{"id":3657,"date":"2014-05-30T19:03:58","date_gmt":"2014-05-30T18:03:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=3657"},"modified":"2014-05-31T07:02:10","modified_gmt":"2014-05-31T06:02:10","slug":"indridason-arnaldur-%e2%99%a6-betty","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/indridason-arnaldur-%e2%99%a6-betty\/","title":{"rendered":"Indridason Arnaldur \u2666 Betty"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3594\" rel=\"attachment wp-att-3594\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3594 alignright\" alt=\"Betty\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Betty.jpg\" width=\"249\" height=\"412\" \/><\/a>Indridason nous offre une merveille de \u00ab\u00a0remake\u00a0\u00bb du <em>Facteur sonne toujours deux fois<\/em>. Ce n\u2019est pas nouveau.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce chef-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature noire a inspir\u00e9 des centaines de livres et de films.<\/p>\n<p>Un roman noir \u00e9crit en parall\u00e8le avec la s\u00e9rie des aventures du commissaire Erlendur Sveinsson.<\/p>\n<p><em>Toute la premi\u00e8re moiti\u00e9<\/em> de \u00ab\u00a0Betty\u00a0\u00bb colle \u00e0 la trame narrative de James Cain. Indridason cis\u00e8le avec une jubilation \u00e9vidente un univers directement issu du\u00a0<em>Facteur sonne toujours deux fois<\/em>. Femme fatale, menteuse, fascinante. M\u00e9chant mari, riche, grossier, brutal. Et le narrateur, amoureux et nigaud, dont on sent, d\u00e8s le d\u00e9part le destin in\u00e9luctable d\u00e8s qu\u2019il est pris dans la toile d\u2019araign\u00e9e. Le tout scand\u00e9 de cigarettes et de coupes de champagne.<\/p>\n<p>Un personnage, incarc\u00e9r\u00e9 pour meurtre, raconte en flashes-back successifs les \u00e9tapes d\u2019une relation amoureuse incendiaire avec une femme splendide, relation qui l\u2019a men\u00e9 dans la cellule o\u00f9 il est, attendant son inculpation. \u00a0\u00ab\u00a0Dans ma cellule je pense \u00e0 elle, Betty, si belle, si libre, qui s&rsquo;avan\u00e7ait vers moi \u00e0 ce colloque pour me dire son admiration pour ma conf\u00e9rence. Maintenant son mari a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 et c&rsquo;est moi qu&rsquo;on accuse. La police ne cherche pas d&rsquo;autre coupable. Je me rem\u00e9more toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je d\u00e9couvre comment ma culpabilit\u00e9 est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et une seconde moiti\u00e9 du livre\u00a0!! Le ciel alors nous tombe sur la t\u00eate et cette \u00a0histoire devient une autre histoire. Un d\u00e9placement syntaxique. Quelques pronoms personnels, quelques accords surprenants (au point qu\u2019on peut croire \u00e0 une coquille d\u2019imprimerie pendant un instant !), un glissement de genre, d\u2019abord feutr\u00e9, puis vertigineux, et Indridason nous emm\u00e8ne avec lui dans son monde \u00e0 lui\u00a0!! Et en route pour une autre dimension d\u2019univers narratif \u2026 Vertige &#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=2386\" rel=\"attachment wp-att-2386\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-2386 alignleft\" alt=\"Arnaldur Indridason\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Arnaldur-Indridason.jpg\" width=\"240\" height=\"270\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Arnaldur-Indridason.jpg 240w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Arnaldur-Indridason-220x247.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/><\/a>Arnaldur Indri\u00f0ason, n\u00e9 le 28\u00a0janvier\u00a01961 \u00e0 Reykjav\u00edk, est un \u00e9crivain islandais, fils de l&rsquo;\u00e9crivain Indri\u00f0i G. \u00deorsteinsson. Comme presque tous les Islandais, il est d\u00e9sign\u00e9 par son pr\u00e9nom, Arnaldur. Son patronyme (qui, selon la tradition islandaise, est une simple marque de filiation, \u00ab\u00a0Fils de Indrid\u00a0\u00bb, pour le distinguer de d&rsquo;autres Arnaldur) est parfois transcrit par Indridason comme dans ses livres traduits en fran\u00e7ais, alors que la translitt\u00e9ration correcte devrait \u00eatre Indridhason, le <i>dh<\/i> se pronon\u00e7ant comme le <i>th<\/i> dans l&rsquo;anglais <i>the<\/i>.