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… vu par Arlette

Boissard Janine ♦ La Maison des enfants

Après « Une femme en blanc », voici le nouveau combat de Margaux Lespoir. Après la mort accidentelle de Bernard son compagnon, il y a trois ans, elle a rangé à jamais sa blouse de chirurgien,

quitté son hôpital en Bourgogne et travaille maintenant au Ministère de la santé. Elle s’occupe des dossiers des enfants maltraités.

Un jour, son patron lui demande d’aller enquêter dans une association appelée « la Maison des enfants ». La Maison se trouve à Auxerre, en Bourgogne, là où Margaux travaillait avant. Cela ne l’enchante pas. Elle ne veut pas retourner en Bourgogne, car la blessure qu’elle y a reçue n’est pas encore cicatrisée.

Elle doit déterminer s’il y a faute ou non, de la part de l’équipe qui entoure les enfants recueillis dans cette maison « spéciale ». Elle doit enquêter sur le suicide d’une petite fille de 11 ans, Caroline, diabétique, qui résidait ici depuis peu et qui s’est défenestrée du second étage. Elle n’était plus acceptée par sa famille qui ne pouvait plus supporter sa maladie.

Elle y découvre une équipe formidable, des enfants tous attachants, qui ne demandent qu’à être écoutés pour prendre un nouveau départ : France, une voix de rossignol, qui a vu mourir sa mère au Cambodge et qui, en se sauvant a perdu une jambe en marchant sur une mine antipersonnel – l’énigmatique Hugues qui fait la grève de la faim et qui ne participe jamais aux activités des autres. Ce qu’il a vécu l’a rendu malveillant – le touchant Martin qui refuse de parler depuis que son frère s’est noyé sous ses yeux – Kenza qui souffre qu’on ne la regarde pas assez et n’arrive pas à trouver sa place depuis que son petit frère est né – et Cédric, maltraité psychologiquement par son père et qui est venu se réfugier sur les marches de l’établissement… en tout une dizaine d’enfants entourés de médecins inventifs et généreux. Tout le personnel remplit parfaitement sa mission. Les éducateurs, la psychomotricienne, le pédiatre, l’infirmière et même la cuisinière sont d’une générosité sans borne pour assurer le bien-être de ces enfants malmenés par la vie ou par leur famille.

Margaux tombe sous le charme de Jacques, le directeur de la maison et de chacun des enfants, qui ont tous de graves problèmes, mais l’accueillent chaleureusement lorsqu’ils apprennent qu’elle est là pour Caroline.
Elle va également découvrir, malgré le bouleversement qu’elle éprouve à se retrouver dans cette région où elle a vécu des événements personnels inoubliables, qu’elle se sent utile et vivante auprès d’eux, ce qu’elle n’a pas éprouvé depuis longtemps.

Alors, lorsque le directeur lui propose de les rejoindre, elle n’hésite pas longtemps : à côté de son fils et de sa fille Aurore, ce sera sa nouvelle famille. Elle retourne s’installer à Auxerre pour renforcer l’équipe de médecin-éducateurs…

Mais l’orage gronde autour de la Maison, un ravissant hôtel particulier situé au centre de la ville, qui, pour des raisons pas toujours avouables, en dérange plus d’un et compte de nombreux ennemis qui se sont jurés de la faire interdire, prétendant qu’elle abrite de dangereux psychotiques. Pour Margaux, l’heure est venue de livrer un nouveau combat.

 

L’auteur :

Janine Boissard est née le 18 décembre 1937 à Paris dans une famille bourgeoise : père, inspecteur des impôts, mère, femme au foyer, quatre sœurs et un frère. Elève médiocre, la petite Janine dévore tous les livres qu’elle peut trouver et en cours, seul le français est une matière qui l’intéresse… pour les autres, ça se passe plutôt mal, si bien qu’elle est renvoyée de plusieurs établissements religieux du XVIe arrondissement. Elle est alors qualifiée d’enfant  « incontrôlable », ayant un  « mauvais esprit » et elle devient vite le  « vilain petit canard » de la famille. De ces années elle écrira un récit autobiographique en 1988, « Vous verrez …Vous m’aimerez », et, en 2006, y revient avec « Je serai la princesse de château », car depuis longtemps, la petite Janine n’a qu’une idée en tête : devenir écrivain !

