chelons, s&rsquo;installe dans un quartier bourgeois tandis que bruissent d\u00e9j\u00e0 les pr\u00e9mices du conflit \u00e0 venir&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La figure d&rsquo;Idiss est bien s\u00fbr omnipr\u00e9sente, elle qui ne parle pas fran\u00e7ais, ne sait ni lire ni \u00e9crire, habite avec Simon et Charlotte et constitue donc une chaleureuse pr\u00e9sence pour ses petits-enfants.<\/p>\n<blockquote><p><em>Histoire repr\u00e9sentative de celle de nombreuses familles juives d&rsquo;Europe centrale, chass\u00e9es par la violence de l&rsquo;expression de l&rsquo;antis\u00e9mitisme \u00e0 travers les pogroms de l&rsquo;Empire tsariste, et qui voyaient en la France une terre de libert\u00e9s et de tol\u00e9rance.<\/em><\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les mots de Robert Badinter, on sent tout l&rsquo;amour pour cette grand-m\u00e8re, que la famille a d\u00fb quitter pour fuir en zone libre &#8211; Idiss \u00e9tant trop faible pour \u00eatre transport\u00e9e. Toute la douleur aussi, sous-jacente, au moment d&rsquo;aborder le destin de son p\u00e8re. Dans les souvenirs de ce que lui ont transmis son p\u00e8re et sa grand-m\u00e8re, on d\u00e9couvre ce qui a servi de \u00ab\u00a0tuteur\u00a0\u00bb au jeune Robert, et l&rsquo;on mesure peut-\u00eatre mieux comment se forge une telle personnalit\u00e9. Car ce r\u00e9cit, pour intime qu&rsquo;il soit, ne manque jamais d&rsquo;apporter une contribution \u00e0 notre connaissance de l&rsquo;Histoire de France et plus particuli\u00e8rement de cette p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant la seconde guerre mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=7337\" rel=\"attachment wp-att-7337\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-7337 \" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Robert-Badinter.jpg\" alt=\"\" width=\"281\" height=\"281\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Robert-Badinter.jpg 245w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Robert-Badinter-150x150.jpg 150w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Robert-Badinter-220x220.jpg 220w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Robert-Badinter-120x120.jpg 120w\" sizes=\"(max-width: 281px) 100vw, 281px\" \/><\/a>Robert Badinter est une figure qu&rsquo;on ne pr\u00e9sente plus. Avocat, homme politique, ministre de la Justice apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9lection de Fran\u00e7ois Mitterand en 1981, il restera dans l&rsquo;Histoire comme celui qui a fait voter l&rsquo;abolition de la peine de mort en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Robert Badinter<\/strong>, n\u00e9 le 30 mars 1928 dans le 16<sup>\u00e8me <\/sup>arrondissement de Paris, est un avocat, juriste, essayiste et homme politique fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Professeur de droit priv\u00e9, avocat au barreau de Paris, pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel de 1986 \u00e0 1995, il est principalement connu pour son combat contre la peine de mort, dont il obtient l&rsquo;abolition en France le 9 octobre 1981 en tant que garde des Sceaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est \u00e9galement connu pour ses positions pour la r\u00e9insertion des d\u00e9tenus, pour la suppression de la distinction discriminatoire dans l&rsquo;\u00e2ge de la majorit\u00e9 sexuelle pour les rapports homosexuels, pour sa participation \u00e0 la r\u00e9daction d&rsquo;\u00e9volutions du Code p\u00e9nal, ainsi que pour son combat contre l&rsquo;antis\u00e9mitisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son p\u00e8re, Simon Badinter, juif originaire de Bessarabie (raion de Telene\u0219ti), est arr\u00eat\u00e9 par la Gestapo lors de la rafle de la rue Sainte-Catherine \u00e0 Lyon le 9 f\u00e9vrier 1943. Robert Badinter va \u00e0 la recherche de son p\u00e8re et \u00e9vite de justesse l&rsquo;arrestation. Son p\u00e8re est d\u00e9port\u00e9 du Camp de Drancy, par le convoi n\u00b0 53 du 25 mars 