<\/p>\n<p>En 1996, Arnaldur Indri\u00f0ason obtient un dipl\u00f4me en histoire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d&rsquo;Islande. Journaliste au <i>Morgunbla\u00f0i\u00f0<\/i> en 1981-1982, il devient sc\u00e9nariste ind\u00e9pendant. De 1986 \u00e0 2001, il travaille comme critique de films pour le <i>Morgunbla\u00f0i\u00f0<\/i>. Aujourd&rsquo;hui, il est l&rsquo;auteur de quinze romans policiers dont 7 ont \u00e9t\u00e9 traduits en fran\u00e7ais \u2014 dont plusieurs sont des best-sellers.<\/p>\n<p>Il vit \u00e0 Reykjav\u00edk avec sa femme et ses trois enfants. Les deux auteurs ayant fortement influenc\u00e9 Arnaldur Indri\u00f0ason sont Maj Sj\u00f6wall et Per Wahl\u00f6\u00f6, deux \u00e9crivains su\u00e9dois qui ont imagin\u00e9, dans les ann\u00e9es\u00a01960, les aventures de l&rsquo;inspecteur Martin Beck.<\/p>\n<p>Arnaldur Indri\u00f0ason publie son premier livre, <i>Synir duftsins<\/i> (litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0Fils de poussi\u00e8re\u00a0\u00bb, in\u00e9dit en fran\u00e7ais) en 1997. Cette publication marque pour certains, comme Harlan Coben, le d\u00e9part d&rsquo;une nouvelle vague islandaise de fiction criminelle. Aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;Arni Thorarinsson, \u00e9galement auteur islandais de polars, Arnaldur d\u00e9clare qu&rsquo;\u00ab\u00a0<i>il n&rsquo;existe pas de tradition de polar en Islande<\/i>. [\u00e0 cet \u00e9tat de fait, il y a deux raisons.] <i>L&rsquo;une tient en ce que les gens, y compris les \u00e9crivains, consid\u00e9raient les histoires polici\u00e8res comme des mauvais romans<\/i> [\u2026]. <i>La deuxi\u00e8me raison, c&rsquo;est que beaucoup d&rsquo;Islandais ont longtemps cru en une sorte d&rsquo;innocence de leur soci\u00e9t\u00e9. Tr\u00e8s peu de choses r\u00e9pr\u00e9hensibles se produisaient, et le peu de faits divers ne pouvaient pas donner lieu \u00e0 des histoires polici\u00e8res. Ce qui explique qu&rsquo;\u00e0 [leurs] d\u00e9buts, Arni Thorarinsson ou [Arnaldur ont] eu du mal \u00e0 (s&rsquo;)imposer<\/i> [dans les milieux litt\u00e9raires islandais].\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il fut nomm\u00e9 \u00e0 maintes reprises \u00e9crivain le plus populaire d&rsquo;Islande. En 2004, ses livres ont fait partie des dix livres les plus emprunt\u00e9s \u00e0 la Biblioth\u00e8que municipale de Reykjav\u00edk. Les livres d&rsquo;Arnaldur ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans 26 pays et traduits en allemand, danois, anglais, italien, tch\u00e8que, su\u00e9dois, norv\u00e9gien, n\u00e9erlandais, catalan, finnois, espagnol, portugais et fran\u00e7ais. Arnaldur a re\u00e7u le Prix Cl\u00e9 de verre, un prix de litt\u00e9rature polici\u00e8re scandinave, en 2002 et 2003. Il a \u00e9galement gagn\u00e9 le Gold Dagger Award, prix litt\u00e9raire britannique, en 2005 pour <i>la Femme en vert<\/i>. Le romancier policier am\u00e9ricain Harlan Coben encense Indri\u00f0ason ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0la meilleure nouvelle s\u00e9rie que j&rsquo;ai lue cette ann\u00e9e provient d&rsquo;Islande. Arnaldur Indri\u00f0ason est d\u00e9j\u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne litt\u00e9raire international &#8211; il est ais\u00e9 de voir pourquoi\u00a0: ses romans sont prenants, authentiques, hantants et lyriques. Je ne peux attendre les publications suivantes\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les principaux romans d&rsquo;Arnaldur Indri\u00f0ason mettent en sc\u00e8ne la m\u00eame \u00e9quipe d&rsquo;enqu\u00eateurs, dont l&rsquo;abrupt Erlendur tortur\u00e9 par la disparition de son fr\u00e8re alors qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un enfant et tourment\u00e9 par sa fille toxicomane. Ce sont ces souffrances et les