{"id":5229,"date":"2016-07-08T14:26:39","date_gmt":"2016-07-08T13:26:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=5229"},"modified":"2016-07-08T14:28:17","modified_gmt":"2016-07-08T13:28:17","slug":"ruiz-zafon-carlos-%e2%99%a6-le-prince-de-la-brume","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/ruiz-zafon-carlos-%e2%99%a6-le-prince-de-la-brume\/","title":{"rendered":"Ruiz Zafon Carlos \u2666 Le prince de la brume"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=5227\" rel=\"attachment wp-att-5227\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignright wp-image-5227 \" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Le-prince-de-la-brume.jpeg\" alt=\"Le prince de la brume\" width=\"158\" height=\"252\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Le-prince-de-la-brume.jpeg 250w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Le-prince-de-la-brume-188x300.jpeg 188w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2016\/07\/Le-prince-de-la-brume-220x352.jpeg 220w\" sizes=\"(max-width: 158px) 100vw, 158px\" \/><\/a>Nous sommes en 1943, en Angleterre. Alors que la guerre fait rage, pour plus de s\u00fbret\u00e9 et fuir les bombardements londoniens, la famille Carver, les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Ir\u00e8ne, d\u00e9cide de s&rsquo;\u00e9loigner sur les c\u00f4tes anglaises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->C&rsquo;est sur une vieille villa du bord de mer, inhabit\u00e9e depuis des lustres, que le choix du p\u00e8re s&rsquo;est port\u00e9 et qui appartenait pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 un riche couple qui a quitt\u00e9 le pays apr\u00e8s la mort de leur petit gar\u00e7on, Jacob. Le cadre, un lieu isol\u00e9, semble id\u00e9al \u00e0 premi\u00e8re vue. Mais tr\u00e8s vite, des \u00e9v\u00e9nements inqui\u00e9tants semblent se produire sans qu&rsquo;on parvienne imm\u00e9diatement \u00e0 les identifier\u00a0: orages nombreux, mort myst\u00e9rieuse, armoires qui s&rsquo;ouvrent toutes seules, vieux jardin aux statues gla\u00e7antes, pendules dont les aiguilles tournent \u00e0 l&rsquo;envers&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Max, le fils de la famille, est le premier \u00e0 se poser des questions sur ces dr\u00f4les de statues qui peuplent le jardin derri\u00e8re la maison. Et cette statue de clown, elle est carr\u00e9ment effrayante. Un soir, dans la brume, il jurerait les avoir vu bouger. Comme quoi, par temps de brouillard, notre cerveau a vite fait de nous jouer un mauvais tour, mais pourtant\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et ce chat errant que sa s\u0153ur Irina a obtenu de garder, il a vraiment un regard \u00e9trange avec ses dr\u00f4les d&rsquo;yeux jaunes. En plus, Max est quasiment certain de l&rsquo;avoir vu sourire&#8230; Et si\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Heureusement, avec sa s\u0153ur Alicia, ils vont faire la connaissance de Roland, un gamin du coin, avec lequel ils vont nouer une solide amiti\u00e9 et partir \u00e0 la d\u00e9couverte des environs et des nombreux secrets que cache leur nouvelle demeure&#8230; Il les entra\u00eene dans des plong\u00e9es autour d&rsquo;un cargo qui a coul\u00e9 dans la baie apr\u00e8s une temp\u00eate, des ann\u00e9es auparavant. Autour de cette \u00e9pave, tout respire la peur : les poissons ne s&rsquo;y risquent jamais, des ombres paraissent \u00e0 l&rsquo;aff\u00fbt derri\u00e8re les cloisons rouill\u00e9es et dans les coursives d\u00e9labr\u00e9es&#8230; Et c&rsquo;est Roland qu&rsquo;elles \u00e9pient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pi\u00e8ges mortels autour du jeune homme ? Pourquoi Roland est-il l&rsquo;objet d&rsquo;une si terrible haine ? An menant leur enqu\u00eate, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du pass\u00e9. Un pass\u00e9 terrible dont \u00e9merge un \u00eatre machiav\u00e9lique, le Prince de la Brume&#8230; Dot\u00e9 de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le ma\u00eetre d&rsquo;une troupe de grotesques statues \u00e0 demi-vivantes qui ont \u00e9lu domicile dans le jardin de la maison des Carver&#8230; et r\u00e9clame le paiement d&rsquo;une dette contract\u00e9e peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois gamins qui partent \u00e0 l&rsquo;aventure au p\u00e9ril m\u00eame de leur vie, des adultes peu pr\u00e9sents, un m\u00e9chant tr\u00e8s m\u00e9chant, de l&rsquo;aventure, du myst\u00e8re, de la magie et une bonne dose de fantastique, composent un cocktail parfait pour ce roman clairement destin\u00e9 aux ados.