1943. Il meurt peu apr\u00e8s au camp d&rsquo;extermination de Sobibor dans le Gouvernement g\u00e9n\u00e9ral de Pologne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De mars 1943 \u00e0 ao\u00fbt 1944 il trouve refuge, avec sa m\u00e8re et son fr\u00e8re, \u00e0 Cognin en p\u00e9riph\u00e9rie de Chamb\u00e9ry, o\u00f9 il entre au lyc\u00e9e Vaugelas, inscrit avec de faux papiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Robert Badinter effectue ses \u00e9tudes sup\u00e9rieures aux facult\u00e9s de lettres et de droit de l&rsquo;universit\u00e9 de Paris, o\u00f9 il obtient une licence de lettres en 1947 et une licence de droit en 1948. Il b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une bourse du gouvernement fran\u00e7ais pour compl\u00e9ter sa formation aux \u00c9tats-Unis, et obtient, en 1949, la ma\u00eetrise en arts de l&rsquo;universit\u00e9 Columbia.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1957 \u00e0 1965, il est mari\u00e9 \u00e0 l&rsquo;actrice Anne Vernon. En 1966, il \u00e9pouse en secondes noces la philosophe et \u00e9crivaine \u00c9lisabeth Bleustein-Blanchet, fille de Marcel Bleustein-Blanchet, le fondateur de Publicis, et de Sophie Vaillant, elle-m\u00eame petite-fille du d\u00e9put\u00e9 socialiste et communard \u00c9douard Vaillant. Ils ont trois enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenu en France, il s&rsquo;inscrit comme avocat au barreau de Paris en 1951 et commence sa carri\u00e8re comme collaborateur d&rsquo;Henry Torr\u00e8s. Il obtient un doctorat en droit \u00e0 la facult\u00e9 de droit de Paris en 1952 avec une th\u00e8se sur \u00ab\u00a0Les conflits de lois en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile dans le droit des \u00c9tats-Unis\u00a0\u00bb, sous la direction de Jean-Paulin Niboyet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En mai 1963 \u00e0 Dakar, il d\u00e9fend le ministre des Finances s\u00e9n\u00e9galais, Valdiodio N&rsquo;diaye, accus\u00e9 de \u00ab\u00a0tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat\u00a0\u00bb par le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, dans le cadre de la crise politique de d\u00e9cembre 1962.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant r\u00e9ussi en 1965 \u00e0 l&rsquo;agr\u00e9gation de droit priv\u00e9, il devient professeur et enseigne aux universit\u00e9s de Dijon (1966), Besan\u00e7on (1968-1969) puis Amiens (1969-1974), avant d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9, en 1974, \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 Paris I, o\u00f9 il enseigne jusqu&rsquo;en 1994, date \u00e0 laquelle il devient professeur \u00e9m\u00e9rite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parall\u00e8lement \u00e0 sa carri\u00e8re universitaire, il fonde en 1965 avec Jean-Denis Bredin le cabinet d&rsquo;avocats <em>Badinter, Bredin et partenaires<\/em>, o\u00f9 il exerce jusqu&rsquo;\u00e0 son entr\u00e9e dans le gouvernement en 1981. Il participe \u00e0 la d\u00e9fense du baron \u00c9douard-Jean Empain apr\u00e8s l&rsquo;enl\u00e8vement de celui-ci et exerce autant comme avocat d&rsquo;affaires (Coco Chanel, Boussac, talc Morhange, Empain, l&rsquo;Aga Khan, etc.) que dans le secteur du droit commun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1972, il est le d\u00e9fenseur de Roger Bontems mais ne parvient pas \u00e0 \u00e9viter la peine de mort \u00e0 son client pour qui la Cour n&rsquo;avait retenu que la complicit\u00e9 dans l&rsquo;affaire du meurtre d&rsquo;une infirmi\u00e8re et d&rsquo;un gardien de la centrale de Clairvaux. Cet \u00e9v\u00e9nement marque le d\u00e9but de son long combat contre la peine de mort et explique le fait qu&rsquo;il accepte de cod\u00e9fendre Patrick Henry, qui avait tu\u00e9 un gar\u00e7on de sept ans en 1976. Gr\u00e2ce \u00e0 sa plaidoirie contre la peine de mort en 1977, il sauve Patrick Henry de la peine capitale, ce dernier \u00e9tant alors condamn\u00e9 \u00e0 la r\u00e9clusion criminelle \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, toujours dans le cadre de sa lutte contre la peine capitale, il d\u00e9fendra et \u00e9vitera \u00e9galement la mort \u00e0\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Michel Bodin, en novembre 1977 (avec M<sup>e<\/sup> Nicole Pollak \u2013 fille de M<sup>e<\/sup> \u00c9mile Pollak \u2013 et M<sup>e<\/sup> Assicaud), coupable de l&rsquo;assassinat d&rsquo;un retrait\u00e9 (sans torture) le 28 novembre 1975.