{"id":3340,"date":"2014-03-08T17:08:12","date_gmt":"2014-03-08T16:08:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=3340"},"modified":"2014-03-17T09:24:59","modified_gmt":"2014-03-17T08:24:59","slug":"jourde-pierre-%e2%99%a6-la-premiere-pierre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/jourde-pierre-%e2%99%a6-la-premiere-pierre\/","title":{"rendered":"Jourde Pierre \u2666 La premi\u00e8re pierre"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3344\" rel=\"attachment wp-att-3344\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-3344 alignright\" alt=\"La premi\u00e8re pierre\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/La-premi\u00e8re-pierre.jpg\" width=\"196\" height=\"295\" \/><\/a>\u00abDans ces terres recul\u00e9es, dans ces pays perdus, on vit toujours plus ou moins dans une l\u00e9gende, dans l&rsquo;image d&rsquo;un chapiteau roman histori\u00e9 de sc\u00e8nes na\u00efves et cruelles&#8230;\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Pierre Jourde revient sur des \u00e9v\u00e9nements qui en 2005 ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique. Lors de la parution d&rsquo;un de ses livres, <i>Pays perdu<\/i>, une partie des habitants du village d&rsquo;Auvergne dont il \u00e9tait question dans le r\u00e9cit s&rsquo;est livr\u00e9e \u00e0 une tentative de lynchage de l&rsquo;auteur et de sa famille. Pierre Jourde y d\u00e9crivait la rudesse de la vie dans ce hameau lointain dont il est originaire, mais aussi une fraternit\u00e9 archa\u00efque, solide, des relations humaines \u00e0 la fois brutales et profondes, tout cela racont\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de la mort d&rsquo;un enfant. C\u00e9l\u00e9bration d&rsquo;un village aim\u00e9, le livre y a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par certains comme une offense.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>La premi\u00e8re pierre<\/i> retrace les \u00e9v\u00e9nements violents qui ont suivi la parution de <i>Pays perdu<\/i>, et propose l&rsquo;analyse passionnante de leurs causes. Il offre aussi une magnifique d\u00e9monstration des puissances de la litt\u00e9rature, en m\u00eame temps qu&rsquo;un r\u00e9cit vibrant d&rsquo;\u00e9motion et d&rsquo;admiration pour ces contr\u00e9es et ces gens qui vivent dans un temps diff\u00e9rent de celui des villes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur, Pierre Jourde, romancier, critique litt\u00e9raire et universitaire est originaire de Lusseaud, un petit village d&rsquo;Auvergne, du Cantal, \u00a0o\u00f9 il revient chaque ann\u00e9e passer ses vacances dans la maison de famille. Il a, en 2003, publi\u00e9 un livre, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Jourde-Pays-perdu\/18319\">Pays perdu<\/a>\u00a0\u00bb qui, selon ses dires, se voulait \u00eatre un hommage \u00e0 ce terroir et \u00e0 ses habitants, des individus ainsi devenus des personnages de roman dont les noms avait \u00e9t\u00e9, bien entendu, transform\u00e9s. Dans ce premier livre il parlait de la rudesse de la vie montagnarde, de la solidarit\u00e9 qui cimente les gens, tout cela \u00e0 l&rsquo;occasion de la mort de la fille d&rsquo;un voisin. Il se demande d&rsquo;ailleurs comment \u00ab\u00a0un livre publi\u00e9 chez un petit \u00e9diteur par un auteur peu connu\u00a0\u00bbavait bien pu parvenir chez des gens qui pourtant lisent peu. Le paradoxe fut sans doute que parmi ses nombreux d\u00e9tracteurs, peu avaient effectivement lu ce r\u00e9cit et que d&rsquo;autres parmi eux l&rsquo;avaient trouv\u00e9 peut-\u00eatre na\u00eff mais pas m\u00e9chant. L&rsquo;ennui c&rsquo;est qu&rsquo;une partie de ces derniers qui y avaient pourtant vu au d\u00e9part \u00ab\u00a0un beau livre\u00a0\u00bb y ont lu une attaque personnelle inacceptable, une incursion dans leurs vies et cette fiction les a \u00ab\u00a0rendu fous de