{"id":6686,"date":"2018-02-06T08:56:33","date_gmt":"2018-02-06T07:56:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=6686"},"modified":"2018-02-06T08:58:42","modified_gmt":"2018-02-06T07:58:42","slug":"atwood-margaret-%e2%99%a6-cest-le-coeur-qui-lache-en-dernier","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/atwood-margaret-%e2%99%a6-cest-le-coeur-qui-lache-en-dernier\/","title":{"rendered":"Atwood Margaret &#x2666; C&rsquo;est le c\u0153ur qui l\u00e2che en dernier"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=6684\" rel=\"attachment wp-att-6684\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6684 \" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Cest-le-coeur-qui-l\u00e2che-en-dernier.jpg\" alt=\"\" width=\"126\" height=\"201\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Cest-le-coeur-qui-l\u00e2che-en-dernier.jpg 195w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Cest-le-coeur-qui-l\u00e2che-en-dernier-188x300.jpg 188w\" sizes=\"(max-width: 126px) 100vw, 126px\" \/><\/a>\u00ab\u00a0C&rsquo;est le c\u0153ur qui l\u00e2che en dernier\u00a0\u00bb <\/em>pose une question dans l&rsquo;air du temps : serions-nous pr\u00eats \u00e0 sacrifier nos libert\u00e9s au profit de la s\u00e9curit\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->et reprend les questions obs\u00e9dantes de l\u2019\u0153uvre de Margaret Atwood en imaginant une dystopie carc\u00e9rale d&rsquo;autant plus plausible qu&rsquo;elle na\u00eet d&rsquo;une d\u00e9rive toute contemporaine -\u00e0 savoir notre besoin absolu de s\u00e9curit\u00e9 au m\u00e9pris de nos libert\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong><em>Une<\/em><\/strong><em> <strong>dystopie<\/strong> est un r\u00e9cit de <\/em><em>fiction<\/em><em> d\u00e9peignant une soci\u00e9t\u00e9 imaginaire organis\u00e9e de telle fa\u00e7on qu&rsquo;elle emp\u00eache ses membres d&rsquo;atteindre le bonheur. Une dystopie peut \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e, entre autres, comme une <\/em><em>utopie<\/em><em> qui vire au cauchemar et conduit donc \u00e0 une contre-utopie. L&rsquo;auteur entend ainsi mettre en garde le lecteur en montrant les cons\u00e9quences n\u00e9fastes d\u2019une id\u00e9ologie (ou d\u2019une pratique) pr\u00e9sente \u00e0 notre \u00e9poque.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis son chef-d\u2019\u0153uvre, <em>La Servante \u00e9carlate, <\/em>consid\u00e9r\u00e9 comme un mod\u00e8le canonique de dystopie, jusqu\u2019\u00e0 <em>Maddaddam<\/em>, la Canadienne n\u2019a eu, en effet, de cesse de mettre en garde les lecteurs\u00a0: la survie, faite de sacrifices et de compromis, a un prix. M\u00e9fions-nous des \u00eelots de paix au milieu du d\u00e9sastre. Qui sait s\u2019ils ne dissimulent une noire r\u00e9alit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La crise \u00e9conomique fait rage. Les pilleurs courent les rues, le ch\u00f4mage bat son plein. On est pr\u00eat \u00e0 vendre du sang de b\u00e9b\u00e9, soi-disant Fontaine de jouvence, pour gagner quelques pi\u00e8ces. Dans cette soci\u00e9t\u00e9 post-apocalyptique, un jeune couple d&rsquo;Am\u00e9ricains, Stan et Charmaine ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s de plein fouet par la crise \u00e9conomique qui consume les \u00c9tats-Unis. Comme tant d\u2019autres victimes d\u2019une crise \u00e9conomique sans pr\u00e9c\u00e9dent, ils ont \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9s puis ont perdu leur maison acquise \u00e0 cr\u00e9dit. Tous deux survivent gr\u00e2ce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture, \u00e0 la merci de bandes de pillards omnipr\u00e9sentes,&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi, lorsqu&rsquo;ils d\u00e9couvrent \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision une publicit\u00e9 pour une ville, Consilience, vantant le bonheur garanti par un myst\u00e9rieux programme \u00ab\u00a0Positron\u00a0\u00bb, les deux tourtereaux se renseignent vaguement