{"id":3322,"date":"2014-03-01T08:39:23","date_gmt":"2014-03-01T07:39:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=3322"},"modified":"2014-03-17T09:31:07","modified_gmt":"2014-03-17T08:31:07","slug":"frain-irene-%e2%99%a6-la-foret-des-29","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/frain-irene-%e2%99%a6-la-foret-des-29\/","title":{"rendered":"Frain Ir\u00eane \u2666 La for\u00eat des 29"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3306\" rel=\"attachment wp-att-3306\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3306 alignright\" alt=\"La for\u00eat des 29\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/La-for\u00eat-des-29.jpg\" width=\"180\" height=\"271\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/La-for\u00eat-des-29.jpg 427w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/La-for\u00eat-des-29-200x300.jpg 200w\" sizes=\"(max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/><\/a>Inde du Nord, 1485. A la lisi\u00e8re du d\u00e9sert, les rajahs, les rathores seigneurs des lieux, rivalisent de palais mirifiques. Pour les \u00e9riger, ils doivent alimenter les fours \u00e0 chaux et abattent les arbres par milliers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Or, comme les Vieux l\u2019avaient pr\u00e9dit, une s\u00e9cheresse effroyable se met \u00e0 ravager la r\u00e9gion. Au c\u0153ur de la catastrophe, un humble paysan se dresse : Djambo, dit aussi Jambhoji.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<strong>\u00ab\u00a0V\u00e9n\u00e9rable Djambo\u00a0\u00bb ou Jambheshwar <\/strong><b>&#8211;<\/b> 1451-1535, jeune homme rejet\u00e9 par les siens, a rejoint le peuple des pauvres. Dans sa longue errance, il a tout v\u00e9cu, la faim, les deuils, la route, les mirages destructeurs de l\u2019orgueil et de la richesse, la douleur de l\u2019amour trahi. Mais il a surtout appris \u00e0 conna\u00eetre la Nature. Le premier, il comprend que la s\u00e9cheresse n\u2019est pas une vengeance des dieux, mais celle de la nature maltrait\u00e9e. Avec quelques hommes et femmes de bon sens, il fonde une communaut\u00e9 qui permet la survie de tous gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019application de 29 principes simples. La v\u00e9n\u00e9ration des arbres est le pilier de cette communaut\u00e9, dont les adeptes ont pris le nom de \u00ab 29 \u00bb en hindi : les Bishno\u00efs <strong>puisque bishno\u00ef et no\u00ef signifient respectivement \u00ab\u00a020\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a09\u00a0\u00bb en hindi<\/strong><b>.<\/b><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9marche de Djambo frappe les esprits et son efficacit\u00e9 fait \u00e9cole. D\u00e8s 1500, l&rsquo;Inde du Nord compte des centaines de villages de \u00a0\u00bb 29 \u00ab\u00a0. Gestion rationnelle de l&rsquo;eau, respect des femmes, protection des animaux sauvages, compassion envers tous les vivants, \u00e9galit\u00e9 des castes : les principes des Bishno\u00efs s\u00e9duisent les hommes les plus divers. Les politiques les respectent et ils vivent en paix. Mais en 1730, le maharadjah de Jodhpur est pris \u00e0 son tour de folie b\u00e2tisseuse. Venant \u00e0 manquer de bois, il exp\u00e9die son arm\u00e9e dans une for\u00eat qui appartient \u00e0 une femme Bishno\u00ef, Amrita. \u00a0\u00bb Plut\u00f4t mourir ! \u00a0\u00bb d\u00e9clare-t-elle aux soldats en s&rsquo;enla\u00e7ant \u00e0 un arbre. Elle est d\u00e9capit\u00e9e. Ses filles l&rsquo;imitent et sont massacr\u00e9es. D&rsquo;autres Bishno\u00efs prennent la suite, eux-m\u00eames trucid\u00e9s. Ce massacre semble ne jamais devoir finir. Mais \u00e0 la 363e victime, le chef de