<\/li>\n<li>Mohamed Yahiaoui, en d\u00e9cembre 1978, coupable du meurtre d&rsquo;un couple de boulangers le 27 d\u00e9cembre 1975.<\/li>\n<li>Michel Rousseau, en janvier 1979, coupable du meurtre d&rsquo;une enfant de sept ans le 1<sup>er<\/sup> avril 1976, alors qu&rsquo;il \u00e9tait ivre.<\/li>\n<li>Jean Portais, en f\u00e9vrier 1979, septuag\u00e9naire d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9 deux fois aux assises pour d&rsquo;autres faits, coupable du meurtre d&rsquo;une femme lors du braquage d&rsquo;une bijouterie, puis du meurtre d&rsquo;un brigadier de gendarmerie peu apr\u00e8s lors d&rsquo;une interpellation, crimes qui remontent \u00e0 1968-1969.<\/li>\n<li>Norbert Garceau, en mars 1980 (avec M<sup>e<\/sup> Ren\u00e9 Catala et M<sup>e<\/sup> Matthieu, b\u00e2tonnier d&rsquo;Albi), coupable (r\u00e9cidiviste) du meurtre d&rsquo;une jeune femme le 9 janvier 1978.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1973, il publie chez Grasset son r\u00e9cit <em>L&rsquo;Ex\u00e9cution<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1974, il d\u00e9fend sans succ\u00e8s le joueur am\u00e9ricain de tennis Jimmy Connors contre la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de tennis et son pr\u00e9sident Philippe Chatrier qui lui avait interdit de jouer le tournoi de Roland-Garros parce que sous contrat avec la World Team Tennis. Connors gagna cette ann\u00e9e-l\u00e0 les trois autres tournois du Grand Chelem de tennis, il ne r\u00e9ussit ensuite jamais le Grand Chelem.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il d\u00e9fend \u00e9galement la milliardaire Marie Christine von Opel\u00a0(de), condamn\u00e9e le 18 juin 1980 par la chambre correctionnelle de cour d&rsquo;appel d&rsquo;Aix-en-Provence \u00e0 cinq ann\u00e9es d&#8217;emprisonnement pour une affaire de stup\u00e9fiants et lib\u00e9r\u00e9e le 13 ao\u00fbt 1981 avec vingt autres femmes d\u00e9tenues, par une gr\u00e2ce du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique propos\u00e9e par Robert Badinter, devenu alors ministre de la Justice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En octobre 1979, il d\u00e9fend le directeur de la soci\u00e9t\u00e9 Givaudan, Hubert Flahaut, dans l&rsquo;affaire du talc Morhange qui avait provoqu\u00e9 la mort de nombreux nourrissons sept ans auparavant. Il d\u00e9clare alors \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas une soci\u00e9t\u00e9 qui est jug\u00e9e, mais un homme, je me sens un devoir de d\u00e9fendre cet homme\u00a0\u00bb. En 1981, tous les condamn\u00e9s de ce proc\u00e8s b\u00e9n\u00e9ficieront de la loi d&rsquo;amnistie vot\u00e9e par la nouvelle Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son dernier proc\u00e8s avant de devenir ministre de la Justice est celui contre le n\u00e9gationniste Robert Faurisson, qu&rsquo;il fait condamner en 1981 pour avoir \u00ab\u00a0manqu\u00e9 aux obligations de prudence, de circonspection objective et de neutralit\u00e9 intellectuelle qui s&rsquo;imposent au chercheur qu&rsquo;il veut \u00eatre\u00a0\u00bb et avoir \u00ab\u00a0volontairement tronqu\u00e9 certains t\u00e9moignages\u00a0\u00bb. Et cela avant la loi Gayssot qui date de juillet 1990 et qui qualifie de d\u00e9lit le fait de contester l&rsquo;existence d&rsquo;un crime contre l&rsquo;humanit\u00e9 jug\u00e9 par le Tribunal militaire international de Nuremberg.