et, \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un boulot et d&rsquo;une maison tranquilles, signent leur adh\u00e9sion \u2013 \u00e0 vie \u2013 sans trop se poser de questions : ils n&rsquo;ont plus rien \u00e0 perdre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fameux Programme consiste, pour ses heureux \u00e9lus, \u00e0 vivre alternativement un mois dans une jolie maison toute \u00e9quip\u00e9e dans la jolie ville de Consilience, et le mois suivant dans la belle prison de la belle ville-jumelle de Positron&#8230; ou ils sont \u00e9galement log\u00e9s et nourris, l\u2019un au poulailler, l\u2019autre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital ! Dans les deux cas en exer\u00e7ant un emploi utile \u00e0 la communaut\u00e9. Le bonheur\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois \u00e0 Consilience\/Positron vous ne pourrez jamais sortir, vous vous engagez \u00e0 vie. Ville totalement close, personne ne peut y entrer. Ed, le plus haut plac\u00e9 de ce projet, dicte chaque geste, chaque loi, chaque attitude. Adieu famille ou amis, Consilience vous offre un mode de vie tellement formidable que vous n\u2019aurez plus besoin de sortir. Pas de voiture dans la ville si ce ne sont celles de la surveillance, mais chacun est pourvu d\u2019un scooter \u00e0 partager avec son alternant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le syst\u00e8me veut que pendant leur absence, un autre couple s&rsquo;installe chez eux avant d&rsquo;\u00eatre incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 son tour. Etant entendu \u00e9galement que lors de chaque chass\u00e9-crois\u00e9 mensuel, tout est fait pour \u00e9viter (en principe) que les uns et les autres rencontrent leurs alternants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;exp\u00e9rience \u00ab\u00a0Positron\u00a0\u00bb se fait en circuit ferm\u00e9 : rien ne rentre, rien ne sort, les communications sont interdites, les cam\u00e9ras omnipr\u00e9sentes, des patrouilles de Surveillance sillonnent les rues. N\u00e9anmoins, Stan et Charmaine y coulent des jours heureux, quoique monotones.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le couple vit satisfait, mais sur le plan sexuel, c\u2019est bien trop calme. Charmaine, \u00e0 l\u2019image ann\u00e9es 50 retenues pour leur ville ferm\u00e9e, est bien trop prude et Stan s\u2019ennuie. Ce qui explique s\u00fbrement pourquoi il se met dans tous ses \u00e9tats quand il tombe sur un mot \u00ab Je suis affam\u00e9e de toi. \u00bb qu\u2019il estime \u00e9crit par son alternante et qui va le rendre fou de d\u00e9sir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n&rsquo;y est pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On glisse alors dans les coulisses du programme \u00ab\u00a0Positron\u00a0\u00bb\u00a0: trafic d&rsquo;organes, robots sexuels sophistiqu\u00e9s, fabrication de poup\u00e9es sexuelles, les \u00ab\u00a0Prostibots\u00a0\u00bb, conditionnement c\u00e9r\u00e9bral, sosies d&rsquo;Elvis et de Marilyn, le tout culminant dans une tentative d&rsquo;\u00e9vasion des plus improbables. On est jet\u00e9 sans vergogne dans les affres de la mis\u00e8re humaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Avec C&rsquo;est le c\u0153ur qui l\u00e2che en dernier, Margaret Atwood nous livre un roman aussi hilarant qu&rsquo;inqui\u00e9tant, une implacable satire de nos vices et travers qui nous enferment dans de viles obsessions quand le monde entier est en passe de dispara\u00eetre. Plus globalement, ce roman d\u00e9rangeant, \u00e0 tout le moins interpellant, montre l&rsquo;exploitation de la peur et de la pauvret\u00e9 par un capitalisme dont les d\u00e9rives sont proportionnelles \u00e0 l&rsquo;avidit\u00e9 pour la rentabilit\u00e9 et le profit.