{"id":3302,"date":"2014-02-07T16:10:11","date_gmt":"2014-02-07T15:10:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?p=3302"},"modified":"2014-03-17T09:26:34","modified_gmt":"2014-03-17T08:26:34","slug":"frain-irene-%e2%99%a6-devi","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/frain-irene-%e2%99%a6-devi\/","title":{"rendered":"Frain Ir\u00eane \u2666 Devi"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3304\" rel=\"attachment wp-att-3304\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3304 alignright\" alt=\"Devi\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Devi.jpg\" width=\"227\" height=\"358\" \/><\/a>Roman inspir\u00e9 par quatre ann\u00e9es d&rsquo;enqu\u00eate sur la femme-bandit indienne contemporaine Phoolan Devi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!--more-->Devi (D\u00e9esse) est le nom d&rsquo;une femme-bandit qui terrorisa l&rsquo;Inde entre 1981 et 1983, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre veng\u00e9e d&rsquo;un viol collectif et du meurtre de son amant. Des milliers de r\u00e9prouv\u00e9s l&rsquo;ador\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;\u00e9gal d&rsquo;une divinit\u00e9. Pourtant, jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa cavale, nul, en dehors de ses victimes, n&rsquo;avait jamais vu son visage. Voici le r\u00e9cit de sa vengeance, au fond des ravines o\u00f9 l&rsquo;on boit, dit-on, l&rsquo;esprit de r\u00e9volte avec l&rsquo;eau des rivi\u00e8res. L&rsquo;histoire de Devi est celle d&rsquo;un mythe vivant : rebelle \u00e0 l&rsquo;ordre multimill\u00e9naire qui r\u00e9git le monde o\u00f9 elle vit, elle est devenue, \u00e0 travers les rebondissements de sa prodigieuse \u00e9pop\u00e9e, le symbole de tous ceux qui r\u00e9clament justice et se battent pour leur dignit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/auteur\/Phoolan-Devi\/67620\">Phoolan Devi<\/a>, malgr\u00e9 son joli nom de d\u00e9esse des fleurs avait tout faux d\u00e8s la naissance. Issue d&rsquo;une tr\u00e8s basse caste, elle est mari\u00e9e de force \u00e0 11 ans \u00e0 un homme de 22 ans son ain\u00e9. Maltrait\u00e9e, elle s&rsquo;enfuit, ce qui pour une fille en Inde dans les ann\u00e9es 70 et m\u00eame plus tard, est un p\u00e9ch\u00e9 impardonnable. D\u00e8s lors la r\u00e9volte ne cessera de monter en elle. Viol\u00e9e, \u00e9cras\u00e9e, pourchass\u00e9e, son amant assassin\u00e9, elle prendra la t\u00eate d&rsquo;une troupe de bandit et <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Frain-Devi\/10698\">Devi<\/a>endra ce Robin des Bois au f\u00e9minin, qui fera la une de l&rsquo;actualit\u00e9 des ann\u00e9es durant. <br \/> Jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 la reddition est in\u00e9vitable. Elle sera ultra m\u00e9diatis\u00e9e et n&rsquo;aura lieu qu&rsquo;en \u00e9change de promesses du gouvernement local, pour elle et pour les siens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s 11 ann\u00e9es de prison, <a href=\"http:\/\/www.babelio.com\/livres\/Frain-Devi\/10698\">Devi<\/a> se lance en politique, \u00e9lue d\u00e9put\u00e9e elle continue son combat en faveur des pauvres, des basses castes, des femmes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Assassin\u00e9e en 2001 par ceux qu&rsquo;elle avait voulu combattre, elle reste un symbole de lutte et de r\u00e9volte contre la condition faite aux femmes en Inde et contre la rigidit\u00e9 d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui aujourd&rsquo;hui encore, malgr\u00e9 tous les efforts accomplis, reste sous l&#8217;emprise mill\u00e9naire du syst\u00e8me des castes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le titre pourrait annoncer quelconque f\u00e9erique histoire de princesse orientale.<\/p>\n<p>Ir\u00e8ne Frain nous raconte avec passion celle d&rsquo;une petite paysanne indienne, Phoolan Devi, victime de l&rsquo;injustice et de la violence, dans une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur un rigoureux syst\u00e8me de castes et une absolue pr\u00e9dominance masculine. Devi, mari\u00e9e \u00e0 11 ans et r\u00e9duite \u00e0 une condition servile, ne recouvre sa dignit\u00e9 qu&rsquo;avec les hors-la-loi qui hantent la sinistre Vall\u00e9e des hommes de rien, o\u00f9 l&rsquo;on boit l&rsquo;eau de la r\u00e9volte \u00e0 la source et o\u00f9 le meurtre est un rite remontant \u00e0 la nuit des temps.