rage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2005 le voil\u00e0 donc revenant avec famille compl\u00e8te et bagages pour un nouveau s\u00e9jour. Plusieurs villageois foncent dans sa cour. Injures (certaines racistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ses gamins), coups \u00e9chang\u00e9s, blessures, jets de pierre (dont l&rsquo;une atteindra son petit de 15 mois), voiture caillass\u00e9e, bref, c&rsquo;est la fuite oblig\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur fit donc l&rsquo;objet de critiques qui nourrirent une pol\u00e9mique et son retour estival a rapidement d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en une lapidation, un v\u00e9ritable lynchage, quelques allusions pr\u00e9cises \u00e0 un adult\u00e8re ancien de sa grand-m\u00e8re, la filiation douteuse de l&rsquo;auteur et des remarques acerbes sur sa vie priv\u00e9e personnelle. Tout cela se termine en bataille rang\u00e9e, un contre <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Zola-Tous\/217420\">Tous<\/a>, mais l&rsquo;auteur qui pratique la boxe ose se d\u00e9fendre ce qui, dans l&rsquo;esprit des autochtones aggrave son cas. Sa m\u00e8re lui avait pourtant conseill\u00e9 de ne pas r\u00e9pondre si on l&rsquo;agressait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien entendu, ensuite en 2007, il y eut un proc\u00e8s\u00a0: d\u00e9p\u00f4ts de plainte de part et d&rsquo;autre, proc\u00e8s-verbaux de police parfois laborieux, instructions contradictoires, mauvaise foi ordinaire, n\u00e9gations des faits pourtant patents et finalement audience devant le tribunal d&rsquo;Aurillac avec constitution d&rsquo;avocats, effets de manches et finalement verdict condamnant le 5 juillet 2007 tout le monde \u00e0 des amendes et \u00e0 de la prison avec sursis. Mais puisque l&rsquo;auteur est un \u00e9crivain, la presse locale et nationale s&rsquo;en m\u00eale, prend partie, tout comme les r\u00e9seaux sociaux de sorte que ce qui aurait pu \u00eatre un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne devient rapidement une affaire o\u00f9 s&rsquo;opposent deux conceptions. D&rsquo;une part un type de la ville, universitaire et \u00e9crivain qui, sous couvert de ragots dont il s&rsquo;est fait l&rsquo;\u00e9cho, a viol\u00e9 une communaut\u00e9 paysanne \u00e0 laquelle il ne comprend rien, montrant l&rsquo;arrogance des citadins et surtout des intellectuels face aux vrais valeurs de la France rurale incarn\u00e9es par des paysans d\u00e9sarm\u00e9s, autant dire une notion p\u00e9tainiste de <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Zola-La-Terre\/380108\">La Terre<\/a> \u00ab\u00a0qui ne peut mentir\u00a0\u00bb. D&rsquo;autre part ceux qui ont aim\u00e9 ce livre et qui insistent sur l&rsquo;illustration de la beaut\u00e9 des campagnes et de la vie paysanne, pr\u00f4nent la libert\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire et la sacralisation de la litt\u00e9rature face \u00e0 des analphab\u00e8tes. La pol\u00e9mique \u00e9tait donc totale et chacun y allait de son commentaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il sent qu&rsquo;il doit s&rsquo;expliquer plus avant, d\u00e9gonfler cette baudruche qu&rsquo;il a contribu\u00e9 na\u00efvement peut-\u00eatre \u00e0 cr\u00e9er et que d&rsquo;autres se sont charg\u00e9s de gonfler. C&rsquo;est qu&rsquo;il a \u00e9crit ce livre avec son c\u0153ur, surpris par la pol\u00e9mique qui a suivi, nourrie par exploitation partisane de passages sortis volontairement de leur contexte ou mal interpr\u00e9t\u00e9s dans le seul but de choquer, un peu comme si ce livre ressemblait malgr\u00e9 lui \u00e0 un os offert \u00e0 ronger, une sorte d&rsquo;occasion donn\u00e9e aux autres de se venger de celui qui certes \u00e9tait d&rsquo;ici mais qui avait r\u00e9ussi, habitait la ville, \u00e9crivait des livres, ne grattait plus <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Zola-La-Terre\/380108\">La Terre<\/a> et donc ne leur ressemblait plus\u00a0! On aurait sans doute voulu qu&rsquo;il f\u00fbt, s&rsquo;autocensurant, moins lui-m\u00eame, plus consensuel et coop\u00e9ratif avec ceux qui \u00e9taient ses personnages, qu&rsquo;il rest\u00e2t dans les limites \u00ab\u00a0correctes\u00a0\u00bb de la litt\u00e9rature. De ce qui n&rsquo;\u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine qu&rsquo;une nouvelle relatant les obs\u00e8ques d&rsquo;une enfant il a voulu faire un livre o\u00f9 il parlait des gens, de leur histoire, de ce terroir qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas assez id\u00e9alis\u00e9, donnant des d\u00e9tails qui ne tissaient pas forcement \u00ab\u00a0une bonne image\u00a0\u00bb de l&rsquo;Auvergne. Ce faisant, il avait touch\u00e9 aux morts et cela devenait \u00ab\u00a0d\u00e9go\u00fbtant\u00a0\u00bb. Il fallait donc le lui faire payer. Alors on lui avait renvoy\u00e9 au visage l&rsquo;opprobre d&rsquo;une b\u00e2tardise qu&rsquo;il n&rsquo;ignorait cependant pas. Et tout est ressorti \u00e0 partir de l\u00e0, la faiblesse de ce p\u00e8re tardivement reconnu par le mari de cette m\u00e8re infid\u00e8le et bafou\u00e9 par elle, l&rsquo;h\u00e9ritage qui avait fait de lui un riche propri\u00e9taire dont des g\u00e9n\u00e9rations de pauvres fermiers trouvaient ainsi, par del\u00e0 le temps, l&rsquo;occasion de se venger. Pour eux, les riches dont Jourde fait partie ne pouvaient qu&rsquo;\u00eatre mauvais et ce livre \u00e9tait une occasion \u00e0 ne pas manquer de le dire, malgr\u00e9 les verres entrechoqu\u00e9s, les f\u00eates donn\u00e9es au village, les messes entendues et les coups de main donn\u00e9s par l&rsquo;auteur lui-m\u00eame, pour les travaux des champs. Il \u00e9tait accept\u00e9 bien qu&rsquo;il soit d\u00e9finitivement \u00ab\u00a0un \u00e9tranger\u00a0\u00bb. Ainsi <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/auteur\/Pierre-Jourde\/11109\">Pierre Jourde <\/a>se sentait investi d&rsquo;une mission, celle de rendre \u00e0 son p\u00e8re sa fiert\u00e9 et c&rsquo;est avec ce livre qu&rsquo;il entendait le faire de sorte que \u00ab\u00a0la mort du p\u00e8re menait \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture du livre, ce tombeau\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant aux r\u00e9v\u00e9lations qu&rsquo;il fait sur les habitants, le \u00ab\u00a0petit bonhomme\u00a0\u00bb les assume puisque, m\u00eame si elles sont tragiques, elles n&rsquo;ont rien de myst\u00e9rieux, sont connues de <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Zola-Tous\/217420\">Tous<\/a> mais doivent rester secr\u00e8tes. <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/auteur\/Pierre-Jourde\/11109\">Pierre Jourde <\/a>ne se destinait pas \u00e0 \u00e9crire sur ce pays, seul les obs\u00e8ques de cette jeune fille ont \u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur et dans son livre il \u00e9voque le village, l&rsquo;histoire clandestine de sa famille et \u00ab\u00a0l&rsquo;incapacit\u00e9 \u00e0 dire\u00a0\u00bb de l&rsquo;auteur \u00ab\u00a0avait produit le livre\u00a0\u00bb parce que dans un village tout se sait, m\u00eame si des choses restent secr\u00e8tes au sein m\u00eame d&rsquo;une famille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a bris\u00e9 le \u00ab\u00a0culte du silence qui se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration dans ces hameaux. Parler de ce qui se passe dans une autre maison, c&rsquo;est un peu comme y p\u00e9n\u00e9trer. Cela ne peut se r\u00e9aliser qu&rsquo;au prix de grandes pr\u00e9cautions. L&rsquo;espace de la maison, avec tout ce qu&rsquo;il peut contenir d&rsquo;intimit\u00e9, a quelque chose de sacr\u00e9: il est celui de la ma\u00eetrise, de la propri\u00e9t\u00e9, du