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Margaret Atwood, visionnaire et reine incontest\u00e9e de la science-fiction, est r\u00e9guli\u00e8rement pressentie pour le Nobel de litt\u00e9rature. En attendant, il ne fait aucun doute qu&rsquo;on parlera encore longtemps d&rsquo;elle : en 2015, elle a d\u00e9pos\u00e9 son manuscrit \u00ab\u00a0Sribble Moon\u00a0\u00bb au projet \u00ab\u00a0biblioth\u00e8que du futur\u00a0\u00bb. Ce roman sera publi\u00e9 en&#8230; 2114. Alors, nous en aurons le c\u0153ur net et saurons enfin si ses proph\u00e9ties de Cassandre eschatologique sont amen\u00e9es \u00e0 se r\u00e9aliser.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=6685\" rel=\"attachment wp-att-6685\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-6685\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Margaret-Atwood.jpg\" alt=\"\" width=\"228\" height=\"283\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Margaret-Atwood.jpg 644w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Margaret-Atwood-242x300.jpg 242w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Margaret-Atwood-220x273.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 228px) 100vw, 228px\" \/><\/a>Margaret Eleanor \u00ab\u00a0Peggy\u00a0\u00bb Atwood<\/strong>, n\u00e9e le 18 novembre 1939 \u00e0 Ottawa, en Ontario, est une romanci\u00e8re, po\u00e9tesse et critique litt\u00e9raire canadienne. Elle est l&rsquo;une des \u00e9crivaines canadiennes les plus connues, en particulier pour son roman <em>La Servante \u00e9carlate<\/em> (<em>The Handmaid&rsquo;s Tale<\/em>), publi\u00e9 en fran\u00e7ais en 1985, qui est adapt\u00e9 au cin\u00e9ma sous le m\u00eame titre par Volker Schl\u00f6ndorff en 1990 et en s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e sous le titre <em>The Handmaid&rsquo;s Tale : La Servante \u00e9carlate<\/em> en 2017.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Margaret Atwood est la fille de Carl Edmund Atwood, zoologue, et de Maragaret Dorothy Killiam, nutritionniste. Par le m\u00e9tier de son p\u00e8re, Margaret Atwood passe la majeure partie de son enfance, dans une cabane sans \u00e9lectricit\u00e9, entre les for\u00eats du Nord du Qu\u00e9bec, Sault Sainte. Marie, Ottawa et Toronto. Un univers qui impr\u00e8gne son \u0153uvre, \u00e0 commencer par <em>Faire surface<\/em>, son premier roman publi\u00e9 en France, retour \u00e0 la terre d&rsquo;une jeune femme en qu\u00eate de ses origines. Surnomm\u00e9e \u00e0 ses d\u00e9buts la \u00ab\u00a0Sagan des neiges\u00a0\u00bb ou l'\u00a0\u00bbAntigone du MLF\u00a0\u00bb, \u00e0 cause de ses univers presque exclusivement f\u00e9minins, elle est d\u00e9sormais la \u00ab\u00a0Cassandre de Toronto\u00a0\u00bb. Son enfance ressemble aux contes de Grimm qu&rsquo;elle affectionne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle commence \u00e0 \u00e9crire \u00e0 16 ans, puis a enqu\u00eat\u00e9 sur une a\u00efeule accus\u00e9e de sorcellerie au 17\u00e8me si\u00e8cle, avant d&rsquo;entamer une th\u00e8se \u00e0 Harvard sur les romans gothiques du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1957, elle d\u00e9bute des \u00e9tudes au coll\u00e8ge Victoria \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Toronto. Elle suit notamment les cours de Jay Macpherson\u00a0et de Northrop Frye. Elle obtient un baccalaur\u00e9at \u00e8s arts en anglais (avec des mineures en philosophie et en fran\u00e7ais) en 1961.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir re\u00e7u la m\u00e9daille E. J. Pratt pour son recueil de po\u00e8me <em>Double Persephone<\/em>, elle poursuit ses \u00e9tudes \u00e0 Harvard, au Radcliffe College, dans le cadre d\u2019une bourse Woodrow Wilson. Elle est dipl\u00f4m\u00e9e en 1962 avant de prolonger ses \u00e9tudes \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Harvard pendant quatre ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle enseigne tour \u00e0 tour \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Colombie-Britannique (1965), \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Concordia \u00e0 Montr\u00e9al (1967-1968), \u00e0 Universit\u00e9 de l&rsquo;Alberta (1969-1979), \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 York \u00e0 Toronto (1971-1972) et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de New York.