l&rsquo;arm\u00e9e, \u00e9c\u0153ur\u00e9, renonce. Et le maharadjah, troubl\u00e9, d\u00e9cide de prot\u00e9ger \u00e0 jamais les \u00a0\u00bb 29 \u00ab\u00a0, leurs animaux et leurs for\u00eats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur fond de steppes arides et de palais princiers, c&rsquo;est cette \u00e9pop\u00e9e historique m\u00e9connue que ressuscite Ir\u00e8ne Frain, apr\u00e8s une enqu\u00eate au Rajasthan sur les pas du l\u00e9gendaire Djambo, puis chez les Bishno\u00efs eux-m\u00eames, qui font actuellement figure de pionniers de l&rsquo;\u00e9cologie moderne, et donnent \u00e0 ce roman flamboyant des allures de conte initiatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout ce que l\u2019on sait de Djambo a \u00e9t\u00e9 v\u00e9hicul\u00e9 par la tradition populaire transmise par les bardes itin\u00e9rants, les Charans, nombreux au Rajasthan. Mais lors de son enqu\u00eate, Ir\u00e8ne Frain a eu acc\u00e8s \u00e0 de tr\u00e8s rares traductions en anglais des enseignements de Jambhoji, les Shabadwani, formul\u00e9s dans les ann\u00e9es 1490-1535 dans un dialecte du Rajasthan, souvent sous la forme de chansonnettes ou comptines tr\u00e8s simples et faciles \u00e0 m\u00e9moriser. Elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 les \u00e9tudier de pr\u00e8s \u2013 aucun anthropologue ne s\u2019est encore int\u00e9ress\u00e9 au parcours de Jambhoji ni aux Bishno\u00efs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que Jambhoji ait pr\u00each\u00e9 pendant pr\u00e8s de 50 ans, seuls 120 versets de ces Shabadwani sont aujourd\u2019hui connus, qui sont toujours r\u00e9cit\u00e9s par les Bishno\u00efs. Jambhoji a laiss\u00e9 de nombreuses traces aux alentours de Bikaner (par exemple, sa maison natale de Pipasar est pieusement conserv\u00e9e), mais les souvenirs de lui sont la plupart du temps id\u00e9alis\u00e9s par la m\u00e9moire populaire. Il serait n\u00e9 en 1451, le jour de Janmashtami (anniversaire de la naissance de Krishna, dieu des Vachers), dans un village recul\u00e9 du nord du Rajasthan, Pipasar. Fils unique et tardif de Lohatji Panwar et de Hansa Devi, il aurait \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 7 ans un enfant si renferm\u00e9 qu\u2019on le croyait muet. On le d\u00e9crit pareil au dieu Krishna, vivant dans la campagne dans la seule compagnie de ses vaches, ou vagabond. Jambhoji fut \u00e0 coup s\u00fbr marqu\u00e9 par les conflits sanglants qui opposaient souvent hindous et musulmans, et r\u00e9volt\u00e9 par les souffrances de ces derniers, qui \u00e9taient en minorit\u00e9 dans la r\u00e9gion \u2013 il est d\u2019ailleurs enterr\u00e9 sur l\u2019emplacement d\u2019un cimeti\u00e8re musulman. Il dut \u00eatre choqu\u00e9 par le fait qu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re catastrophe venue, on prenait les intouchables comme boucs \u00e9missaires\u00a0; souvent, on les br\u00fblait vifs. Jambhoji, lui, les accepta dans ses communaut\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il aurait commenc\u00e9 ses pr\u00eaches \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 34 ans, dit aussi la l\u00e9gende, devant un petit groupe d\u2019errants qui fuyaient la s\u00e9cheresse, et apr\u00e8s une illumination sur la dune de Samrathal, non loin de son village natal. Jambhoji ne proposa pas une nouvelle religion au sens strict, mais plut\u00f4t une autre fa\u00e7on de vivre, r\u00e9gie par 29 principes, certains tr\u00e8s concrets, \u00e0 la port\u00e9e des paysans les plus simples, et fond\u00e9e sur la reconnaissance du divin dans la nature, le respect et la protection de l\u2019environnement, notamment la faune et la flore, en tant que