{"id":3497,"date":"2014-04-11T08:41:52","date_gmt":"2014-04-11T07:41:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=3497"},"modified":"2014-04-18T18:14:47","modified_gmt":"2014-04-18T17:14:47","slug":"alcoba-laura-%e2%99%a6-le-bleu-des-abeilles","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/alcoba-laura-%e2%99%a6-le-bleu-des-abeilles\/","title":{"rendered":"Alcoba Laura \u2666 Le bleu des abeilles"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3493\" rel=\"attachment wp-att-3493\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3493 alignright\" alt=\"Le bleu des abeilles\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Le-bleu-des-abeilles.jpeg\" width=\"221\" height=\"328\" \/><\/a>Nous sommes en 1979, pendant la dictature du g\u00e9n\u00e9ral Videla. La narratrice a une dizaine d\u2019ann\u00e9es lorsqu\u2019elle parvient \u00e0 quitter l\u2019Argentine pour rejoindre sa m\u00e8re, opposante \u00e0 la dictature r\u00e9fugi\u00e9e en France.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Son p\u00e8re est en prison \u00e0 La Plata.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laura, on peut l&rsquo;appeler ainsi du nom de l&rsquo;auteure, car il s&rsquo;agit d&rsquo;un r\u00e9cit fortement autobiographique, a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 son voyage. A Mar del Plata, elle \u00e9tudiait le fran\u00e7ais sous la direction bienveillante de No\u00e9mie qui lui montrait un Paris de carte postale et lui enseignait les subtilit\u00e9s de la c\u00e9dille et des nasales, si difficiles \u00e0 prononcer pour un hispanophone. Elle s\u2019attend \u00e0 d\u00e9couvrir Paris, la Tour Eiffel et les quais de Seine qui \u00e9gayaient ses cours de fran\u00e7ais. Mais Le Blanc-Mesnil, o\u00f9 elle atterrit, ressemble assez peu \u00e0 l\u2019image qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait faite de son pays d\u2019accueil. Elle d\u00e9couvre en vrac un pays, une langue, et la douleur de l\u2019exil. Elle d\u00e9couvre la vie en banlieue qu&rsquo;une amie de sa m\u00e8re appelle plaisamment le barrio latino, car y vivent surtout des Portugais, des Espagnols et quelques Fran\u00e7ais, l&rsquo;\u00e9cole o\u00f9 elle se fait vite des amis espagnols ou portugais, la neige et le reblochon quand elle est invit\u00e9e avec un autre petit r\u00e9fugi\u00e9 chilien par une famille fran\u00e7aise \u00e0 passer une semaine dans une station de Savoie. Mais ce qu&rsquo;elle veut surtout, c&rsquo;est parler fran\u00e7ais sans effort et surtout sans accent\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laura Alcoba d\u00e9crit une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s dure\u00a0: le d\u00e9racinement et l&rsquo;enracinement dans un nouveau pays, rythm\u00e9 par sa correspondance hebdomadaire avec son p\u00e8re emprisonn\u00e9, qui lui parle sans cesse de livres, et l&rsquo;apprentissage \u00e9merveill\u00e9 de la langue fran\u00e7aise. Il lui a demand\u00e9 de lire en fran\u00e7ais le m\u00eame livre que celui qu&rsquo;il lit en espagnol en prison (les d\u00e9tenus n&rsquo;ont pas le droit de lire autre chose que de l&rsquo;espagnol). C&rsquo;est ainsi que Laura est amen\u00e9e \u00e0 lire \u00ab\u00a0La vie des abeilles\u00a0\u00bb de Maurice Maeterlinck, trouv\u00e9 d&rsquo;occasion et avec beaucoup de difficult\u00e9s par sa m\u00e8re. Elle d\u00e9couvre ainsi que le bleu est la couleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e des abeilles\u00a0! S&rsquo;en suit un \u00e9change fi\u00e9vreux au sujet de cette pr\u00e9f\u00e9rence, dont on sent bien qu&rsquo;il leur permet de maintenir des liens vitaux pour l&rsquo;un et pour l&rsquo;autre.