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1968, Atwood \u00e9pouse Jim Polk, mais divorce quelques ann\u00e9es plus tard, en 1973. Elle se marie ensuite avec le romancier Graeme Gibson. Elle donne naissance \u00e0 sa fille Eleanor Jess Atwood Gibson en 1976.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le prix Arthur C. Clarke lui est d\u00e9cern\u00e9 en 1987 pour son roman <em>La Servante \u00e9carlate<\/em> (<em>The Handmaid&rsquo;s Tale<\/em>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle remporte le Booker Prize en 2000 pour son roman <em>Le Tueur aveugle<\/em> (<em>The Blind Assassin<\/em>), qui n&rsquo;est publi\u00e9 qu&rsquo;en 2002 en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de l&rsquo;\u00e9lection f\u00e9d\u00e9rale canadienne de 2008, elle accorde son appui au Bloc qu\u00e9b\u00e9cois, parti pr\u00f4nant la souverainet\u00e9 du Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En janvier 2009, une pol\u00e9mique \u00e9clate \u00e0 Toronto\u00a0: son livre <em>La Servante \u00e9carlate<\/em> est accus\u00e9 par un parent d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve d&rsquo;\u00eatre violent, d\u00e9prav\u00e9 et tout \u00e0 la fois anti-chr\u00e9tien et anti-islamiste. Cet \u00e9v\u00e9nement souligne la force de l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;Atwood qui parvient \u00e0 perturber les rigoristes dans leurs convictions. L&rsquo;affaire n&rsquo;aura pas de suite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2015, elle remet le manuscrit de son livre <em>Scribbler Moon<\/em> au projet de \u00ab\u00a0biblioth\u00e8que du futur\u00a0\u00bb de l&rsquo;artiste \u00e9cossaise Katie Paterson, qui sera ainsi publi\u00e9 en 2114. Elle est la premi\u00e8re des cent auteurs \u00e0 participer \u00e0 ce projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 14 janvier 2018, elle publie une lettre ouverte dans le journal <em>The Globe and Mail<\/em> intitul\u00e9e \u00ab<em>Am I a bad feminist?<\/em>\u00bb (\u00abSuis-je une mauvaise f\u00e9ministe?\u00bb), dans laquelle elle fait une critique du mouvement #Metoo (#moi aussi), en m\u00eame temps qu&rsquo;elle diagnostique le syst\u00e8me judiciaire inefficace et d\u00e9pass\u00e9. Elle met en garde les f\u00e9ministes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui face \u00e0 un possible d\u00e9rapage menant \u00e0 l&rsquo;instauration d&rsquo;une \u00ab\u00a0justice populaire\u00a0\u00bb qui peut se transformer en \u00ab\u00a0lynchage solidifi\u00e9 culturellement dans lequel le type de justice accessible est jet\u00e9 par la fen\u00eatre et des pouvoirs extrajudiciaires sont mis en place et maintenus.\u00a0\u00bb Elle prend position en affirmant que \u00ab\u00a0ma position fondamentale est que les femmes sont des \u00eatres humains, avec (&#8230;) des comportements saints et d\u00e9moniaques (&#8230;) y compris le crime.\u00a0\u00bb Suite aux critiques de la part de certains observateurs qui consid\u00e8rent son \u00e9crit comme une trahison des valeurs f\u00e9ministes, elle persiste sur Twitter en expliquant son point de vue et en r\u00e9pondant aux critiques, puis en partageant deux autres textes semblables au sien dont celui d&rsquo;Andrew Sullivan \u00ab<em>It\u2019s Time to Resist the Excesses of #Metoo<\/em>\u00bb (\u00abIl est temps de r\u00e9sister aux exc\u00e8s de #Moiaussi\u00bb) o\u00f9 l&rsquo;auteur compare leur fa\u00e7on d&rsquo;agir aux m\u00e9thodes du Maccartisme qui avait mis en place une liste anonyme d\u2019hommes potentiellement dangereux, soup\u00e7onn\u00e9s d&rsquo;\u00eatre des communistes, et qui ont d\u00e9truit plusieurs de leurs carri\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre collaboratrice du <em>Globe and Mail<\/em>, Margaret Wente publie quelques jours plus tard une analyse du texte d\u2019Atwood et sa place dans l&rsquo;histoire du f\u00e9minisme. Wente n&rsquo;est pas surprise de sa position car \u00ab\u00a0elle (Atwood) aime brasser la cage\u00a0\u00bb