quant-\u00e0-soi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maintenant, apr\u00e8s tout cela, quand il revient \u00e0 Lussaud on l&rsquo;ignore, il est une non-pr\u00e9sence, sauf peut-\u00eatre quelques-uns que cela ne concerne pas. Il \u00e9prouve pour lui ce qu&rsquo;est le non-pardon, mais qui s&rsquo;\u00e9tend aussi \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Zola-Tous\/217420\">Tous<\/a> ceux qui l&rsquo;ont soutenu, m\u00eame \u00e0 ceux qui depuis ont acquis une maison au village et m\u00eame \u00e0 leurs enfants\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour faire bonne mesure il y a eu une p\u00e9tition, des menaces, des intimidations, des petites bassesses qui signifiaient \u00e0 l&rsquo;auteur que m\u00eame dix ans apr\u00e8s il n&rsquo;\u00e9tait plus chez lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3336\" rel=\"attachment wp-att-3336\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3336 alignleft\" alt=\"Pierre Jourde\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/Pierre-Jourde.jpg\" width=\"274\" height=\"392\" \/><\/a>Pierre Jourde<\/b> est un \u00e9crivain et critique fran\u00e7ais, n\u00e9 \u00e0 Cr\u00e9teil le 9\u00a0d\u00e9cembre\u00a01955, dans une famille d\u2019origine auvergnate. Il est \u00e9lev\u00e9 par son p\u00e8re Jean, chauffeur et employ\u00e9 administratif, et sa m\u00e8re, Colette, institutrice. Avec son fr\u00e8re Bernard, n\u00e9 en 1958, il passe beaucoup de temps chez ses grands-parents paternels, dans le Cantal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1972, il d\u00e9couvre Proust, sa premi\u00e8re \u00ab\u00a0grande passion litt\u00e9raire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1974, il obtient son baccalaur\u00e9at litt\u00e9raire, en 1978, sa ma\u00eetrise de lettres modernes, et en 1981, il est re\u00e7u \u00e0 l\u2019agr\u00e9gation de lettres modernes. Il est nomm\u00e9 professeur. Il enseigne pendant dix ans dans divers coll\u00e8ges et lyc\u00e9es. Puis il est nomm\u00e9 ma\u00eetre de conf\u00e9rences et sera \u00e9lu professeur des universit\u00e9s \u00e0 Mulhouse, puis \u00e0 Tours \u2013 il en profitera pour fonder la revue litt\u00e9raire <em>Hesperis<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette p\u00e9riode, il divorce. Il s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 en 1989 et deux enfants \u00e9taient n\u00e9s de ce premier mariage, Axel en 1991 et Gabriel en 1994. Il refait alors sa vie avec H\u00e9l\u00e8ne V\u00e9drine qui lui donnera un troisi\u00e8me enfant, Jean, en 2004. Ils se marieront en avril 2010.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 1992, il partage sa vie entre Paris et Valence o\u00f9 il enseigne la litt\u00e9rature \u00e0 Valence, et \u00a0\u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Grenoble III depuis 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Romancier, nouvelliste, essayiste, critique et pamphl\u00e9tiste, il est l\u2019auteur d\u2019une vingtaine d\u2019ouvrages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Connu pour ses pamphlets (<i>La litt\u00e9rature sans estomac<\/i>, <i>le Jourde et Naulleau<\/i>) contre ce que les m\u00e9dias, et notamment les pages litt\u00e9raires du journal <i>Le Monde<\/i>, pr\u00e9sentent comme la litt\u00e9rature contemporaine, il est surtout l&rsquo;auteur d&rsquo;essais sur la litt\u00e9rature moderne (<i>G\u00e9ographies imaginaires<\/i>, <i>Litt\u00e9rature monstre<\/i>) et d&rsquo;une abondante \u0153uvre litt\u00e9raire exigeante se partageant entre po\u00e9sie (<i>Ha\u00efkus tout foutus<\/i>), r\u00e9cits (<i>Dans mon chien<\/i>, <i>Le Tibet sans peine<\/i>) et romans (<i>Festins secrets<\/i>, <i>L&rsquo;heure et l&rsquo;ombre<\/i>, <i>Paradis noirs<\/i>).