cr\u00e9ations d\u2019un dieu supr\u00eame. Ce dieu n\u2019est jamais repr\u00e9sent\u00e9 par une image, contrairement \u00e0 ce que font les hindous. Jambhoji a aussi int\u00e9gr\u00e9 dans sa philosophie certains principes de l\u2019islam et du bouddhisme. Il refusa tout particuli\u00e8rement l\u2019usage hindou de br\u00fbler les morts \u2013 non pour s\u2019attirer les musulmans, mais pour prot\u00e9ger les arbres. Les Bishno\u00efs enterrent donc les d\u00e9funts dans leurs champs et le font de leurs mains \u2013 une pratique inacceptable pour les hindous, qui consid\u00e8rent ce geste comme une souillure ineffa\u00e7able et d\u00e9l\u00e8guent la besogne aux intouchables, des hommes qu\u2019ils jugent impurs et m\u00e9prisent au dernier degr\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis 1536, la d\u00e9pouille de Jambhoji repose toujours dans sa tombe de Muckham, un lieu dont le nom signifie \u00ab\u00a0la fin du voyage\u00a0\u00bb. Les Bishno\u00efs contemporains l\u2019ont abrit\u00e9e dans un imposant mausol\u00e9e. Comme leurs anc\u00eatres depuis la mort de Jambhoji, ils s\u2019y r\u00e9unissent deux fois par an pour une f\u00eate o\u00f9 ils r\u00e9affirment leurs convictions et leur foi dans les 29 principes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Visionnaire, Jambhoji a compris quelque 500 ann\u00e9es avant nous que le comportement et les actions des hommes pouvaient nuire \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre de la nature et, ce faisant, d\u00e9velopper la violence et nuire \u00e0 l\u2019harmonie du \u00ab\u00a0vivre ensemble\u00a0\u00bb. Ses id\u00e9es connurent un succ\u00e8s rapide d\u00e8s les ann\u00e9es 1590, car elles comportaient un volet tr\u00e8s concret sur la gestion rationnelle de l\u2019eau et des sols. Ce philosophe \u00e9tait aussi un esprit pragmatique. Il apprit aux paysans o\u00f9 et comment b\u00e2tir des barrages sur les \u00e9ph\u00e9m\u00e8res rivi\u00e8res qui se formaient au moment des moussons afin de constituer des r\u00e9servoirs d\u2019eau, leur recommanda de construire des remparts de terre m\u00eal\u00e9e de sable et de les fixer gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9pineux, afin d\u2019emp\u00eacher les redoutables temp\u00eates de poussi\u00e8re venues du d\u00e9sert d\u2019envahir les villages et les champs cultiv\u00e9s. Enfin, pour reboiser la r\u00e9gion et faire revenir la faune sauvage, tout Bishno\u00ef avait l\u2019obligation de planter des arbres et d\u2019aller les arroser chaque jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jambhoji cr\u00e9a ainsi tr\u00e8s rapidement de plantureuses oasis de verdure. Elles \u00e9blouirent les paysans et les voyageurs, qui constat\u00e8rent que les Bishno\u00efs, m\u00eame pendant les pires s\u00e9cheresses, avaient toujours de quoi survivre, contrairement aux autres habitants de la r\u00e9gion, car l\u2019une des recommandations majeures \u00e9tait\u00a0: \u00ab\u00a0Ne consomme pas plus que tu n\u2019en as besoin.\u00a0\u00bb Une id\u00e9e qui revient en force de nos jours, et qui se trouve au centre de l\u2019\u00e9cologie moderne\u00a0! Certains des principes de Jambhoji constitu\u00e8rent aussi d\u2019immenses avanc\u00e9es sociales, surtout pour les basses castes et pour les femmes \u2013 on notera ainsi que le premier des 29 principes institue le cong\u00e9 maternit\u00e9\u2026 en 1485\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9tude de ses principes et de ses enseignements prouve aussi, selon Ir\u00e8ne Frain, que Jambhoji \u00e9tait extr\u00eamement attentif \u00e0 l\u2019hygi\u00e8ne physique. Il avait compris, dit-elle, que les \u00e9pid\u00e9mies