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De 1986 \u00e0 1991, il anime avec l&rsquo;historienne Michelle Perrot un s\u00e9minaire sur la prison sous la Troisi\u00e8me r\u00e9publique \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales. <em>La Prison r\u00e9publicaine (1871-1914)<\/em> qu&rsquo;il publie en 1992 vient conclure ce cycle de travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa carri\u00e8re politique d\u00e9bute comme ministre de la Justice (du 23 juin 1981 au 18 f\u00e9vrier 1986). \u00c0 ce poste, il propose \u00ab\u00a0au nom du gouvernement de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb d&rsquo;abolir en France la peine de mort le 9 octobre 1981. Il porte \u00e9galement des projets de lois, issus des 110 propositions du candidat Fran\u00e7ois Mitterrand comme\u00a0:<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>la suppression des juridictions d&rsquo;exception comme la Cour de s\u00fbret\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat et les tribunaux des Forces Arm\u00e9es en temps de paix\u00a0;<\/li>\n<li>permettre \u00e0 tout justiciable de porter un recours devant la Commission et la Cour europ\u00e9enne des droits de l&rsquo;homme;<\/li>\n<li>le renforcement des libert\u00e9s individuelles par la suppression de la disposition l\u00e9gale p\u00e9nalisant les relations homosexuelles avec un mineur pour des \u00e2ges o\u00f9 les relations h\u00e9t\u00e9rosexuelles \u00e9taient l\u00e9gales, etc.\u00a0;<\/li>\n<li>l&rsquo;am\u00e9lioration du droit des victimes, notamment \u00e0 travers la loi du 5 juillet 1985: cr\u00e9ation d&rsquo;un r\u00e9gime sp\u00e9cial d&rsquo;indemnisation des victimes d&rsquo;accidents de la circulation\u00a0;<\/li>\n<li>le d\u00e9veloppement des peines non privatives de libert\u00e9s par l&rsquo;instauration des jours-amendes et des travaux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pour les d\u00e9lits mineurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il relance en 1985 la commission de r\u00e9vision du code p\u00e9nal institu\u00e9e par Val\u00e9ry Giscard d&rsquo;Estaing en 1974 et qui avait cess\u00e9 de fonctionner apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9lection de Fran\u00e7ois Mitterrand, en 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fran\u00e7ois Mitterrand, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, le nomme pr\u00e9sident du Conseil constitutionnel en mars 1986\u00a0; il occupe cette fonction jusqu&rsquo;en mars 1995. Il fait du Conseil constitutionnel un \u00ab\u00a0bloc\u00a0\u00bb rigide face aux majorit\u00e9s de droite, notamment contre les lois Pasqua-Debr\u00e9<sup>2<\/sup>, Charles Pasqua mettant alors en cause son impartialit\u00e9 lorsque le Conseil annule huit articles de sa loi sur l&rsquo;immigration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors du renouvellement du S\u00e9nat du 24 septembre 1995, il est investi face \u00e0 la sortante Fran\u00e7oise Seligmann et devient l&rsquo;unique s\u00e9nateur PS des Hauts-de-Seine. Il est r\u00e9\u00e9lu en 2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au niveau international, il pr\u00e9side la \u00ab\u00a0Commission d&rsquo;arbitrage pour la paix en Yougoslavie\u00a0\u00bb (commun\u00e9ment appel\u00e9e <em>Commission Badinter<\/em>) qui est cr\u00e9\u00e9e le 27 ao\u00fbt 1991 par la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne. Avec quatre autres pr\u00e9sidents de cours constitutionnelles europ\u00e9ennes, la commission Badinter rend, de novembre 1991 \u00e0 janvier 1993, quinze avis sur les probl\u00e8mes juridiques qu&rsquo;entra\u00eene la s\u00e9cession de plusieurs \u00c9tats de l&rsquo;ancienne Yougoslavie. Ces avis ont notamment permis de pr\u00e9ciser certains points comme l&rsquo;existence et la reconnaissance des \u00c9tats, les r\u00e8gles de succession et de respect des trait\u00e9s internationaux par ces derniers et la d\u00e9finition des fronti\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1991, il participe \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de la Constitution de la Roumanie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 1995, Robert Badinter est pr\u00e9sident de la Cour europ\u00e9enne de conciliation et d&rsquo;arbitrage de l&rsquo;Organisation pour la s\u00e9curit\u00e9 et la coop\u00e9ration en Europe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est membre du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Institut fran\u00e7ais des relations internationales (IFRI).