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Devi forme un couple \u00e0 la Bonnie and Clyde avec Vikram, un chef de bande qui l&rsquo;adoube en lui confiant une mitraillette, arme r\u00e9serv\u00e9e aux m\u00e2les. D&rsquo;un ma\u00eetre de la for\u00eat elle re\u00e7oit le \u00ab\u00a0savoir du serpent\u00a0\u00bb, qui lui permet d&#8217;emprunter sans peur ni r\u00e9ticence le chemin sanglant de la \u00ab\u00a0haine pure\u00a0\u00bb. Ainsi pourra-t-elle, apr\u00e8s la mort de son amant, survivre \u00e0 de terribles \u00e9preuves, notamment \u00e0 un viol collectif. Elle se venge par un massacre, tandis que se tisse la l\u00e9gende de l&rsquo; \u00ab\u00a0insaisissable reine des bandits\u00a0\u00bb, cruelle et lubrique, r\u00e9incarnation de Kali, la d\u00e9esse par\u00e9e de t\u00eates de mort, mais aussi avatar f\u00e9minin et oriental de Robin des bois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Inquiet des proportions que prend un banditisme exalt\u00e9 par cet exemple l\u00e9gendaire, le pouvoir r\u00e9agit et lance de v\u00e9ritables escadrons de la mort contre la \u00ab\u00a0Calamity Jane de l&rsquo;Uttar Pradesh\u00a0\u00bb, qui a os\u00e9 troubler l&rsquo;ordre sacr\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;auteur a rencontr\u00e9 son h\u00e9ro\u00efne en prison, le 8 avril 1990, au terme d&rsquo;une \u00ab\u00a0qu\u00eate\u00a0\u00bb de quatre ann\u00e9es qu&rsquo;elle relate dans un petit ouvrage intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Quai des Indes\u00a0\u00bb (Fayard). Elle nous avertit loyalement que \u00ab\u00a0l&rsquo;on n&rsquo;est s\u00fbr de rien dans cette histoire\u00a0\u00bb. Son regard occidental, empreint de sympathie, voit une militante de la lib\u00e9ration f\u00e9minine et de la modernit\u00e9 dans la paysanne farouche qui, v\u00eatue d&rsquo;un jean et la t\u00eate ceinte d&rsquo;un bandeau rouge, brise les tabous et incarne, \u00ab\u00a0m\u00eame dans la d\u00e9tresse, la souverainet\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0<\/p>\n<p><span style=\"font-size: medium;\"><b>Ph\u00fblan Dev\u00ee<\/b> <\/span>&#8211; retranscrit aussi <b>Phoolan Devi<\/b> ou <b>Pulan Devi<\/b> &#8211; (Hindi \u092b\u0942\u0932\u0928 \u0926\u0947\u0935\u0940) na\u00eet le 10 ao\u00fbt 1963 au sein de la corporation des <i>mallah<\/i>, p\u00eacheurs et bateliers consid\u00e9r\u00e9s comme de basse <a title=\"Syst\u00e8me de castes en Inde\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syst%C3%A8me_de_castes_en_Inde\">caste<\/a>, dans le petit village de Ka Ghura Purwa (\u00e9galement orthographi\u00e9 Gorha ka Purwa), dans Jalaun District , Uttar Pradesh . Elle \u00e9tait la quatri\u00e8me et derni\u00e8re enfant de Shri Devi Din et de son \u00e9pouse Shrimati Moola Devi. Seules, elle et sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e ont surv\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte.<\/p>\n<p>La famille de Phoolan poss\u00e9dait un acre (0,4 hectare) de terre avec un tr\u00e8s grand <a title=\"Neem\" href=\"http:\/\/translate.googleusercontent.com\/translate_c?depth=1&amp;hl=fr&amp;prev=\/search%3Fq%3Dphoolan%2Bdevi%26client%3Dfirefox-a%26hs%3Dr03%26sa%3DX%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26channel%3Dnp%26biw%3D1429%26bih%3D968&amp;rurl=translate.google.fr&amp;sl=en&amp;u=http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Neem&amp;usg=ALkJrhjzTSA4q_JmMfu9LOZlpPMaXm5IyQ\">arbre de neem<\/a>. Son p\u00e8re avait esp\u00e9r\u00e9 que le produit de cet arbre lui permettrait de payer la dot pour les mariages de ses filles.<\/p>\n<p>Mais en 1974, quand Phoolan Devi eut onze ans, ses grands-parents paternels d\u00e9c\u00e8dent. Le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de son p\u00e8re, qui, selon Devi, battait sa s\u0153ur et sa m\u00e8re, devint le chef de la famille, et prit en charge l&rsquo;acre de terre. Avec son fils, Maya Din (ou Mayadin), ils coup\u00e8rent l&rsquo;arbre de Neem, dans l&rsquo;intention de cultiver le terrain avec des cultures plus rentables, bien que le p\u00e8re de Ph\u00fblan ait r\u00e9pondu \u00e0 cela avec une l\u00e9g\u00e8re protestation. Phoolan qui n\u2019avait que 11 ans s\u2019est alors confront\u00e9 \u00e0 son cousin beaucoup plus \u00e2g\u00e9. Elle l\u2019a publiquement accus\u00e9 de s&rsquo;approprier la terre. Avec sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e, elles ont organis\u00e9 un sit-in sur la terre, et ne boug\u00e8rent pas quand son essaya d&rsquo;utiliser la force pour les supprimer. L&rsquo;oncle de Phoolan a alors d\u00e9cid\u00e9 de la marier \u00e0 un homme du nom de Putti Lal, un autre cousin, qui vivait \u00e0 \u00a0plusieurs centaines de miles et qui avait 33 ans.<\/p>\n<p><i>Phoolan Devi d\u00e9clara plus tard dans son autobiographie qu\u2019on avait aussi forc\u00e9 son mari \u00e0 se marier avec elle. <\/i><\/p>\n<p>Selon la coutume, les fillettes mari\u00e9es jeunes ont le droit de rester dans la maison de leurs parents jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans. Malgr\u00e9 cela, les familles peuvent passer un accord selon lequel la fillette s&rsquo;installe dans la maison de son mari imm\u00e9diatement. Elle est aussit\u00f4t employ\u00e9e comme esclave domestique devant assurer des t\u00e2ches \u00e9puisantes pour son \u00e2ge. C\u2019est ce qui se passa pour Ph\u00fblan. D\u00e8s le d\u00e9but, son mari la bat et la viole. L&rsquo;\u00e9table lui est r\u00e9serv\u00e9e pour dormir. Elle s&rsquo;y r\u00e9fugie souvent pour quelques moments de r\u00e9pit.<\/p>\n<p>A 20 ans, elle d\u00e9cide de s&rsquo;enfuir avec l&rsquo;aide d&rsquo;un oncle pour retourner dans son village. Cependant cette fuite lui fait perdre tout statut dans la soci\u00e9t\u00e9 indienne qui \u00e9tiquette les femmes ayant rompu leur mariage comme des prostitu\u00e9es d\u00e9nu\u00e9es de tous droits. Et elles sont reni\u00e9es par leur famille. La solution traditionnelle propos\u00e9e est la mort, classiquement en se jetant dans le puits du village.