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Premier volume du Cycle de la brume. Publi\u00e9 en Espagne en 1993, ce premier roman de Carlos Ruiz Zaf\u00f3n, bien avant L&rsquo;ombre du vent ou Marina, inaugure une saga, \u00ab\u00a0Trilogie de la brume\u00a0\u00bb, qui s&rsquo;inscrit du c\u00f4t\u00e9 de la litt\u00e9rature jeunesse. Mais Le Prince de la Brume annonce aussi, d\u00e9j\u00e0, la veine gothique et myst\u00e9rieuse qui deviendra la marque de fabrique du plus populaire romancier espagnol.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la note de l&rsquo;auteur qui pr\u00e9face le roman Carlos Ruiz Zafon \u00e9crit \u00ab\u00a0J&rsquo;ai tent\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire le genre de romans que j&rsquo;aurais aim\u00e9 lire quand j&rsquo;\u00e9tais adolescent, mais qui continueraient \u00e0 m&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de vingt-trois, quarante-trois ou quatre-vingt-trois ans.\u00a0\u00bb Avec le Prince de la brume, il r\u00e9ussit parfaitement car ce livre tr\u00e8s bien \u00e9crit et men\u00e9 est captivant. Le suspense est total et va croissant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9pilogue. Un bon livre \u00e0 d\u00e9couvrir pour s&rsquo;\u00e9vader.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=184\" rel=\"attachment wp-att-184\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-184 \" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/carlos-zafon.png\" alt=\"Carlos Ruiz Zafon\" width=\"182\" height=\"255\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/carlos-zafon.png 250w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/carlos-zafon-214x300.png 214w\" sizes=\"(max-width: 182px) 100vw, 182px\" \/><\/a>Carlos Ruiz Zaf\u00f3n, n\u00e9 le 25\u00a0septembre\u00a01964 \u00e0 Barcelone, est un auteur espagnol. Il \u00e9crit principalement en castillan.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il habite depuis 1993 \u00e0 Los Angeles o\u00f9 il \u00e9crit des sc\u00e9narios de films. Jusqu&rsquo;en 2006, il vivait \u00e0 plein temps \u00e0 Los Angeles. Maintenant, il vit la moiti\u00e9 de l&rsquo;ann\u00e9e en Californie, l&rsquo;autre moiti\u00e9 \u00e0 Barcelone.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fils d&rsquo;un agent d&rsquo;assurances et d&rsquo;une m\u00e8re au foyer, il a pass\u00e9 onze ans chez les j\u00e9suites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un an apr\u00e8s sa naissance, sa famille migre de la pauvre banlieue industrielle pour le\u00a0centre de Barcelone, pr\u00e8s de la Sagrada Familia. Le petit Carlos pousse dans son coin, en autodidacte, se passionne pour la\u00a0musique, les livres, les math\u00e9matiques, la photographie\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 8\u00a0ans, il trousse ses premi\u00e8res histoires, et \u00e0 14 ans, il ach\u00e8ve son premier roman, une histoire truculente de monstres de 500\u00a0pages. Fier, l\u2019adolescent tend \u00e0 son p\u00e8re son premier roman. Pas un mot en retour. Et ceci pendant des ann\u00e9es, m\u00eame apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 publi\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vite sorti de l\u2019\u00e9cole, il collabore \u00e0 un magazine, une compagnie de th\u00e9\u00e2tre puis d\u00e9barque dans le milieu de la publicit\u00e9 en plein boom, au milieu des ann\u00e9es\u00a080.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 dix-neuf ans, il choisit de commencer sa carri\u00e8re dans la publicit\u00e9, qu&rsquo;il quitte pour se consacrer \u00e0 son roman <em>El principe de la niebla<\/em> (<em>Le Prince du brouillard<\/em>, 1993). Ce roman se vend \u00e0 150.000 exemplaires. Traduit en plusieurs langues, il recevra le prix Edeb\u00e9 en 1993.