En attendant, ses parents lui font arrêter ses études à 15 ans, et, dans l’espoir de lui voir faire « un beau mariage » lui font fréquenter une école où elle pourra faire « ses humanités féminines ». Plus populaire, en fait une école ménagère où les jeunes filles apprennent tout ce qu’une bonne maîtresse de maison et bonne épouse doit savoir : cuisine, ménage, économie domestique, élever ses enfants… etc…

La jeune fille écrit en cachette, et elle propose son premier manuscrit aux Éditions Julliard … qui n’est pas accepté d’emblée, mais on l’encourage tout en lui conseillant de le réécrire… Pendant deux longues années, Janine travaille d’arrache-pied, réécrit, corrige avec une seule idée en tête : devenir écrivain !

En 1959, « Driss » son premier roman est enfin publié aux Éditions Julliard  sous le nom de Janine Oriano, car entre-temps, la jeune fille a suivi « l’ordre établi de la bonne société » et s’est mariée. C’est donc sous son nom d’épouse qu’elle signe les trois autres romans qui suivront chez Julliard (en 1960, 62 et 69) et encore quelques uns, dont son premier roman policier,  « B comme Baptiste », qui paraît en 1971 chez Gallimard dans la très célèbre collection de la Série Noire, elle est à 33 ans la première femme à être publiée dans cette collection. L’idée de passer au roman noir lui vient  « simplement par jeu, parce qu’elle s’intéresse à toutes les formes d’écriture et aussi, parce qu’on lui a soufflé que c’était le genre idéal pour vivre de sa plume… »

C’est avec son troisième roman policier que Janine Oriano connaît son premier grand succès d’écrivain, O.K, Léon ! Publié en 1972, adapté au cinéma sous le titre « O.K Patron ! »  En 1975, on lui demande d’écrire une série policière pour la télévision, « Miss » (jouée par notre talentueuse Danielle Darrieux), série tournée en 1977 et dont un roman du même titre est publié en 1978 chez FAYARD, (un de ses éditeurs auquel elle restera fidèle). Elle signe 9 ou 11 romans (selon les biographies ?) sous son nom d’épouse, période pendant laquelle elle fait tout de même quatre enfants, qui deviennent   « le fondement de son existence », puis c’est le divorce… Et elle reprend son nom de jeune fille pour signer son œuvre littéraire à venir…

C’est donc Janine Boissard qui signe le premier tome d’une saga qui va être son premier grand, énorme succès de romancière, vaste succès populaire qui touche toutes les tranches d’âge : « L’esprit de famille », (6 volumes entre 1977 et 1984), raconte le parcours de quatre sœurs dont trois sont des personnages féminins très forts, qui s’emportent contre la famille, le machisme et les idées reçues. Elles finissent toutes les trois par réaliser leur choix professionnel, mais de là à concilier carrière avec amour et famille… Janine Boissard s’est vue confier l’adaptation ainsi que les dialogues  de la saga pour la télévision qui a rencontré un énorme succès et depuis, l’auteure s’en tient à cette recette : décrire des sentiments qu’elle connaît bien, ou qu’elle a pu observer dans son entourage et s’appuie pour chacun de ses romans sur une documentation poussée afin d’être au plus près de la réalité du contexte.

Sous le nom de Janine Boissard, elle signe en ce début d’année 2008 son 35 ème roman, dont quelques-uns sont dits, « suspenses romantiques », (dont nous vous donnons la liste ci-après) et elle signe plusieurs scénarios, adaptations de ses romans dont l’autre série célèbre « Belle grand-mère », ou « Recherche grand-mère, désespérément », ou bien encore  « Une femme en blanc » (avec Sandrine Bonnaire), « Marie-Tempête »… etc. De l’oeuvre de Janine Boissard, on retient son attachement à des thèmes récurrents : la famille et ses chambardements, les problèmes de couple,  ceux de l’adolescence, de l’enfance aussi,  la place de la femme moderne dans le monde du travail, la recherche du bonheur…

Janine Boissard a été  décorée des Palmes Académiques pour son action auprès de la jeunesse. La petite fille rêveuse,  le « vilain petit canard » qui voulait devenir écrivain vit depuis plus de trente ans de sa passion, l’écriture, en a fait son métier « contre vents et marées »…

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