<\/p>\n<p>Mais Ph\u00fblan Dev\u00ee refuse son sort et se r\u00e9volte. Arriv\u00e9e dans son village natal, elle revendique le terrain qui appartenait \u00e0 son p\u00e8re et que son oncle s\u2019\u00e9tait appropri\u00e9. Ce qui irrite son cousin Mayadin qui la fait jeter en prison o\u00f9 elle fut maltrait\u00e9e et viol\u00e9e.<\/p>\n<p>Plus tard, voulant se d\u00e9barrasser d&rsquo;elle pour de bon, il engage une bande de daco\u00efts pour l&rsquo;\u00e9liminer. <i>En <\/i><i>Inde<\/i><i>, les daco\u00efts sont des brigands de bandes arm\u00e9es qui sont pour \u00a0la plupart du temps, des paysans d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leur terre ou des hors-castes (<\/i><a title=\"Intouchable (dalit)\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Intouchable_%28dalit%29\"><i>intouchables<\/i><\/a><i>)<\/i><\/p>\n<p>Les bandits l\u2019enl\u00e8vent. Mais sa pr\u00e9sence entra\u00eene des dissensions au sein de la bande, entre le chef, Babu Gujjar, un <a title=\"Thakur\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Thakur\"><i>th\u00e2k\u00fbr<\/i><\/a> de la classe des <a title=\"Kshatriya\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Kshatriya\"><i>kshatriya<\/i><\/a> qui la viole et veut en faire son esclave, et le reste de la bande qui sont des <i>mallah<\/i> comme elle. Phoolan \u00e9tait la seule femme membre de cette bande de brigands dont les principaux repaires se situaient dans les ravins de la rivi\u00e8re Chambal .<\/p>\n<p>Vikram Mallah, un des bandits, le deuxi\u00e8me commandant de la troupe, qui appartient \u00e0 la caste Mallah de Phoolan, abat le chef Babu Gujjar et prend sa place. Bien que Vikram Mallah soit mari\u00e9, Ph\u00fblan et lui deviennent amants. Elle apprend de Vikram le m\u00e9tier de daco\u00eft, et \u00e0 utiliser un fusil. Elle participe aux activit\u00e9s du gang dans Bundelkhand, qui chevauche la fronti\u00e8re entre l&rsquo;Uttar Pradesh et le Madhya Pradesh. Ces activit\u00e9s consistent \u00e0 attaquer et piller les villages o\u00f9 vivent les gens des castes sup\u00e9rieures, s&rsquo;attaquant principalement aux th\u00e2k\u00fbr, des propri\u00e9taires terriens qui violent les femmes de basse caste sur leurs terres, ou bien d\u2019enlever des\u00a0 gens relativement prosp\u00e8res pour demander une ran\u00e7on. Le gang attaque aussi occasionnellement des trains.<\/p>\n<p>Toujours aussi r\u00e9volt\u00e9e, elle devient de fait la chef de la bande. Apr\u00e8s chaque crime, elle visite un temple Durga et remercie la d\u00e9esse pour sa protection. Elle est bient\u00f4t c\u00e9l\u00e8bre dans tout l&rsquo;\u00e9tat comme le d\u00e9fenseur des opprim\u00e9s. Beaucoup, dans le petit peuple, la consid\u00e8rent comme un avatar de <a title=\"Durg\u00e2\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Durg%C3%A2\">Durg\u00e2<\/a>.<\/p>\n<p>Quelque temps plus tard, Shri Ram et Lala Ram, deux fr\u00e8res de caste sup\u00e9rieure <a title=\"Thakar Rajputs\" href=\"http:\/\/translate.googleusercontent.com\/translate_c?depth=1&amp;hl=fr&amp;prev=\/search%3Fq%3Dphoolan%2Bdevi%26client%3Dfirefox-a%26hs%3Dr03%26sa%3DX%26rls%3Dorg.mozilla:fr:official%26channel%3Dnp%26biw%3D1429%26bih%3D968&amp;rurl=translate.google.fr&amp;sl=en&amp;u=http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Thakar_Rajputs&amp;usg=ALkJrhhaZ8COE2Tvj_0fC4bU96vcLlPYaQ\">Thakur<\/a> qui avaient auparavant appartenu au gang et l\u2019avaient quitt\u00e9 pour retourner chez leur famille, ont rejoint \u00e0 nouveau la bande. Ils ont \u00e9t\u00e9 outr\u00e9s d&rsquo;entendre que Babu Gujjar, leur ancien chef, avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9. Ils ont tenu Phoolan comme responsable pour incitation \u00e0 l&rsquo;acte. Ils l&rsquo;ont r\u00e9primand\u00e9e pour avoir sem\u00e9 avec insouciance la zizanie dans le gang. \u00a0Elle leur r\u00e9pondit vertement. Shri Ram l\u2019a alors gifl\u00e9e tr\u00e8s fort, et une bagarre s&rsquo;en est suivie. Phoolan saisit cette occasion pour all\u00e9guer que Shri Ram avait touch\u00e9 des parties intimes de son corps et l&rsquo;avait molest\u00e9e au cours de la bagarre. Comme chef de la bande, Vikram Mallah r\u00e9primande Shri Ram pour avoir attaquer une femme et lui demande de faire des excuses \u00e0 Phoolan.<\/p>\n<p>Shri Ram et son fr\u00e8re br\u00fblaient sous l&rsquo;humiliation, exacerb\u00e9s par le fait que Phoolan et Vikram appartenaient tous les deux \u00e0 la caste Mallah des bateliers, largement inf\u00e9rieure \u00e0 la Thakur caste de propri\u00e9taires terriens \u00e0 laquelle ils appartenaient.