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs promotions portent son nom.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 2011<strong>, <\/strong>\u00e0 l&rsquo;expiration de son mandat de s\u00e9nateur, Robert Badinter profite de son retour \u00e0 la vie civile pour donner naissance \u00e0 \u00ab\u00a0un projet con\u00e7u depuis longtemps\u00a0\u00bb. En effet, assist\u00e9 de deux autres professeurs de droit, il cr\u00e9e un cabinet de consultations juridiques nomm\u00e9 Corpus consultants, destin\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des questions pr\u00e9cises que des juristes uniquement leur soumettent. Ce cabinet est compos\u00e9 de membres tous professeurs agr\u00e9g\u00e9s de droit et reconnus dans leur domaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2013, il \u00e9crit le livret de l&rsquo;op\u00e9ra <em>Claude<\/em>, inspir\u00e9 du roman <em>Claude Gueux<\/em> de Victor Hugo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le d\u00e9c\u00e8s de Maurice Faure le 6 mars 2014, Robert Badinter est le doyen des ministres de la Justice fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En juin 2015, il publie <em>Le Travail et la Loi<\/em> avec le juriste Antoine Lyon-Caen, un ouvrage qui plaide pour r\u00e9former le <em>Code du travail<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En novembre 2015, le Premier ministre Manuel Valls lui confie pour mission de fixer en deux mois les grands principes de ce nouveau \u00ab\u00a0Code du travail\u00a0\u00bb, qui devait entrer en vigueur en 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son combat pour l&rsquo;abolition de la peine de mort commence v\u00e9ritablement apr\u00e8s l&rsquo;ex\u00e9cution de Roger Bontems, le 28 novembre 1972. Bontems avait \u00e9t\u00e9 le complice de Claude Buffet dans la prise d&rsquo;otage d&rsquo;un surveillant et d&rsquo;une infirmi\u00e8re \u00e0 la centrale de Clairvaux. Durant l&rsquo;assaut, Buffet \u00e9gorgea le surveillant et l&rsquo;infirmi\u00e8re. Il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli durant le proc\u00e8s que l&rsquo;auteur des deux meurtres \u00e9tait Buffet. Mais les jur\u00e9s d\u00e9cid\u00e8rent de condamner l&rsquo;un et l&rsquo;autre \u00e0 la peine de mort. Cette condamnation &#8211; le fait qu&rsquo;une personne qui n&rsquo;avait pas tu\u00e9 puisse \u00eatre tu\u00e9e par la justice &#8211; r\u00e9volta Robert Badinter puisque m\u00eame l&rsquo;antique loi du talion ne pouvait s&rsquo;appliquer dans ce cas. D\u00e9j\u00e0 partisan de l&rsquo;abolition (par exemple dans les ann\u00e9es 1960 lors de sa participation \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission de Pierre Desgraupes et Pierre Dumayet, <em>Lecture pour tous<\/em>, o\u00f9 il r\u00e9prouve avec v\u00e9h\u00e9mence la peine capitale), c&rsquo;est \u00e0 partir de cette ex\u00e9cution qu&rsquo;il devint un partisan d\u00e9termin\u00e9 de l&rsquo;abolition de la peine de mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est principalement pour cette raison qu&rsquo;il accepta de d\u00e9fendre Patrick Henry. Durant le mois de janvier 1976, le petit Philippe Bertrand, \u00e2g\u00e9 de huit ans, fut enlev\u00e9. Quelques jours plus tard, Patrick Henry fut interpell\u00e9 par la police. Il d\u00e9signa lui-m\u00eame le dessous de son lit, o\u00f9 se trouvait le corps de Philippe, envelopp\u00e9 dans une couverture. Ce qui r\u00e9volta le plus l&rsquo;opinion publique fran\u00e7aise fut le comportement de Henry durant l&rsquo;enqu\u00eate, avant son interpellation d\u00e9finitive. Quelques jours apr\u00e8s l&rsquo;enl\u00e8vement de l&rsquo;enfant, les policiers suspectaient d\u00e9j\u00e0 Henry