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1991 il publie son premier essai, dans lequel il revient sur les cr\u00e9ateurs de mondes que sont notamment <i>jorge Luis Borges<\/i>, Henri Michaux ou <i>J.R.R. Tolkien<\/i>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant plusieurs ann\u00e9es, il est un essayiste assez discret, \u00e9crivant sur l&rsquo;alcool litt\u00e9raire, sur l&rsquo;incongru ou sur le dandysme de Joris-Karl Huysmans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est en 2002 qu&rsquo;il fait vraiment parler de lui en mettant un grand coup de pied dans la fourmili\u00e8re \u00e9ditoriale fran\u00e7aise. Il fusille une \u00e0 une les figures de la litt\u00e9rature m\u00e9diatique, analyse la fabrication de produits au succ\u00e8s aussi important que p\u00e9rissable, \u00e9claire les modes en cours dans le \u00ab milieu \u00bb sur le ton de la satire. Les premi\u00e8res balles sont pour <i>Philippe Sollers<\/i> et Le Monde des livres, avec des d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux sur leur t\u00eate pensante, Josyane Savigneau. La r\u00e9action est rapide : Le Monde des livres attaque Jourde pour diffamation. Un comit\u00e9 de soutien est mont\u00e9 tout aussi vite, et la plainte est finalement d\u00e9bout\u00e9e. Si Jourde utilise de mani\u00e8re parfois un peu lourde le m\u00e9thodisme de sa critique, celle-ci reste toutefois salutaire, comme le montre l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise en lui d\u00e9cernant son prix de la critique. Les r\u00e9actions \u00e0 La Litt\u00e9rature sans estomac inspirent \u00e0 Jourde et \u00e0 <i>Eric Naulleau<\/i> la riposte, toutefois moins forte que la premi\u00e8re salve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;essayiste acerbe, il y a Jourde le romancier :\u00a0\u00ab\u00a0Canage de clowns\u00a0\u00bb en 2002, \u00ab\u00a0Pays perdu\u00a0\u00bb l&rsquo;ann\u00e9e suivante, histoire sombre, sale, chant fun\u00e8bre des campagnes, r\u00e9compens\u00e9e par un prix G\u00e9n\u00e9rations du roman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2002, il obtient le Prix de la critique de l\u2019acad\u00e9mie fran\u00e7aise avec son essai <em>La litt\u00e9rature sans estomac<\/em>, le Prix renaudot des Lyc\u00e9es et le Prix Valery Larbaud pour <em>Festins secrets<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 16 octobre 2013, il re\u00e7oit le Prix Jean Giono 2013 pour son r\u00e9cit \u00ab\u00a0<em>La premi\u00e8re pierre\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a pr\u00e9fac\u00e9 le volume des \u0152uvres de Marcel Schwob.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa bibliographie compte une quinzaine de volumes dont \u00ab\u00a0Empailler le tor\u00e9ador\u00a0\u00bb : l\u2019incongru dans la litt\u00e9rature fran\u00e7aise (Corti), deux essais sur Alexandre Vialatte et des fictions (Dans mon chien, \u00e9d. Parc).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a dirig\u00e9 la revue Hesperis de 1999 \u00e0 2002.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il collabore \u00e0 diverses revues et journaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il tient depuis janvier 2009 le blog Confitures de culture sur le site litt\u00e9raire du Nouvel Observateur o\u00f9 il publie r\u00e9guli\u00e8rement ses prises de position sur des sujets de soci\u00e9t\u00e9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abDans ces terres recul\u00e9es, dans ces pays perdus, on vit toujours.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":3344,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[217],"tags":[215],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/03\/La-premi\u00e8re-pierre.jpg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3340"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3340"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3340\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3344"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}