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cet incident, chaque fois que la bande pillait un village, Shri Ram et Lala Ram battaient et insultaient le Mallah de ce village. Cela d\u00e9plut aux membres Mallah du gang de bandits, et beaucoup quitt\u00e8rent le gang. D&rsquo;autre part, \u00e0 l&rsquo;invitation de Shri Ram et Lala Ram, une douzaine de Thakurs rejoignit le gang, et le rapport de force se d\u00e9pla\u00e7a peu \u00e0 peu en faveur des Thakurs. Vikram Mallah sugg\u00e9ra alors que la bande se divise en deux, l&rsquo;une principalement de Thakurs et l&rsquo;autre essentiellement de Mallah. Shri Ram refusa cette proposition au motif que le gang avait \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 d&rsquo;un m\u00e9lange de castes par Babu Gujjar et ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs et qu\u2019il devait rester ainsi. Pendant ce temps, les autres membres Mallah du gang n\u2019\u00e9taient pas heureux avec Vikram. Le fait que lui seul avait une femme incitait la jalousie. Certains avaient des liens de parent\u00e9 avec la femme r\u00e9elle de Vikram, et le comportement de Ph\u00fblan vis-\u00e0-vis d\u2019eux ne leur plaisait pas.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s la proposition de division, une querelle \u00e9clata entre Shri Ram et Vikram. Apparemment, Shri Ram avait fait un commentaire d\u00e9daigneux sur les m\u0153urs de Ph\u00fblan, et Vikram riposta avec \u00a0des commentaires sur les femmes de Shri Ram. Une fusillade s\u2019en suivit. Le r\u00e9sultat fut que Vikram et Phoolan durent prendre la fuite dans l&rsquo;obscurit\u00e9. Cependant, ils furent suivis le lendemain et Vikram fut abattu.<\/p>\n<p>Shri Ram enl\u00e8va Ph\u00fblan et l&#8217;emmena \u00e0 Behmai, un village de Th\u00e2k\u00fbrs. Elle est alors enferm\u00e9e dans une chambre d\u2019une des maisons de Behmai. Elle est battue et viol\u00e9e par plusieurs hommes sur une p\u00e9riode de trois semaines.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s trois semaines de captivit\u00e9, elle r\u00e9ussit \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper, avec l&rsquo;aide d\u2019un <a title=\"Brahmane\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Brahmane\">brahmane<\/a> compatissant, pr\u00e9textant vouloir aussi abuser d&rsquo;elle, et de deux membres Mallah de la bande de Vikram, y compris Man Singh Mallah. Lorsque les hommes de Shri R\u00e2m s&rsquo;aper\u00e7oivent du subterfuge, ils se vengent aussit\u00f4t en br\u00fblant vif le brahmane.<\/p>\n<p>En 1980, Ph\u00fblan reprend la t\u00eate de sa bande. Phoolan et Man Singh deviennent amants et co-leaders du gang compos\u00e9 uniquement de Mallah. Elle ne vit plus que pour la vengeance. Le gang effectue une s\u00e9rie de vols avec violence dans Bundelkhand, ciblant g\u00e9n\u00e9ralement, mais pas toujours, des personnes appartenant aux castes sup\u00e9rieures. Certains disent que Phoolan Devi ne visait que les gens des castes sup\u00e9rieures et partageait le butin avec les membres des castes inf\u00e9rieures. Mais les autorit\u00e9s indiennes insistent pour dire que c&rsquo;est un mythe. Il n&rsquo;existe aucune preuve que Phoolan ou l&rsquo;un de ses partenaires partageaient l&rsquo;argent avec n&rsquo;importe qui. \u00a0<\/p>\n<p>Le 14 f\u00e9vrier 1981, ayant entendu dire que Shri R\u00e2m \u00e9tait \u00e0 Behmai, elle entre dans le village avec sa bande, tous habill\u00e9s avec des uniformes de la police, au moment o\u00f9 un mariage \u00e9tait en cours. Elle monte sur le puits et avec un m\u00e9gaphone, exige qu&rsquo;on lui livre son tortionnaire, l&rsquo;assassin de son amant avec tous les objets de valeur. Le village est fouill\u00e9 de fond en comble, mais probablement mal renseign\u00e9e, Ph\u00fblan ne le retrouve pas. La plupart des hommes valides \u00e9taient all\u00e9s \u00e0 la ville pour chercher du travail, et m\u00eame apr\u00e8s une recherche exhaustive, seuls deux membres Thakur de l&rsquo;ancien gang de bandits furent trouv\u00e9s. Ces deux hommes n\u2019\u00e9taient pas parmi ceux qui avaient viol\u00e9 Phoolan. Ils \u00e9taient simplement membres de la Shri Ram Thakur, la faction de la bande oppos\u00e9e \u00e0 Vikram Mallah.<\/p>\n<p>Phoolan aurait \u00e9t\u00e9 frustr\u00e9e qu&rsquo;aucun v\u00e9ritable coupable ne soit appr\u00e9hend\u00e9. N\u00e9anmoins, elle avait, \u00e0 cette \u00e9poque, d\u00e9velopp\u00e9 une haine profonde pour l&rsquo;ensemble de la caste des Thakurs. Elle ordonna donc \u00e0 ses membres de gangs d\u2019aligner chaque homme appartenant \u00e0 la caste Thakur qu&rsquo;ils trouveraient dans le village de Behmai. Cela comprenait aussi les Thakurs qui appartenaient \u00e0 d&rsquo;autres villes et villages et qui \u00e9taient venus pour assister au mariage. Les hommes ont \u00e9t\u00e9 align\u00e9s puis, sur l&rsquo;ordre de Phoolan, vingt-deux hommes ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s au hasard.<\/p>\n<p>Ce fut le plus grand massacre perp\u00e9tr\u00e9 par des daco\u00efts depuis 30 ans. Et pour la culture indienne, il y avait plusieurs circonstances aggravantes\u00a0: toutes les victimes \u00e9taient de classe sup\u00e9rieure, les ex\u00e9cuteurs \u00e9taient de caste inf\u00e9rieure. Le chef \u00e9tait une femme.