mais, faute de preuve, avaient d\u00fb le rel\u00e2cher. Le criminel s&rsquo;exhiba ensuite devant les cam\u00e9ras pour dire \u00e0 qui voulait l&rsquo;entendre que les kidnappeurs et les tueurs d&rsquo;enfants m\u00e9ritaient la mort. Au c\u00f4t\u00e9 de Robert Bocquillon, Badinter assura la d\u00e9fense de Henry. En accord avec Bocquillon dont la plaidoirie devait se concentrer sur la personnalit\u00e9 d&rsquo;Henry, Robert Badinter plaida en forme de r\u00e9quisitoire contre la peine de mort. Il explique dans L&rsquo;<em>Abolition<\/em> que sa strat\u00e9gie \u00e9tait de mettre les jur\u00e9s face \u00e0 leur responsabilit\u00e9 en repla\u00e7ant leur choix de mort ou non au centre des d\u00e9bats, puisque la culpabilit\u00e9 \u00e9tait de son c\u00f4t\u00e9 \u00e9vidente. Il s&rsquo;appuya notamment sur une formule marquante qu&rsquo;une lettre de Buffet au Pr\u00e9sident Pompidou lui avait inspir\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Guillotiner ce n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que prendre un homme et le couper, vivant, en deux morceaux.\u00a0\u00bb. Henry \u00e9chappa \u00e0 la peine capitale et fut condamn\u00e9 \u00e0 la r\u00e9clusion criminelle \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un tel verdict, on aurait pu croire qu&rsquo;aucun tribunal fran\u00e7ais ne prononcerait plus de condamnation \u00e0 mort. Ce ne fut pas le cas. N\u00e9anmoins l&rsquo;affaire permit de lancer un vrai d\u00e9bat, et le visage de Robert Badinter devint celui des partisans r\u00e9solus de l&rsquo;abolition de la peine de mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre l&rsquo;affaire Patrick Henry, condamn\u00e9 en 1977, et l&rsquo;abolition de la peine de mort en 1981, deux personnes furent ex\u00e9cut\u00e9es, (J\u00e9r\u00f4me Carrein et Hamida Djandoubi). Cinq accus\u00e9s, d\u00e9fendus par Robert Badinter entre 1978 et 1980, \u00e9chapp\u00e8rent \u00e0 la guillotine. Badinter participa activement aux deux campagnes pr\u00e9sidentielles de Fran\u00e7ois Mitterrand (celles de 1974 et 1981). Cette fid\u00e9lit\u00e9 lui ouvrit naturellement les portes de l&rsquo;h\u00f4tel de Bourvallais en tant que garde des Sceaux, ministre de la Justice des gouvernements de Pierre Mauroy. L&rsquo;une de ses premi\u00e8res actions l\u00e9gislatives a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;avoir eu \u00ab\u00a0l&rsquo;honneur, au nom du gouvernement de la R\u00e9publique, de demander \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale l&rsquo;abolition de la peine de mort en France\u00a0\u00bb en pr\u00e9sentant et d\u00e9fendant le projet de loi visant \u00e0 abolir la peine de mort en France. Ce projet de loi fut adopt\u00e9 par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, le 18 septembre 1981 (par la majorit\u00e9 de gauche mais aussi certaines voix de droite dont celles de Jacques Chirac et de Philippe S\u00e9guin), puis par le S\u00e9nat le 30 septembre 1981, et devint la loi n<sup>o<\/sup>\u00a081-908 du 9 octobre 1981, promulgu\u00e9e le lendemain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que la peine de mort n&rsquo;existe plus en France et dans la grande majorit\u00e9 des pays de l&rsquo;Europe, de nombreux pays continuent de l&rsquo;appliquer (notamment la Chine et les \u00c9tats-Unis). C&rsquo;est pour cette raison que Robert Badinter continue son combat. Il a \u00e9t\u00e9 notamment l&rsquo;un des animateurs du premier Congr\u00e8s mondial contre la peine de mort qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 Strasbourg du 21 juin au 23 juin 2001.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 31 d\u00e9cembre 2006, au lendemain de l&rsquo;ex\u00e9cution de l&rsquo;ancien dictateur irakien, Saddam Hussein, Robert Badinter estime que cet acte constitue \u00ab\u00a0une faute politique majeure\u00a0\u00bb. D&rsquo;abord, au regard de la justice pour l&rsquo;ensemble des crimes dont l&rsquo;ancien dictateur ne fut pas jug\u00e9. Ensuite, au regard de l&rsquo;avenir d\u00e9j\u00e0 assombri de l&rsquo;Irak, il consid\u00e8re que cette ex\u00e9cution risque d&rsquo;aggraver la dislocation du pays. Il rejette ainsi la notion \u00ab\u00a0d&rsquo;\u00e9tape importante pour la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb que constituerait la mort de Saddam Hussein pour l&rsquo;administration Bush.