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A 29\u00a0ans, il prend enfin la poudre d\u2019escampette pour Los Angeles o\u00f9 un de ses amis tente de percer comme sc\u00e9nariste. Pourquoi pas lui, croit-il na\u00efvement. En plus de vingt\u00a0ans, l\u2019Espagnol s\u2019est manifestement impr\u00e9gn\u00e9 de la culture californienne, et parle un anglais sans accent, tr\u00e8s pro. La distance, dit-il, lui a donn\u00e9 une autre vision de ses racines, de Barcelone, comme d\u2019un monde perdu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre 1993 et 1995, Z\u00e0fon a publi\u00e9 trois livres pour la jeunesse, qui forment une sorte de trilogie : \u00ab\u00a0Le Prince de la brume\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Le palais de minuit\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Les Lumi\u00e8res de septembre\u00a0\u00bb. Malheureusement, suite \u00e0 des querelles juridiques, ces livres ont \u00e9t\u00e9 traduits et vendus dans le monde seulement l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <em>Le Prince de la brume<\/em>\u00a0: 1943 en Angleterre, Max et sa famille, fuyant les bombardements londoniens, s\u2019installent dans une petite ville c\u00f4ti\u00e8re. Mais leur nouvelle maison semble dissimuler un secret et un terrifiant fant\u00f4me va bient\u00f4t se manifester. (Le Prince De La Brume)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <em>Le palais de minuit<\/em>\u00a0: 1932 \u00e0 Calcutta, Inde, Ben est un orphelin de 16 ans qu\u2019une terrible puissance menace. Ben va partir \u00e0 la recherche de son pass\u00e9, aid\u00e9 de ses amis et de\u00a0Sheree, une jeune fille avec qui il partage, sans le savoir, beaucoup de choses. (Le Palais De Minuit)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211; <em>Les lumi\u00e8res de septembre<\/em>\u00a0: 1937 en France, fuyant la mis\u00e8re parisienne, Dorian et sa s\u0153ur Ir\u00e8ne suivent leur m\u00e8re Simone, en Normandie, sur la c\u00f4te. Cette derni\u00e8re, veuve depuis un an, vient de trouver un emploi: gouvernante chez un fabriquant de jouets, Lazarus Jann. Cet homme vit reclus, au milieu de ses jouets et de ses automates, dans la demeure de Cravenmoore. Mais une terrible mal\u00e9diction le poursuit et bient\u00f4t, une ombre mena\u00e7ante va passer \u00e0 l\u2019attaque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces trois romans ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits pour de jeunes adolescents. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant, d\u00e8s lors, que les h\u00e9ros de ces trois histoires soient de jeunes adolescents et que les histoires aient valeur de rites initiatiques. Les h\u00e9ros sont plein d\u2019\u00e9nergie, ont un sens profond de l\u2019amiti\u00e9 et certains tombent amoureux pour la premi\u00e8re fois. Devant le danger qui les menace, ils font face avec courage. L\u2019empathie fonctionne \u00e0 plein, du c\u00f4t\u00e9 du lecteur, et Z\u00e0fon nous renvoie, avec malice, \u00e0 nos r\u00eaves de gosses quand nous voulions partir \u00e0 l\u2019aventure. Ces romans sont donc travers\u00e9s d\u2019une folle \u00e9nergie juv\u00e9nile. Mais c\u2019est oublier que Z\u00e0fon est un \u00e9crivain de tradition gothique et qu\u2019il va nous happer dans un d\u00e9luge d\u2019aventures et de romantisme, auquel on ne peut r\u00e9sister.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la note de l&rsquo;auteur qui pr\u00e9face le roman\u00a0 le Prince de la brume, Carlos Ruiz Zafon \u00e9crit\u00a0: <em>\u00ab\u00a0J&rsquo;ai tent\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire le genre de romans que j&rsquo;aurais aim\u00e9 lire quand j&rsquo;\u00e9tais adolescent, mais qui continueraient \u00e0 m&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de vingt-trois, quarante-trois ou quatre-vingt-trois ans.\u00a0\u00bb<\/em><em> Comme beaucoup d&rsquo;\u00e9crivains le r\u00e9p\u00e8tent, j&rsquo;\u00e9cris les livres que j&rsquo;aimerais lire. Les premiers textes que j&rsquo;ai publi\u00e9s \u00e0 20 ans \u00e9taient inspir\u00e9s d&rsquo;auteurs que j&rsquo;aimais et qui m&rsquo;ont marqu\u00e9. Pendant les dix premi\u00e8res ann\u00e9es de ma carri\u00e8re, j&rsquo;ai \u00e9crit ce que les autres voulaient que j&rsquo;\u00e9crive. A un moment donn\u00e9, j&rsquo;ai essay\u00e9 de faire ce que je voulais, moi. \u00c7a a donn\u00e9 \u00ab\u00a0<\/em><em>L&rsquo;Ombre du vent\u00a0\u00bb<\/em>. Le premier roman que j&rsquo;ai \u00e9crit avec une totale libert\u00e9, o\u00f9 j&rsquo;ai r\u00e9uni beaucoup d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments et de traditions qui me tenaient \u00e0 c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout le talent de Z\u00e0fon, qui \u00e9clatera dans <em>L\u2019Ombre Du Vent<\/em>, est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent dans ses trois premiers romans. C\u2019est \u00e0 la naissance d\u2019un \u00e9crivain, d\u2019un style et d\u2019un univers, \u00e0 laquelle nous assistons. Au niveau stylistique, tout est parfait. Que ce soit dans les descriptions, les dialogues ou l\u2019\u00e9vocation des sentiments des personnages : aucune fausse note. Z\u00e0fon est un magicien, un narrateur hors-pair. Chaque mot, chaque phrase sonne juste et donne l\u2019envie de continuer. Z\u00e0fon aime \u00e9crire et raconter des histoires. C\u2019est ind\u00e9niable. On a envie de tourner la page. On a envie de rester dans son univers. Impossible de s\u2019arr\u00eater!