<\/p>\n<p>Toute sa vie, Ph\u00fblan Dev\u00ee niera avoir particip\u00e9 \u00e0 cette action. Elle essaiera de se justifier devant la Cour de justice en affirmant qu&rsquo;elle-m\u00eame n&rsquo;avait pas ouvert le feu et qu\u2019elle n\u2019avait tu\u00e9 aucun de ces hommes.<\/p>\n<p>Elle r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019enfuir. Elle fut alors d\u00e9clar\u00e9e \u00ab\u00a0ennemi public num\u00e9ro un \u00a0\u00bb mais devient, a contrario, l&rsquo;h\u00e9ro\u00efne du peuple. Des poup\u00e9es \u00e0 son effigie, habill\u00e9es en Durg\u00e2, sont vendues dans les march\u00e9s de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p><a title=\"Indira Gandhi\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Indira_Gandhi\">Indira Gandhi<\/a> promet sa capture, mais Phoolan et sa bande connaissent parfaitement les ravines de la Chambal et profitent de leur situation au point de jonction de trois \u00e9tats, le Rajasthan, le Madhya Pradesh et l&rsquo;Uttar Pradesh qui handicapent les forces de police, pourtant en nombre consid\u00e9rable. Ils restent introuvables.<\/p>\n<p>Deux ans apr\u00e8s le massacre Behmai, la police n&rsquo;avaient toujours pas captur\u00e9 Phoolan Devi. Le Indira Gandhi Gouvernement d\u00e9cida de n\u00e9gocier une reddition. A cette \u00e9poque, Phoolan Devi \u00e9tait en mauvaise sant\u00e9 et la plupart de ses membres de gangs \u00e9taient morts.<\/p>\n<p>En f\u00e9vrier 1983, elle accepte de se rendre aux autorit\u00e9s. Le gouvernement d&rsquo;Indira Gandhi et Ph\u00fblan arriv\u00e8rent \u00e0 un accord. Ph\u00fblan savait ne pas pouvoir se fier \u00e0 la police de l&rsquo;Uttar Pradesh et ne voulait se rendre qu&rsquo;\u00e0 la police du Madhya Pradesh. Elle insiste aussi sur le fait qu&rsquo;elle ne rendra pas les armes \u00e0 la police, mais devant le Mahatma Gandhi et la d\u00e9esse Durg\u00e2.<\/p>\n<p>Elle fixa aussi quatre conditions :<\/p>\n<ul>\n<li>Elle ne sera pas condamn\u00e9e \u00e0 mort<\/li>\n<li>Les membres de son gang n&rsquo;auront pas plus de 8 ans de prison<\/li>\n<li>Son fr\u00e8re aura un travail au gouvernement et son p\u00e8re recevra un terrain<\/li>\n<li>Toute sa famille sera accompagn\u00e9e par la police au lieu de rencontre avec les autorit\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un policier d\u00e9sarm\u00e9 la rencontre donc dans les ravines. Ils marchent ensemble vers Bhind o\u00f9 les attendent la presse, une foule de 10\u00a0000 personnes, 300 policiers et le ministre en chef du Madhya Pradesh, Arjun Singh. C&rsquo;est coiff\u00e9e de son traditionnel bandana rouge, une cartouchi\u00e8re sur la poitrine, devant une photo du Mahatma Gandhi et de Durg\u00e2 qu&rsquo;elle d\u00e9pose son Mauser 303.<\/p>\n<p>Ph\u00fblan est accus\u00e9e de 48 crimes dont 30 chefs d&rsquo;accusation de vol \u00e0 main arm\u00e9e (banditisme) et enl\u00e8vements.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s 11 ans de cellule, trois de plus que n\u00e9goci\u00e9s, elle est lib\u00e9r\u00e9e sur parole en 1994, par Vishambhar Prasad Nishad, gouverneur de l&rsquo;Uttar Pradesh, un homme de basse caste comme elle, parvenu \u00e0 ce poste gr\u00e2ce \u00e0 la politique des quotas.<\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode d\u2019emprisonnement, elle a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e pour les kystes ovariens et a subi une inutile hyst\u00e9rectomie . Le m\u00e9decin de l&rsquo;h\u00f4pital aurait dit plus tard: \u00abNous ne voulons pas que Phoolan Devi \u00e9l\u00e8ve plus de Phoolan Devis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle a finalement \u00e9t\u00e9 remise en libert\u00e9 conditionnelle en 1994, apr\u00e8s la persuasion par Vishambhar Prasad Nishad , le chef de l&rsquo; Nishadha, la communaut\u00e9 de p\u00eacheurs. Le gouvernement de l&rsquo;Uttar Pradesh, dirig\u00e9 par Mulayam Singh Yadav , a retir\u00e9 toutes les charges \u00e0 son encontre. Conseill\u00e9e par Mulayam Singh Yadav durant toutes ces ann\u00e9es, elle n&rsquo;est pas pass\u00e9e en jugement pour les cinquante-sept chefs d&rsquo;accusation, dont les vingt-deux meurtres de Behmai, qui pesaient sur elle.<\/p>\n<p>\u00c0 sa sortie de prison, elle rejoint l&rsquo;Eklavya sena, un groupe visant \u00e0 enseigner l&rsquo;autod\u00e9fense aux gens dits de basses castes. Pour signifier son rejet du syst\u00e8me des castes, elle se convertit au <a title=\"Bouddhisme\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bouddhisme\">bouddhisme<\/a>.<\/p>\n<p>Elle s&rsquo;engage en 1996 dans la voie politique, adh\u00e8re au parti Samajwadi, le parti socialiste de Yadav, et se pr\u00e9sente aux \u00e9lections pour un poste de d\u00e9put\u00e9e avec un programme ax\u00e9 principalement sur la d\u00e9fense du droit des femmes et des basses castes.<\/p>\n<p>Elle remporte les \u00e9lections. Elle est pr\u00e9sent\u00e9e en tant que candidate au Prix Nobel de la paix en 1997.<\/p>\n<p>Adul\u00e9e par les gens de basses castes, elle conna\u00eet toujours la haine des hautes castes et l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir du parti fondamentaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), avec Atal Behari Vajpayee \u00e0 sa t\u00eate, ne lui est pas favorable et dresse beaucoup de barri\u00e8res \u00e0 la r\u00e9alisation de son programme.