et les parasitoses, fr\u00e9quentes en Inde, comme la surmortalit\u00e9 infantile, se d\u00e9veloppaient faute de toilette quotidienne, de filtrage de l\u2019eau et du lait, et de lavage strict des ustensiles de cuisine, qu\u2019il prescrivait d\u2019\u00e9bouillanter. L\u2019asepsie plusieurs si\u00e8cles avant Pasteur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3305\" rel=\"attachment wp-att-3305\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3305 alignleft\" alt=\"Ir\u00eane Frain\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain.jpg\" width=\"209\" height=\"218\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain.jpg 308w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain-286x300.jpg 286w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain-220x230.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 209px) 100vw, 209px\" \/><\/a>Ir\u00e8ne Frain<\/b>, n\u00e9e <b>Le Pohon<\/b>, le 22\u00a0mai\u00a01950 \u00e0 Lorient (Morbihan), est une femme de lettres fran\u00e7aise, romanci\u00e8re, journaliste et historienne. Elle est membre fondateur du Women&rsquo;s Forum for the Economy and Society qu\u2019elle fonde en 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle appartient \u00e0 une famille de cinq enfants, dont le p\u00e8re, d&rsquo;abord gar\u00e7on de ferme devient professeur pour adulte. Sa m\u00e8re est couturi\u00e8re. En 1967, apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 au Lyc\u00e9e Dupuy-de-L\u00f4me de Lorient, elle rentre \u00e0 Kh\u00e2gne (Nantes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle se marie en 1969.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1972, elle obtient l&rsquo;agr\u00e9gation de lettres classiques, puis enseigne les lettres classiques dans le secondaire, notamment au Lyc\u00e9e Jacques-Decour \u00e0 Paris 9\u00e8me et au Lyc\u00e9e de Lagny (Seine et Marne). \u00c0 partir de 1975 le latin \u00e0 la Sorbonne. Et ce, jusqu&rsquo;en 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1979, parait son premier essai et s&rsquo;installe dans le Loir et Cher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9e dans une famille encore tr\u00e8s proche du milieu rural et de son d\u00e9nuement, Ir\u00e8ne Frain s\u2019est d\u2019abord signal\u00e9e par un ouvrage historique publi\u00e9 en 1979 sur l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la Bretagne maritime, \u00ab\u00a0Quand les Bretons peuplaient les mers\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle consacre son premier roman \u00ab\u00a0Le Nabab\u00a0\u00bb (1982) \u00e0 Ren\u00e9 Madec, petit mousse breton devenu nabab en Inde. Cette fresque \u00e9pique de l\u2019Inde du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, conna\u00eet un succ\u00e8s foudroyant et les romans suivants consacrent le talent d\u2019Ir\u00e8ne Frain\u00a0: sens aigu de l\u2019intrigue, \u00e9criture tant\u00f4t s\u00e8che tant\u00f4t flamboyante, don de faire vivre le lecteur en empathie avec ses personnages, humour certain, imagination foisonnante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1984, elle commence une carri\u00e8re journalistique (Paris-Match, Elle, VSD, L&rsquo;\u00e9quipe)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De roman en roman\u00a0: \u00ab\u00a0Modern Style\u00a0\u00bb (1984), \u00ab\u00a0D\u00e9sirs\u00a0\u00bb (1986), \u00ab\u00a0Secret de famille\u00a0\u00bb (1989), \u00ab\u00a0Histoire de Lou\u00a0\u00bb (1990), \u00ab\u00a0Devi\u00a0\u00bb (1992), \u00ab\u00a0L\u2019homme fatal\u00a0\u00bb (1995), \u00ab\u00a0Les hommes, etc.