et poursuit en citant plusieurs internautes aux r\u00e9ponses dures et fr\u00f4lant la vulgarit\u00e9. Pour Wente, Atwood est class\u00e9e comme une mod\u00e9r\u00e9e face au nouveau mouvement #metoo qui est pr\u00eat \u00e0 lyncher tous ceux qui n&rsquo;y se rangent pas. Pour expliquer la situation, en un mot, elle explique\u00a0: \u00ab\u00a0Ce qui est arriv\u00e9 c&rsquo;est que la R\u00e9volution est entr\u00e9e dans une nouvelle phase. Apr\u00e8s avoir vaincu les r\u00e9actionnaires, les Jacobins envoient les mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 la guillotine\u00a0\u00bb, puisque \u00ab\u00a0la r\u00e9volution ne concerne pas la justice, mais le changement.\u00a0\u00bb Finalement, Wente admet \u00eatre \u00ab\u00a0la derni\u00e8re alli\u00e9e de Atwood\u00a0\u00bb parce que elle aussi croit que la proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re, aussi frustrante et imparfaite soit-elle, est meilleure que l&rsquo;alternative. \u00ab\u00a0Je ne pense pas que des listes publiques d&rsquo;accusations anonymes contre des journalistes m\u00e9diatiques [&#8230;] devraient \u00eatre autoris\u00e9es \u00e0 d\u00e9truire des carri\u00e8res.\u00a0\u00bb Et pour conclure: \u00ab\u00a0Je suis <em>off<\/em>, mais avec ma t\u00eate bien en place.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Distinctions<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>Ordre du Canada<\/li>\n<li>Prix Arthur C. Clarke<\/li>\n<li>Prix Booker<\/li>\n<li>Prix Princesse des Asturies<\/li>\n<li>Grand prix Metropolis bleu, en 2007, pour l&rsquo;ensemble de son \u0153uvre.<\/li>\n<li>Prix Franz-Kafka (de Prague), en 2017.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u0152uvre\u00a0: <\/strong>Son \u0153uvre se compose d&rsquo;une quinzaine de romans, de nouvelles, de recueils de po\u00e8mes et d&rsquo;essais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Romans<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Trilogie romanesque \u00ab\u00a0<em>Le Dernier Homme\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<ol style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Le Dernier Homme<\/em>, Robert Laffont, 2005 (<em>Oryx and Crake<\/em>, 2003)<\/li>\n<li><em>Le Temps du d\u00e9luge<\/em>, Robert Laffont, 2012 (<em>The Year of the Flood<\/em>, 2009)<\/li>\n<li><em>MaddAddam<\/em>, Robert Laffont, 2014 (<em>MaddAddam<\/em>, 2013)<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Autres romans<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>La Femme comestible<\/em>, 2008 (<em>The Edible Woman<\/em>, 1969)<\/li>\n<li><em>Faire surface<\/em>, 1978 (<em>Surfacing<\/em>, 1972)<\/li>\n<li><em>Lady Oracle<\/em>, 1980 (<em>Lady Oracle<\/em>, 1976)<\/li>\n<li><em>La Vie avant l&rsquo;homme<\/em>, 1981 (<em>Life Before Man<\/em>, 1979) &#8211; Publi\u00e9 \u00e9galement sous le titre <em>La Vie devant l&rsquo;homme<\/em> aux \u00e9ditions Quinze en 1981<\/li>\n<li><em>Marqu\u00e9e au corps<\/em>, 1983 (<em>Bodily Harm<\/em>, 1981)<\/li>\n<li><em>La Servante \u00e9carlate<\/em>, 1987 (<em>The Handmaid&rsquo;s Tale<\/em>, 1985)<\/li>\n<li><em>\u0152il-de-chat<\/em>, 1991 (<em>Cat&rsquo;s Eye<\/em>, 1988)<\/li>\n<li><em>La Voleuse d&rsquo;hommes<\/em>, 1994 (<em>The Robber Bride<\/em>, 1993)<\/li>\n<li><em>Captive<\/em>, 1998 (<em>Alias Grace<\/em>, 1996) &#8211; adapt\u00e9 en 2017 sous forme de mini-s\u00e9rie de six \u00e9pisodes par Netflix<\/li>\n<li><em>Le Tueur aveugle<\/em>, 2000 (<em>The Blind Assassin<\/em>, 2000)<\/li>\n<li><em>L&rsquo;Odyss\u00e9e de P\u00e9n\u00e9lope<\/em>, 2005 (<em>The Penelopiad<\/em>, 2005)<\/li>\n<li><em>C\u2019est le c\u0153ur qui l\u00e2che en dernier<\/em>, 2017 (<em>The Heart Goes Last<\/em>, 2015)<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Album jeunesse<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Tout l\u00e0-haut dans l&rsquo;arbre<\/em>, 2010 (<em>Up in the Tree<\/em>, 1978) &#8211; Adaptation par Alain Serres<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recueils de