<\/p>\n<p>Les th\u00e2k\u00fbrs continuent \u00e0 demander justice pour les meurtres de 1981 et les nombreuses attaques qu&rsquo;elle a perp\u00e9tr\u00e9es. Elle perd son si\u00e8ge au parlement en 1998, mais elle est \u00e0 nouveau \u00e9lue l&rsquo;ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p><b>Le <\/b><a title=\"25 juillet\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/25_juillet\"><b>25<\/b><\/a><b>\u00a0<\/b><a title=\"Juillet 2001\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Juillet_2001\"><b>juillet<\/b><\/a><b>\u00a0<\/b><a title=\"2001\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/2001\"><b>2001<\/b><\/a><b>, \u00e0 <\/b><a title=\"New Delhi\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/New_Delhi\"><b>New Delhi<\/b><\/a> alors qu\u2019elle rentre \u00e0 son domicile apr\u00e8s une session au parlement, dans un quartier o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 est cens\u00e9e \u00eatre maximale, trois hommes masqu\u00e9s l\u2019attendent dans une Maruti \u00e0 quelques m\u00e8tres de l&rsquo;entr\u00e9e de sa r\u00e9sidence au 4 Ashoka Road. Lorsqu&rsquo;elle arrive, vers 13\u00a0h\u00a030, ils marchent vers elle et tirent. Elle est touch\u00e9e cinq fois: trois balles \u00e0 la t\u00eate et deux dans le corps. Son garde du corps riposte mais est lui aussi touch\u00e9. Les tireurs repartent dans la voiture qu&rsquo;ils abandonnent ensuite pour s&rsquo;enfuir en rickshaw. Phoolan est amen\u00e9e au Ram Manokar Hospital o\u00f9 elle est d\u00e9clar\u00e9e d\u00e9c\u00e9d\u00e9e.<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, un <i>th\u00e2k\u00fbr<\/i> nomm\u00e9 Sher Singh Rana se rend \u00e0 la police, affirmant qu&rsquo;il a tu\u00e9 Ph\u00fblan Dev\u00ee pour venger le massacre de Behmai et d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0La tache qui souillait le nom des Rajputs a \u00e9t\u00e9 lav\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au lendemain de l&rsquo;assassinat, la police a \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e d&rsquo;incomp\u00e9tence dans leur traitement de l&rsquo;affaire.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Kocheril Raman Narayanan, lui-m\u00eame de la caste des intouchables lui rend hommage\u00a0: \u00ab\u00a0Sa vie \u00e9tait une histoire de r\u00e9bellion et de d\u00e9fis r\u00e9ussis devant l&rsquo;oppression et l&rsquo;exploitation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L&rsquo;auteur :<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><a href=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/?attachment_id=3305\" rel=\"attachment wp-att-3305\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3305 alignleft\" alt=\"Ir\u00eane Frain\" src=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain.jpg\" width=\"324\" height=\"340\" srcset=\"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain.jpg 308w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain-286x300.jpg 286w, http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Ir\u00eane-Frain-220x230.jpg 220w\" sizes=\"(max-width: 324px) 100vw, 324px\" \/><\/a>Ir\u00e8ne Frain<\/b>, n\u00e9e <b>Le Pohon<\/b>, le 22\u00a0mai\u00a01950 \u00e0 Lorient (Morbihan), est une femme de lettres fran\u00e7aise, romanci\u00e8re, journaliste et historienne. Elle est membre fondatrice du <a title=\"Women's Forum for the Economy and Society\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Women%27s_Forum_for_the_Economy_and_Society\">Women&rsquo;s Forum for the Economy and Society<\/a> qu\u2019elle fonde en 2008. Elle appartient \u00e0 une famille de cinq enfants, dont le p\u00e8re d&rsquo;abord gar\u00e7on de ferme, devient professeur pour adulte. Sa m\u00e8re est couturi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1967, apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 au Lyc\u00e9e Dupuy-de-L\u00f4me de Lorient, elle rentre \u00e0 Kh\u00e2gne (Nantes).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle se marie en 1969.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1972, elle obtient l&rsquo;agr\u00e9gation de lettres classiques, puis enseigne les lettres classiques dans le secondaire, notamment au Lyc\u00e9e Jacques-Decour \u00e0 Paris 9\u00e8me et au Lyc\u00e9e de Lagny (Seine et Marne). \u00c0 partir de 1975, elle enseigne le latin \u00e0 la Sorbonne. Et ce, jusqu&rsquo;en 1981.