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il soutient, le 7 f\u00e9vrier 2007, devant le S\u00e9nat, le projet de loi constitutionnelle visant \u00e0 inscrire l&rsquo;abolition de la peine de mort au sein de la Constitution, permettant ainsi \u00e0 la France de ratifier deux trait\u00e9s rendant impossible le r\u00e9tablissement de la peine de mort en France par une simple loi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un t\u00e9l\u00e9film, <em>L&rsquo;Abolition<\/em>, sur son combat contre la peine de mort bas\u00e9 sur ses deux livres (<em>L&rsquo;Ex\u00e9cution<\/em> et <em>L&rsquo;Abolition<\/em>) est diffus\u00e9 en deux parties sur France 2 en janvier 2009 et f\u00e9vrier 2009, avec Charles Berling dans le r\u00f4le de Robert Badinter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9p\u00e9nalisation des relations homosexuelles avec les mineurs de plus de 15\u00a0ans est une promesse de Fran\u00e7ois Mitterrand lors de la campagne pour l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 20 d\u00e9cembre 1981, Robert Badinter marque la communaut\u00e9 homosexuelle avec son discours devant l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s six\u00a0mois de d\u00e9bats, l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale vote le 27 juillet 1982 la loi du\u00a04 ao\u00fbt 1982 qui abroge l\u2019alin\u00e9a 2 de l\u2019article 331 du Code p\u00e9nal. Cr\u00e9\u00e9 sous le r\u00e9gime de Vichy et maintenu par le gouvernement provisoire de la R\u00e9publique fran\u00e7aise par l\u2019ordonnance du 8 f\u00e9vrier 1945, cet alin\u00e9a a \u00e9tabli une distinction discriminatoire dans l&rsquo;\u00e2ge de la majorit\u00e9 sexuelle, d\u00e9fini \u00e0 21\u00a0ans pour les rapports homosexuels, \u00e2ge ramen\u00e9 \u00e0 18\u00a0ans en 1974, alors que pour les rapports h\u00e9t\u00e9rosexuels, la majorit\u00e9 \u00e9tait de 13\u00a0ans puis de 15\u00a0ans. Durant les ann\u00e9es o\u00f9 il est ministre de la Justice, plusieurs autres lois discriminatoires en fonction des m\u0153urs des personnes seront \u00e9galement abrog\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 de son action en France, l&rsquo;ancien garde des Sceaux a pris position pour une \u00ab\u00a0d\u00e9p\u00e9nalisation universelle de l&rsquo;homosexualit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec la ratification de l&rsquo;article 25 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l&rsquo;homme, article accordant le droit de requ\u00eate individuel des particuliers \u00e0 l&rsquo;encontre de la France, le 2 octobre 1981, la France devient partie int\u00e9grante de la Convention.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Robert Badinter a refus\u00e9 toute distinction honorifique de l&rsquo;ordre national de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur (tout comme son \u00e9pouse) et de l&rsquo;ordre national du M\u00e9rite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ex-garde des Sceaux signe un livre sur sa grand-m\u00e8re maternelle, Idiss,.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":7338,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[480],"tags":[482],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/Idiss.jpeg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7336"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7336"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7336\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7338"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7336"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7336"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7336"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}