nouvelles<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Les Danseuses et autres nouvelles<\/em>, 1986 (<em>Dancing Girls<\/em>, 1977)<\/li>\n<li><em>Meurtre dans la nuit<\/em>, 1987 (<em>Murder in the Dark<\/em>, 1983)<\/li>\n<li><em>L&rsquo;\u0152uf de Barbe-Bleue<\/em>, 1985 (<em>Bluebeard&rsquo;s Egg<\/em>, 1983)<\/li>\n<li><em>Through the One-Way Mirror<\/em>, 1986<\/li>\n<li><em>Mort en lisi\u00e8re<\/em>, 1996 (<em>Wilderness Tips<\/em>, 1991)<\/li>\n<li><em>La petite poule vide son c\u0153ur<\/em>, 1996 (<em>Good Bones<\/em>, 1992) &#8211; R\u00e9\u00e9dit\u00e9 sous le titre <em>La Troisi\u00e8me Main<\/em> aux \u00e9ditions La Pleine Lune en 2005<\/li>\n<li><em>Good Bones and Simple Murders<\/em>, 1994<\/li>\n<li><em>Le Fiasco du Labrador<\/em>, 2009 (<em>The Labrador Fiasco<\/em>, 1996)<\/li>\n<li><em>The Tent<\/em>, 2006<\/li>\n<li><em>Moral Disorder<\/em>, 2006<\/li>\n<li>(<em>Stone Mattress<\/em>, 2014<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recueil de po\u00e9sie<\/strong><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Double Persephone<\/em>, 1961<\/li>\n<li><em>Le Cercle vicieux<\/em>, Prise de parole &#8211; Du Noro\u00eet, 2000 \u2013\u00a0(<em>The Circle Game<\/em>, 1964)<\/li>\n<li><em>Expeditions<\/em>, 1965<\/li>\n<li><em>Speeches for Doctor Frankenstein<\/em>, 1966<\/li>\n<li><em>The Animals in That Country<\/em>, 1968<\/li>\n<li><em>Le Journal de Susanna Moodie<\/em>, Bruno Doucey, 2011 (<em>The Journals of Susanna Moodie<\/em>, 1970)<\/li>\n<li><em>Procedures for Underground<\/em>, 1970<\/li>\n<li><em>Politique de pouvoir<\/em>, L&rsquo;Hexagone, 1995 ((en)\u00a0<em>Power Politics<\/em>, 1971)<\/li>\n<li><em>You Are Happy<\/em>, 1974<\/li>\n<li><em>Selected Poems<\/em>, 1976<\/li>\n<li><em>Two-Headed Poems<\/em>, 1978<\/li>\n<li><em>True Stories<\/em>, 1981<\/li>\n<li><em>Love songs of a Terminator<\/em>, 1983<\/li>\n<li><em>Interlunar<\/em>, 1984<\/li>\n<li><em>Matin dans la maison incendi\u00e9e<\/em>, \u00c9crits des Forges, 2004 (<em>Morning in the Burned House<\/em>, 1996)<\/li>\n<li><em>Eating Fire: Selected Poems, 1965-1995<\/em>, 1998<\/li>\n<li><em>The Door<\/em>, 2007<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Essais<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Essai sur la litt\u00e9rature canadienne<\/em>, Bor\u00e9al, 1987 &#8211;\u00a0<em>Survival: A Thematic Guide to Canadian Literature<\/em>, 1972<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Days of the Rebels 1815-1840<\/em>, 1977<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Cibles mouvantes<\/em>, Bor\u00e9al, 2006 &#8211;<em>Second words: Selected Critical Prose<\/em>, 1982<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Strange Things: The Malevolent North in Canadian Literature<\/em>, 1995<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Negotiating with the Dead: A Writer on Writing<\/em>, 2002<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Cibles mouvantes<\/em>, Bor\u00e9al, 2006 &#8211;\u00a0<em>Moving Targets: Writing with Intent, 1982-2004<\/em>, 2004<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\"><em>Writing with Intent: Essays, Reviews, Personal Prose&#8211;1983-2005<\/em>, 2005<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est le c\u0153ur qui l\u00e2che en dernier\u00a0\u00bb pose une question dans.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6684,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[430],"tags":[433],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/Cest-le-coeur-qui-l\u00e2che-en-dernier.jpg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6686"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6686"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6686\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6684"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6686"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6686"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6686"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}