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1979, parait son premier essai et elle s&rsquo;installe dans le Loir et Cher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9e dans une famille encore tr\u00e8s proche du milieu rural et de son d\u00e9nuement, Ir\u00e8ne Frain s\u2019est d\u2019abord signal\u00e9e par un ouvrage historique publi\u00e9 en 1979 sur l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la Bretagne maritime, \u00ab\u00a0Quand les Bretons peuplaient les mers\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle consacre son premier roman \u00ab\u00a0Le Nabab\u00a0\u00bb (1982) \u00e0 Ren\u00e9 Madec, petit mousse breton devenu nabab en Inde. Cette fresque \u00e9pique de l\u2019Inde du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, conna\u00eet un succ\u00e8s foudroyant et les romans suivants consacrent le talent d\u2019Ir\u00e8ne Frain\u00a0: sens aigu de l\u2019intrigue, \u00e9criture tant\u00f4t s\u00e8che tant\u00f4t flamboyante, don de faire vivre le lecteur en empathie avec ses personnages, humour certain, imagination foisonnante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1994, elle commence une carri\u00e8re journalistique (Paris-Match, Elle, VSD, L&rsquo;\u00e9quipe)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De roman en roman\u00a0: \u00ab\u00a0Modern Style\u00a0\u00bb (1984), \u00ab\u00a0D\u00e9sirs\u00a0\u00bb (1986), \u00ab\u00a0Secret de famille\u00a0\u00bb (1989), \u00ab\u00a0Histoire de Lou\u00a0\u00bb (1990), \u00ab\u00a0Devi\u00a0\u00bb (1992), \u00ab\u00a0L\u2019homme fatal\u00a0\u00bb (1995), \u00ab\u00a0Les hommes, etc.\u00a0\u00bb (2003), \u00ab\u00a0Au Royaume des Femmes\u00a0\u00bb (2007), \u00ab\u00a0Les Naufrag\u00e9s de l\u2019\u00eele Tromelin\u00a0\u00bb (2009) qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le Grand Prix de l\u2019Acad\u00e9mie de marine, le Grand Prix Palatine du roman historique et le Prix Relay du roman d\u2019\u00e9vasion, l\u2019int\u00e9r\u00eat des lecteurs pour ses \u00e9crits et l\u2019originalit\u00e9 de sa personne ne s\u2019est jamais d\u00e9mentie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On note dans l\u2019\u0153uvre d\u2019Ir\u00e8ne Frain deux courants profonds\u00a0: une passion pour les enjeux inh\u00e9rents \u00e0 la condition f\u00e9minine et une pr\u00e9dilection accus\u00e9e pour l\u2019Orient &#8211; les deux se recoupant souvent. Son dernier ouvrage, \u00ab\u00a0Beauvoir in love\u00a0\u00bb (2012), fond\u00e9 sur une enqu\u00eate aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Columbus, Ohio, a \u00e9clair\u00e9 un pan mal connu de la passion du Castor pour l\u2019\u00e9crivain am\u00e9ricain Nelson Algren. Elle a ainsi pu mettre en sc\u00e8ne des \u00e9pisodes inconnus du parcours de Beauvoir et \u00e9clairer des traits de sa psychologie jusqu\u2019ici ignor\u00e9s, retouchant ainsi le portrait souvent biais\u00e9, voire n\u00e9gatif que Beauvoir fit de son amant am\u00e9ricain apr\u00e8s leur rupture. Elle y souligne aussi le r\u00f4le d\u2019Algren dans la gen\u00e8se du Deuxi\u00e8me Sexe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Grande voyageuse, la romanci\u00e8re attribue son go\u00fbt de l\u2019Asie \u00e0 sa naissance \u00e0 Lorient, ancien port de la <a title=\"Compagnie des Indes\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Compagnie_des_Indes\">Compagnie des Indes<\/a>, autrefois orthographi\u00e9 \u00ab\u00a0L\u2019Orient\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs de ses r\u00e9cits de voyage illustrent cette pr\u00e9dilection\u00a0: \u00ab\u00a0Quai des Indes\u00a0\u00bb (1992), son enqu\u00eate sur la c\u00e9l\u00e8bre femme-bandit indienne <a title=\"Phoolan Devi\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Phoolan_Devi\">Phoolan Devi<\/a> \u00ab\u00a0Devi\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0La vall\u00e9e des hommes perdus\u00a0\u00bb (1995) en collaboration avec le dessinateur de BD Andr\u00e9 Juillard, \u00ab\u00a0Pour que refleurisse le monde\u00a0\u00bb (2002) avec <a title=\"Jetsun Pema (Tibet)\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jetsun_Pema_%28Tibet%29\">Jetsun Pema<\/a>, s\u0153ur du <a title=\"Dala\u00ef-lama\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Dala%C3%AF-lama\">Dala\u00ef-lama<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Apr\u00e8s son voyage en Chine et au Tibet avec son mari, sur les traces du c\u00e9l\u00e8bre explorateur am\u00e9ricain <a title=\"Joseph Rock\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Joseph_Rock\">Joseph Rock<\/a>, elle publie avec des photos de Fran\u00e7ois Frain \u00ab\u00a0Au Royaume des femmes\u00a0\u00bb (2006) et \u00ab\u00a0\u00c0 la recherche du Royaume\u00a0\u00bb (2007) inspir\u00e9 par la longue enqu\u00eate d&rsquo;Ir\u00e8ne sur Joseph Rock. Elle soutient depuis l&rsquo;association Aide \u00e0 l&rsquo;Enfance Tib\u00e9taine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En octobre de la m\u00eame ann\u00e9e, elle publie chez Tim\u00e9e un album illustr\u00e9 \u00a0\u00bb Gandhi\u00a0\u00bb o\u00f9 elle retrace le parcours du Mahatma, avec des images d&rsquo;archives souvent in\u00e9dites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sa passion de l\u2019enqu\u00eate peut aussi se manifester dans \u00ab\u00a0La Guirlande de Julie\u00a0\u00bb (1991) sur la naissance du langage des fleurs et de la civilit\u00e9 amoureuse en France, \u00ab\u00a0L\u2019Inimitable\u00a0\u00bb (1998) biographie historique de Cl\u00e9op\u00e2tre, \u00ab\u00a0Gandhi, la libert\u00e9 en marche\u00a0\u00bb (2007) ou \u00ab\u00a0La For\u00eat des 29\u00a0\u00bb (2011), qui