{"id":6315,"date":"2017-07-15T17:12:50","date_gmt":"2017-07-15T16:12:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=6315"},"modified":"2017-07-15T17:12:50","modified_gmt":"2017-07-15T16:12:50","slug":"langfus-anna-%e2%99%a6-les-bagages-de-sable","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/langfus-anna-%e2%99%a6-les-bagages-de-sable\/","title":{"rendered":"Langfus Anna \u2666 Les bagages de sable"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=6285\" rel=\"attachment wp-att-6285\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-6285 size-full\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Les-bagages-de-sable.jpeg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"256\" \/><\/a>Peu d&rsquo;ann\u00e9es apr\u00e8s la guerre, Maria, une jeune Polonaise, erre dans Paris. Sa famille a \u00e9t\u00e9 extermin\u00e9e, et, depuis, les pr\u00e9occupations humaines lui sont devenues incompr\u00e9hensibles. Pour elle, tout vaut et rien ne vaut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Elle suit dans le Midi un vieux monsieur, Michel Carron, qui s&rsquo;est attach\u00e9 \u00e0 elle. Mais arriv\u00e9s l\u00e0-bas, son ami lui signifie que la tendresse et l&rsquo;amiti\u00e9 ne sauraient lui suffire. Une lutte sournoise s&rsquo;engage entre eux. Maria tente de ressusciter l&rsquo;enchantement de sa propre enfance aupr\u00e8s d&rsquo;un groupe d&rsquo;enfants. Le suicide d&rsquo;une fillette l&rsquo;incite \u00e0 aller, elle aussi \u00e0 sa fa\u00e7on, \u00a0\u00bb jusqu&rsquo;au bout \u00ab\u00a0. Elle c\u00e8de au vieil homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l&rsquo;arriv\u00e9e soudaine de la femme de son amant rompt de nouveau l&rsquo;\u00e9quilibre. Maria doit partir et affronter la r\u00e9alit\u00e9 du monde, tenter de vivre peut-\u00eatre, encore seule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=6284\" rel=\"attachment wp-att-6284\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-6284 size-full\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Anna-Langfus.jpg\" alt=\"\" width=\"220\" height=\"189\" \/><\/a>Anna Langfus<\/strong> est une romanci\u00e8re et dramaturge de langue fran\u00e7aise d&rsquo;origine polonaise, auteure de textes sur la Shoah et la trag\u00e9die de ceux qui en ont surv\u00e9cu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est n\u00e9e <strong>Anna Regina Szternfinkiel<\/strong> le 2 janvier 1920 \u00e0 Lublin. Elle est la fille d&rsquo;un couple de gros commer\u00e7ants, Moshe Szternfinkiel, courtier en c\u00e9r\u00e9ales, et de Maria (n\u00e9e Wajnberg)\u00a0: une famille juive ais\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout juste mari\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 18 ans, elle part avec son mari Jakub Rajs, le fils d\u2019un autre commer\u00e7ant n\u00e9 en 1919, suivre, pendant un an, des \u00e9tudes d&rsquo;ing\u00e9nieur \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole des textiles de Verviers en Belgique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Revenue l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1939 dans sa famille, elle est saisie par la guerre. Elle conna\u00eet, en 1942, les ghettos de Lublin et de Varsovie dont elle parvint \u00e0 s\u2019\u00e9vader. Elle se cache ensuite avec son mari du \u00ab\u00a0c\u00f4t\u00e9 aryen\u00a0\u00bb de la ville. Ses parents rest\u00e9s dans le ghetto de Varsovie ont disparu en 1943.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un temps agent de liaison d&rsquo;un groupe de r\u00e9sistance probablement l&rsquo;Arm\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur (AK), elle se cache dans le nord de Varsovie, puis arr\u00eat\u00e9e par la Gestapo, elle est f\u00e9rocement tortur\u00e9e dans la prison de Nowy Dwor.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle assiste \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de son mari Jakub. Transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la prison de Plonsk, elle est lib\u00e9r\u00e9e par l&rsquo;arm\u00e9e sovi\u00e9tique<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s l&rsquo;invasion de l&rsquo;Arm\u00e9e Rouge en 1945, elle retourne \u00e0 pied \u00e0 Lublin, et y reste jusqu&rsquo;\u00e0 la mi-1946. Elle y d\u00e9bute alors des \u00e9tudes de th\u00e9\u00e2tre dans une \u00e9cole nouvellement ouverte, Studio Dramatyczne. Elle ne reste pas longtemps et part pour la France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9fugi\u00e9e, arriv\u00e9e en France en 1946, elle se remaria avec Aron Langfus [Aron Langfus 1910-1995], un Juif revenu comme elle de Lublin, lui aussi rescap\u00e9 des ghettos et de plusieurs camps. Ils donnent naissance en mai 1948, \u00e0 une petite fille, Maria. Ils s\u2019install\u00e8rent d\u2019abord \u00e0 Pantin, puis en 1961 \u00e0 Sarcelles. Ils furent naturalis\u00e9s fran\u00e7ais en 1959.