\u00a0\u00bb (2003), \u00ab\u00a0Au Royaume des Femmes\u00a0\u00bb (2007), \u00ab\u00a0Les Naufrag\u00e9s de l\u2019\u00eele Tromelin\u00a0\u00bb (2009) qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le Grand Prix de l\u2019Acad\u00e9mie de marine, le Grand Prix Palatine du roman historique et le Prix Relay du roman d\u2019\u00e9vasion, l\u2019int\u00e9r\u00eat des lecteurs pour ses \u00e9crits et l\u2019originalit\u00e9 de sa personne ne s\u2019est jamais d\u00e9mentie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On note dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Ir\u00e8ne Frain deux courants profonds\u00a0: une passion pour les enjeux inh\u00e9rents \u00e0 la condition f\u00e9minine et une pr\u00e9dilection accus\u00e9e pour l\u2019Orient \u2014 les deux se recoupant souvent. Son dernier ouvrage, Beauvoir in love (2012) fond\u00e9 sur une enqu\u00eate aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Columbus, Ohio, a \u00e9clair\u00e9 un pan mal connu de la passion du Castor pour l\u2019\u00e9crivain am\u00e9ricain Nelson Algren. Elle a ainsi pu mettre en sc\u00e8ne des \u00e9pisodes inconnus du parcours de Beauvoir et \u00e9clairer des traits de sa psychologie jusqu\u2019ici ignor\u00e9s, retouchant ainsi le portrait souvent biais\u00e9, voire n\u00e9gatif que Beauvoir fit de son amant am\u00e9ricain apr\u00e8s leur rupture. Elle y souligne aussi le r\u00f4le d\u2019Algren dans la gen\u00e8se du Deuxi\u00e8me Sexe. Grande voyageuse, la romanci\u00e8re attribue son go\u00fbt de l\u2019Asie \u00e0 sa naissance \u00e0 Lorient, ancien port de la Compagnie des Indes, autrefois orthographi\u00e9 L\u2019Orient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs de ses r\u00e9cits de voyage illustrent cette pr\u00e9dilection\u00a0: \u00ab\u00a0Quai des Indes\u00a0\u00bb (1992) son enqu\u00eate sur la c\u00e9l\u00e8bre femme-bandit indienne Phoolan Devi, \u00ab\u00a0La vall\u00e9e des hommes perdus\u00a0\u00bb (1995), en collaboration avec le dessinateur de BD Andr\u00e9 Juillard, \u00ab\u00a0Pour que refleurisse le monde\u00a0\u00bb (2002) avec Jetsun Pema, s\u0153ur du Dala\u00ef-lama, et, apr\u00e8s son voyage en Chine et au Tibet avec son mari, sur les traces du c\u00e9l\u00e8bre explorateur am\u00e9ricain Joseph Rock, \u00ab\u00a0Au Royaume des femmes\u00a0\u00bb (2006) et \u00ab\u00a0\u00c0 la recherche du Royaume\u00a0\u00bb (2007) inspir\u00e9 par la longue enqu\u00eate d&rsquo;Ir\u00e8ne sur Joseph Rock, avec des photos de Fran\u00e7ois Frain. Elle soutient depuis l&rsquo;association Aide \u00e0 l&rsquo;Enfance Tib\u00e9taine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En octobre de la m\u00eame ann\u00e9e, elle publie chez Tim\u00e9e un album illustr\u00e9 \u00a0\u00bb Gandhi\u00a0\u00bb o\u00f9 elle retrace le parcours du Mahatma, avec des images d&rsquo;archives souvent in\u00e9dites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa passion de l\u2019enqu\u00eate peut aussi se manifester dans \u00ab\u00a0La Guirlande de Julie\u00a0\u00bb (1991) sur la naissance du langage des fleurs et de la civilit\u00e9 amoureuse en France, \u00ab\u00a0L\u2019Inimitable\u00a0\u00bb (1998) biographie historique de Cl\u00e9op\u00e2tre, \u00ab\u00a0Gandhi, la libert\u00e9 en marche\u00a0\u00bb (2007) ou \u00ab\u00a0La For\u00eat des 29\u00a0\u00bb (2011), qui relate le parcours de Jamboji, fondateur de la communaut\u00e9 des Bishno\u00efs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Admiratrice de Julien Gracq, Ir\u00e8ne Frain lui a consacr\u00e9 en 2001 un court essai\u00a0: \u00ab\u00a0Julien Gracq et la Bretagne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On note aussi son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019art de vivre\u00a0: \u00ab\u00a0Le bonheur de faire l\u2019amour dans sa cuisine et vice-versa\u00a0\u00bb (2004) et, d\u00e8s le d\u00e9but de son parcours, un go\u00fbt affirm\u00e9 pour les contes\u00a0: \u00ab\u00a0Contes du Cheval bleu les jours de grand vent\u00a0\u00bb (1980), republi\u00e9 et r\u00e9am\u00e9nag\u00e9 sous le titre \u00ab\u00a0Le Navire de l&rsquo;homme triste et autres contes marins\u00a0\u00bb (2010) \u00ab\u00a0La F\u00e9e Chocolat\u00a0\u00bb (1995) \u00ab\u00a0Le Roi des Chats\u00a0\u00bb (1996).