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car les trois histoires qu\u2019il nous propose ici sont fascinantes et \u00e9voquent les terreurs enfantines les plus sombres. Les d\u00e9cors sont incroyables: maison o\u00f9 vivent d\u2019\u00e9tranges automates, gare d\u00e9saffect\u00e9e et hant\u00e9e par le souvenir d\u2019un gigantesque incendie,\u00a0\u00e9pave maritime renfermant une sinistre pr\u00e9sence, etc. Z\u00e0fon joue avec les clich\u00e9s gothiques (orage, pluie, temp\u00eate) pour cr\u00e9er une ambiance hallucinante. Et les th\u00e8mes abord\u00e9s abondent dans ce sens : fant\u00f4mes, doppelg\u00e4nger (mot d&rsquo;origine allemande signifiant \u00ab sosie \u00bb, employ\u00e9 dans le domaine du paranormal pour d\u00e9signer le double fantomatique d&rsquo;une personne vivante, le plus souvent un jumeau mal\u00e9fique), mal\u00e9dictions, pacte diabolique,\u00a0etc. Et Z\u00e0fon terrifie le lecteur avec aisance. On sursaute et on s\u2019inqui\u00e8te souvent. On se croirait autour d\u2019un feu, \u00e9coutant une histoire horrifique. Et les images que fait na\u00eetre Z\u00e0fon sont inqui\u00e9tantes \u00e0 plus d\u2019un titre: une \u00e9trange clairi\u00e8re peupl\u00e9e de statues mena\u00e7antes, un train fant\u00f4me o\u00f9 r\u00e9sonne les cris d\u2019enfants carbonis\u00e9s,\u00a0un ange de m\u00e9tal tr\u00e8s dangereux, un chat au regard assassin&#8230; La peur s\u2019installe et ne l\u00e2che pas le lecteur. Ces trois romans ne se suivent pas vraiment et ne racontent pas une histoire en trois parties. Mais on devine une ombre qui agit en coulisses et qui \u0153uvre pour d\u00e9truire et corrompre l\u2019humanit\u00e9. On en saura pas plus mais la pr\u00e9sence diabolique plane au-dessus de ces trois histoires. Elle promet la jeunesse \u00e9ternelle et le succ\u00e8s mais elle ment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais tout cela ne serait rien sans l\u2019\u00e9motion. Non seulement on tremble pour les h\u00e9ros mais on est \u00e9mu par leur sort. Ces orphelins ou enfants solitaires,\u00a0menac\u00e9s et qui luttent pour leur survie, sont terriblement attachants<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son quatri\u00e8me roman, <em>L&rsquo;Ombre du vent<\/em><em>, <\/em>une saga baroque \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du franquisme, a re\u00e7u un bon accueil de la critique et a \u00e9t\u00e9 traduit en de nombreuses langues. Il a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 dans les romans \u00e9trangers pour le prix Femina 2004. Il a re\u00e7u Le prix Planeta en 2004, mais aussi des prix litt\u00e9raires fran\u00e7ais, comme le Prix des Amis du Scribe et le Prix Michelet en 2005, ainsi qu&rsquo;au Qu\u00e9bec, comme le Prix des libraires du Qu\u00e9bec 2005 (Roman hors Qu\u00e9bec).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bouille ronde, lunettes \u00e0 la monture color\u00e9e et bouc bien taill\u00e9, Zafon est le vilain petit canard du cercle litt\u00e9raire espagnol. Il d\u00e9serte les colloques d&rsquo;\u00e9crivains, fuit les mondanit\u00e9s. D&rsquo;ailleurs, il ne vit m\u00eame pas en Espagne. Il habite entre Los Angeles et Berlin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La litt\u00e9rature de Zaf\u00f3n se caract\u00e9rise par un style \u00e9labor\u00e9 ainsi que d&rsquo;une influence certaine de la narration audiovisuelle, de l&rsquo;esth\u00e9tique gothique et expressionniste et de la combinaison de beaucoup d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments narratifs dans un registre techniquement contr\u00f4l\u00e9. Cette technique, cette ma\u00eetrise du langage et de la structure narrative lui permettent de combiner des \u00e9l\u00e9ments diff\u00e9rents du roman traditionnel du XIX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes en 1943, en Angleterre. 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