<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Le premier livre que j&rsquo;ai lu en fran\u00e7ais, sur les conseils de mon p\u00e8re, c&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0Les fleurs bleues\u00a0\u00bb de Queneau. Il a chang\u00e9 ma vie\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0J&rsquo;avais gard\u00e9 dans une bo\u00eete toutes les lettres de mon p\u00e8re, emprisonn\u00e9 pr\u00e8s de sept ans, sans jamais les relire. Je l&rsquo;ai fait en 2012. Cela a \u00e9t\u00e9 le point de d\u00e9part du \u00ab\u00a0Bleu des abeilles\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">La romanci\u00e8re nous livre l\u00e0 un t\u00e9moignage absolument passionnant sur la fa\u00e7on dont on s\u2019approprie peu \u00e0 peu une nouvelle langue jusqu\u2019\u00e0 la faire sienne. Laura Alcoba raconte la peur d\u2019\u00eatre montr\u00e9e du doigt, de ne pas saisir ce qu\u2019on lui dit, de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 se faire comprendre, de ne pas trouver de place dans ce nouveau pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et, comme une musique de fond, la douleur de l\u2019Argentine meurtrie, le pays o\u00f9 on ne retournera pas mais o\u00f9 le p\u00e8re est toujours enferm\u00e9, d\u00e9sormais inatteignable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3492\" rel=\"attachment wp-att-3492\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3492 alignleft\" alt=\"Laura Alcoba\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Laura-Alcoba.jpg\" width=\"176\" height=\"178\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Laura-Alcoba.jpg 313w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Laura-Alcoba-297x300.jpg 297w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Laura-Alcoba-220x222.jpg 220w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Laura-Alcoba-120x120.jpg 120w\" sizes=\"(max-width: 176px) 100vw, 176px\" \/><\/a>Laura <\/b>Alcoba est une femme de lettres et traductrice fran\u00e7aise, d&rsquo;origine argentine, n\u00e9e en 1968. Elle a quitt\u00e9 l&rsquo;Argentine en 1978, deux ans apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00e9tat militaire et la guerre men\u00e9e par la junte aux opposants du nouveau r\u00e9gime. Elle avait rejoint l&rsquo;Argentine \u00e0 quelques mois, apr\u00e8s une naissance clandestine \u00e0 Cuba (enregistr\u00e9e pour cette raison \u00e0 Buenos Aires).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son enfance a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par la clandestinit\u00e9, le silence, les fausses identit\u00e9s, th\u00e8mes de son premier roman, \u00ab\u00a0Man\u00e8ges\u00a0\u00bb (2007).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Laura Alcoba est aussi ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris Ouest- Nanterre o\u00f9 elle enseigne la litt\u00e9rature espagnole du <a title=\"Si\u00e8cle d'or espagnol\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Si%C3%A8cle_d%27or_espagnol\">Si\u00e8cle d\u2019Or<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis le mois d&rsquo;octobre 2013, elle est \u00e9galement \u00e9ditrice aux \u00e9ditions du Seuil. Elle est membre du jury du Prix Nicolas-Bouvier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle re\u00e7oit le prix de soutien de la Fondation Del Duca en 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir int\u00e9gr\u00e9 en 1989 l\u2019\u00c9cole Normale Sup\u00e9rieure de Fontenay-aux-Roses en Lettres Modernes, elle soutient en 1991 une ma\u00eetrise sous la direction de la romanci\u00e8re Florence Delay sur \u00ab\u00a0Le portrait litt\u00e9raire chez Ram\u00f3n G\u00f3mez de la Serna\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, elle passe l\u2019agr\u00e9gation d\u2019espagnol, puis soutient en 1999 un doctorat sous la direction de l\u2019hispaniste Augustin Redondo sur \u00ab\u00a0La question du regard dans le <i>Viaje de Turqu\u00eda<\/i>\u00a0\u00bb. Elle consacre \u00e0 ce dialogue anonyme du milieu du XVI\u00e8me de nombreux articles de recherche, tant en langue espagnole qu\u2019en fran\u00e7ais, tels que \u00ab\u00a0La question du pouvoir au miroir ottoman\u00a0: le <i>Viaje de Turqu\u00eda<\/i>\u00bb et, en espagnol, \u00ab\u00a0La mirada y su r\u00e9plica en el <i>Viaje de Turqu\u00eda<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir de 2007, elle se consacre surtout \u00e0 l\u2019\u00e9criture et \u00e0 la traduction. Elle traduit des nouvelles, des romans et plusieurs pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre d\u2019auteurs aussi diff\u00e9rents qu\u2019Iv\u00e1n Thays, <a title=\"Pedro Calder\u00f3n de la Barca\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pedro_Calder%C3%B3n_de_la_Barca\">Pedro Calder\u00f3n de la Barca<\/a>, ou encore Yuri Herrera, jeune auteur mexicain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2007, elle publie un premier roman, \u00ab\u00a0<i>Man\u00e8ges\u00a0\u00bb<\/i>, petite histoire argentine o\u00f9 elle \u00e9voque un \u00e9pisode de son enfance argentine sous la dictature militaire. Ce premier roman est traduit en espagnol (Edhasa), anglais (Portobello Books), allemand (Insel Verlag), italien (Piemme) et serbe (Arhipelag). Sous le titre de \u00ab\u00a0<i>La casa de los conejos\u00a0\u00bb,<\/i> ce roman re\u00e7oit un grand \u00e9cho en Argentine d\u00e8s sa parution en langue espagnole. La version espagnole a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le romancier argentin Leopoldo Brizuela. La version anglaise, \u00ab\u00a0<i>The Rabbit House\u00a0\u00bb<\/i>, publi\u00e9e par Portobello Books \u00e0 Londres, y est adapt\u00e9e au mois de mai 2010 pour la radio (BBC-Radio4).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En octobre 2009, elle publie \u00ab\u00a0<i>Jardin blanc\u00a0\u00bb<\/i>, roman inspir\u00e9 d\u2019un \u00e9pisode peu connu de la vie d\u2019Ava Gardner et du G\u00e9n\u00e9ral Juan Per\u00f3n, \u00e0 savoir leur bref voisinage \u00e0 Madrid. Il est traduit en espagnol par le po\u00e8te Jorge Fondebrider (Edhasa).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En janvier 2012, elle publie son troisi\u00e8me roman, \u00ab\u00a0<i>Les Passagers de l\u2019Anna C.\u00a0\u00bb<\/i>, roman qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 traduit en espagnol (Edhasa) et en catalan (La Magrana).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme pour son premier roman, c&rsquo;est le romancier argentin Leopoldo Brizuela qui en a sign\u00e9 la version espagnole. L\u2019auteur y reconstruit le voyage qu\u2019effectuent au milieu des ann\u00e9es 1960 une poign\u00e9e de jeunes Argentins quittant leur pays clandestinement pour s\u2019embarquer dans un p\u00e9riple devant leur permettre de rejoindre <a title=\"Che Guevara\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Che_Guevara\">Che Guevara<\/a>. Elle compose ce livre \u00e0 partir de souvenirs des rares survivants de ce voyage, dont ses parents faisaient partie et au cours duquel elle est n\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En ao\u00fbt 2013, elle publie \u00ab\u00a0<i>Le Bleu des abeilles\u00a0\u00bb<\/i>, roman inspir\u00e9 de l\u2019arriv\u00e9e en France de l\u2019auteur, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix ans. Le roman \u00e9voque notamment la correspondance qu\u2019elle entretenait \u00e0 l\u2019\u00e9poque avec son p\u00e8re, alors prisonnier politique en Argentine, la d\u00e9couverte de la France et l\u2019apprentissage \u00e9bloui de la langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si le fran\u00e7ais n\u2019est pas sa langue maternelle, c\u2019est pourtant dans cette langue qu\u2019elle \u00e9crit ses deux romans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle vit aujourd\u2019hui \u00e0 Paris et enseigne la litt\u00e9rature espagnole du \u00abSi\u00e8cle d\u2019or\u00bb \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Nanterre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes en 1979, pendant la dictature du g\u00e9n\u00e9ral Videla. 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