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ir\u00e8ne Frain a relat\u00e9 une partie de son enfance bretonne dans \u00ab\u00a0La c\u00f4te d\u2019amour\u00a0\u00bb (2001) avec des photos de Christian Renaut et \u00ab\u00a0Dans La maison de la source\u00a0\u00bb (2000).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2008, Ir\u00e8ne continue son action d\u2019ambassadrice en faveur de l\u2019enfance tib\u00e9taine au sein de l\u2019association \u201cAide \u00e0 l\u2019enfance tib\u00e9taine\u201d (AET)\u00a0 dont la pr\u00e9sidente d\u2019honneur est jetsun Pema, soeur de Sa Saintet\u00e9 le Dala\u00ef-lama.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle poursuit bien s\u00fbr son engagement en faveur du bon et vrai chocolat au Club des Croqueurs de chocolat, notamment au sein de son Conseil d\u2019administration. Elle vient de relater la l\u00e9gendaire fondation du Club sur le site du Club: www.croqueurschocolat.com\/<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2010, Ir\u00e8ne est faite Officier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle se retire en Bretagne ou en Loir-et-Cher pour \u00e9crire son prochain roman \u00a0\u00bb La For\u00eat des 29&Prime;, et r\u00e9adapter un recueil de contes \u00a0\u00bb Le Navire de l&rsquo;Homme triste et autres contes marins\u00a0\u00bb qui para\u00eet \u00e0 la mi-novembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parall\u00e8lement, elle poursuit sa galerie de portraits dans Paris-Match. Apr\u00e8s Laetitia Casta, celui du couturier Giorgio Armani, qu&rsquo;elle suit de Milan \u00e0 Dubai pendant plusieurs semaines, est l&rsquo;un des plus remarqu\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En f\u00e9vrier 2011, elle publie son 29<sup>\u00e8me<\/sup> roman \u00ab\u00a0 La For\u00eat des 29\u00a0\u00bb dans lequel elle met en sc\u00e8ne sous forme de docu-fiction l&rsquo;itin\u00e9raire de <a title=\"Jambeshwar Bhagavan\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jambeshwar_Bhagavan\">Jamboji<\/a>, fondateur au XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de la communaut\u00e9 <a title=\"Bishno\u00ef\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bishno%C3%AF\">Bishno\u00ef<\/a> en Inde. Elle y reconstitue \u00e9galement le massacre-immolation qui eut lieu en 1730 \u00e0 Khejarli, pr\u00e8s de <a title=\"Jodhpur\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jodhpur\">Jodhpur<\/a>. 363 hommes, femmes et enfants y donn\u00e8rent leur vie pour prot\u00e9ger les arbres d&rsquo;une for\u00eat appartenant \u00e0 la paysanne <a title=\"Bishno\u00ef\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bishno%C3%AF\">Bishno\u00ef<\/a> Amrita Devi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est membre du Comit\u00e9 d\u2019honneur de l&rsquo;<a title=\"ADMD\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/ADMD\">ADMD<\/a> (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignit\u00e9). \u00a0Certaines de ses actions sont consid\u00e9r\u00e9es comme militantes pour le Tibet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Inde du Nord, 1485. 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