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle s&rsquo;int\u00e9resse au th\u00e9\u00e2tre et \u00e0 la nouvelle litt\u00e9rature de l&rsquo;\u00e9poque, elle fr\u00e9quente les milieux de th\u00e9\u00e2tre. Et apr\u00e8s avoir pris un cours, qui l&rsquo;encouragera \u00e0 \u00e9crire pour le th\u00e9\u00e2tre, elle commence \u00e0 r\u00e9diger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu\u2019elle se met \u00e0 la litt\u00e9rature au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante (probablement en 1953 d&rsquo;apr\u00e8s Jean-Yves Potel, d\u00e8s 1950 d&rsquo;apr\u00e8s Madeleine Cottenet-Hage), elle travaille en fran\u00e7ais. Elle n\u2019a laiss\u00e9 aucun brouillon ou tentatives en polonais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle r\u00e9dige, en 1952, sa premi\u00e8re pi\u00e8ce (jamais publi\u00e9e), <em>Les L\u00e9preux<\/em>, mont\u00e9e en 1956 par Sacha Pitoeff.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son premier roman, <em>Le Sel et le Soufre<\/em> paru aux \u00e9ditions Gallimard en 1960, \u00e9voque son p\u00e9riple pendant la guerre, ses qualit\u00e9s litt\u00e9raires retiennent imm\u00e9diatement l&rsquo;attention de la critique et du public. Elle re\u00e7oit pour ce livre le prix Veillon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le roman suivant, <em>Les Bagages de sable<\/em> obtient le prix Goncourt en 1962. Elle y pr\u00e9sente sous la forme d&rsquo;une aventure amoureuse rat\u00e9e, la douleur d&rsquo;une rescap\u00e9e de la Shoah incapable de revenir au monde. Elle devait expliquer, en 1963, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence devant l\u2019Organisation internationale des femmes sionistes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Pour traduire par des mots l\u2019horreur de la condition juive durant la guerre, il me fallait faire \u0153uvre de litt\u00e9rature. Le pas a \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 franchir.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est la quatri\u00e8me femme \u00e0 obtenir le Prix Goncourt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son troisi\u00e8me roman, <em>Saute Barbara<\/em>, poursuit ce th\u00e8me. L&rsquo;un des th\u00e8mes de son travail a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9currente question concernant ce que l&rsquo;on peut \u00e9crire ou exprimer sur la Shoah et comment le faire. Elle a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;une des premi\u00e8res \u00e0 aborder ces questions dans ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler la \u00ablitt\u00e9rature de la Shoah\u00a0\u00bb. Elle est ainsi consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00e9crivaine majeure, en langue fran\u00e7aise, sur la ce sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est notamment l&rsquo;auteur de la premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en langue fran\u00e7aise qui repr\u00e9sente un des moments de la Shoah, Les L\u00e9preux, pi\u00e8ce jou\u00e9e en 1956 sous la direction de Sacha Pito\u00ebff. Elle y \u00e9voque les arrestations et les assassinats des juifs polonais en 1941. Cette forme th\u00e9\u00e2trale s&rsquo;av\u00e8re sans doute trop p\u00e9nible pour les spectateurs qui sont nombreux \u00e0 quitter la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle s&rsquo;installe \u00e0 Sarcelles (Val d&rsquo;Oise) au d\u00e9but des ann\u00e9es 60. Elle s&rsquo;implique dans le club de lecture local, que fr\u00e9quente notamment le jeune Tobie Nathan, futur psychiatre et \u00e9crivain, ce dont il t\u00e9moigne dans son ouvrage <em>Ethno-roman<\/em>, paru en 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Anna Langfus est \u00e9galement l&rsquo;auteur d&rsquo;une dizaine de pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre ou radiophoniques et de nouvelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle meurt d&rsquo;une crise cardiaque le 12 mai 1966 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital de Gonesse \u00e0 Paris, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 46 ans, alors qu&rsquo;elle travaillait \u00e0 la r\u00e9daction d&rsquo;une quatri\u00e8me nouvelle. \u00c9tant morte en 1966, elle n&rsquo;a eu qu&rsquo;une carri\u00e8re litt\u00e9raire tr\u00e8s courte (16 ans), durant laquelle elle parviendra cependant \u00e0 \u00e9crire trois romans \u2014 dont un Prix Goncourt en 1962, et quatre pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les prix litt\u00e9raires et la traduction de ses \u0153uvres dans une quinzaine de langues, elle finit par tomber dans l&rsquo;oubli \u00e0 partir des ann\u00e9es 70. Jean-Yves Potel, historien sp\u00e9cialiste de l&rsquo;Europe Centrale et plus particuli\u00e8rement de la Pologne, lui consacre alors un essai biographique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peu d&rsquo;ann\u00e9es apr\u00e8s la guerre, Maria, une jeune Polonaise, erre dans.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":6285,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[403],"tags":[405],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2017\/07\/Les-bagages-de-sable.jpeg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6315"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6315"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6315\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6285"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6315"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}