relate le parcours de <a title=\"Jambeshwar Bhagavan\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jambeshwar_Bhagavan\">Jamboji<\/a>, fondateur de la communaut\u00e9 des <a title=\"Bishno\u00ef\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bishno%C3%AF\">Bishno\u00efs<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Admiratrice de Julien Gracq, Ir\u00e8ne Frain lui a consacr\u00e9 en 2001 un court essai\u00a0: \u00ab\u00a0Julien Gracq et la Bretagne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On note aussi son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019art de vivre\u00a0: \u00ab\u00a0Le bonheur de faire l\u2019amour dans sa cuisine et vice-versa\u00a0\u00bb (2004) et, d\u00e8s le d\u00e9but de son parcours, un go\u00fbt affirm\u00e9 pour les contes\u00a0: \u00ab\u00a0Contes du Cheval bleu les jours de grand vent\u00a0\u00bb (1980), republi\u00e9 et r\u00e9am\u00e9nag\u00e9 sous le titre \u00ab\u00a0Le Navire de l&rsquo;homme triste et autres contes marins\u00a0\u00bb (2010) \u00ab\u00a0La F\u00e9e Chocolat\u00a0\u00bb (1995) \u00ab\u00a0Le Roi des Chats\u00a0\u00bb (1996).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ir\u00e8ne Frain a relat\u00e9 une partie de son enfance bretonne dans \u00ab\u00a0La c\u00f4te d\u2019amour\u00a0\u00bb (2001) avec des photos de Christian Renaut et \u00ab\u00a0Dans La maison de la source\u00a0\u00bb (2000).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2008, Ir\u00e8ne continue son action d\u2019ambassadrice en faveur de l\u2019enfance tib\u00e9taine au sein de l\u2019association \u201cAide \u00e0 l\u2019enfance tib\u00e9taine\u201d (AET)\u00a0 dont la pr\u00e9sidente d\u2019honneur est jetsun Pema, soeur de Sa Saintet\u00e9 le Dala\u00ef-lama.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle poursuit bien s\u00fbr son engagement en faveur du bon et vrai chocolat au Club des Croqueurs de chocolat, notamment au sein de son Conseil d\u2019administration. Elle vient de relater la l\u00e9gendaire fondation du Club sur le site du Club: <a href=\"http:\/\/www.croqueurschocolat.com\/\">www.croqueurschocolat.com\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2010, Ir\u00e8ne est faite Officier de la L\u00e9gion d&rsquo;honneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle se retire en Bretagne ou en Loir-et-Cher pour \u00e9crire son prochain roman \u00a0\u00bb La For\u00eat des 29&Prime;, et r\u00e9adapter un recueil de contes \u00a0\u00bb Le Navire de l&rsquo;Homme triste et autres contes marins\u00a0\u00bb qui para\u00eet \u00e0 la mi-novembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parall\u00e8lement, elle poursuit sa galerie de portraits dans Paris-Match. Apr\u00e8s Laetitia Casta, celui du couturier Giorgio Armani, qu&rsquo;elle suit de Milan \u00e0 Dubai pendant plusieurs semaines, est l&rsquo;un des plus remarqu\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En f\u00e9vrier 2011, elle publie son 29<sup>\u00e8me<\/sup> roman \u00ab\u00a0 La For\u00eat des 29\u00a0\u00bb dans lequel elle met en sc\u00e8ne sous forme de docu-fiction l&rsquo;itin\u00e9raire de <a title=\"Jambeshwar Bhagavan\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jambeshwar_Bhagavan\">Jamboji<\/a>, fondateur au XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle de la communaut\u00e9 <a title=\"Bishno\u00ef\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bishno%C3%AF\">Bishno\u00ef<\/a> en Inde. Elle y reconstitue \u00e9galement le massacre-immolation qui eut lieu en 1730 \u00e0 Khejarli, pr\u00e8s de <a title=\"Jodhpur\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jodhpur\">Jodhpur<\/a>. 363 hommes, femmes et enfants y donn\u00e8rent leur vie pour prot\u00e9ger les arbres d&rsquo;une for\u00eat appartenant \u00e0 la paysanne <a title=\"Bishno\u00ef\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Bishno%C3%AF\">Bishno\u00ef<\/a> Amrita Devi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle est membre du Comit\u00e9 d\u2019honneur de l&rsquo;ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignit\u00e9). \u00a0Certaines de ses actions sont consid\u00e9r\u00e9es comme militantes pour le Tibet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Roman inspir\u00e9 par quatre ann\u00e9es d&rsquo;enqu\u00eate sur la femme-bandit indienne contemporaine.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":3304,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[210],"tags":[211],"jetpack_featured_media_url":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Devi.jpg","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3302"}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3302"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3302\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3304"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3302"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3302"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.e-cartable.fr\/vasa-lecture\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3302"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}