conditions qui les ont engendr\u00e9es qui int\u00e9ressent particuli\u00e8rement Arnaldur car \u00ab\u00a0le bonheur se suffit \u00e0 lui-m\u00eame, il n&rsquo;y a rien \u00e0 en dire\u00a0\u00bb. Ses romans sont r\u00e9guli\u00e8rement des pr\u00e9textes \u00e0 un voyage dans le pass\u00e9, tel <i>l&rsquo;Homme du lac<\/i>\u00a0(en), o\u00f9 l&rsquo;enqu\u00eateur Erlendur trouve un squelette vieux de quarante ans faisant appel au pass\u00e9 communiste d&rsquo;une partie des Islandais durant la guerre froide. Arnaldur d\u00e9clare \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Je m&rsquo;int\u00e9resse aussi aux squelettes qui collent aux basques des vivants. Ce qui m&rsquo;int\u00e9resse le plus, ce sont les \u00ab\u00a0squelettes vivants\u00a0\u00bb, pourrait-on dire. Mes romans traitent de disparitions, mais ils ne traitent pas principalement de la personne qui a disparu, plus de ceux qui restent apr\u00e8s la disparition, dans un \u00e9tat d&rsquo;abandon. Je m&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 ceux qui sont confront\u00e9s \u00e0 la perte. Ce sont ces gens-l\u00e0 que j&rsquo;appelle les \u00ab\u00a0squelettes vivants\u00a0\u00bb\u00a0: ils sont fig\u00e9s dans le temps. [\u2026] J&rsquo;aime beaucoup remonter le temps, et envoyer mes personnages sur les traces du pass\u00e9. J&rsquo;aime exhumer des \u00e9v\u00e9nements oubli\u00e9s. Le temps en tant que concept est quelque chose qui m&rsquo;int\u00e9resse \u00e9norm\u00e9ment &#8211; la mani\u00e8re dont le temps passe, mais aussi son influence, les cons\u00e9quences de son passage sur nos vies. J&rsquo;aime d\u00e9celer les liens entre une \u00e9poque et une autre. \u00c9videmment, la th\u00e9matique du temps est une partie tr\u00e8s importante des histoires que je raconte, que ce soit son pouvoir destructeur ou son pouvoir de gu\u00e9rison qu&rsquo;il peut avoir. M\u00eame si dans &lsquo;, La Femme en vert&rsquo;, Erlendur d\u00e9clare que le temps ne gu\u00e9rit aucune blessure<\/i>.\u00a0\u00bb<sup>3<\/sup> Dans <i>L&rsquo;Homme du lac<\/i>, l&rsquo;\u00e9crivain s&rsquo;appuie sur une donn\u00e9e g\u00e9ologique r\u00e9elle\u00a0: le lac de Kleifarvatn \u00e0 vingt-cinq kilom\u00e8tres au sud de Reykjavik, se vide p\u00e9riodiquement. C&rsquo;est ainsi que, dans le livre, une hydrologue d\u00e9couvre un squelette sur le fond sablonneux.<\/p>\n<p>Deux de ses \u0153uvres ont re\u00e7u, en 2002 et 2003, le Prix Cl\u00e9 de verre, la plus haute distinction scandinave. Cet \u00e9crivain partage d\u00e9sormais une reconnaissance internationale avec Arni Thorarinsson, Jon Hallur Stefansson, Stefan Mani et Yrsa Sigur\u00f0ard\u00f3ttir, eux aussi traduits en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Arnaldur Indri\u00f0ason a adapt\u00e9 trois de ses livres pour la radio du service audiovisuel islandais R\u00daV. Le producteur islandais Baltasar Korm\u00e1kur (<i>101 Reykjav\u00edk<\/i>) a travaill\u00e9 \u00e0 une adaptation de <i>M\u00fdrin<\/i>, La Cit\u00e9 des Jarres (titr\u00e9 <i>Jar City<\/i> en fran\u00e7ais et sorti en France en septembre 2008).<\/p>\n<p>Snorri Th\u00f3risson travaille sur une production internationale de <i>Nap\u00f3leonsskj\u00f6lin<\/i>. Arnaldur Indri\u00f0ason est actuellement en collaboration avec l&rsquo;Icelandic Film Fund pour l\u2019\u00e9criture de deux sc\u00e9narios d\u2019apr\u00e8s deux de ses nouvelles.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Indridason nous offre une merveille de \u00ab\u00a0remake\u00a0\u00bb du Facteur sonne toujours.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":3594,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[226],"tags":[189],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/Betty.jpg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3657"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3657"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3657\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3594"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}